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Critique de Tandarica


Tandarica
  23 décembre 2020
Le bandeau annonce : « effroyables délices enfantines » et c'est, je crois au sens figuré d'« extrême, excessif » qu'il faut comprendre l'adjectif « effroyable ».

Dans « L'anniversaire » point de chantilly sur le gâteau ou alors, une aérienne, lancinante et exquise mousse appelée si simplement « la vie est trop courte ». Christina Mirjol s'empare avec une extrême délicatesse de brillantes bribes et brisures du passé, et comme dans un magique siphon littéraire elle crée un texte sur cette « éprouvante » qui saisit la narratrice devant la gravité du temps qui passe. Un 14 novembre 1954 qui compte et qui comptera à jamais, mais un jour dont il ne reste, n'est-ce pas, que cette « puérile gaité à laquelle [on] répond le coeur tout en morceaux ». Un texte poétique (d'ailleurs le recueil comporte l'épigraphe suivante : « Oh ! Fagots de mes douze ans, où crépitez-vous maintenant ? » de Henri Michaux) sur un « désenchantement » et une « détresse », un « véritable tourment ». Avoir dix ans un 14 novembre 1954, c'est déjà être né(e) à une époque plus sombre. Ce texte me rappelle ces deux vers du « Dur désir de durer » de Paul Éluard : « Nous sommes corps à corps nous sommes terre à terre/ Nous naissons de partout nous sommes sans limites », même si comme il est écrit à la page 21 « quelque chose n'est plus là ; et ce qui était beau, si gracieux dans le monde, ne bouge plus ». Je suis heureuse, en tant que lectrice, d'avoir entendu, moi aussi « crépiter la pluie grise de novembre ».

Dans « La petite dent cassée de Bertrand », le petit gouffre guète à la descente du lit par un beau matin où la narratrice se rend soudain compte que « rien n'est plus irreprésentable qu'un manque » (p. 33). « Quarante ans » la sépare de … quelque chose qui la fait pleurer, elle qui ne pleure jamais.

Prenez donc, sans plus attendre, vous aussi « Le train d'Akira Kurosawa », et « laisse[z]-vous emporter » comme je l'ai fait.

Le vent, reviendra avec « Mon vélo » aussi, mais chut, je ne dois pas trop vous en dire sous peine de vous gâcher une lecture parfois déconcertante, mais où l'omniprésence de notre riche coeur enfantin fait entendre une musique printanière.

Dans « La Plume » on retrouve Henri Michaux. La boucle semble bouclée, car comme disait le poète « que la vie est bonne aux vivants ».

Un recueil de 9 nouvelles que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire.
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