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EAN : 9781090090966
Éditeur : Steinkis Editions (03/02/2016)
3.69/5   13 notes
Résumé :
Archange est le patriarche d’une grande famille manouche. Mais son nom de voyageur est Tinoir. Il est marié à Marie dont le petit nom est La Blanche. Tinoir et La Blanche sont issus d’une longue lignée, française depuis le XVIe siècle. Tinoir et les siens ne sont que passagers, ils ne possèdent rien, ils nomadisent et ils invoquent. Ils sont à la merci des sédentaires, « les voleurs de terre », qui chassent les nomades, « les voleurs de poules ».
MANOUCHES il... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
MarcoPolo85
  21 mars 2016
On les appelle les roms, les gitans, les tsiganes et aussi les voleurs de poules. On les a tous mis dans le même sac, celui des gens du voyage.
On ne les aime pas , car ils ne font pas marcher la machine économique selon les règles définies.
Ils sont sales, ils font beaucoup de gosses qui ne vont pas à l'école et les femmes font la manche dans tous les coins de rue.
Bref, ces gens n'apportent rien au système en place si ce n'est des ennuis. D'ailleurs, depuis des siècles et dans toute l'Europe, on les a chassé, séparé voir éliminé telle la vermine.
Voilà, ce tableau brossé par "Manouches", une BD sans concession, dessinée et racontée par Kkrist Mirror. Ce livre, dense, nous fait entrer dans une communauté qui erre d'un champ et d'une commune à l'autre de manière séculaire.
Et, c'est Tinoir qui nous convie à vivre l'histoire de ses proches; ces derniers préférant l'oublier ( ils se considèrent plus avec un passif qu'un passé).
Le dessin de cette BD colle bien à l'histoire. C'est du noir, du blanc, un peu de gris mais pas beaucoup. le crayon est fort, bien appuyé, insistant sur les longues chevelures brunes, les regards sombres...
Les visages sont beaux, mais durs voire violents et farouches.
Tout fonctionne dans la lecture, et le texte et le dessin.
La fin offre une présentation de ce monde que chaque gouvernement a essayé d'amadouer de puis fort longtemps mais qui a rarement réussi.
Félicitations à l'auteur pour cette belle découverte.
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alouett
  14 septembre 2016
« Archange est le patriarche d'une grande famille manouche. Mais son nom de voyageur est Tinoir. Il est marié à Marie dont le petit nom est La Blanche. Tinoir et La Blanche sont issus d'une longue lignée, française depuis le XVIe siècle. Tinoir et les siens ne sont que passagers, ils ne possèdent rien, ils nomadisent et ils invoquent. Ils sont à la merci des sédentaires, « les voleurs de terre », qui chassent les nomades, « les voleurs de poules ».
MANOUCHES illustre également les rapports complexes qu'entretient Archange avec son ami gadjo, sédentaire, instituteur itinérant. Ensemble, ils s'interrogent sur ce qui lie et sépare leurs modes de vie, sur le poids des souffrances et persécutions endurées par les Tsiganes, sur le présent et sur l'avenir.
« Manouche » veut dire homme debout. » (synopsis éditeur).

« Manouches » est le cinquième album de Kkrist Mirror sur la thématique des tsiganes. On sent très vite l'engagement et l'affection qu'il voue à ces gens, à cette « communauté » comme on dit souvent… même si le terme est somme toute assez réducteur, englobant les individus dans un « tout », annihilant les individualités et les particularités de chacun.
Les gestes de soutiens à l'égard des gens du voyage sont rares. Il y a pourtant une nécessité à parler de leurs conditions de vie. Nous, les « sédentaires », on a tendance à coller des étiquettes sur le front des gens du voyage. Souvent à tort car comme dans toute communauté, c'est souvent une minorité qui fait parler d'elle… un peu comme si on disait que tous les manifestants sont des casseurs…
Dans cet ouvrage, il est question d'amour fusionnel des tsiganes pour leurs enfants, d'intimidations régulières de la police pour leur faire quitter un lieu, de la méconnaissance du génocide des tsiganes pendant la seconde guerre mondiale (le Samudaripen) et de la méconnaissance – en général – des tsiganes pour l'histoire de leur peuple, de la résignation et de la peur face aux orientations et décisions politiques à leur encontre, des conditions de vie précaires qui font leur quotidien, de la difficulté d'accéder aux soins, des injustices qu'ils rencontrent, de leurs « gueules » qui ne leur permet pas de trouver un emploi, des actes racistes dont ils sont victimes, de débrouille, d'hiver en caravane… mais aussi de la solidarité qui fait leur force, d'amitié, d'amour, de traditions, de culture, de valeurs, de croyances, de fierté…
Le coup de pinceau de Kkrist Mirror est vif et nerveux. Les lignes se croisent, se mêlent et se démêlent pour former des masses, des petites rides, des silhouettes, des paysages. le trait suit sa ligne, crée des motifs, des contrastes et si l'on prend le temps d'arrêter un tant soit peu son regard et d'entrer dans les nervures du dessin, on profite alors de la créativité et de l'inventivité contenues dans ce noir et blanc en apparence austère et désordonné.
Les propos sont livrés crûment, sans aucun filtre, un simple petit astérisque nous permettra d'apprendre la signification de « mùr tchavo », « clisto », « pràl » (et j'en passe) et nous voilà équipé pour suivre le fil des échanges où surgissent des mots d'argot, de romani… le parler gitan. Ce qui est pensé est dit avec franchise. le personnage qui nous permet d'entrer dans ce clan se prénomme Daniel et exerce en tant qu'instituteur des gens du voyage. Outre les quelques précisions relatives au vocabulaire, ce narrateur nous donne les codes nécessaires pour comprendre la culture manouche.
On découvre ainsi leur quotidien au travers de la relation d'amitié qui lie Daniel et Archange. Il n'est pas utile de pousser la lecture très loin pour constater la tension dans laquelle ils vivent. La précarité de leur situation les inquiète, ils vivent avec la peur au ventre à l'idée qu'on leur retire leurs enfants et qu'on les place en foyer, ils appréhendent le moment où les forces de l'ordre vont intervenir pour leur demander de quitter les lieux. Où qu'ils aillent, on les chasse. Et quand bien même ils parviendraient à obtenir les fonds nécessaires pour acheter un bout de terrain en vue de se sédentariser…
Lien : https://chezmo.wordpress.com..
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critiques presse (1)
BDGest   16 mars 2016
Le parti-pris graphique est bien en phase avec le ton de l’album. Les décors sont simples, parfois juste esquissés, et toute l’attention de l’auteur se concentre sur les personnages.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
MarcoPolo85MarcoPolo85   09 mars 2016
Le Seigneur, si y permet qu't'existes c'est qu't'es utile. p90

Les yeux d'une mère, même qu'elle est manouche, y pleuront leurs petits! p78

Ici, c'est comme qu'on s'rait dans des camps sans barbelé, sans mirador, sans les gardiens. On s'garde tout seul... Ça arrange tout l'monde qu'on soit dans des endroits pourris! p73
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alouettalouett   14 septembre 2016
Dehors, les gens voient pas comment c’est d’dans. Y voient ma campine « prestige » et mon vago Mercedes… Y voient pas l’poêle et l’bois plein de produits toxiques. Y voient pas qu’j’ouvre le carreau toutes les dix minutes pour pas crever asphyxié. Y voient pas la maladie parce qu’on mange trop gras, qu’on s’fait trop de tension, qu’on respire des mauvaises choses. Y voient la bague à mon doigt, mais pas les deux que j’me suis brûlé avec une grenade mal dégoupillée que j’ai voulu lancer sur les Boches… Y voient ma fierté mais pas l’souv’nir lointain de ma mère disparue dans les camps. Y voient ma peau mate, mes origines de l’Inde mais pas mon père soldat, blessé à la guerre, mort sans avoir touché sa pension…
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alouettalouett   14 septembre 2016
Tinoir était retourné, avec sa famille, sur un terrain dont il était propriétaire dans un petit village près de Rambouillet. Il l’avait acheté il y a une vingtaine d’années. Le terrain était non constructible. Tinoir l’avait acheté en espérant qu’il puisse un jour bâtir. Vingt ans après, tous les terrains autour étaient devenus constructibles, sauf le sien !
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alouettalouett   14 septembre 2016
On s’traîne un passif plus qu’un passé, un boulet qui toujours nous fait tomber
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Nath2440Nath2440   10 avril 2017
Mais on n'peut pas marcher droit sur une route qui tourne !
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Vidéo de Kkrist Mirror
Kkrist MIRROR, un artiste auteur de bandes dessinées dans le 3ème arrondissement de Paris.
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