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iris29
  25 août 2016
Tout comme on voyage , je suis partie en Israël , enquêter aux cotés d' Avraham Avraham , commandant de police dans la banlieue sans charme de Tel- Aviv . De ce pays, et de ses écrivains , j'ai honte de dire que je n'ai rien lu depuis mon adolescence ... (C'était des bouquins d'espionnage de Michel Bar Zohar ) . Aussi, c'est pleine de curiosité , qu'en parallèle de l'enquête , j'essayais de me faire une idée de la vie là-bas ...
J'y ai appris que la police était mal considérée , ( les crimes étant facile à élucider car le coupable est toujours parmi les proches , les tueurs en série n'y existent pas ) , que les enquêteurs "intelligents " préfèrent bosser pour les services spéciaux, et laissent les postes de la police aux "truffes" ...
Et c'est vrai, qu'en matière d'enquêteur , on a vu mieux...
Avraham est un jeune flic, célibataire , un peu taciturne et solitaire , qui passe ses loisirs à regarder des séries télé policières et à y traquer la moindre erreur .
Quand une mère de famille débarque devant son bureau et lui annonce la disparition de son fils de 16 ans , Avraham ne s'affole pas . Condescendant , il conseille à la maman de rentrer chez elle, "si ça se trouve , son fils s'y trouve déjà " . Car en Israël, on doit attendre 24h , avant de qualifier une disparition d'" inquiétante" et de mettre en branle les services de police . Hélas, Ofer ne réapparait pas , et notre inspecteur commence à culpabiliser ... Jouant sur cette culpabilité , l'auteur nous propose un roman lancinant et subtil où le héros est plus que dépassé , où deux personnages énigmatiques "affolent " tous les projecteurs . La mère parce que c'est la mère ! Mutique , engluée dans sa douleur , dépassée et loyale . Et le voisin dont les réactions devraient mettre tous les voyants au rouge .
Mais attention, amateurs de sensations fortes, ce roman n'est pas pour vous , le rythme est lent, l'enquête laborieuse , le policier parfois incompétent , mais toujours plein d'empathie .
J'ajouterai attachant , et atypique . Et bon dieu, ce que ça fait du bien parfois, de rencontrer au détour des pages , un inspecteur qui n'est ni alcoolique , ni divorcé, ni dépressif , ni , ni ...

Merci à Pecosa qui m'a fait découvrir cet auteur ...
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  29 juin 2016
(Non mais à l'eau, quoi! C'est quoi ce cliché qu'en Belgique il pleut tout le temps?)

Le commandant de police Avraham Avraham (non non vous ne voyez pas double. Par chez nous, il aurait pu s'appeler Martin Martin ou Laurent Laurent) n'est pas un super-flic. Il n'est pas non plus le stéréotype opposé, à savoir le flic qui noie son spleen et ses relations compliquées avec les femmes (surtout sa mère) dans l'alcool et les cachets, allongé sur le divan d'un psy. Non, il est juste un flic ordinaire dans la banlieue de Tel-Aviv, qui aime son boulot mais se sent parfois dépassé, un peu idéaliste et un peu blasé, parfois esprit d'équipe parfois en rivalité avec le nouveau jeune collègue dont les dents raclent le parquet, un peu workaholic, un peu qui rêve de vacances loin de ses dossiers. Un type normal.
Ce jour-là, il reçoit dans son bureau une mère venue signaler la disparition de son fils de 16 ans, Ofer. Statistiques criminelles à l'appui, Avraham la rassure et la renvoie chez elle, certain qu'il s'agit d'une fugue. Pourtant, il ne peut s'empêcher de culpabiliser, et la suite des événements confirmera son pressentiment. Parce que le lendemain, Ofer n'est toujours pas rentré chez lui. L'enquête commence, mais le gamin s'est volatilisé, parti sans téléphone, sans argent ni carte de crédit, sans vêtements de rechange, rien qui puisse laisser une trace. La fugue semble improbable, mais aucune autre piste ne se dégage. On piétine, puis un appel anonyme déclenche une battue dans les dunes, en vain. On refait du surplace. Il y a bien un voisin un peu trop plein de sollicitude qui essaie de s'immiscer dans l'enquête, mais notre commandant n'y voit que du feu (alors que pourtant dans toutes les séries policières télévisées, qu'Avraham se repasse en boucle pour en décortiquer les erreurs, ce genre de comportement est toujours considéré comme suspect).
Las ! Obligé (tu parles d'une galère) de se rendre à Bruxelles dans le cadre d'un échange inter-polices, Avraham se morfond à battre le pavé mouillé de la Grand Place pendant une semaine (l'occasion pour l'auteur de nous servir subtilement les caricatures pluie-moules-frites-bière-pralines. Heureusement on échappe aux chicons au gratin. D'accord, vu d'Israël, c'est exotique, une fois, non peut-être. Mais bof). Il trépigne d'autant plus que c'est à ce moment qu'on retrouve le sac à dos d'Ofer dans une benne à ordures. L'enquête s'emballe à nouveau, puis repasse au point mort, puis, avec le retour d'Avraham à Tel-Aviv, est relancée et conclue grâce/à cause du fameux voisin lourdingue et un brin déconnecté des réalités.
Et donc, pas d'effusion de sang, de muscles, de coups de feu, de crimes horribles. Rien qu'une enquête un peu foirée (mais résolue quand même) par un un flic un peu foireux. Rien que de l'ordinaire.
Loin des polars tonitruants, l'auteur livre une histoire réaliste, sans doute proche de la réalité du terrain, avec des hauts et des bas, des effervescences et des Waterloo-morne plaine. Question vraisemblance, je n'ai pas compris pourquoi on attend 24h après le signalement de la disparition d'un mineur pour lancer le branle-bas de combat, ni pourquoi la personnalité du voisin n'attire pas l'attention tout de suite (sans doute parce que je regarde trop la télé et que les séries policières sont pleines d'erreur, dixit Avraham). Cela dit, la psychologie de ce voisin, et de la mère d'Ofer dans une moindre mesure (parce que moins développée), est fascinante, ce qui compense le fait qu'aucun personnage n'est réellement attachant. Verdict : c'est captivant dans l'ensemble, mais pas totalement convaincant. Même si c'est vrai qu'il pleut beaucoup en Belgique.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Giraud_mm
  28 juin 2020
Lorsque le commandant Avraham Avraham de la police de Tel-Aviv reçoit Mme Sharabi venue déclarer la disparition d'Ofer, son fils adolescent, il pense d'abord à une fugue. Mais l'absence se prolonge, et le policier doit se résoudre à ouvrir une enquête.
Perturbé par ses questions existentielles, il n'y met pas toute la lucidité nécessaire : il accepte sans discuter le témoignage de la famille et ne repère pas le comportement étrange de Zeev, un professeur d'anglais, voisin du disparu à qui il donnait des cours particuliers.

Une disparition inquiétante est un roman policier déroutant : une ambiance pesante ; pas réellement d'action ; très peu de rebondissements ; une construction originale, où le narrateur épouse tantôt le point de vue du policier, tantôt celui du professeur d'anglais dont le comportement en fait très vite, pour le lecteur, le principal suspect ; une analyse psychologique fouillée des personnages (ce qui n'en fait pas pour autant un thriller psychologique).
L'intrigue se déroule dans une ville israélienne, mais cela ne tient qu'à la nationalité de l'auteur. L'histoire est plus universelle, se révélera in fine assez banale, et aurait pu se dérouler dans n'importe quelle ville dont les habitants vivent en anonymes par rapport à leurs voisins.
Un polar étonnant qui ouvre une série.
Lien : http://michelgiraud.fr/2020/..
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Sylviegeo
  28 octobre 2014
QUOI ? Je devrai attendre ? le pourrais-je? Je piaffe déjà d'impatience. Je suis totalement charmée par Avraham Avraham. Oui je veux encore découvrir sa ville, son commissariat, en savoir plus sur lui, mieux le connaître, comprendre ce commissaire qui ne semble pas hanté par des démons, n'est pas un alcoolique fini, ne vit pas une relation de couple tourmenté. C'est tout simplement un flic, fin trentaine, célibataire et qui dans ses loisirs s'amuse à identifier les grosses lacunes des séries policières de la télé. Merci Dror Mishani pour ce vent de fraîcheur dans le monde du polar. L'écriture de Dror Mishani est intelligente et subtile. On y respire le même air et au même rythme que notre protagoniste de flic: on s'ennuie lorsqu'il s'ennuie, on s'impatiente avec lui, et on culpabilise comme lui ! Mais la beauté de ce roman est que tout est dans le point de vue, tout est dans la perspective et ce, malgré les faits et les preuves. Nous n'en n'avons pas encore fini avec cette disparition inquiétante et avec Avi Avraham. Il ne faut pas non plus passer sous silence les réflexions de l'auteur sur la force de l'écriture et l'influence qu'elle peut avoir. Vivement donc une autre traduction des livres de cet auteur israélien. Une très belle découverte et un gros bonheur de lecture que cette Inquiétante disparition. J'ai tellement passé un bon moment que j'ose, oui j'ose, vous recommander chaudement ce titre.
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indira95
  10 avril 2015
Une fois n'est pas coutume, lecture en demi-teinte pour ce thriller israélien qui n'a pas tenu toutes ses alléchantes promesses : manque de rythme, personnage principal peu attachant (d'une banalité et d'une mollesse sans nom oserais-je même dire), intrigue languissante. Pas grand-chose à encenser si ce n'est un final surprenant qui a égayé cette fin de lecture. Dror Mishani l'expliquait très justement dans une interview accordée au Nouvel Obs : en Israël, la police a mauvaise presse ; c'est donc dans un souci de cohérence qu'il a créé son personnage d'Avraham Avraham, flic complètement dépassé par la situation à gérer (la disparition d'un adolescent), mou, un poil fainéant et antipathique. Pour le coup, exit le cliché du flic alcoolique hanté par des démons intérieurs, mais plutôt un homme seul passant ses soirées à débusquer les incohérences des séries policières américaines, pauvre hère légèrement pathétique qui n'a pas voulu prendre au sérieux le désarroi d'une mère venue déclarer la disparition de son fils. Cette affaire va peu à peu prendre une tournure imprévue : la disparition devient officiellement inquiétante, le cas est enfin pris au sérieux. Qui est la victime, ce jeune homme discret dont même les parents ne savent au final pas grand-chose ? Entre manipulation (et là mention spéciale pour le personnage du voisin qui lui a de la consistance !), fausse pistes et prises de bec entre flics, l'enquête peine et piétine. le problème c'est que le rythme lui aussi peine et piétine ! alors oui, Dror Mishani a voulu décrire une situation vraisemblable : les flics ne sont pas des super héros du quotidien, et oui souvent les enquêtes ne sont pas résolues ! Mais moi je suis restée à côté. C'est dommage, je resterai aussi une disparition inquiétante des prochaines oeuvres de Dror Mishani.
Lien : http://livreetcompagnie.over..
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missmolko1
  15 septembre 2018
Une disparition inquiétante traine dans ma PAL depuis une éternité et avec l'adaptation au cinéma, j'ai eu envie de me plonger dans cette lecture avant de découvrir le film. Et autant vous dire que c'est le genre de roman ou on se dit après coup : « Mais pourquoi je ne l'ai pas lu plus tôt ? »

On fait la connaissance du Commandant Avraham Avraham qui travaille au sein de la police israélienne. Celui-ci reçoit une mère de famille qui affirme que son fils a disparu. L'ado a déjà fugué et Avraham est fatigué, il ne l'a prend pas au sérieux et lui dit qu'il finira par rentrer. Seulement le lendemain, l'enfant n'est toujours pas la…

J'ai adoré l'ambiance de cette enquête : le silence et le calme des parents, la lenteur du rythme de l'investigation et toutes ces fausses pistes sur lesquelles l'auteur nous emmène, ce professeur et voisin des parents qui est parfois inquiétant, et puis le retournement de situation finale ou le lecteur n'a pas toute les réponses. le vrai coup de coeur pour moi et j'ai hâte de découvrir le film avec une brochette d'acteurs que j'adore : Vincent Cassel, Romain Duris et Sandrine Kiberlain. Il me tarde aussi de découvrir la suite des aventures d'Avraham Avraham, que j'ai trouvé attachant dans son rôle de flic solitaire.
Lien : https://missmolko1.blogspot...
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Bazart
  13 août 2018
Il y a tout juste 20 ans, un cinéaste de 40 ans, Erick Zonca, signait un premier long métrage, La Vie rêvée des anges qui faisait alors chavirer le festival de Cannes, un film d'une force et d'une rage incroyables, éclairé par deux jeunes actrices formidables, Elodie Bouchez et Natacha Régnier. Cinéaste rare qui a depuis ce coup d'éclat, réalisé bien peu de longs métrages ,Erick Zonka continue de susciter énormément d'attention à chacun de ses projets.

Dernièrement il s'est ainsi laissé emporter par le récit de Dror Mishani, Une disparition inquiétante, publié aux éditions Points dans une traduction de Laurence Sendrowicz.

Il en a réalisé l'adaptation pour le cinéma, Fleuve noir, sorti en plein mois de juillet au cinéma avec, en duo principal, deux stars du cinéma français Vincent Cassel et Romain Duris.

Malheureusement, le film, qui a connu pas mal de soucis de tournages- Depardieu malade, laissant sa place à Cassel, Sandrine Kiberlain critiquant ses relations avec Zonka- a été éreinté de toute part par la critique et le public..Si vous voulez trancher définitivement entre ceux qui aiment le film de Zonka et ceux qui le détestent, vous pouvez vous plonger dans le roman original« Une disparition inquiétante » de Dror Mishani paru chez Points qui raconte peu ou prou la même histoire mais située dans la banlieue d'Holon à proximité de Tel Aviv.

L'on se rend compte ainsi non sans un certain plaisir que Cassel joue le personnage de l'inspecteur Avraham qui dirige l'enquête, et Duris joue Zeev Avni, professeur apprenti écrivain obsédé par son art. Comme dans le film, on est donc tout de suite plongé dans l'histoire sans aucune présentation préalable, ce qui déroute autant que séduit, .et reconnaissons que les retournements de situations sans doute plus crédibles et mieux amenés que dans le film...

Une lecture profondément interessante qu'on ait vu ou pas le film préalablement.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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belette2911
  01 mars 2019
La littérature me fait voyager beaucoup, mais je n'avais encore jamais mis les pieds en Israël, hormis en lisant la Bible, c'est vous dire si ça fait un sacré bail !

Le dépaysement n'a pas été trop difficile, la seule chose qui me fasse sans cesse repenser que j'étais en Israël était le fait qu'ils soient en congé le samedi et que la semaine commence le dimanche, sinon, on ne peut pas dire que j'ai vraiment découvert le pays.

Pire, Avi Avraham est venu à Bruxelles durant son enquête, alors là, pour le dépaysement, on repassera, je me suis tapée la Grand-Place, la rue du Midi, le bar joyeux de l'Homo Erectus et autres endroits connus.

Malgré tout, c'était une sacrée découverte que ce commandant de police un peu lymphatique qui pense que les crimes spectaculaires, c'est bon pour la littérature, que la plupart des résolutions des polars sont fausses et qu'en plus, en Israël, on n'a même pas de littérature policière tant les crimes sont simples à résoudre.

Raté mon pote ! Partant d'un mauvais pied, notre commandant ne va pas donner de l'importance à cette disparition et tout le reste de l'enquête, il sera à côté de la plaque, se disant qu'il a raté quelque chose, mais quoi ?

Avi Avraham n'est pas vraiment un personnage de littérature que l'on appréciera du premier coup, on est loin du commissaire Kostas Charitos qui éveille moult sympathies et durant tout le roman, aucun personnage ne viendra me titiller l'empathie ou la sympathie.

Pourtant, ce roman a de la puissance dans ses pages, dans la manière dont l'enquête progresse (du sur place !), dans la manière dont les différents interagissent entre eux et si je ne devais n'en retenir qu'un seul, ce serait le prof d'anglais, Zeev Avni, un être tourmenté, qui se cherche, qui a un passé trouble, d'après les petites infos qui filtrent ou du moins, il semble donner cette idée de par son comportement.

Voilà un personnage secondaire (Zeev) qui devient quasi plus important que le principal, notre commandant dont le prénom est le même que son nom de famille, comme si ses parents avaient bu en le déclarant ou n'avait pas fait preuve d'intelligence sur ce coup là. Avraham Avraham, j'vous d'mande un peu !

Mais revenons à nos moutons, ou à notre ado disparu, sans argent, sans papiers, sans vêtements de rechange et une mère qui est désemparée mais un peu à l'ouest elle aussi…

Des tas de résolutions tournaient dans ma tête, dont une me plaisait bien, une dont j'étais sûre que c'était la bonne… RATÉ ! Loupé royalement et j'ai terminé sur mon cul, avec le dégoût au bord des lèvres, l'envie de vomir…

L'auteur a réussi à me tenir en haleine avec un rythme qui n'a rien de trépidant, juste avec ses personnages hors norme, énigmatiques, qui ne se comportent pas comme on a l'habitude de la voir et avec une résolution d'enquête qui a tout du génie niveau piège tendu.

Un final inattendu, et qui, comme le célèbre Kiss Cool, possède un double effet, un double uppercut, parce que un, ce n'était pas suffisant, ce qui fait que je me suis retrouvée à la fin de mon roman avec la bouche ouverte en cul de poule et ne sachant pas trop à quel saint me vouer pour obtenir le fin mot de l'histoire, bien que je suspecte fort que ma compatriote venue de Bruxelles en vacances nous a donné le fin mot de l'histoire.

Un roman policier que j'ai pris plaisir à découvrir car il était différent de ceux que j'ai lu, mais pas garanti que je reviendrai au commandant Avraham Avraham car j'en ai encore bien d'autres à découvrir.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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kathel
  06 juillet 2016
Une mère inquiète s'adresse au commandant Avi Avraham, dans un commissariat de la banlieue de Tel-Aviv, pour lui signaler la disparition de son fils, qui n'est jamais arrivé au lycée où il se rendait comme tout les matins. Fugue, suicide, accident, tout est envisagé, en attendant son probable retour. Mais Ofer ne revient pas. Une disparition sans piste tangible, sans indice aucun, voilà une enquête qui repose, plus encore qu'une autre, sur du sable ! Avraham Avraham se perd en conjectures, n'avance guère, manque de se faire retirer l'enquête…
Parallèlement au point de vue du policier, apparaît celui d'un voisin de l'adolescent, voisin qui paraît avoir des choses à cacher. Et même plus, qui semble manipuler l'enquête !
Il y a donc là, soit du côté de la famille, soit du côté des suspects, soit du côté de l'enquêteur, bon nombre d'aspects psychologiques dont l'auteur tire astucieusement parti, en nous entraînant à la suite de son policier. Si on y ajoute un contexte quelque peu littéraire (l'atelier d'écriture fréquenté par un personnage, la théorie d'Avi sur le roman policier israélien, la littérature qui à un moment se mélange à la vie…) l'ensemble avait tout pour me plaire, et ça a très bien fonctionné ! Nos voisins s'amuseront aussi d'un voyage d'Avi à Bruxelles, et de sa vision de la ville.
Mon impression générale est donc que ce polar est vraiment plaisant à lire, il met en avant la mécanique interne des personnages, au coeur d'une trame tout à fait élaborée… Henning Mankell a beaucoup apprécié les débuts de romancier de Dror Mishani, et je suis parfaitement d'accord avec lui !
Lien : https://lettresexpres.wordpr..
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Renod
  14 février 2016
« Savez-vous pourquoi il n'y a pas de littérature policière écrite en Israël ? » demande Avraham Avraham le personnage principal du roman dès la première page ? C'est qu'à son sens la criminalité est très faible dans le pays. Quoi de mieux pour lancer un roman policier israélien que de prévenir d'emblée le lecteur que dans ce pays, il n'y a pas de véritables énigmes et que la solution des enquêtes est toujours très simple. Evidemment, le commandant se trompe et le lecteur peut passer outre cette mise en garde. Avraham Avraham est un personnage neutre, il n'est ni un héros, ni un anti-héros. On ne lui connaît pas de passion particulière, pas de défaut ou de tare. Il n'est ni alcoolique, ni divorcé, ni dépressif... Il travaille dans un commissariat d'Holon, une ville de la banlieue de Tel-Aviv. Une agglomération faite de successions de quartiers résidentiels construits trop vite sur d'anciennes dunes. Holon est peuplée de gens simples de la classe moyenne, qui n'ont pu se loger à Tel-Aviv où les loyers sont trop chers. Lorsqu'il reçoit la visite d'une mère venue lui signaler la disparition de son fils Ofer, âgé de seize ans et demi, Avraham Avraham lui ressort son argument sur les faibles statistiques de la criminalité dans le pays. Pour la réconforter, bien sûr, mais aussi parce qu'il ne voit dans cette déclaration qu'un énième cas de fugue. Il lui assure que son fils reviendra dans peu de temps. Ce n'est malheureusement pas le cas. Il décide d'ouvrir un dossier de disparition inquiétante. Les premières recherches de donnent rien. L'adolescent n'a donné aucun signe de vie depuis son départ pour le lycée, un mercredi matin. L'enquête s'enlise. La mère parle peu. le père est absent, il navigue en Méditerranée sur un navire de la Marine marchande. Seul le voisin de la famille, Zev Avni, un jeune enseignant, montre un peu trop de sollicitude. Les jours passent. Avraham, culpabilisé par son apathie des premiers jours, prend cette enquête très à coeur. Il montre beaucoup d'empathie pour la famille. Mais il doit faire face à la concurrence d'un jeune et brillant inspecteur du service. Va-t-il perdre la direction de l'enquête? Ofer va-t-il faire son retour au sein de sa famille?

« Une disparition inquiétante » est une histoire ordinaire mais captivante. Ordinaire car le drame dont il est question est classique. On n'est pas ici à la recherche d'un tueur en série qui réécrit la Divine Comédie avec les intestins de ses victimes. Ordinaire comme son héros avec ses doutes, ses regrets, sa timidité, sa vie morne et son empathie. Ordinaire comme cette banlieue résidentielle de l'Etat d'Israël, à quelques kilomètres de la tumultueuse Tel-Aviv. Pourtant, Dror Mishani parvient à nous livrer un récit captivant. L'enquête se construit lentement puis accélère quand des faits anodins deviennent capitaux. Les apparences sont souvent trompeuses et oui, contrairement à ce qu'avance le commandant Avraham, les énigmes existent bien en Israël ...

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