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Tanguy Kenec'hdu (Traducteur)
EAN : 9782070381104
449 pages
Éditeur : Gallimard (13/04/1989)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 157 notes)
Résumé :
Deux jeunes amants vivent leurs amours surannées au temps où le Japon tente d'assimiler les modes d'un Occident, alors que la Belle Époque jette ses derniers feux.
Les deux protagonistes, Kiyoaki Matsugae et Satoko Ayakura, appartiennent, lui, à l'aristocratie issue des récentes transformations politiques de l'ère Meiji, elle, à une antique famille de noblesse de Cour. Prisonniers des méandres de leur propre personnage, leur passion côtoie le déshonneur, voué... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
andman
  13 avril 2013
Premier roman de la célèbre tétralogie de Yukio Mishisma, « Neige de printemps » est l'histoire de Kiyoaki le fils unique du marquis et de la marquise Matsugae nouveaux nobles et propriétaires d'un magnifique domaine de quarante hectares situé non loin de Tokyo.
Le marquis a placé son fils dès sa tendre enfance dans une famille aristocratique, les Ayakura, où il a été élevé dans une ambiance de noblesse de cour près de la fantasque et très belle Satoko Ayakura de deux ans son aînée.
Pas encore majeur et maintenant chez ses parents, Kiyoaki a 18 ans en 1912 lorsque s'achève l'ère Meiji, période marquée par la fin de la politique d'isolement volontaire du Japon, et que commence l'ère Taisho perméable à la culture occidentale.
Sans être efféminé, Kiyoaki est d'une exceptionnelle beauté mais ni les études ni les activités sportives ne l'intéressent vraiment, il serait plutôt adepte des songeries languissantes et tient dans un journal intime le détail de ses rêves nocturnes.
Son précepteur depuis six ans, le viril Iinuma, se désole de son peu d'entrain et de ses médiocres résultats scolaires ; même son meilleur ami issu d'un milieu moins fortuné, le studieux Honda, est souvent perplexe face à de tels états d'âme.
Bien que follement épris l'un de l'autre, Kiyoaki et Satoko ont tous les deux une fâcheuse tendance à compliquer les choses. Planifié avec l'aide de l'entremetteuse Tadeshina, la suivante de Satoko, le moindre flirt est si peu spontané qu'il en devient risible.
La puérilité des deux jeunes gens est manifeste et un malentendu prend un jour des proportions démesurées, amplifiées dans le temps par l'orgueil de Kiyoaki.
Mishima, avec son habileté coutumière, transforme en quelques brefs chapitres une relation idyllique à fort potentiel, qui seyait si bien au lecteur, en drame passionnel attisé au fil des semaines par le poids des convenances propres à ce milieu aristocratique.
Les ami(e)s, laissez Yukio Mishima vous prendre par la main pour découvrir la magnificence du domaine Matsugae !
Vous y contemplerez à l'automne les érables majestueux de couleur garance.
Peut-être préférez-vous attendre le printemps et faire un petit tour en barque sur le lac jusqu'à l'îlot situé au centre de la propriété, alors que « les premiers bourgeons poussent à la verticale si bien que le jardin tout entier semble se dresser sur la pointe des pieds » ?
Vous aurez ce jour-là le bonheur d'admirer « la floraison des cerisiers qui s'intercalent entre les pins dans les longues rangées d'arbres de chaque côté de l'avenue qui conduit au portail sur près d'un kilomètre ».
Chacun des cinquante-cinq chapitres est un diamant poétique finement ciselé par un écrivain au sommet de son art. Rassemblés, ils forment une oeuvre romanesque dont la beauté à nulle autre pareille a bouleversé et comblé le vieux lecteur que je suis.
Si ma bibliothèque disposait d'un petit endroit en forme de tabernacle j'y rangerais assurément « Neige de printemps », non sans l'avoir au préalable décoré des huit étoiles du baudrier d'Orion, cette célèbre constellation dont l'astérisme central s'affadit sous une lune radieuse.
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Sachenka
  04 novembre 2019
La tétralogie La mer de la fertilité est une oeuvre profonde et marquante, plus qu'il n'y paraît à première vue. Son premier tome, Neige de printemps, est une belle histoire d'amour entre deux jeunes gens de l'aristocratie japonaise, Kiyoaki Matsugae et Satoko Ayakura. Mais le jeune homme est une âme sensible, ignorant des choses de la vie, maladroit, ne sachant comment approcher correctement la jolie demoiselle. Un écart se creuse et c'est trop tard quand chacun comprend son erreur : Satoko est fiancée à un prince de la famille impériale. Les deux jeunes se revoient et ne peuvent résister à la passion qui les anime… avec les conséquences qu'on peut supposer. le roman prend des airs de Roméo et Juliette, en particulier avec la nourrice qui sert d'entremetteuse pendant un moment.
Mais, Neige de printemps n'est pas qu'une belle histoire d'amour. L'auteur Yukio Mishima plonge ses lecteurs dans le Japon de 1910, l'aristocratie avec ses banquets et ses soirées mondaines, les études vie au collège, la religion shinto avec ses temples, ses fêtes et ses cérémonies, puis les geishas jamais très loin. C'est tout un monde qui a été recréé dans les moindres petits détails, je m'y sentais transporté. Mais une rendition réaliste de cet univers n'a pas été faite aux dépens de la poésie. Kiyoaki contemple la beauté qui l'entoure, la nature dans les jardins, le ciel étoilé, etc.
C'est un roman qui trouve pleinement son sens quand on lit le reste de la tétralogie. Kiyoaki Matsugae, à travers son amitié avec Shigekuni Honda mais surtout avec deux princes thaïlandais, se laisse parfois aller à des échanges philosophiques sur le sens de la vie, la religion, l'amour. Il est certain qu'une âme sensible comme la sienne, devant un amour impossible et tragique, cherche à se rattacher, à se tourner vers quelque chose de plus grand. À travers ses échanges et des lectures, il est introduit aux idées issues du bouddhisme, entre autres à la réincarnation. Ce concept est important puisqu'il lit ce tome aux suivants. En effet, à la fin, c'est un Kiyaoki faiblissant, mourrant, qui confie à son meilleur ami : « Je viens d'avoir un rêve. Je te reverrai. Je le sais. Sous la cascade. » (p. 450)
Qui n'aimerait pas une nouvelle chance à l'amour, la possibilité de l'immortalité grâce à la réincarnation ? Cette portée philosophique, spirituelle de Neige de printemps n'est que le début d'une grande fresque.
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fabienne2909
  24 janvier 2016
« Neige de printemps » est le premier tome de la quadrilogie-oeuvre testamentaire de Yukio Mishima. Estimant avoir tout écrit dans ces quatre romans, avoir exprimé toutes ses obsessions littéraires, il s'est donné la mort par seppuku dès les dernières lignes du dernier tome achevées.
Lecture difficile et exigeante, car parfois inégale, que cette « Neige de printemps » ! Mais tellement enrichissante une fois terminée. J'ai commencé ce roman il y a environ trois ans, lu une cinquantaine de pages avant de le laisser, non convaincue par la lenteur de ces premières pages (quelques longueurs viennent rendre la lecture un peu plus laborieuse). Mais quelque chose, un goût d'inachevé peut-être, le sentiment de passer à côté d'une oeuvre littéraire majeure, m'a persuadée d'y revenir, et je ne le regrette pas.
« Neige de printemps » narre donc principalement (mais il y a beaucoup d'histoires imbriquées) les amours contrariées de Kiyoaki Matsugae, héritier d'une riche famille de l'aristocratie récente (issue toutefois d'une lignée de samouraïs), et de Satoko Ayakura, provenant quant à elle d'une ancienne famille de la noblesse de Cour, mais assez désargentée. Les liens entre les deux familles sont serrés depuis longtemps, car le marquis Matsugae avait confié l'éducation du jeune Kiyoaki à la famille Ayakura afin qu'il acquière les manières raffinées (cet adjectif reviendra souvent dans le texte) et délicates de la noblesse de Cour. L'on comprend ainsi rapidement la différence de statut et d'éclat entre nouvelle et ancienne aristocratie, dans un contexte sociologique mouvant puisqu'au moment où se déroule le roman (dans les années 1910), le Japon est en pleine transition, entre lent abandon des traditions millénaires et ouverture vers la modernité de l'Occident (l'ère Meiji touche à sa fin).
Amours contrariées car si la relation entre les deux jeunes gens aurait pu trouver à un moment une issue heureuse, elle ne put s'épanouir réellement (si tant est que ce terme convienne) que dans la difficulté et le tragique, en raison principalement du caractère compliqué, introverti (et passablement égoïste) de Kiyoaki Matsugae.
Ce dernier m'a en effet perturbée dans ma lecture, tellement j'ai été souvent en désaccord avec lui : son égoïsme m'a souvent contrariée, étonnée, indignée. Ses actions et pensées ne prennent que pour point de départ et d'arrivée sa petite personne indécise, sans envies, qui ne peut trouver de sens à sa vie, et les autres n'ont qu'à se conformer à lui, jamais l'inverse (tout du moins au début du roman, car il semble évoluer à la fin, tout occupé par la mortification, manière de vivre l'absolu de sa passion). N'importe quelle petite incompréhension, malentendu, tourne avec lui à la plus grande des offenses ! J'ai souvent eu envie d'abandonner le roman tellement il m'énervait…
Mais cet égoïsme, cette aridité des sentiments et des situations, qui ne peuvent souvent aboutir qu'à la mort (par suicide, symbolique ou non), sont en réalité nécessaires car participant au sens que Mishima a voulu donner à son roman (la mer de la fertilité est le nom d'une plaine désertique de la lune, sans air, sans rien, donc sans vie). Pas étonnant dans ce cas que cette histoire d'amour ne mène qu'au gâchis…
Les relations entre les différents personnages sont également compliquées, toujours situées dans une hiérarchie (trait typiquement japonais, c'est vrai), dans des rapports de soumission/domination (je pense particulièrement au personnage d'Iinuma, le jeune précepteur de Kiyoaki, qui n'a pu apprécier ce dernier qu'une fois qu'il a connu la dépravation et donc perdu un certain respect de lui-même ; il m'a d'ailleurs fait penser, par son caractère fuyant et instable, au personnage principal du « Pavillon d'or ») et dans le calcul psychologique. Seule la jeune Satoko, personnage lumineux du roman, se distingue, mais n'échappera pas aux calculs et manipulations dont elle est elle-même incapable, pour sa plus grande perte (le déshonneur).
Enfin, et je garde le meilleur pour la fin, ce roman est un régal d'écriture. On ne peut que s'incliner (même si la version française est une traduction de la version anglaise, elle-même traduction du japonais ; Mishima, comme l'explique très bien l'intéressante préface de l'édition folio - dédiée à la traduction d'une oeuvre -, voulait que toute traduction de son oeuvre soit faite à partir de la version américaine, car elle « rendait parfaitement sa pensée et son style ») devant le caractère grandiose de son écriture, tantôt sensuelle (quel meilleur exemple que la scène de la balade en calèche sous la neige de Kiyoaki et Satoko, qui échangèrent leur premier baiser), tantôt sèche et aride, ou exaltée quand il s'agit de décrire les paysages naturels japonais.
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ibon
  11 octobre 2014
Dans ce très beau roman, Mishima raconte l'histoire de Kiyoaki Matsugae, un jeune étudiant japonais issu d'une famille riche mais non aristocrate (cela a son importance), qui n'arrive pas à exprimer ses sentiments auprès des autres. Son mutisme est associé à un orgueil qui l'empêche d'aller vers autrui. Il bouillonne quand on vient vers lui, même quand on est animé des meilleurs intentions. Mishima évoque à mot couvert, avec délicatesse, le conflit intérieur d'un adolescent qui n'arrive pas à grandir dans un milieu confiné.
J'ai trouvé le parallèle avec l'histoire du Japon, judicieux. En effet le récit est à cheval entre deux ères, l'ère Meiji (encore un peu isolationniste et tournée vers la tradition des Samouraïs) et l'ère Taisho (ouverte vers l'occident, on peut dorénavant envisager des études à l'étranger). Vous l'aurez compris, ce parallèle n'est pas anodin. le héros, comme son pays, parviendra-t-il à aller vers l'autre, à passer à l'âge adulte?
L'autre personnage principal est la très belle Satoko Ayakura, issue dune famille aristocrate illustre mais désargentée. Kiyoaki et Satoko ont été élevés ensemble sans qu'il n'y ait de soucis. Mais les 16 ans de l'un et les 18 ans de l'autre vont attiser les passions.
Si vous n'êtes pas gênés par la traduction française d'un texte en anglais lui même traduit du japonais, vous passerez sur les multiples coquilles, voir un ou deux contre sens, et découvrirez un superbe récit au long cours.
Le deuxième tome de la tétralogie ne m'attendra pas longtemps.
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Levant
  03 novembre 2020
J'en suis averti, la tétralogie dans laquelle je m'engage en lisant Neige de printemps de Mishima est une oeuvre testament. le testament d'un homme qui n'est pourtant ni condamné par la maladie ni en âge suffisamment avancé pour envisager l'échéance ultime prochaine. Mais pourtant, ainsi que l'écrit Marguerite Yourcenar dans l'essai qu'elle a consacré à cet auteur fascinant – Mishima ou la vision du vide – c'est le testament d'un homme qui prépare son "chef-oeuvre" : son suicide rituel.
Cette connaissance de l'acte irréparable est à la fois nuisible et profitable à pareille lecture. En refermant Neige de printemps, le premier tome de la mer de la fertilité, je sais déjà que j'irai au terme de cette splendide oeuvre romanesque en me procurant les trois autres opus d'une tétralogie qui prend des allures de monument. Un monument érigé par celui-là même qu'il rappelle à notre souvenir.
Nuisible la connaissance de ce parcours testamentaire, parce que je sais déjà que mon esprit va inconsciemment chercher au fil des pages les indices du cheminement intellectuel vers une fin décidée. Cette quête inconsciente peut me faire reprocher un voyeurisme morbide. Mais profitable plus encore, je veux m'en défendre, sera cette lecture. D'abord parce que les deux autres ouvrages que j'ai lus de cet auteur – le Pavillon d'or, Confession d'un masque – me donnent la certitude de me confronter au talent pur, ensuite parce que ce chemin sur lequel je m'engage est celui qu'il veut faire parcourir à son lecteur dans une démarche initiatique consciente du but fixé.
Kiyoaki est jeune et beau. Satoko est jeune et belle. Ils sont les héros de Neige de printemps. Ils se savent attirés l'un vers l'autre. Mais ne savent pas encore à quel point l'un est devenu indispensable à l'autre. Ils pensent encore pouvoir jouer de leur libre arbitre et mettre leur amour à l'épreuve des codes moraux de la société aristocratique dans laquelle ils sont nés. Ils ne se rendront pas compte qu'un jour ils auront dépassé le point de non retour.
Il est des fictions tellement bien apprêtées qu'on ne doute plus qu'elles aient été vécues par leur créateur. Des fictions qui mettent tous les sens du lecteur à contribution au point de lui faire vivre les événements, les personnages, au point de le gagner aux émotions de ces derniers. Neige de printemps est d'une esthétique rare. Beauté de la nature, beauté des sentiments, tout est porté par un style épuré, une écriture solennelle, débarrassée des impuretés accumulées par l'usage. Une performance d'auteur qui nous livre un distillat, un absolu de pensée.
D'aucuns pourraient éprouver certaines longueurs dans des épanchements descriptifs. Mais il n'est que de se souvenir que l'auteur est engagé sur un chemin funeste, que chaque regard est un regard d'adieu et qu'il vaut la peine de s'appesantir sur quelques merveilles de la nature quand elle est écrin d'un coeur qui souffre.
J'ai décidé de continuer le chemin avec Mishima, ce marcheur obstiné. Je vais donc me procurer les trois tomes qui pavent la fin de son parcours. Mais j'attendrai que covid veuille bien nous rendre notre liberté pour aller me procurer ces ouvrages dans ma librairie préférée. Je ne veux pas qu'elle baisse le rideau parce que j'aurais été pressé d'accompagner un auteur vers le bout de son chemin. Je ne veux pas qu'un clic de souris éteigne à jamais la vitrine d'un libraire. La vitrine de mon libraire c'est la vie dans la rue, c'est mon ouverture au monde.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman   08 avril 2013
Les Lois de Manu, compilation datant probablement de la période comprise entre 200 av. J.-C. et 200 ap. J. C., étaient le fondement de la loi hindoue. Pour les hindous croyants, elle avait conservé son autorité en tant que code juridique jusqu’à nos jours. Ses douze chapitres et ses deux mille six cent quatre-vingt-quatre articles rassemblaient un immense corps de préceptes tirés de la religion, de la coutume, de la morale et du droit. Cela allait de l’origine du cosmos aux peines infligées aux voleurs et aux règles relatives aux partages des successions. Il était imprégné de philosophie asiatique où toutes choses se ramenaient en somme à l’unité, en opposition frappante avec le droit naturel et l’idée du monde selon le christianisme avec son besoin passionné d’opérer des distinctions fondées sur une nette correspondance entre macrocosme et microcosme.
L’impératif que postulait la loi occidentale se fondait inéluctablement sur le pouvoir de raisonner de l’homme. Les lois de Manu, de leur côté, trouvaient leur source dans une loi cosmique inaccessible à la raison : la doctrine de la transmission des âmes. Les lois l’exposaient comme allant de soi :
« Les actions procèdent du corps, de la parole et de l’esprit et il en résulte le bien ou le mal.
En ce monde, l’âme unie au corps accomplit trois sortes d’actions : bonnes, indifférentes ou mauvaises.
Ce qui procède de l’âme de l’homme façonnera son âme ; ce qui procède de sa parole façonnera sa parole, et les actions qui procéderont de son corps façonneront son corps.
Celui qui pèche dans son corps sera arbre ou herbe dans l’autre vie, celui qui pèche en parole sera animal ou oiseau, et celui qui pèche dans son âme renaîtra au niveau inférieur des castes.
L’homme qui sait contenir sa parole, son esprit et son corps eu égard à tout ce qui vit, l’homme qui met un frein à ses désirs et à ses colère, celui-là atteindra l’accomplissement. A lui l’entière libération.
Il convient que tout homme emploie la sagesse qui est en lui à discerner comment le destin de son âme dépend de son obéissance ou de sa non-obéissance à la loi et qu’il s’applique de tout son cœur à l’observance exacte de la loi ».
Ici, tout comme dans la loi naturelle, observer la loi et accomplir de bonnes actions étaient entendus comme étant une seule et même chose. Mais ici la loi était fondée sur le principe de la transmigration des âmes, doctrine qui court-circuitait toute recherche normale rationnelle. Plutôt que d’en appeler à la raison humaine, ces lois semblaient jouer de la menace d’une rétribution. De sorte qu’en tant que doctrine juridique, elles accordaient une confiance plutôt moindre en la nature humaine que la loi romaine fondée sur le pouvoir de la raison.
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andmanandman   12 avril 2013
La lune brillait avec une intensité éblouissante du côté gauche de Kiyoaki, là où la chair pâle se soulevait au rythme de son cœur. S’y trouvaient trois grains de beauté, petits, presque invisibles. Et tout comme les trois étoiles du baudrier d’Orion s’affadissent sous une lune radieuse, ces trois grains étaient presque oblitérés par ses rayons.
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andmanandman   08 juin 2013
Pour le public, il fallait qu'il y eût une correspondance particulièrement intime entre son corps et le crime qu'elle avait commis. Ils ne s'estimeraient satisfaits de rien moins. Pour le commun des mortel, poussés qu'ils sont par par des fantasmes tragiques, il n'est guère de sensation plus délicieusement émoustillante que la contemplation, a bonne distance, du mal vu dans l'enchaînement de la cause et de l'effet. Si cette femme avait été mince, sa minceur même aurait , à leurs yeux, personnifié ce principe. Du fait qu'elle était rondelette, sa rondeur faisait pareillement l'affaire. Aussi, convaincus qu'elle ne pouvait être que le mal incarné, ils exerçaient avidement leur imagination sans malice, s'attachant avec empressement à chaque détail, jusqu'aux gouttelettes de sueur dont ils étaient persuadés que ses seins devaient être couverts.
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andmanandman   05 avril 2013
Laissant de côté l’affection naturelle qu’il portait à son fils, le marquis ne pouvait pas ne pas remarquer combien il l’emportait même par comparaison avec les autres pages : ses joues pâles qui s’empourpraient dès qu’il se passionnait, ses sourcils au dessin si net, ses grands yeux qui conservaient encore le sérieux de l’enfance et qu’encadraient de longs cils, des yeux luisants de séduction. Ainsi le flot des compliments incitait le marquis à apprécier l’exceptionnelle beauté de son héritier non sans y déceler quelque chose d’inquiétant, comme un présage qui le mettait mal à l’aise.
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andmanandman   14 avril 2013
Kiyoaki avait écrit une poésie de Shigeyuki Minamoto :

Je sens du vent le souffle rude
Quand les flots brisent aux rochers.
Epuisé par la solitude,
Alors je rêve aux jours passés.

Au dessous, Satoko avait transcrit un poème de Yoshinobu Onakatomi :

Quand le jour le cède à la nuit,
Que luit le feu des sentinelles,
Le souvenir des jours enfuis
Trouve en moi une vie nouvelle.
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Vidéo de Yukio Mishima
Yukio Mishima 4/4 : Pour en finir avec le japonisme (France Culture / La compagnie des auteurs). Par Matthieu Garrigou-Lagrange. Avec la collaboration de Corinne Amar, Didier Pinaud, Anne-Vanessa Prévost. Réalisation : Laurence Millet. Diffusion sur France Culture le 20 avril 2017. Photographie : Yukio Mishima en novembre 1968 lors d'un discours à Tokyo • Crédits : CRÉDITKEN INAMURA / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN -AFP. Le Japon ne peut penser à Mishima sans une forme de gêne. Auteur d’un des premiers romans gay de la littérature, il prédit son suicide dans une de ses nouvelles, geste « pur » du seppuku qu’il réalisera par la suite. René de Ceccatty évoque la place de cet écrivain dans la littérature de son pays.
Invité :
René de Ceccatty, écrivain, traducteur et éditeur, auteur d'un article “Pour en finir avec le japonisme” évoque avec nous l’œuvre de Yukio Mishima et sa place dans la littérature japonaise et mondiale.
Musique générique :
Ouverture : “Panama”, de The Avener(Capitol)
Fin : “Dwaal” de Holy Stays (Something in Construction).
Musique chronique : “Self portrait” de Chilly Gonzales (Gentle threat).
Source : France Culture
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