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Tanguy Kenec'hdu (Traducteur)
ISBN : 2070385051
Éditeur : Gallimard (10/04/1992)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Troisième volume de la tétralogie "La mer de la fertilité", Le temple de l'aube est la suite chronologique de Neige de printemps et Chevaux échappés. A l'évocation du Japon ancestral dans le premier roman, puis, dans le deuxième, des agitations politico-militaires de l'entre-deux-guerres, succède ici la peinture de la société nouvelle qu'engendre la défaite, suivie de l'occupation américaine.


Le lecteur retrouve les personnages familiers de c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
andman
  06 août 2013
Troisième opus de la tétralogie de Mishima, "Le temple de l'aube" est bien différent des deux premiers dans la mesure où l'histoire se déroule en partie hors du Japon.
Le personnage central de la tétralogie, Honda, était au début de celle-ci, en 1912, un brillant étudiant de 18 ans.
Juriste en droit commercial, il se trouve à Bangkok en 1940, pour le compte d'une société japonaise en litige avec un client thaïlandais et profite de l'occasion pour visiter le Siam.
Il n'est pas mécontent de prendre un peu de distance avec la vie trépidante de Tokyo et son climat politique délétère. La tentative de coup d'État d'un groupe d'ultra-nationalistes quatre ans plutôt a marqué les esprits, renforcé le militarisme japonais et entraîné la seconde guerre sino-japonaise.
Depuis sa jeunesse étudiante, Honda est attiré par les anciennes lois indiennes de Manu qui donnaient une importance particulière à la réincarnation.
Ainsi dans le deuxième opus a-il défendu au pénal un jeune homme, Isao, accusé de tentative d'assassinat. Honda voyait déjà en Isao la réincarnation de son ami d'enfance Kiyoaki.
Au cours de la visite d'un palais de Bangkok, il a une entrevue avec une petite princesse de six ans, Clair de lune, qui se dit la réincarnation d'un japonais. Intrigué, Honda se prend à croire que la fille du demi-frère du roi est peut-être la deuxième réincarnation de Kiyoaki.
Malgré la complexité des thèmes abordés et notamment celui de la transmigration des âmes, la lecture n'est jamais rébarbative.
Mishima explique avec force détails les concepts philosophiques et religieux nécessaires à la bonne compréhension du roman, explications pas le moins du monde fastidieuses tant sont omniprésents la beauté de la prose et les talents de vulgarisation de l'écrivain.
Ayant brillamment solutionné le litige commercial, Honda se voit offrir un voyage d'agrément en Inde. Commence alors un périple touristique qui ravira les amoureux de cet immense pays, avec notamment les visites guidées de :
- Bénarès, la terre sainte vivante de l'hindouisme, située sur le Gange,
- Agenta et ses célèbres grottes, haut-lieu du bouddhisme jusqu'au IVe siècle de l'ère chrétienne.
Magnifique roman d'évasion empreint de sagesse orientale, "Le temple de l'aube" peut se lire indépendamment des deux premiers volumes de la tétralogie, surtout si vous projetez de visiter les pays précédemment cités.
Les lecteurs des deux premiers opus goûteront le côté dépaysant de celui-ci, l'intensité dramatique en moins.
Le long cheminement culturel qu'impose Mishima à son héros, développe chez celui-ci une réflexion à plusieurs niveaux l'empêchant de penser de façon simple et directe. Cette profonde introspection permettra-t-elle à Honda de trouver le chemin d'une paix intérieure et de dépasser le mystère de la transmigration des âmes qui depuis des décennies le perturbe ?
Le démon de midi qui peu à peu se réveille chez Honda dans la seconde partie du livre, accentue encore un peu plus son questionnement existentiel. Sans concession pour son héros qui refrène difficilement un voyeurisme obsessionnel, l'écrivain nous réserve un épilogue d'une originalité savoureuse.
La grande littérature est une fois de plus au menu du Chef Mishima !
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Lavieestunlongfleuvetranquille
  27 juillet 2019
Après avoir échoué à sauver le jeune Isao, la vie de Honda continue et cette période de doutes et de questionnements sur l'existence trouve un terrain fécond en Inde.
A 46 ans, notre juriste est riche mais sa vie intérieure tumultueuse offre un contraste saisissant avec la placidité de son comportement.
Sommes-nous mortels ou irrémédiablement voués à ressusciter au gré de nos actions, positives ou négatives, pour l'éternité ?
La religion indienne va lui offrir des réponses et les confortera sous l'apparence d'une barbarie innommable se traduisant par un irrespect de notre enveloppe charnelle et cela, ma foi, semble l'apaiser provisoirement, en répondant à des questions hautement métaphysiques.
Le mystère de la transmigration se révèlera-t-il avec la nouvelle vie supposée de Kiyoaki en la personne de la princesse thaïlandaise Jing Chan, après la courte existence d'isao ?
Le voyage sera long, révélant bien évidemment que la vie est loin d'être un fleuve tranquille...
L'oeuvre posthume de Mishima souligne une vie torturée par d'innombrables recherches intérieures, un amour intense et profond de son pays, sublimé par une nature magnifique.
L'évocation du mont Fuji, son rapport avec une certaine règle de vie d'une rigueur implacable et sans concessions, d'une poésie époustouflante par son intensité, nous fait suffoquer en réaction à son extraordinaire présence, et c'est tout le génie d'un auteur possédant une magie rare et un positionnement existentiel inédit.
Retenir son souffle à des conséquences. Notamment celle d'arriver à comprendre les différentes déviances sexuelles de l'intrigue, d'une banalité si dérangeante, mais tellement accessoire au vu du sens de la vie et d'une existence, ou plutôt d'existences si fertiles intellectuellement.
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stcyr04
  12 juin 2013
Dans le Temple de l'aube, troisième pierre de l'édifice de la Mer de la fertilité, Kiyoaki connaît un troisième avatar en la personne d'une troublante princesse siamoise, Ying Chan, dont Honda, personnage principal de ce volet de l'oeuvre, ami de jeunesse de l'éphèbe tôt disparu, fait la découverte lors d'un voyage afférent à son activité d'avocat.
Le Temple de l'aube s'ouvre sur l'évocation suggestive de la ville de Bangkok, dont la vie est étroitement liée au cours du fleuve Chao Phraya, qui la traverse et l'innerve. du Siam, Honda entreprend un voyage initiatique aux mystères de l'Inde, à Calcutta, Bénarès, - ville sainte de l'hindouisme - et aux grottes d'Ajanta, vestiges ultimes du culte bouddhique en Inde. Les pages concernant Bénarès, avec ses ghats, ou escaliers de marbres monumentaux, théâtres des ablutions des fidèles dans les eaux mêlées des fleuves vénérables et lieu de crémation rituelle où les cendres des croyants retournent à l'eau qui les a vu naître sont d'un envoûtement et d'une fascination tout particuliers. Ces visites sont l'occasion de considérations mystiques et philosophique passionnantes, concernant certains concept communs aux croyances hindouistes, bouddhistes et shintoïstes. Dans la seconde partie du roman, de retour au Japon, et au fil des années, Honda est le témoin du processus de délitement des coutumes ancestrales nippones sous l'influence de l'occupant américain, victimes du consumérisme triomphant et de la perte des valeurs morales.
Cette troisième partie de la Mer de la fertilité est ainsi l'occasion d'une approche captivante des sagesses orientales et l'intérêt de la lecture profite du dépaysement liminaire du récit.
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Derwijes
  14 octobre 2015
Troisième tome de la quadrilogie La Mer de la Fertilité, le temple de l'aube est peut-être le plus atypique.
Déjà, l'action ne se passe plus entièrement au Japon. de plus, elle s'étale sur plusieurs années, et plus sur quelques mois comme dans les deux premiers livres.
En revanche, le style de Mishima sont toujours là. Comme une goutte d'eau chamboulant tout l'océan, il écrit toujours d'une manière aussi fragile et puissante. Peut-être plus que dans les autres livres de sa Mer de fertilité.
Les thèmes sont similaires aux deux tomes précédents, avec cette fois-ci un accent plus porté sur la réincarnation, ce qui se voit dans quelques passages ou Honda lit des livres sur le bouddhisme, passages retranscrits intégralement dans le livre et qui peuvent être difficile à lire pour ceux qui ne sont pas familiers avec le bouddhisme.
Mais le thème principal du livre, comme dans les autres, c'est un amour impossible. Cette fois-ci, c'est un amour à la Lolita, entre le vieil Honda et la jeune princesse. C'est là le coeur du livre, ce qui lui donne tout son sel. Certains passages sur l'état d'esprit d'Honda, sur les sentiments contradictoires qu'il ressent face à cette jeune et jolie fille sont magnifiquement écrits. Celui qui était avant un personnage passif plutôt ennuyant se révèle ici être un homme mûr torturé par des sentiments auxquels il n'avait fait attention auparavant. Ses relations avec sa femme, avec son travail, son évolution au fur et à mesure du livre...Mishima a fait fort, Mishima a fait très fort avec ce temple de l'aube.
Là ou le lecteur occidental pouvait trouver que les deux premiers étaient hermétiques car trop centrés sur des idéaux asiatiques n'ayant pas cours en Europe, il trouvera dans ce livre un superbe roman dramatique, digne des meilleurs livres d'un Balzac ou d'un Flaubert.
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arcade_d
  05 juin 2017
Le Temple de l'aube et L'Ange en décomposition sont les dernier roman de Mishima en 1970, l'année de son suicide.
Dans la mer de la fertilité on parcourt l'existence d'un homme qui traverse des temps trouble et voit ses rêves fracassés de loin en loin.
Une vie qui conduit au désespoir et pourtant ce roman, le temple de l'aube est celui de Mishima qui m'a le plus remplis d'espoir.
La beauté simple du quotidien. Je n'ai lu qu'une traduction, mais j'ai sentis derrière celle-ci toute la poésie de la langue japonaise. Devinais pour la première fois que certains états d'âme ne peuvent être exprimés ou éprouvés que dans la langue de l'auteur.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman   11 août 2013
Pour la première fois depuis bien des jours, on apercevait le Fuji au-delà du jardin. Déjà, la montagne prenait une allure estivale. Ses jupes de neige étaient remontées plus haut qu'on ne s'y attendait et, au soleil du matin, la terre rutilait, couleur de brique trempée de pluie.
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andmanandman   08 août 2013
Ayant consulté la carte, il vit que les endroits qu'il désirait visiter - les grottes d'Ajanta et Bénarès sur le Gange - étaient si éloignés l'un de l'autre qu'il en défaillit presque. Pourtant, chacun d'eux attiraient également l'aiguille magnétique de son désir de l'inconnu.
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andmanandman   26 juillet 2013
Hormis les calamités naturelles, les évènements historiques ne se produisaient, si inattendus qu'ils pussent paraître, qu'après un long mûrissement. L'histoire est aussi hésitante qu'une toute jeune fille devant une proposition romanesque.
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PilingPiling   31 juillet 2008
incipit :
C'était la saison des pluies à Bangkok. L'air était saturé d'une bruine ténue incessante et souvent, on voyait danser des gouttes dans un rayon de soleil éclatant. Des échancrures bleues étaient toujours visibles çà et là ; et même alors que les nuages allaient s'épaississant autour du soleil, le ciel à leur périphérie restait d'un bleu éblouissant. A l'approche d'un grain, il s'assombrissait, l'air sinistre et menaçant. Une teinte de mauvaise augure ensevelissait le vert dominant de la ville aux toits bas parsemés de palmiers.
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phildecphildec   28 juin 2015
Tout comme l’adolescent doit attendre la maturité, il fallait qu’un homme de cinquante-sept ans assistât à son propre épanouissement, mais c’était vers la catastrophe. Quand, dans les fourrés flétris, de novembre, tous les arbres ont perdu leurs feuilles, qu’ont jauni les broussailles, quand, au clair soleil d’hiver, ces lieux apparaissent dans la blancheur immaculée du Pays Pur, lui, telle la coloquinte, unique tache écarlate parmi les lianes mortes, il attendait avec ferveur son épanouissement vers la catastrophe.
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Videos de Yukio Mishima (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yukio Mishima
En 2005 a paru Dictionnaire égoïste de la littérature française , immense succès immédiat critique et public. Chroniqué par tous les médias en France et beaucoup même à l'étranger, ce livre qui n?avait pas d?équivalent a reçu cinq prix littéraires. Il est aujourd?hui devenu un classique.  Le Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale est consacré aux littératures des autres pays du monde. Et non pas « étrangers ». Un article l?explique, l?auteur ne croit pas à la notion d?étranger, surtout en matière de littérature. Nous ne sommes pas seuls au monde, et aucun lecteur français n?a été constitué par l?unique lecture de livres français. de même, aucun lecteur n?est constitué par l?unique lecture des livres de son temps. Un lecteur est de tous les temps et de tous les pays. Et c?est ainsi que ce livre comprend aussi bien Eschyle (le plus ancien) que Gabriel García Márquez (le plus récent). Pour « égoïste », cela signifie que l?auteur ne parle que de choses qui, en bien ou en mal, l?intéressent, le passionnent, l?éveillent, et non à partir d?on ne sait quels canons de la littérature.  Le « DELM » comprend, comme son frère aîné, quatre types d?articles : sur des auteurs (Karen Blixen, Jorge Luis Borges, F.S. Fitzgerald, Yukio Mishima, Elsa Morante, Platon, Gertrude Stein?), des ?uvres ( Amant de Lady Chatterley (L?) , Guépard (Le) , Petit Livre rouge (Le)? ), des personnages (Ali-Baba, Lady Bracknell, Mademoiselle Else, le prince André, Arturo Ui?), des notions (« Bonheur », « Enterrements d?écrivains célèbres », « Imagination », « Verbes réfléchis »?). Il a, en plus, des « express » (« Esthétique Express », « Machiavel Express »?). On y retrouvera tous les grands noms célèbres, et on y découvrira des méconnus délicieux. On y trouvera un esthétique, et des anecdotes qui sont peut-être un peu plus que des anecdotes, comme Joyce en train de dicter Finnegans Wake à Beckett qui répond « entrez » à un visiteur, Beckett écrivant le mot par mégarde et Joyce lui disant : « Laissez. » Allègre, partial, drôle, sérieux, brillant, inattendu. Un livre qui donne envie d?en parler avec l?auteur. Venez converser avec Charles Dantzig...
En savoir plus sur le "Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale" : https://www.hachette.fr/livre/dictionnaire-egoiste-de-la-litterature-mondiale-9782246820741
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