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Yves Marie Allioux (Traducteur)Brigitte Allioux (Traducteur)
ISBN : 2070392856
Éditeur : Gallimard (23/03/1995)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Dans le " bric-à-brac " de la société japonaise des années 60, les fantômes des ci-devant aristocrates hésitent encore à danser avec les premiers parvenus du miracle économique. Les rues sont pleines de jeunes filles qui n'en sont plus, de petits jeunes gens détestables dévorés de paresseuses ambitions...

Comment vivre, lorsque - comme le diamant de trois carats que l'on porte au doigt - on a été taillée dans une autre époque?

La chai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Nebulas
  18 mars 2016
Une histoire de liaison entre une femme de quarante ans et un homme d'environ vingt ans plus jeune. Nous sommes en Japon dans les années 60. Taéko Asano est propriétaire d'une boutique de vêtements chics avec une clientèle de la haute société. Elle descend d'une famille de noblesse. Après son divorce, elle est une femme riche et totalement indépendante. Senkichi est un jeune beau, un étudiant qui travaille comme barman dans un gay bar pour gagner sa vie. Pendant leur première rencontre, malgré les couches de la société complètement différentes aux lesquelles ils appartiennent, Taéko tombe amoureuse. Leur liaison se développe rapidement et après quelque temps ils cohabitent, bien que leur relation reste « sans engagement ». Évidemment, avec toutes ces différences, c'est une liaison sans avenir ; on ne sait pas comment et quand elle va exploser, mais c'est immanquable, la relation sera brisée.
C'est une histoire peu choquante pour les lecteurs en 2016. Une liaison entre une femme plus vieille et indépendante et un jeune homme bisexuel, c'est une chose presque normale et acceptée à l'heure actuelle. (Bien, au moins ce n'est plus un tabou comme d'autrefois…). Cependant, le livre a été publié en 1963 ! C'était une époque plus conservatrice dans laquelle le livre a eu peut-être un grand effet.
Malheureusement, maintenant, en 2016, je trouve le livre peu captivant. L'histoire se déroule lentement et sans développements vraiment intéressants. C'est surtout l'ambiance japonaise qui manque, on n'apprend presque rien sur les coutumes et les traditions japonaises de cette époque. La fin de l'histoire, un sacrifice personnel, est peu crédible, en effet, je le pense totalement improbable. Je doute que ce sacrifice personnel soit plus compréhensible dans une société japonaise que dans une société occidentale.
« L'école de la chair » offre une lecture facile mais peu intéressante. le texte est clair et les phrases sont courtes et on pourrait terminer le livre en quelques jours.
Lien : http://nebulas-nl.blogspot.n..
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RogerRaynal
  04 octobre 2018
L'école de la chair, de Yukio Mishima.
Au japon, dans les années 60, trois femmes divorcées, du meilleur monde, appartenant à des familles aristocratiques dont le prestige a été emporté par le vent de la défaite, se réunissent régulièrement pour médire de leurs aventures et se moquer de leurs amants. Un vent de liberté souffle sur Tokyo, les carcans moraux de l'ancien monde ont craqué, et les pratiques jadis soigneusement dissimulées peuvent se frayer un chemin vers la reconnaissance. C'est un peu, toute proportion gardée, sex and the city, avec quarante années d'avance.
Parmi ces femmes libres et aisées, Taeko, créatrice de mode reconnue, est une femme sereine, sure de son charme, mais qui a l'impression d'être une des dernières survivantes d'un monde disparu. Les lambeaux de cet univers suranné trainent encore sur un monde nouveau qui se lève, éclatant de jeunesse, de vitalité débordante et d'espoirs immenses.
Taeko se trouve entrainée par ses consoeurs dans un night-club pour homosexuels où elle remarque un barman, Senkitchi, beau comme un dieu. Elle fait d'ailleurs plus que le remarquer : elle est subjuguée par la beauté plastique du jeune homme, dont elle apprend, au bout de quelques visites où son élégance la fait remarquer et célébrer par une faune joyeuse, qu'il n'hésite pas à se vendre à des femmes ou à des hommes, affamé qu'il est de réussite matérielle.
Taeko, au départ, se berce d'illusions en pensant faire quelque bonne action, quelque oeuvre généreuse en permettant à Senkitchi de quitter son emploi de barman et de mignon tarifé pour reprendre ses études universitaires. Elle ne fait en cela que suivre la voie de son désir, de ses sentiments impérieux, profonds, douloureux presque. Senkitchi peuple le désert de sa vie intérieure, et elle parvient sans difficulté à séduire le jeune homme, qui voit tout de suite son intérêt dans cette relation. Senkitchi est fantasque, inconstant, joueur, passant avec brio de la plus grande élégance à une apparence misérable. Ce jeune homme est une façade, mais diablement séduisante. La belle Taeko, tout expérimentée qu'elle soit, va se laisser prendre à ses charmes, ils vont s'aimer à leur manière, puis, craignant de le perdre, elle va aller jusqu'à lui proposer que tous deux puissent s'accorder quelques aventures galantes…
Ce roman est celui d'une femme qui observe un vieux monde à la dérive qui s'échoue sur les rivages de la modernité. La retenue, le sens des convenances, ou plutôt le gout des apparences, du passé se conjuguent aux bonheurs d'une libération, d'une envie de vivre caractéristiques de la modernité radicale imposée, et acceptée avec empressement par les jeunes générations comme un dû. Taeko, émule de l'ancien monde, rencontre Senkitchi, prototype du nouveau. L'ancien joue sur les sentiments, désire la complicité et la connivence, loin des illusions de la fidélité. le nouveau souhaite surtout parvenir à la richesse en utilisant son charme, sa beauté, le trouble qu'il crée chez les femmes et les hommes. Il ne rêve que de richesses matérielles alors que Taeko se replie sur ses richesses intérieures, les plus importantes à ses yeux.
L'école de la chair, malgré son titre, n'a rien de sulfureux (le titre original fait d'ailleurs référence à un bracelet, cadeau liant les deux amants). On n'y trouvera nul propos graveleux, nul érotisme facile. Seulement un passage déterminant de la vie d'une maitresse femme qui décide de s'offrir une parenthèse galante, puis se retrouve prise au piège de son coeur.
Outre le milieu des homosexuels et des travestis, qu'il connaissait bien, Mishima nous offre ici un émouvant portrait de femme. En Taeko, il y a toute l'élégance et la beauté tragique du Japon.
Écrit d'une plume alerte, avec un sens aigu du détail (la description des tenues de l'héroïne est une revue de la mode de ces années-là) et de l'observation, ce roman nous offre, dans une prose impeccable de rigueur et de correction, une vision intime d'une des dernières aventures amoureuses d'une femme au mystère finissant, et qui sent malgré tout approcher l'heure où le désir qu'elle suscite fera place à un désert sentimental qu'elle redoute.
Une très belle histoire de femme, sensuelle et pudique, tendre, parfois surprenante, mais qui sait conserver une certaine retenue. Ce très beau roman vous fera sans nul doute succomber au charme élégant de Taeko !
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aranzueque-arrieta
  01 mai 2012
L'école de la chair
Yukio Mishima
Gallimard

Dans le Japon des années soixante, Taéko, riche trentenaire et femme fatale émancipée, fait la connaissance du jeune Senkitchi au « Hyacinthe », le bar pour travestis et homosexuels dans lequel il travaille et se prostitue.
De cette curieuse rencontre nait une relation autodestructrice où se mêlent la chair, le désir, les intérêts personnels, la passion et l'honneur.
En somme tous les thèmes inhérents à l'oeuvre de Mishima sont présents pour engendrer un roman sulfureux qui défraya la chronique dès sa publication.
Sans rentrer dans des considérations psychanalyti-
ques faciles, on peut dire que Taéko est à Mishima ce qu'Albertine est à Proust.
Mishima avait une étonnante connaissance de la littérature française ; on retrouve d'ailleurs dans ce roman - comme dans beaucoup d'autres - des influences évidentes qui vont du marquis de Sade - il écrivit en 1965 la pièce de théâtre Madame de Sade - à Georges Bataille.
Le combat désespéré de Taéko pour dominer malgré elle son désir pour le corps juvénile et magnifique de Senkitchi rappelle la lutte permanente de Mishima pour cacher et s'affranchir en vain de son désir envers les hommes.
Taéko et l'auteur ont curieusement le même âge, trente-neuf ans, au moment de la rédaction de L'école de la chair.
L'attachant personnage de Téruko rappelle le travesti Akihiro Miwa qui fut l'amant de Mishima - « elle » est devenue par la suite une figure clé de la culture underground nippone -.
Ces quelques éléments que nous citons de façon non-exhaustive montrent que le roman est plus intimiste qu'il n'y parait. Il marque aussi un tournant dans l'oeuvre et la vie de Mishima qui commence dès cette époque à prêcher un certain type de nationalisme - encré dans un Japon idéel ou mythique - que l'on distingue déjà dans L'école de la chair.
Au-delà d'une pertinente et passionnante analyse de l'âme humaine - et de la sienne -, l'auteur dresse le décor d'un Japon tiraillé entre son occidentalisation forcée et son aspect plus traditionnel - voire nationaliste -.
On peut faire un parallèle entre la perte d'identité des personnages qui s'abîment l'un dans l'autre pour renaitre différents et la mutation de ce Japon schizophrène, encore occupé par les américains, qui ne sait plus à quel saint se vouer, aux valeurs traditionnelles ou à la culture occidentale - la « problématique » de l'habillement illustre aussi notre propos -.
Yukio Mishima ne considérait pas L'école de la chair comme une de ses oeuvres majeures. Il est vrai que des publications telles que Confession d'un masque, Les amours interdites ou La mer de la fertilité sont peut-être plus abouties d'un point de vue littéraire, néanmoins ce roman garde une cohérence qui s'inscrit dans le corpus et l'esthétique romanesque de l'auteur.
L'écriture est travaillée, limpide avec un bémol pour certains dialogues qui paraissent quelques peu forcés. L'auteur confirme cependant une fois de plus sa parfaite maitrise de la construction narrative.
Il faut aussi signaler que pour la première fois dans un roman contemporain - ce qui est extrêmement novateur pour l'époque -, le narrateur utilise le nom de véritables marques de vêtements - Mishima en était friand - comme outil narratif ; la description minutieuse qu'il en fait, sert - à la façon de Bret Easton Ellis actuellement - à encrer l'action dans une temporalité précise et tirer tout l'aspect social qui s'en dégage.
L'école de la chair reste un roman clé - davantage dans son esthétique philosophique et sociale que dans sa forme - de l'oeuvre d'un des plus grands auteurs japonais.

http://faranzuequearrieta.free.fr
Lien : http://faranzuequearrieta.sk..
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Beatson
  11 septembre 2016
Je n'ai pas compris ce qu'attendaient les personnages de ce livre, que ce soit Taéko cette femme de famille noble divorcée, qui cherche à s épanouir grâce à une relation non conventionnelle avec un homme bien plus jeune qu'elle et qu'elle a rencontré dans les bas-fonds de Tokyo, ou que ce soit ce Senkichi (le jeune homme) qui manque tellement de franchise qu'on a du mal à comprendre son comportement.
Le récit se base sur l'exposé des ressentis de Taéko ; je ne sais pas si cela tient au fait que Mishima soit un homme, ou à la différence d'époque (décennie 50) mais je ne me suis jamais passionné pour cette histoire où on trouve un mélange curieux d'exposés de sentiments et de purs calculs pour des intrigues dont je n'ai pas toujours saisi la motivation.
J'en conclus que je ne suis pas capable d'écrire une critique objective sur ce type de récit excepté de penser qu'il n'est pas fait pour moi.
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Gast
  10 mai 2011
Le souci avec les auteurs qui nous ont marqué, c'est qu'à force de se voir emporter on en attend beaucoup. Trop, peut-être... et après, quand une déception nous gagne, tout le problème réside en une question : est-ce l'écart déraisonnable entre attente et réalité du texte qui est source de cette déception ? Cette question, je me la suis posé avec ce roman de Mishima.
Contrairement à "La confession d'un masque", je n'y ai pas trouvé l'envolée littéraire du texte qui, percutant, vous secoue et vous balotte. Je n'y ai pas non plus trouvé la quête épique de l'esthétique qui donne force au personnage du "Pavillon d'Or". Je n'y ai vu qu'une histoire d'amour très classique, très Tanizakien, aussi.
Or Mishima ne me parait grandiose que lorsqu'il fait du Mishima, et là, malgré les éloges entourrant ce récit, je n'y ai pas vraiment trouvé cela. Certes, le récit est bien fait, et possède quelques envolées intéressante ; il est loin d'être mauvais, mais je n'ai pu m'empêcher de refermer l'ouvrage avec une pointe de déception. Un désappointement renvoyant de fait à mon questionnement initial. Déception probablement pour partie imputable à ma trop grande attente, mais pas seulement...
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
BeatsonBeatson   08 septembre 2016
Une femme qui attend. Être devenue une femme qui attend, et rien de plus… Ce jeune blanc-bec avait un tel pouvoir que, même de loin, il réussissait à faire de Taéko ce que pour rien au monde elle n’aurait souhaité devenir.
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AustralAustral   26 juin 2014
La joie furieuse que l'être aimé éprouve à se profaner peut atteindre des profondeurs insondables. Et l'être qui aime est condamné à suivre, entraîné dans une perpétuelle descente aux enfers.
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GastGast   20 avril 2011
Pour un homme comme pour une femme, "être aimé" est tout à fait différent d' "aimer". Taeko commençait à en prendre conscience depuis sa liaison avec Senkichi. Ces deux sentiments faisaient partie de deux univers totalement étrangers l'un à l'autre. Taeko était mise pour la première fois devant cette vérité effrayante de la vie humaine.
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Videos de Yukio Mishima (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yukio Mishima
Yukio Mishima 4/4 : Pour en finir avec le japonisme (France Culture / La compagnie des auteurs). Par Matthieu Garrigou-Lagrange. Avec la collaboration de Corinne Amar, Didier Pinaud, Anne-Vanessa Prévost. Réalisation : Laurence Millet. Diffusion sur France Culture le 20 avril 2017. Photographie : Yukio Mishima en novembre 1968 lors d'un discours à Tokyo • Crédits : CRÉDITKEN INAMURA / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN -AFP. Le Japon ne peut penser à Mishima sans une forme de gêne. Auteur d’un des premiers romans gay de la littérature, il prédit son suicide dans une de ses nouvelles, geste « pur » du seppuku qu’il réalisera par la suite. René de Ceccatty évoque la place de cet écrivain dans la littérature de son pays.
Invité :
René de Ceccatty, écrivain, traducteur et éditeur, auteur d'un article “Pour en finir avec le japonisme” évoque avec nous l’œuvre de Yukio Mishima et sa place dans la littérature japonaise et mondiale.
Musique générique :
Ouverture : “Panama”, de The Avener(Capitol)
Fin : “Dwaal” de Holy Stays (Something in Construction).
Musique chronique : “Self portrait” de Chilly Gonzales (Gentle threat).
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