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Brigitte Allioux (Traducteur)Yves Marie Allioux (Traducteur)
EAN : 9782070314553
128 pages
Gallimard (06/05/2004)
3.38/5   91 notes
Résumé :
Comment qualifier les sentiments ambigus qu'éprouvent l'un pour l'autre Hatakeyama et Watari ? Les deux adolescents hésitent entre haine, désir, fascination et cruauté. Jusqu'où leurs jeux troubles peuvent-ils les conduire ?

L'équipe de kendô a pour capitaine Jirô, l'un des meilleurs sabres (ken) du Japon. Tous lui envient sa force, sa beauté et son talent. Lorsque le club part faire un stage d'une dizaine de jours, les ambitions et les rivalités entr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Fabinou7
  22 novembre 2018
Ces deux nouvelles dramatiques, écrites six ans avant la mort de leur auteur, pourraient très bien faire l'objet de films d'animation japonais, ou de films tout court. le visuel est poignant. Les gouttes de sueur en suspension dans l'atmosphère, flottant au dessus du sol du dojo, la cinématique de l'escarmouche des sabres en bambou, et l'effarante beauté des manches indigo des kimonos.
Mishima laisse filtrer au détour de l'histoire quelques unes de ses critiques à l'encontre de la modernité. Exacerbant l'honneur et la pureté de Jirô, les poussant jusqu'à leur paroxysme. Peut-être que le colosse, l'insubmersible Jirô, face au timide Mibu ou au jaloux Kagawa a finalement les pieds d'argile. Comme si l'énergie fut circulaire et qu'elle passa des uns aux autres, avec un effet pervers : la monté en puissance de l'un ne peut se faire qu'au détriment de l'autre.
L'attention portée aux corps de ces jeunes garçons, et plus particulièrement aux souffrances de leurs chairs, les genoux de Mibu chancelants sur le sol du dojo, les hanches meurtries de Watari après avoir été rossé et le sang sec sur la morsure à l'épaule de Hatakeyama en sont tant d'exemples.
Les sentiments contradictoires que ressentent les protagonistes les uns pour les autres restent aussi nébuleux pour le lecteur que pour eux-mêmes, ces adolescents sans reculs, animés par des vents changeants, des pulsions et des inclinaisons confuses, presque hormonales. Mais tous ces sentiments restent intérieurs aux personnages, ineffables et indicibles, sans doute inconscients. C'est à travers l'entrechoquement de leurs actes, parfois physiques, toujours violents, que se concrétise l'essentiel de leurs fatales interactions.
Une lecture immersive et étonnement empathique qui sème le trouble.
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FredMartineau
  10 juillet 2019
Yukio Mishima est un auteur japonais célèbre autant pour son oeuvre que sa fin, un seppuku dans la plus pure tradition des samouraïs. Ces deux nouvelles Martyre-Ken ne m'ont pas emballé, elles sont un pâle reflet de son travail. J'ai lu bien mieux de sa part…
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Annette55
  31 août 2014
Voici deux nouvelles du grand auteur japonais Yukio Mishima, dont j'avais lu, il y a longtemps:Le Pavillon D'or qui nous emmènent au coeur de la culture japonaise.
Dans Ken, Jiro est capitaine de l'équipe de Kendo, doué d'une beauté charismatique, choisi parmi les cinq meilleurs sabres du club de l'est du Japon" il concentre ses forces spirituelles dans une activité unique, il a des désirs simples et sobres".
Il entraîne le autres kendokas lors d'un stage intensif qui se révélera funeste .....
Il incarne la droiture d'esprit des valeurs traditionnelles japonaises: l'esprit guerrier fait d'honneur, de pureté dans le geste, d'une force et d'une maîtrise du sabre incomparables .
L'honnêteté et la maîtrise de Jiro, qualités poussées à l'extrême et d'un code de valeurs "surannées" exemplaires bafouées par le monde extérieur ....génèrent peu à peu la rancoeur tenace des autres kendokas, Kagawa l'admire mais le déteste....le jeune Mibu, lui, le révère , pour lui,il crée des sentiments troubles, Jiro représente la perfection qu'il ne pourra jamais atteindre....
La désobéissance, les ambitions, les rivalités, la jalousie morbide et dévastatrice,la perversité auront raison de Jiro...
La dernière scène que je ne révèlerai pas est emblématique de la culture japonaise très différente de notre culture occidentale.....
La deuxième nouvelle d'une cruauté et d'une ambiguïté sans égales, nous entraîne dans un monde adolescent frustré, complexe, tourmenté ,vraiment passionnant... Une lutte pour dominer l'autre,dans une sorte de jeu pervers et malsain,nous avons l'impression.....que les enfants organisent la traque et la mise à mort de Waltari comme s'il s'agissait d'un mauvais scénario.....
Le lecteur en sort particulièrement troublé et mal à l'aise..
Deux nouvelles coup de poing....à propos de l'adolescence dans la pure tradition japonaise.....
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dvall
  02 octobre 2021
Je replonge avec plaisir dans le style raffiné et lumineux de Yukio Mishima avec ces deux nouvelles intitulées « Martyre » et « Ken », elles-mêmes extraites du recueil « Pèlerinage aux Trois Montagnes ». Elles explorent les complexités de l'âge adolescent dans une prose poétique et troublante.
« Ken » (剣) en japonais signifie sabre ou épée. le kendō (剣道), se traduisant littéralement par « Voie du sabre », n'est pas qu'un art martial dérivé des techniques guerrières ancestrales, mais aussi un sport de compétition très prisé au Japon. À travers cette nouvelle d'un grand esthétisme, nous pénétrons dans le quotidien d'entraînement d'une équipe universitaire de kendō, dont le jeune capitaine Jirô Kokubu, est un parangon de charisme, de beauté et de droiture. le respect qu'il inspire et la fascination trouble qu'il instille dans le coeur de certains de ses camarades sont le thème principal de cette nouvelle. Mishima explore ici la complexité des relations entre jeunes gens dans un univers exclusivement masculin, où la recherche détachée de la Voie se heurte aux ambitions d'attachement et de reconnaissance, où la désobéissance affronte la loyauté. le texte est parsemé de jaillissements poétiques et de symboles, tout entier dédié à la beauté parfaite des mouvements et à la cruauté des sentiments.
« Martyre » explore dans un tout autre ton la brutalité et l'ambiguïté des élans qui agitent de jeunes adolescents dans un internat. Tout part d'un livre dérobé au fier et athlétique Hatakeyama, qualifié de petit démon. Un livre qui dissimule sa véritable nature et qui attise la curiosité comme la convoitise. Lorsque le coupable du vol est retrouvé, c'est un déferlement de violence qui advient, révélant davantage que la simple colère ou l'esprit de vengeance. Ce texte troublant explore la complexité du poison adolescent, la manière dont les pulsions sexuelles et brutales se mêlent jusqu'au drame final.
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MahaDee
  25 mai 2017
Deux nouvelles dans ce petit volume, « Ken » et « Martyre ».
Deux nouvelles d'inégales longueurs, 80 pages pour la première et 25 pour la seconde.
Deux nouvelles dramatiques qui mettent en scène des adolescents ou de très jeunes adultes. L'éditeur a choisi de mettre en avant « Martyre », mais je ne partage pas cette option. Je trouve que le texte de « Martyre », relève davantage de l'exposé de fait divers que de la nouvelle, il m'a laissé relativement froid.
J'ai pris beaucoup de plaisir et d'intérêt à la lecture de « Ken », sans doute parce que le texte est plus long. Mishima prend davantage le temps de présenter et d'exposer ses personnages. Avec « Ken », comme dans la plupart de ses textes, Mishima nous initie à une partie de la culture japonaise.
Contrairement à ce que pourrait penser un anglophone américanophile, le « Ken » de Mishima n'a rien avoir avec Barbie. Ken est le mot japonais qui désigne le sabre et qu'on retrouve dans le nom de l'art martial, le Kendô.
Jirô, le jeune capitaine de l'équipe de Kendô est fort, beau et talentueux. Il a définitivement choisi sa voie, sa conduite de vie. Devenir fort et droit est sa principale raison d'être : « J'irais jusqu'au bout de mes possibilités physiques et mentales. » Mais au cours du stage d'été de l'équipe de Kendô, une simple baignade aura des conséquences dramatiques.
« Que s'était-il donc passé exactement ? Ils étaient tous allés nager. Rien d'autre. Et pourtant, il avait suffi de ce rien pour qu'à jamais quelque chose ait été détruit. »
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee   23 mai 2017
À peine était-il entré au collège que les persécutions avaient commencé. Watari semblait rester indifférent à cette tendance des adolescents qui, prenant conscience de la fragilité propre à leur âge , aspirent en contrepartie à une certaine rudesse. Il voulait plutôt préserver en lui cette fragilité. Un jeune homme qui veut être lui-même sera respecté de ses pairs. Mais un adolescent qui prétend rester lui-même sera martyrisé par les autres. L'adolescence a toujours été un effort pour se rendre semblable, ne fût-ce qu'un instant, à quelque chose d'autre.
Martyre
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FredMartineauFredMartineau   10 juillet 2019
Ses yeux, dans l’ombre voilée du masque, sous les sourcils humides de sueur et dans la brume chaude de sa propre respiration, ses yeux étaient comme des cristaux d’intelligence glacée. Ni le lustre de son jeune visage ni l’odeur de sa propre chair toute moite ne pouvaient détruire la paisible lumière qui s’en dégageait, cette sérénité du regard dont l’équilibre, à peine rompu, se rétablissait aussitôt.
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MahaDeeMahaDee   22 mai 2017
"Nous sommes peut-être au bord de la mer, mais considérez que, pour vous, la mer n'existe pas. Si, par mégarde, il vous arrivait encore de la voir, ce serait la preuve que vous n'êtes pas encore pleinement entrés dans l'entraînement...
[...] Nous sommes venus ici pour souffrir ! Pas pour nous distraire. Mettez-vous bien cela dans la tête !"
Et c'est ainsi, par ces mots décisifs, que Jirô clôtura son discours inaugural.
Ken
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olivberneolivberne   27 septembre 2013
La belle rangée des incisives pointues qui rappelaient celles d'une fille ou, mieux encore, celle d'un félin, s'enfonça profondément dans la chair juvénile. Et bien que la sang commençât à s'échapper d'un seul jet entre les dents et la peau, les deux garçons, mordant mordu, restaient parfaitement immobiles.
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Annette55Annette55   31 août 2014
"L'homme n'a en fait que deux possibilités: être fort et droit, ou se donner la mort."
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Videos de Yukio Mishima (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yukio Mishima
Yukio Mishima (1925-1970), le labyrinthe des masques (Toute une vie / France Culture). Diffusion sur France Culture le 20 février 2021. Un documentaire d'Alain Lewkowicz, réalisé par Marie-Laure Ciboulet. Prise de son, Philippe Mersher ; mixage, Éric Boisset. Archives INA, Sandra Escamez. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. 25 novembre 1970 : Yukio Mishima, écrivain iconoclaste japonais âgé de 45 ans, met en scène sa propre mort ; alors qu’il s’apprête à quitter le monde, il livre à son éditeur "La mer de la fertilité", véritable testament littéraire et spirituel de cet auteur tourmenté, fasciné par la mort rituelle. Cet homme nostalgique, avec son goût du vertige et de l'absolu, son amour des corps vierges et des âmes chevaleresques, sa quête effrénée des horizons perdus laisse une œuvre considérable qui raconte sans aucun doute la recherche d’une pureté illusoire et la laideur du monde. Lectures de textes (tous écrits par Mishima) : Barbara Carlotti - Textes lus (extraits) : "Patriotisme. Rites d’amour et de mort" (film de et avec Yukio Mishima, 1965. À partir de "Yūkoku", nouvelle parue en 1961) - "Confessions d’un masque" - "Le Lézard noir" - "La Mer de la fertilité". Archives INA : Ivan Morris et Tadao Takemoto - Flash info annonçant la mort de Mishima le 25 novembre 1970. Extraits de films : "Mishima" de Paul Schrader (1985) - "Le Lézard noir" de Kinji Kukasaku (1968) - Extrait du discours de Mishima juste avant son seppuku, le 25 novembre 1970.
Intervenants :
Pierre-François Souyri, professeur honoraire à l’université de Genève spécialiste de l’histoire du Japon Fausto Fasulo, rédacteur en chef des magazines "Mad Movies" et "ATOM" Tadao Takemoto, écrivain, spécialiste et traducteur de Malraux au Japon et vieil ami de Mishima Dominique Palmé, traductrice de Mishima chez Gallimard, spécialiste de littérature japonaise et de littérature comparée Julien Peltier, spécialiste des samouraïs, auteur de plusieurs articles parus sur Internet et dans la presse spécialisée, en particulier les magazines "Guerres & Histoire (Sciences & Vie)" et "Actualité de l'Histoire". Il anime également des conférences consacrées aux grands conflits de l'histoire du Japon Thomas Garcin, Maître de conférences à l’Université Paris 7 - Diderot, spécialiste de Mishima et de littérature japonaise Stéphane du Mesnildot, critique de cinéma, et spécialiste du cinéma japonais
Source : France Culture
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