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EAN : 9782878586138
88 pages
Viviane Hamy (07/05/2015)
3.71/5   12 notes
Résumé :
« Au commencement, il y a la honte. [...] Et puis un jour, boum ! La vérité. »

Un uppercut, voilà ce que nous expédie Karim Miské !
Né d’un père mauritanien, diplomate et musulman, d’une mère française, assistante sociale, professeure, athée et féministe, Karim Miské est une bizarrerie aux yeux des autres. Sans cesse ballotté entre une identité et une autre, il essaiera d’ « appartenir » à toutes pour finalement n’en accepter aucune. Mais son m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
fanfanouche24
  18 août 2015
Découverte absolue , de hasard... lors d'une de mes nombreuses pérégrinations en librairie...
Je ne connaissais pas du tout, ni le nom, et encore moins les qualités de documentariste...de cet écrivain
La première phrase du 4 ème de couverture est un résumé idéal: "N'appartenir" ou quand la colère se fait salvatrice et pleine d'humour"
"Né d'un père mauritanien, diplomate et musulman et d'une mère française, assistante sociale, professeure, athée et féministe, Karim Miské est une bizarrerie aux yeux de ses contemporains. Une tête d'arabe avec des manières de blanc"

L'auteur narre le basculement de son enfance, causé par une parole malheureuse de son grand-père adoré, dans un ailleurs violent, caché, qui orientera toute sa vie, sa profession, ses engagements personnels. Il refusera d'être d'aucun pays, ni d'aucun bord.
Texte court qui exprime de façon fulgurante la violence et l'insupportable de toute ségrégation...

Texte authentique, coup de poing... Un grand-père qui l'adorait, et au bout de sa vie, fatigué,malade, ce grand-père adulé lâche des mots fatidiques, qui révèle brutalement le refus rentré de ce petit- fils, mi-arabe, qu'il n'a jamais, a fond, accepté.

En dépit de la gravité du sujet, de la gaieté, de la colère... L'humour , l'auto-dérision sauvent notre écrivain de l'amertume et de toute aigreur revancharde !...
L'auteur croit en l'homme, en la littérature, mais surtout pas aux systèmes,
ni aux diverses propagandes ! Un récit de l'arrachement, de la colère absolue face à la bêtise et à tous les sectarismes existants .
Une narration qui montre simplement le racisme brut et primaire, la banalité du mal, des ségrégations qui enlaidissent les enfances et gangrènent plus tard les comportements adultes.

Une lecture forte qui pointe des sujets sensibles , nous faisant abondamment réfléchir...
"Car il y a de la douleur à voir l'autre ne pas entrer dans le cadre commun, celui qui permet de dire : il est de mon sang, de ma foi, de mon côté, on partage quelque chose de précieux et de particulier. Il y a de la douleur à renoncer à ce qui nous unit." (p. 68)
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Cacha
  30 octobre 2019
L'auteur, né d'une mère française, assistante sociale communiste et d'un père diplomate mauritanien nous raconte sa jeunesse marquée par la recherche de son identité métisse.
Cette introspection entremêle des réflexions sur la politique, le racisme, les paroles qu'on dit à un enfant sans avoir conscience de le blesser, la lecture,...
Avec lui nous ressentons l'atmosphère des années soixante-dix en France mais aussi de la Mauritanie divisée et de l'Albanie sous le joug d'un dictateur.
Commenter  J’apprécie          190
chriskorchi
  04 août 2015
Un immense coup de coeur pour ce deuxième roman de Karim Miské dont je voulais lire les écrits depuis un moment. Une pépite . Je ne regrette pas j'ai adoré, dévoré ce court roman où l'auteur nous parle de l'appartenance, de l'identité et du métissage et tout ce que cela implique. Il nous parle de sa propre histoire, lui fils de diplomate mauritanien musulman et d'une assistante sociale française athée . J'ai aimé ce livre car le ton est juste, le sujet est maîtrisé (et pour cause) et qu'il fait écho à ma propre vie, à mes enfants qui sont eux aussi le fruit d'un métissage et que j'encourage à suivre leur propre voie et faire leur choix sans peur de décevoir l'un de leur parent. C'est un roman coup de poing, un témoignage puissant qui ne laisse pas indifférent et qui donne à réfléchir.
On prend conscience de la difficulté de n'être jamais tout à fait à sa place , de n'être pas assez blanc pour certains, pas assez noirs pour les autres, d'être pas assez catholique d'un coté pas assez musulman de l'autre. C'est dur de n'être au final ni ici ni là-bas et d'être un étranger partout. Ce livre parle de la recherche de soi, de la construction de son identité en dépit des attentes des deux cotés de la famille. Se chercher, comprendre d'où on vient pour savoir où l'on va et choisir sa vie sans choisir de camp car c'est tout ce mélange qui donne notre identité, notre force, tout un programme !
Que l'on soit issu du métissage ou pas cela parle à tous, car on a tous été confronté petit aux incompréhension du monde des adultes, à leurs mensonges, leurs petits arrangements avec la réalité et leur contradiction. On a tous un jour eu un choc en découvrant que nos proches nous ont menti ou manipulé « pour notre bien ». L'auteur ne fait pas de concession, il dit les choses telles quelles sont et telles qu'il les ressent.
C'est à son introspection que nous convie l'auteur, il nous fait part de ses sentiments, ses constatations, la découverte d'une certaine hypocrisie familiale. Ce fut une lecture très enrichissante, plaisante et émouvante. J'ai aimé la langue et l'écriture et j'ai du coup commandé son précédent livre que j'ai hâte de lire. de nombreuses références cinématographiques, musicales et littéraires viennent se glisser pour mieux appuyer la trame de cette biographie profonde et honnête.
Une réussite et pour moi un auteur à suivre. J'ai été émue à maintes reprises et me suis mise à sa place, à la place de mes enfants… Une petite pépite dont je relis quelques passages régulièrement depuis que je l'ai fermé. A faire lire à tous les métis qui doutent pour qu'ils soient fiers d'être eux et qu'ils s'appartiennent.
VERDICT
Un coup de coeur pour ce roman court qui parlera à tous. Il ne faut pas passer à coté, précipitez-vous en librairie et régalez-vous des mots de Karim Miské.
Lien : https://revezlivres.wordpres..
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Yokay
  23 décembre 2021
Petit par la taille (81 pages), mais grand par le contenu. Ce livre est un combat de boxe.
Karim Miské est au confluent de plusieurs cultures. Elevé dans sa famille maternelle à Paris, il est choyé et heureux jusqu'à ce que son grand-père dément l'envoie dans les cordes par un coup bas, le rappel de sa tare originelle, sa bâtardise. le voile se déchire. Face à ce que lui renvoie le regard des autres, face au miroir, il se trouve soudain étranger chez lui, voire ennemi en période de guerre d'Algérie, nulle part à sa place. Qui est-il ? Qu'est-ce qui le définit ? Est-il un bon français, digne de confiance ?
Il traverse alors le miroir, tombe dans le puit des souvenirs, voit enfin les images déformées / déformantes. Il règle ses comptes avec ses héritages familiaux, les mensonges qu'on lui a servi dans son enfance, les couleuvres avalées, les écrans de fumée. Avec beaucoup d'humour dans sa colère. Il convoque des figures tutélaires littéraires et musicales, se trouve enfin.
Il n'y a pas une phrase à jeter, à mon humble avis. C'est prenant, jouissif, sincère, touchant, punchy, enlevé, intelligent. Bref, à lire.
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cedratier
  07 août 2016
«N'APPARTENIR » Karim Miské (Viviane Hamy, 75 pages).
Récit autobiographique de l'écartèlement d'un enfant entre deux cultures, deux histoires, deux mondes ; ceux de la mère de Karim, assistante sociale de formation, professeur « de gauche », athée plus ou moins en rupture avec sa famille catholique et très classico-française ; et ceux de son père, diplomate mauritanien, musulman, papillonnant dans le monde des « non alignés progressistes » des années 60 et 70. L'enfant, fils unique, est toujours convoqué, sommé d'appartenir, de choisir son camp : blanc ou arabe, chrétien ou musulman (mais surtout pas « sans dieu » chez les musulman), et même garçon contre fille… Lui qui vit pendant un temps à l'abri dans un monde protégé de la bourgeoisie « progressiste » découvre le racisme anti-noir des arabes, le racisme anti-arabe des blancs (la guerre d'Algérie n'est pas loin et bruisse encore dans la cour d'école), puis le rejet cinglant et traumatisant, au titre de sa « bâtardise », par un grand-père maternel adoré. Après la séparation de ses parents, sa mère s'engouffrant dans les cénacles diplomatico-journalistiques de l'Albanie d'Enver Hoxha, il prend conscience avec effarement de la schizophrénie criminelle de l'ancienne dictature. L'enfant se sent mal à l'aise dans toutes ces cases qu'on construit pour lui, dans lesquelles on veut l'enfermer, au point que sa porte de sortie sera justement de « n'appartenir », si ce n'est aux lettres, au documentaire. C'est intéressant, d'un humour souvent corrosif, la relation compliquée avec la mère est bien décrite, mais j'ai regretté l'écriture très « parlée », perlée d'expressions « américano-populaires », d'argot, qui n'enrichit en rien ce beau et parfois poignant témoignage...
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   16 août 2015
Le mec assez dingue pour penser que sa colère seule suffirait à tout foutre en l'air: les identités, la haine, l'amour frelaté pour celui dont tu crois qu'il te ressemble. J'avais beau savoir qu'on ne change pas le monde avec un film, j'adorais l'idée d'avoir à ma disposition deux millions d'euros et quatre heures d'antenne pour tout déconstruire. Après mon passage, je rêvais de laisser les spectateurs en pièces détachées, obligés de s'inventer un nouveau schéma d'assemblage. Je rêvais, oui, et rien de tel ne se produirait. Mais un film qu'Est-ce d'autre que le rêve de partager un rêve ? (p. 17)
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fanfanouche24fanfanouche24   18 août 2015
VERTIGE

Il aura fallu pour y arriver, traverser ces révélations successives, regarder en cillant, de biais souvent, mais toujours contempler ces différentes figures du mal, de la négation de l'autre, jusqu'à savoir que nulle part je ne pourrais jamais m'inclure. Car cela voulait dire adhérer à ça, très justement. Le mal, l'écrasement, l'arbitraire. Et cela voulait pas dire, pas du tout, me sentir vertueux ou au-dessus. Enfin si parfois, bien sûr: c'est tellement tentant de se croire du côté du bien. ça voulait juste dire voir le mal pour ce qu'il est, c'est-à-dire en moi aussi, c'est-à-dire impossible à éliminer de son cœur comme celui des autres. C'est-à-dire encore : ce serait tellement bien, oui, de ne pas savoir, de vivre, comme dit l'autre, dans la lumière rose. L'autre, il a un nom. Schiller, cité par Freud. Tant qu'à déprimer, autant le faire en bonne compagnie. Tant qu'à plonger, autant y aller avec quelqu'un qui s'y connaît. Et peut écrire ces vers qui m'accompagnent depuis des années comme un viatique:
-Qu'il se réjouisse , Celui qui respire en haut dans la lumière rose ! / car en dessous, c'est l'épouvante./ Et l'homme ne doit pas tenter les dieux / Ni jamais, au grand jamais, désirer voir / ce qu'ils daignent couvrir de nuit et de terreur. Oui je sais, ça en fait des citations, mais c'est ça qui me permet de vivre au jour le jour depuis toujours. Les mots, les pensées des autres qui ont regardé le monde avant moi, et continuent. (p. 47)
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fanfanouche24fanfanouche24   16 août 2015
...Je tournais sans cesse autour du même truc, l'appartenance. (...) L'ambivalence douloureuse et féconde de la bâtardise. (..) J'habite une étrangeté. Inquiétante, parfois. Ne jamais être exactement celui-là : the Arab in the Mirror. (...) N'être inclus dans rien, n'habiter aucune catégorie solidement établie. (p.18-19)
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fanfanouche24fanfanouche24   18 août 2015
Car il y a de la douleur à voir l'autre ne pas entrer dans le cadre commun, celui qui permet de dire : il est de mon sang, de ma foi, de mon côté, on partage quelque chose de précieux et de particulier. Il y a de la douleur à renoncer à ce qui nous unit. (p. 68)
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fanfanouche24fanfanouche24   17 août 2015
-Sliders-, je vous le dis. Un monde totalement bizarre dont tu ne connais pas les règles, et où tu voudrais t'excuser d'un truc dont t'es pas responsable alors que tout le monde s'en fout de ce que tu penses. Mais moi je voulais pas être ça, un oppresseur, un salaud, un ennemi de l'humanité. Moi esclavagiste ? Raciste arabe ? comment ça ? J'ai rien fait, j'étais pas là, je vous jure, j'ai un alibi. (p. 42)
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Vidéo de Karim Miské
Karim Miské - N'appartenir .Karim Miské vous présente son ouvrage "N'appartenir" aux éditions Viviane Hamy. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/miske-karim-appartenir-9782878586138.html Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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