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ISBN : 2262023832
Éditeur : Perrin (30/11/-1)

Note moyenne : 2.86/5 (sur 7 notes)
Résumé :

10 novembre 1945 : Paris est plongé dans l'obscurité. Cinémas, théâtres et restaurants sont fermés. Paris est vide - seuls trois longs cortèges funéraires de quinze cercueils filent vers les Invalides. Sur l'un d'entre eux, une plaque : " Berty Albrecht, résistante du mouvement Combat, 15 février 1893-31 mai 1943, Compagnon de la Libération, Médaille militaire, Croix de guerre avec palmes, mé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Macha_Loubrun
  19 juin 2014
Berthe Wild est née en 1893 dans une famille de la bourgeoisie protestante à Marseille et tout le monde l'appelait Berty. Elle aurait pu mener une vie tranquille mais elle est devenue une féministe puis l'une des deux femmes résistantes inhumées au Mont Valérien au cours d'une émouvante cérémonie. Que s'est il passé ? Sa fille Mireille décrit Berty Albrecht ainsi « Ma mère mesurait un mètre cinquante, mais elle avait un regard qui vissait les gens au sol. Sa volonté était extraordinaire »
Dès son plus jeune âge, on devine son caractère bouillonnant, exigeant et entêté. Elle passe un diplôme d'infirmière pour soulager les souffrances, ce qui sera l'un des grands combats de sa vie, puis épouse contre l'avis de ses parents, Frédéric Albrecht. Ils auront deux enfants, Freddy et Mireille et habitent bientôt Londres où son mari est banquier. Mais bien vite, elle se lasse de cette vie confortable, trop terne à son goût.
Elle est élevée par des parents pieux mais elle adhère en 1927 à la Ligue mondiale pour la réforme sexuelle et crée en 1933 une revue le problème sexuel pour défendre ses idées en la finançant sur ses propres deniers. Tout en continuant à vivre fastueusement, elle se sépare de son mari pour revenir vivre en France, fréquente des communistes au grand dam de son époux.
Elle va jusqu'au bout de ses idées en suivant une formation pour devenir surintendante d'usine, désormais prête à s'assumer financièrement et à baisser considérablement son train de vie.
En 1935, elle rencontre Henri Frenay qui deviendra l'homme de sa vie. Il est catholique et a onze ans de plus qu'elle mais ils vont ensemble militer contre le nazisme puis durant la seconde guerre mondiale organiser un réseau de résistance, "Combat".
Dominique Missika, dans cette biographie passionnante et richement documentée, met en lumière le rôle capital de Berty Albrecht dans la formation politique d'Henri Frenay. Non, elle ne fut pas une simple secrétaire de son amant mais l'un des cerveaux politiques du réseau et elle a pris des risques considérables jusqu'à sa fin tragique en 1943 à la prison de Fresnes, pauvre, amaigrie mais maitresse de son destin jusqu'au bout.
Ce qui est assez fascinant, c'est la modernité et le courage dont elle a toujours fait preuve, sans jamais renoncer à ses idées et ses principes, même au prix de durs sacrifices. Malgré les souffrances de la guerre, les dangers encourus et les difficultés financières, elle est restée jusqu'à la fin de sa vie une femme élégante, une mère attentive et particulièrement exigeante, une amoureuse, une résistante.
Dominique Missika résume avec subtilité cette femme complexe. « En définitive, son parcours est unique et contradictoire : Marseillaise et cosmopolite, bourgeoise et révolutionnaire, soumise et libérée, affranchie et prisonnière de son éducation, libre penseuse et protestante, épouse et maîtresse, mère de famille attentive et sévère, elle a tout au long de sa vie, essayé de tout concilier. Exigeante avec elle-même, elle s'est montrée intraitable avec son entourage, parfois injuste. Berty a nourri des désirs très différents et cherché des horizons lointains : ce fut une femme enthousiaste, fière de ses enfants, ardente militante, curieuse du monde, entourée d'amis indéfectibles et ayant accompli de grandes choses. »
N'oublions pas cette femme admirable, il faut lire cette excellente biographie.
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moravia
  23 janvier 2014
Je viens de refermer ce livre avec un sentiment d'agacement et de malaise.
Tout d'abord cela concerne le sujet même du livre : Berty Albrecht.
Femme dont j'ignorai le nom jusqu'à maintenant, alors que la figure de Danielle Casanova m'est familière.
Jamais, pas un instant cette femme ne m'a été sympathique.
Glaciale, c'est un robot entêté, aveuglée par ses certitudes. Aussi acceuillante qu'une porte de prison quand une jeune femme se propose de servir dans le groupe de résistance. Pire, elle l'utilise sans aucune recommandation, au risque de la jeter, pauvre novice, dans les griffes de la Gestapo.
Avec quelle légèreté elle évalue les capacités de la police allemande et de la gestapo, entrainant des arrestations (déportation, exécution) de nombreux membres du groupe.
Elle même finissant par se faire prendre.
Sa fin est aussi édifiante.
A l'instar de toutes ces célébrations erronées qui présentent sa mort " sous la hache du bourreau" ou en déportation, je suis en droit de me demander si cette biographie n'est pas du même genre.
Une belle image d'Epinal.
En effet Berty Albrecht est morte pendue dans sa cellule.
Par qui ? Elle ? (pour éviter de parler), ou par ses geôliers ? (elle n'avait plus rien à dévoiler).
Nul , aujourd'hui ne peut donner La réponse.
Et ce ne sont pas les multiples ouvrages des témoins de cette aventure qui vont nous éclairer. Des mémoires très sélectives, comme toujours dans pareil cas.
J'ai retenu de cet ouvrage que Berty Albrecht était une femme de lutte. Avant tout pour la cause féministe, pour une sexualité libre.
Cela faisait d'elle une pionnière dans les années d'avant guerre où le corps de la femme devait en priorité se consacrer à la procréation et certainement pas à son propre plaisir.
Mais la raison d'état n'a retenue que sa " Belle mort ", ses amours avec Henry Frenay pour en faire une tragédie grecque.
Dominique Missika nous livre une biographie répétitive (une relecture de sa part n'était pas du luxe), qui utilise trop d'extraits des mémoires d'Henri Frenay pour nourrir la narration. Cela n'apporte aucune crédibilité supplémentaire au récit, sachant très bien que ces souvenirs sont toujours défaillants...
Ce livre que j'avais acheté dans un vide grenier va y retourner.
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mimienco
  23 juin 2009
4ème de couverture: 10 novembre 1945 : Paris est plongé dans l'obscurité.
Cinémas, théâtres et restaurants sont fermés. Paris est vide - seuls trois longs cortèges funéraires de quinze cercueils filent vers les Invalides. Sur l'un d'entre eux, une plaque : " Berty Albrecht, résistante du mouvement Combat, 15 février 1893-31 mai 1943, Compagnon de la Libération, Médaille militaire, Croix de guerre avec palmes, médaille de la Résistance avec rosette ". le lendemain, elle sera inhumée au Mont-Valérien.
Dominique Missika est partie sur les traces de cette héroïne au destin tragique. Son enquête révèle une femme étonnante et complexe : issue de la bonne société protestante de Marseille, cette mère de famille deviendra surintendante d'usine et militante féminine avant de vivre une grande passion avec Henri Frenay, un saint-cyrien catholique de douze ans son cadet, qu'elle entraîne dans sa lutte contre le nazisme.
Figure emblématique de la Résistance, elle meurt clans des circonstances longtemps mystérieuses, à l'origine d'une légende ici élucidée. En consultant documents de justice, archives privées et témoignages inédits, l'auteur retrace avec talent les raisons de son engagement, les circonstances de son arrestation par les Allemands et redonne toute sa place à cette femme exceptionnelle.
Mon opinion: bien. A travers cet ouvrage, l'historienne Dominique Missika retrace, de manière claire et accessible à tous, la vie de Berty Albrecht de sa naissance à sa mort. Tour à tour militante féministe, professionnelle du social, et surtout résistante, à l'initiative du mouvement Combat de la zone sud, Berty Albrecht est une passionnée, une exaltée prête à sacrifier sa vie pour les autres. Son engagement auprès des femmes et des plus démunis est remarquable et témoigne d'un altruisme sans faille. Berty Albrecht est également et avant tout une résistante au sens large du terme. Elle résiste aux carcans religieux et sociaux que lui impose sa famille (de grande bourgeoisie et de confession protestante), aux carcans de son mariage dans lequel son mari veut l'enfermer, à la fatalité sociale et surtout à l'autoritarisme et au collaborationnisme du régime de Vichy. Même sa mort témoigne d'une volonté de résister à tout prix et surtout à la Gestapo en mettant fin à ses jours lors de sa détention.
En bref, une femme d'exception au courage remarquable.
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cyan
  19 avril 2017
(...) Une vie plutôt trépidante à une époque où la misogynie ambiante était loin de favoriser l'indépendance des femmes. Une vie qui se termine tragiquement, aussi. Pour être tout à fait honnête, Berty ne m'a pas toujours été très sympathique, mais il faut saluer sa détermination et son engagement, que ce soit dans les causes féministes ou dans la Résistance.
La biographie présentée ici est intéressante, on apprend énormément de choses sur de nombreux sujets, mais il y a de longs passages où l'auteure a peu de choses à dire, parce que peu d'évènements marquants arrivaient à Berty à certains moments de sa vie. D'autre part, le propos manque parfois un peu de clarté, la plume étant quelquefois un peu confuse. Sans être désagréable, le style manque de subtilité et certains tics d'écriture finissent par être agaçants.
Globalement, j'ai apprécié le côté instructif de ce livre et la découverte d'une personnalité féminine marquante, mais ma lecture a parfois été un peu laborieuse à cause du style et des choix narratifs.
Lien : https://bienvenueducotedeche..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   13 janvier 2014
Jeune fille, elle a rêvé du prince charmant.
Elle a déchanté.
Jeune femme, elle s'est imaginée que la naissance de ses deux enfants la comblerait.
Elle aborde la trentaine avec un arrière-goût du temps qui lui échappe et d'une vacuité qui la désole et l'empêche de réaliser quelque chose dont elle serait fière.
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moraviamoravia   17 janvier 2014
Juillet 1936. L'Espagne bascule dans la guerre civile. Berty entre au Comité International de Coordination et d'Information pour l'Aide à l'Espagne Républicaine, dont la section française est présidée par Victor Basch et Paul Langevin. Ce comité, né à l'initiative des communistes, dont Gabriel Péri et Hélène Stassova, lance une vaste campagne de mobilisation et de soutien aux républicains espagnols.
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moraviamoravia   18 janvier 2014
La devise "Liberté, égalité, fraternité" est remplacée par "Travail, famille, patrie".
En 1941, une loi restreint le divorce, et en 1942, l'adultère, considéré comme un délit contre l'ordre, déclaré comme un "acte contre le peuple français et l'unité nationale", devient un crime contre l'Etat, passible de la peine de mort.
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moraviamoravia   17 janvier 2014
Après avoir défendu le droit à la contraception, Maurice Thorez, en accord avec les directives venues de Moscou, dénonce à partir de juin 1934 la dénatalité comme un des "fléaux les plus redoutables" face au danger hitlérien.
Ne lit-on pas dans l'Humanité sous la plume de Paul Vaillant-Couturier qui semblait acquis à la cause : "Les communistes veulent lutter pour défendre la famille française, l'idéal de la stérilité est petit-bourgeois, anarchiste et individualiste. Ils veulent hériter d'un pays fort et d'une race nombreuses".(31 octobre 1935).
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moraviamoravia   13 janvier 2014
Berty donnera à ses propres enfants, en signe d'appartenance à la Provence, les prénoms de Frédéric et Mireille.
Mirèio se traduit par Marie ou Myriam provençalisés par les Juifs de Provence, d'après Frédéric Mistral.
Ce dernier meurt en 1914.
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