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ISBN : 2748508351
Éditeur : Syros (14/10/2010)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 26 notes)
Résumé :

Comment fabrique-t-on une fille ? De la même manière qu'un garçon ? Y a-t-il de nouveaux modèles ? Comment se fait-il que les différences sexuées se reproduisent si facilement dans une société qui prétend réduire les inégalités entre hommes et femmes ? Aujourd'hui encore, malgré les profonds changements de société opérés depuis 4o ans, on impose à chaque sexe des go&... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Apoapo
  11 février 2016
Ce livre, qui a peut-être été conçu pour un lectorat d'adolescentes, est une mise au point simple et efficace des problématiques liées aux études de genre en France, tendant à montrer par quels biais, dès le plus jeune âge, une éducation différentielle entre garçons et filles provoquera ensuite une somme impressionnante d'inégalités sexuées.
Il commence par une série de six témoignages menés de façon semi-directive (selon l'inégale aptitude au discours des interviewées, qui ont entre 14 et 54 ans et des profils sociaux très variés), visant à leur faire prendre conscience (ainsi qu'au lectorat) d'instances discriminatoires mineures, quotidiennes et presque inaperçues - ex. le droit de sortir avec les copains le soir qui diffère selon les genres. Souvent les entretiens ont commencé par la question : "Êtes-vous contente d'être une fille ?" ou similaires.
S'ensuit un dossier qui systématise la question de la "création du genre" [je suis persuadé à présent que l'on ne peut pas parler d'une "théorie du genre" en France, mais de plusieurs créneaux de recherche en "études de genre", n'en déplaise à certains manifestants récents...], selon une progression quasi chronologique dans la vie d'une enfant-fille-femme : à partir des réponses des neurosciences aux questions "biologiques différentialistes" (cérébrales, d'instinct, d'hormones, génétiques) ; puis sur la "fabrique familiale des filles" (dès la perception sexuée du bébé - exemple très saisissant : photo d'un bébé qui pleure - si c'est un garçon on l'interprète comme un signe de colère, si c'est une fille comme un signe de peur (p. 87-88)) ; la "fabrique médiatique des filles" ; la "fabrique scolaire..." - où, très étrangement pour moi, l'on avance avec insistance l'idée que les filles auraient intérêt à revenir à une scolarité non-mixte, au moins dans certaines disciplines, notamment scientifiques ; "la fabrique professionnelle", où les inégalités sont les plus connues du grand public ; "la fabrique politique", sur les inégalités de représentation ; "la fabrique sociale" comportant la question des violences et celle des religions.
Enfin, on atteint la troisième partie, la plus intéressante, comprenant quatre longs entretiens : avec l'anthropologue Catherine Monnot, auteure d'une étude sur l'apprentissage de la féminité chez les préadolescentes de 9-11 ans ; avec l'historienne Christine Bard, spécialiste d'histoire contemporaine des femmes et du féminisme ; avec la sociologue Marie Duru-Bellat, spécialiste des politiques éducatives et des inégalités sociales ; avec la grande Françoise Héritier qui clôt avec sa synthèse très connue sur le système de valeurs renfermées dans l'opposition Masculin/Féminin.
Inutile de préciser que cette dernière partie est celle qui permet d'approfondir et d'ouvrir la réflexion lorsque l'on n'est pas complètement profane, la précédente étant une synthèse succincte et didactique et la première juste une mise en appétit pour un public débutant.
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Radicale
  24 mars 2011
Le livre est divisé en trois parties : des témoignages de filles et femmes entre 14 et 54 ans, un dossier et des entretiens avec des sociologues et anthropologues.
Les témoignages sont plus ou moins pertinents mais sont les marqueurs d'une réflexion et d'une conscience plus ou moins avancée sur le sujet ; d'ailleurs, le discours de Louise, 18 ans, témoigne d'une rare maturité et est très intéressant pour introduire le dossier.
En ce qui concerne l'essai, j'ai eu envie de pousser un gros soupir de soulagement à la lecture de ce qui devraient être des évidences, mais qui ne le sont pas. L'explication sur le "cerveau plastique" à la page 80 m'a notamment donné envie de dire merci à l'auteure :
"Catherine Vidal montre que le cerveau est plastique : à la naissance, 90% des connexions entre les neurones [...] ne sont pas encore construites et vont se faire progressivement. [...] A ce titre, chaque individu, quel que soit son sexe, développe ses propres synapses en fonction de son vécu. [...] Ainsi, dès l'enfance, des compétences différentes se développent pour les uns et pour les autres, et cela en raison des idées toutes faites sur les compétences des sexes. C'est bien un cercle vicieux : parce que les fillles sont censées être plus sensibles et sociables, on les conditionne à l'être, et parce que les garçons sont censés être plus dégourdis, on fait tout pour qu'ils le deviennent. Mais si ce type d'apprentissage est susceptible d'agir sur le développement du cerveau, il n'est pas irréversible [...] Ainsi, les différences que l'on constate entre les individus ou les sexes ne signifient pas qu'elles sont inscrites dans le cerveau depuis la naissance, ni qu'elles y resteront. [...] Quel est l'enjeu ? Si l'on dit que par nature (ou par une très lente évolution génétique), l'homme est plus apte qu'une femme à s'orienter dans l'espace, cela devient une fatalité. Car les lois de la nature sont en principe immuables : les choses sont ainsi depuis les origines et on ne peut rien y changer. Et, de ce fait, on justifiera le confinement des femmes à la maison et aux taches domestiques. Si, au contraire, on fait le constat que les différences entre garçons et filles, entre hommes et femmes sont le résultat d'un conditionnement culturel, d'une éducation, la fatalité disparait, car on peut toujours influer sur une éducation."
L'ensemble du livre n'est pas exempt de défauts : un petit regret sur le choix de ne prendre en considération que les femmes dans l'étude du sujet. Pourquoi ne pas avoir fait plus généralement des recherches sur les genres, le conditionnement des fillettes et des petits garçons en parallèle (par ailleurs évoqué à plusieurs reprises, avec des petites phrases type "Les garçons ne pleurent pas", etc.) ? Revendiquer l'égalité en mettant au jour le conditionnement culturel et social, c'est aussi admettre les limites de l'épanouissement des individus, qu'ils soient de sexe féminin... mais aussi masculin.
Malgré ça, c'est un bon ouvrage de vulgarisation, qui se lit très facilement, et que je recommande ; j'ai juste peur qu'il touche un public limité, et surtout des lecteurs déjà sensibilisés au sujet, qui n'ont plus besoin d'être convaincus...
Lien : http://chezradicale.canalblo..
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IreneAdler
  21 juin 2017
Composé de 3 parties, cet ouvrage explique simplement et en s'appuyant sur des recherches et des textes importants et récents, comment se construit l'identité des filles et des garçons (que l'on a tendance à oublier) et comment se reconduisent les stéréotypes.
Les différents "responsables"; volontaires ou non, sont passés au crible. L'école, la famille, qui sont souvent des vecteurs inconscients de la reproduction des stéréotypes et des rôles genrés (il n'y a pas de culpabilisation, juste une mise en évidence), mais aussi les médias, la publicité bien entendu (érotisation, voire pronigraphisation de la femme, idéal de minceur inatteignable sauf à se promener avec son logiciel Photoshop) mais aussi la presse féminine jeunesse pour qui seule compte la réussite amoureuse. Et aussi et toujours cet étrange paradoxe qui veut que les filles réussissent mieux mais gouvernent peu.
Ce balayage des grandes thématiques du féminisme est mis en perspective par des témoignages de femmes plus ou oins jeunes et confrontées à des manières différentes d'être femmes (portées par leurs expériences, lieux de vie...) et des entretiens avec des historiennes, anthropologues, enseignantes... On peut néanmoins déplorer que ne soient pas abordées les questions de corps, de sexualité et de contraception. L'ouvrage est axé sur la place de la femme dans la société, mais il me semble que l'assignation sexuelle est aussi importante dans une société hétéronormée où les femmes doivent avoir des enfants absolument.
Mais je chipote. Cet ouvrage est à mettre entre toutes les mains féminines et masculines, pour essayer de faire avancer l'égalité entre les sexes et libérer les 2 sexes des stéréotypes qui les contraignent. D'autant qu'il est vraiment accessible, même la partie des entretiens avec les universitaires.
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brunacecile
  16 novembre 2012
En prenant ce livre, je ne pensais pas y apprendre encore des choses sur l'inégalité homme/femme. L'auteur a su bien construire l'élaboration de son ouvrage, dans un premier temps elle a interrogé des femmes de différentes générations et de milieux sociaux sur les discriminations, ensuite elle fait un tour d'horizon sur les différences entre les sexes à l'école, au travail, avec les médias etc... Mais ce qui a été le plus instructif pour moi c'est la partie réservée à l'interview de chercheuses sur ces questions. Elles expliquent bien les mécanismes de nos sociétés sur la domination masculine et le reste de stéréotype sexué. Je trouve ce livre original et qui dénonce les inégalités des sexes sans à priori mais en s'appuyant sur des constats réels et par une grande observations des moeurs.
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regina55
  01 décembre 2018
Ce livre est une mise au point directe et percutante des problématiques liées aux études de genre en France, il montre par quels biais, dès le plus jeune âge, une éducation différentielle entre garçons et filles provoquera ensuite une somme impressionnante d'inégalités sexuées.
Il explique très bien les mécanismes de nos sociétés sur la domination masculine de manière insidieuse dès l'enfance plus ou moins consciemment.
Il est divisé en trois parties : des témoignages de filles et femmes entre 14 et 54 ans, un dossier et des entretiens avec des sociologues.
Ce livre est à offrir aux adolescents je pense, pour qu'ils gardent un esprit critique, se questionner sur ce qui apparait évident...et peut-être changer un peu les choses.
Les femmes sont déjà, en majorité, sensibilisées sur le sujet : elles n'ont plus besoin d'être convaincues :)
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
RadicaleRadicale   24 mars 2011
Catherine Vidal montre que le cerveau est plastique : à la naissance, 90% des connexions entre les neurones [...] ne sont pas encore construites et vont se faire progressivement. [...] A ce titre, chaque individu, quel que soit son sexe, développe ses propres synapses en fonction de son vécu. [...] Ainsi, dès l'enfance, des compétences différentes se développent pour les uns et pour les autres, et cela en raison des idées toutes faites sur les compétences des sexes. C'est bien un cercle vicieux : parce que les fillles sont censées être plus sensibles et sociables, on les conditionne à l'être, et parce que les garçons sont censés être plus dégourdis, on fait tout pour qu'ils le deviennent. Mais si ce type d'apprentissage est susceptible d'agir sur le développement du cerveau, il n'est pas irréversible [...] Ainsi, les différences que l'on constate entre les individus ou les sexes ne signifient pas qu'elles sont inscrites dans le cerveau depuis la naissance, ni qu'elles y resteront. [...] Quel est l'enjeu ? Si l'on dit que par nature (ou par une très lente évolution génétique), l'homme est plus apte qu'une femme à s'orienter dans l'espace, cela devient une fatalité. Car les lois de la nature sont en principe immuables : les choses sont ainsi depuis les origines et on ne peut rien y changer. Et, de ce fait, on justifiera le confinement des femmes à la maison et aux taches domestiques. Si, au contraire, on fait le constat que les différences entre garçons et filles, entre hommes et femmes sont le résultat d'un conditionnement culturel, d'une éducation, la fatalité disparait, car on peut toujours influer sur une éducation
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ApiApi   21 juin 2014
Dans des conditions physiologiques normales, aucune étude scientifique n'a pu démontré de lien direct entre les hormones sexuelles et l'humeur [...] Catherine Vidal démontre que les gènes et les hormones participent effectivement au développement du cerveau mais ont une très faible influence sur les comportements humains. Pour elle, "le succès de ces théories simplistes, qui expliquent tous nos comportement par la biologie, tient au fait qu'elles sont finalement rassurantes. Elles nous donnent l'illusion de comprendre et de nous sentir moins responsable de nos actes".
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brunacecilebrunacecile   16 novembre 2012
Le fondamental n'est pas derrière elles mais devant elles. C'est à elles et à leurs filles qu'il reviendra peut être de faire véritablement bouger le socle de représentations archaïques qui accordent aux femmes un statut et des droits inférieurs à ceux de l'homme.
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brunacecilebrunacecile   16 novembre 2012
Il faut garder l'esprit critique, ne pas tout prendre pour argent comptant, et questionner ce qui apparaît toujours comme le plus évident, le plus naturel.
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