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Françoise Adelstain (Traducteur)
EAN : 9782253117100
601 pages
Le Livre de Poche (12/04/2006)
3.81/5   123 notes
Résumé :
À travers le portrait pittoresque de la petite bourgeoisie parsie de Bombay, Mistry aborde, avec un regard tendre et humain, une réalité plus grave : celle du traditionalisme rigide et du fanatisme religieux. Comme dans ses précédents romans, l'auteur de L'Équilibre du monde met au service d'une vision sans complaisance de la société indienne son immense talent de conteur, son sens du cocasse et sa sympathie communicative pour des personnages naïfs, injustement malm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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Allantvers
  10 avril 2017
C'était un plaisir de retrouver Rohinton Mistry après le formidable "L'équilibre du monde", mais cette fois-ci la sauce n'a pas vraiment pris et je me suis traînée avec un peu de peine jusqu'à la fin de ce roman.
La verve et l'empathie de l'auteur pour ses personnages sont pourtant toujours là, et c'est ce qui sauve ce long, trop long roman qui pêche par une structure narrative un peu faiblarde.
Le portrait de la petite bourgeoisie parsi de l'Inde contemporaine, à l'opposé de l'échelle sociale évoquée dans "l'équilibre du monde", est pourtant très évocateur, et l'on s'immerge sans difficulté dans le quotidien de la famille Chenoy à travers lequel l'auteur aborde de nouveau mais sous un nouvel angle les fracturations ethniques et sociales, la corruption endémique et les tensions politico-religieuses de l'Inde qu'il aime profondément.
Mais à l'image de la lente agonie du grand-père Nariman, dont la nécessaire prise en charge par ses enfants va bouleverser les quotidiens et révéler les caractères, la narration manque de rythme, s'égare ici et là et peine à emmener jusqu'au bout un lecteur alerte et compassionnel.
Pas de regret toutefois car cette immersion dans une société indienne foisonnante, diverse, profonde et contrastée est enrichissante.
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Kio971
  14 mai 2021
Dans le Bombay des années 2000, un homme - Jal - et sa soeur - Coomy - tous deux approchant la cinquantaine et tous deux oisifs ( lui se contente de surveiller en bourse les avoirs laissés par leur mère défunte, elle de s'occuper - mal - du foyer) partagent un très grand appartement de sept pièces avec leur beau-père, Nariman, 79 ans, propriétaire de l'appartement.
Mais un jour, en allant se promener en ville, Nariman tombe dans une tranchée non signalée et se casse la cheville; il doit rester allongé 4 semaines avec un plâtre allant de la cuisse au pied. Coomy renâcle à s'occuper du vieil homme - qui a pourtant épousé leur mère quand elle était veuve avec ses deux enfants, Jal et Coomy, renonçant alors définitivement à la femme qu'il aimait - à l'aider quand il doit se rendre aux toilettes, à le laver, à lui donner à manger...
Prenant prétexte que le médecin a évoqué la possible survenue d'une dépression chez Nariman, Coomy décide, avec son frère Jal - qu'elle mène par le bout du nez - de déposer le vieil homme chez leur demi-soeur, Roxana, alléguant que les enfants de cette dernière - Murad et Jehangir, tous deux adolescents - rendront le sourire au viel homme.
Mais Roxana, son mari Yezad et leurs deux fils, vivent dans un minuscule appartement de deux pièces : les parents dorment dans l'unique chambre et les enfants, l'un sur la canapé du salon, l'autre sur un matelas posé par terre juste devant (installation qu'il faut renouveler chaque soir après avoir poussé contre le mur la table où la famille prend ses repas, avant de tout remettre en ordre au matin).
Il revient donc à Roxana de s'occuper de son père, au départ pendant les trois semaines restantes avant le retrait du plâtre de celui-ci. Mais une fois le plâtre retiré, Coomy refuse que Nariman revienne chez lui. Elle va jusque à endommager sérieusement l'appartement (et plus particulièrement la chambre de Nariman) en simulant la rupture d'une citerne placée sur le toit.
De leur côté, Roxana et Yezad se débattent dans des problèmes d'argent, d'autant plus qu'il leur revient de payer les médicaments du vieil homme, Coomy - l'avarice et la méchanceté faites femme - prétendant que la pension que touche Nariman n'y suffit pas.
Une simple affaire de famille est un livre que j'ai trouvé épouvantablement triste, loin du "portrait pittoresque de la petite bourgeoisie parsie de Bombay" promis par le 4è de couverture.
La lâcheté de Jal - qui cède à sa soeur en tout et jamais ne se révolte - la mauvaise foi et le profond égoïsme de Coomy, les ennuis dans lesquels glissent inexorablement Roxana, Yezad et leurs enfants, sont déprimants au possible, loin de l'exubérance des romans indiens que j'ai l'habitude de lire (même si leurs personnages connaissent eux-aussi leur lot de difficultés).
Rohinton Mistry a situé son intrigue à Bombay, mais elle pourrait tout autant se dérouler dans les quartiers pauvres de New-York ou dans les banlieues tristes d'une grande ville d'Europe.
Certains qui ont aimé ce roman me trouveront sans doute trop injuste avec son auteur; je laisse aux autres le soin de se faire leur propre opinion sur ce livre.
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008micado
  13 mars 2020
Nariman vakeel, ancien professeur d'anglais à l'université, va avoir 79 ans.
Il est atteint de la maladie de Parkinson. Veuf, il vit dans un appartement de Bombay avec les deux premiers enfants de sa femme, Jaf et Coomy, qui tentent tant bien que mal et avec beaucoup de mauvaise volonté, de prendre soin de lui.
Avec leur mère, il a eu une fille, Roxana. elle est maintenant mariée à Yezad Chenoy et mère de deux garçons, Murad et Jehangir. Tous les quatre vivent dans un deux-pièces que le père de Roxana lui a offert en cadeau de mariage.
J'ai suivi chaque personnage dans ses pérégrinations avec ravissement : c'est un vrai travail d'orfèvrerie que nous présente l'auteur.
Il nous peint une société multiethnique sclérosée par la corruption, le traditionalisme et l'extrémisme religieux. Au milieu, chacun tente de survivre tant bien que mal.
Dans un style à la fois naïf, réaliste et très humaniste, l'auteur nous fait découvrir les situations cocasses souvent comiques parfois tragiques de ce pays aux mille et une saveurs.
J'ai pensé à Tolstoï, à Zola...
Bref, j'ai adoré, un franc coup de coeur.
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5Arabella
  03 août 2016
Nariman, un vieil homme, ancien professeur, atteint de Parkinson, vit avec sa belle fille. Après un accident dans lequel il se casse la cheville, sa belle fille s'arrange pour le mettre dehors de chez lui et le déposer chez sa fille, sa demie soeur. Nous apprenons petit à petit l'histoire de la famille, mariage malheureux du Nariman arrangé par sa famille avec une veuve mère de deux enfants, en dépit des sentiments que Nariman éprouvai pour Lucy, qui n'était pas Parsie et qui ne constituait donc pas un parti acceptable. Nous suivons aussi les destinées des enfants, Coomy et Jal, les enfants de la femme de Nariman, et surtout de Roxana la fille bien-aimée douce et lumineuse. Elle semble avoir réussi son mariage avec Yezad, et former avec lui et leurs deux fils une famille unie et heureuse de vivre, malgré des difficultés matérielles. L'arrivée imprévue de Nariman dans leur petit logement va toutefois bouleverser l'équilibre de la famille. Et divers échecs et problèmes de Yezad vont provoquer des changements importants dans son caractère, et entraîner la vie de la famille vers une nouvelle direction.
Un très beau roman, avec des personnages très attachants et très bien rendus par Rohinton Mistry, très complexes, avec de nombreuses facettes, et toujours décrits avec beaucoup d'humanité et de compassion. En même temps, nous découvrons la société indienne, avec ses contradictions, difficultés. Mais les personnages restent humains avant tout, leurs doutes, questionnements, la façon dont ils résolvent ou croient résoudre les problèmes qu'ils rencontrent peuvent arriver dans n'importe quel pays. Comme ce vieil homme devenu impotent, pour lequel il faut bien trouver une solution. On est partagé en permanence entre l'espoir et la tristesse, on voudrait que les choses finissent par s'arranger et que chacun puisse trouver un équilibre et évite de se diriger vers ce qui est facile sur le moment mais qui est une mutilation et une fermeture à long terme : le repli identitaire à l'intérieur de sa communauté, ou supposée telle.
L'auteur observe et analyse ses personnages avec tendresse et compréhension, il suit leurs évolutions, sans les juger, mais son oeil est sans complaisance, il nous montre les noirceurs de l'âme, les tentations, les compromissions, la haine qui peut surgir à tout moment et étouffer toute raison, l'intolérance, la violence qui couve. Il arrive à rendre ses personnages d'une façon si frappante, qu'ils pourraient être n'importe lequel d'entre nous, et leurs dilemmes et leurs chutes pourraient être les nôtres.
Rohinton Mistry dépeint un monde dans lequel trouver sa place, garder ses valeurs et ne pas se laisser emporter par ses émotions et frustrations est un combat quotidien. Un combat souvent perdu. C'est très noir, mais en même temps l'écriture fait que nous avons le sentiment que tout n'est pas perdu, enfin peut être pas définitivement.
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Rhodopsine
  07 août 2013
Lorsque Nariman devient grabataire, ses beaux-enfants n'ont de cesse de se débarrasser de lui. le voilà donc à la charge de sa fille, Roxanna, dans un deux-pièces exigu où habitent déjà Roxanna, Yezad et leurs deux fils. Autant dire que la promiscuité sera difficile. Au-delà de cette simple histoire de famille, banale finalement, le roman pose sans en avoir l'air pas mal de questions: la cohabitation des religions, le poids des interdits, la cohésion familiale, l'importance de chaque action, de chaque décision: le karma est une réalité tangible pour Coomy d'abord, pour Yezad ensuite.
Sans oublier un aspect plus matériel, la pauvreté de la famille de Roxanna, loin pourtant de la misère, qui sacrifie une partie du budget "alimentation" pour acheter les médicaments de son père...
Un livre qui se lit aussi avec les cinq sens: odeurs des currys, de l'encens, mais également de la fin de la vie, goût des sucreries et des plats, bruits de la ville et de l'immeuble, du violon, des prières au temple, couleurs des saris, des murs, de Bombay, nuit et jour, douceur du menton de Nariman...
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Kio971Kio971   14 mai 2021
Il raconta ensuite l'histoire à Yezad : une famille vendait une de ses filles. Agée de quatorze ans, elle devait épouser un veuf de soixante ans. "Il dit qu'il veut une épouse, mais tout le village sait qu'il s'achète une esclave. Et la famille accepte pour les raisons habituelles : pas de quoi nourrir tout le monde [...]"
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Kio971Kio971   14 mai 2021
Yezad approuva en souriant, mais il n'imaginait que trop ce qui attendait le pauvre Jal. "Es-tu sûr ? Coomy pourrait ne pas apprécier."
Jal hésita, se tritura le lobe de l'oreille. "Ca m'est égal". Il avait le sentiment de retrouver l'estime de soi qu'il avait perdue depuis des mois. "Que va-t-elle faire ? Me jeter dehors , moi aussi ? Si j'avais le choix, je partirais de moi-même."
Déclaration qui stupéfia Yeza et Roxana. "Il s'est passé quelque chose entre vous deux?
- Non, rien de particulier. Juste comme d'habitude - je n'ai pas de tête, je suis inutile, je gêne. Et j'en ai marre de l'entendre ressasser sa colère depuis trente ans [...]"
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RhodopsineRhodopsine   07 août 2013
A quelques mètres du seuil de marbre, il s'assit par terre, caressa le luxueux tapis, en goûta le picotement soyeux contre ses mains, souriant à l'image de l'enfant qu'il avait été. Le feu n'était qu'un rougeoiement de braises. Et il n'y avait guère de fumée, bien que la riche fragrance du bois de santal emplît la pièce. De temps en temps, on entendait le craquement sonore d'une étincelle qui s'échappait vers le dôme, tout là-haut.
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RanineRanine   08 novembre 2018
elle observait la scène qui se déroulait à l'intérieur, qu'encadrait la porte-fenêtre : le petit garçon de neuf ans donnant à manger au vieil homme de soixante-dix-neuf ans. Et elle eut le sentiment d'une révélation. L'impression d'assister à quelque acte sacré, un instant précieux dont elle chérirait le souvenir, qu'elle convoquerait aux moments difficiles pour se redonner des forces.
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Kio971Kio971   14 mai 2021
"Tu es un très bon élève, Jehangla, tu n'as rien à craindre [...] Sais-tu ce que signifie ton nom ? Eh bien il signifie "conquérant du monde" [...] Murad arriva, sa cravate d'uniforme desserrée sous le col. "Et mon nom, qu'est-ce qu'il signifie ?
- Tu es une aubaine, une bénédiction.
- Et maman ?
- Roxana, c'est l'aube.
- Et toi?
- L'ange gardien [...] Avec leurs prénoms, songea Jehangir, ils formaient une famille parfaite : ils étaient bénis, ils possédaient le monde entier et leur propre ange gardien, et la lumière de l'aube les illuminait tous [...]
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Videos de Rohinton Mistry (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rohinton Mistry
Bombay, 1921.
Perveen Mistry travaille dans le cabinet d'avocats de son père, devenant la toute première femme avocate en Inde. Un statut qui ne manque pas de faire débat, alors que seuls les hommes sont autorisés à plaider au tribunal… Mais quand un meurtre est commis dans une riche maison musulmane pratiquant la purdah (séparation stricte des femmes et des hommes), elle est la seule à pouvoir mener l'enquête.
Faisal Mukri a été retrouvé poignardé à Malabar Hill, chez son ancien employeur, Omar Farid, un riche marchand, lui-même décédé quelques semaines auparavant. Les potentielles témoins du crime sont ses trois veuves, vivant recluses dans une partie de la maison interdite aux hommes. Perveen arrivera-t-elle à comprendre ce qui s'est réellement passé ?
Une enquête passionnante, qui nous plonge au coeur de la société indienne du début du XXe siècle et de la place qu'y occupent les femmes.
« PERVEEN MISTRY A TOUT POUR PLAIRE, DONT UNE PROPENSION RÉSOLUMENT BIENVENUE À SE FOURRER DANS LES AFFAIRES DES AUTRES. UN VÉRITABLE PAGE-TURNER ! » The Globe and Mail

Le 14 janvier dans toutes les librairies et aussi sur :
- Site Leduc.s : https://www.editionsleduc.com/produit/2070/9782368124321/les-veuves-de-malabar-hill
- Amazon : https://www.amazon.fr/Veuves-Malabar-Hill-Sujata-Massey/dp/2368124942/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&keywords=9782368124949&qid=1578501164&sr=8-1
Fnac : https://livre.fnac.com/a13914689/Sujata-Massey-Les-veuves-de-Malabar-Hill#omnsearchpos=1
Retrouvez-nous sur : - Facebook : https://fr-fr.facebook.com/Editions.charleston/ - Instagram : https://www.instagram.com/lillycharleston/
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