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EAN : 9782364681859
288 pages
Editions du sous-sol (06/02/2020)
4.12/5   4 notes
Résumé :
" De temps en temps, quelqu'un lâche quelque chose de tellement inattendu que ça en devient magnifique ", écrit Joseph Mitchell en préambule de ce recueil au titre teinté d'ironie. Récit choral des bas-fonds de New-York, publié à l'origine en 1938, Arrêtez de me casser les oreilles peint en une série d'articles et de portraits un panorama miniature de la Grande Dépression. On repère dans ces premiers textes – la jeunesse, son enthousiasme, sa gueule de bois et ses i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Une série d'articles publiés depuis l'année 1938, dans lesquels l'auteur dresse un panorama de la Grande dépression. le journaliste s'attarde sur les bas fonds New Yorkais et va ainsi à la rencontre de personnages étonnants au gré des sujets demandés. Ainsi, à chaque nouvelle actualité internationale, il lui est demandé de recueillir l'avis de la communauté concernée : immigrés, exilés et antifascistes seront ses interlocuteurs, mais aussi anciens combattants ou mutilés. Pour autant la source d'information la plus fiable et réactive, selon Joseph Mitchell, s'incarne dans les patrons de bar. La première partie, sobrement intitulée "Ivrognes" est consacrée à quelques portraits de piliers de comptoir, mais l'auteur va également s'intéresser de près à la vogue de la marijuana. le glamour n'est pas en reste puisque il va documenter l'essor du strip-tease et du nudisme. Les arnaqueurs du Vaudou, les charlatans, prédicateurs et autres illuminés seront aussi de la partie. Enfin le sport trouvera sa place puisqu'il va à la rencontre des adeptes du catch, et fait le portrait d'une comtesse championne de boxe qui ne trouve pas grand monde pour l'affronter. Enfin des foyers pour sans abris sont évoqués, mais aussi le milieu des dessinateurs humoristiques. Des textes journalistiques de qualité qui traversent les époques et nous font revivre un temps pas si lointain, finalement...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Le fait que seuls les meilleurs de féticheurs utilisent des boîtes ectoplasmiques pour communiquer avec les démons est une indication de la profondeur abyssale du caniveau dans lequel le vaudou est tombé en passant du Congo au sud des États-Unis avant d'arriver à Lenox Avenue.
Ces boîtes sont fabriquées dans une petite usine de Chicago à l'intention des spirites paresseux et des magiciens sans humour qui en redemandent. [...]
Il n'est guère utile de se pencher longuement sur le vaudou pour se rendre compte que celui-ci a dégénéré. S'ils veulent continuer à faire leurs merveilles en douce, les rois du gri-gri et les hommes-médecine à deux têtes doivent désormais recourir à des accessoires un peu plus exotiques que les tam-tams de la jungle et à des ingrédients un peu plus puissants que le sang de poulet, l'Essence de domination, la racine de John le Conquérant du Sud, le Vinaigre des Quatre Voleurs ou la poudre de perlimpinpin qui n'est finalement jamais que de la terre prélevée sur la tombe d'un jeune enfant, aux alentours de minuit dans le meilleur des cas. L'école publique a porté un coup aux pouvoirs des sorciers de toutes les obédiences. Le recul de l’illettrisme est le pire ennemi du vaudou ; les sorciers ne peuvent aujourd'hui trouver refuge que dans l'ombre de l'ignorance. (p. 155)
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Quand on interviewe quelqu'un pour un journal, tout est soigneusement calculé et tout est le plus souvent très artificiel.
De temps en temps néanmoins, quelqu'un lâche quelque chose de tellement inattendu que ça en devient magnifique. Un jour où j'écrivais une série d'articles sur le vaudou et la magie noire dans la ville de New York, je me trouvais en compagnie d'un substitut du procureur et j'ai eu une longue conversation avec une prostituée noire. En lisant l'histoire pleine de trous qu'elle avait raconté au flic des mœurs qui l'avait bouclée, le procureur s'était mis à penser qu'elle avait du servir d'autel lors d'une messe noire. Elle n'avait pas grand chose à en dire car elle ne voyait là rien de particulièrement inhabituel. Exaspéré, le procureur avait fini par lui demander comment elle en était arrivé à la prostitution, elle avait répondu : "je voulais juste rendre service." (p. 17)
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Il était allongé sur le carrelage quand le médecin qui était dans l'ambulance l'a examiné.
"On ne peut pas vraiment appeler ça un homme, avait lâché le jeune médecin. C'est un tonneau de bière, ce type."
Juste avant de mourir, M. Friedman a regardé les clients réunis autours de lui, il a levé son verre et leur a lancé : "Ce soir, j'ai bu trente-deux bières." Ce furent ses dernières paroles.
"Je suppose que M. Friedman est maintenant un tonneau de bière mort", a conclu La Maison tandis que quelques clients enroulaient le défunt dans deux nappes en tissu... (p. 37)
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Voici comment cela se passe : à Harlem, si quelqu'un se rend compte qu'il ne va pas pouvoir payer son loyer, il organise une soirée-loyer et invite tous ses amis à venir chez lui ; il fournit la musique et la nourriture, et avant de partir les participants sont censés laisser un peu d'argent pour aider le locataire à payer ce qu'il doit à son propriétaire.
Les soirées-loyer sont une très bonne chose, mais l'ennui c'est que certaines personnes n'en ont jamais assez et en organisent tous les soirs, et ce qui était au départ un logement devient un bouge. (p. 138)
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Les murs rouges de son bureau étaient encombrés de photos de catcheurs et de chanteurs d'opéras dans des cadres. Sur un des murs, une affichette était punaisée au-dessus d'une rangée de photos. Il y est écrit : "Catcheurs morts". Il y avait bien dans le lot des photos de plusieurs catcheurs encore bien en vie ; mais dès qu'un catcheur faisait du tort à M. Pfefer, sa photo se retrouve immédiatement sur le "mur de la mort". C'est une des petites vengeances de M. Pfefer. (p. 105)
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