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Anne Damour (Traducteur)Charlotte Mosley (Préfacier, etc.)
ISBN : 2267021382
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (06/01/2011)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 42 notes)
Résumé :

Paru en 1935, ce roman n'a pas été réimprimé pendant près de soixante-dix ans. Ceci à la demande de Nancy Mitford elle-même, qui souhaitait mettre un terme à la brouille que sa publication avait provoquée avec ses soeurs. Unity et Diana lui reprochaient en effet la caricature à peine masquée qu'elle faisait du mari de Diana sous les traits du charismatique et très nationaliste Capitaine Jack. Car... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Cath36
25 juin 2012
Les soeurs Mitford, qui ont inspiré à Jean d'Ormesson sa si jolie trilogie du Vent du soir, furent semble-t-il des femmes asses déjantées et pour le moins hors norme. J'ai découvert avec beaucoup de plaisir ce livre à la fois décapant et très drôle de l'une d'entre elles, Nancy, livre qui l'a brouillée avec une de ses soeurs, laquelle fréquentait d'assez près Hitler et sa bande. Ce texte nous fait en effet découvrir qu'il y avait en Angleterre des partisans de ces tristes personnages et dresse un tableau de l'époque aussi instructif que mordant. Tout y est égratigné : les conventions et les moeurs de l'aristocratie locale, la politique, l'hypocrisie sociale, les relations entre les hommes et les femmes, Nancy Mitford n'épargne rien ni personne et sa vision plutôt réaliste pose de bonnes questions, dont certaines restent d'actualité. C'est un livre qui pour avoir écrit dans un certain contexte et à une certaine époque ne s'est guère démodé et se lit très agréablement. Je compte bien lire ses autres livres.
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Sanchar31
14 août 2017
Soyons clair, pour ceux (et celles) qui n'aurait jamais lu Nancy Mitford, ce n'est pas Charivari que je conseillerai en premier, mais plutôt l'amour dans un climat froid.
Si vous aimez Wodehouse et l'humour anglais en général avec son florilège de personnages complètement déjantés, sa dérision voire son ironie et des situations plus loufoques les unes que les autres, vous trouverez votre compte dans ce roman.
Si vous avez une préférence pour le Vaudeville avec un quiproquo à chaque porte qui claque, vous devriez apprécier aussi. Ne vous attendez pas à de gros éclats de rire, des sourires tout au plus.
Et si tout comme moi vous lisez Charivari en transposant les personnages en 2017, alors votre sourire sera très figé. Après la seconde guerre mondiale, Nancy Mitford n'a pas voulu rééditer le roman, notamment parce n'était plus possible de rire de ces fous.
La quasi intégralité se passe dans un village anglais, entre son auberge, un chateau, une demeure assez bourgeoise, sa place de village et son commerce local.
Alors les personnages:
Nous avons Noël Foster, l'éternel naïf victime de la roublardise de ses amis. Il vient d'hériter d'une vieille tante et espère pouvoir épouser une riche héritière, qu'il reste à trouver. Il est pour le moins sceptique et un peu méfiant avec les théories de l'extrême droite.
Son acolyte Jasper Aspect, le roublard de service, le cynique sympathique. Il appartient à la vieille noblesse désargentée et il met un point d'honneur à vivre (à bien vivre même) au crochet des autres plutôt que de s'abaisser à travailler. Il n'adhère pas à toute l'idéologie l'idéologie nazi mais il est malgré tout séduit par la critique qu'elle fait du système en place et de ses dérives aboutissant à la ruine présumée du pays.
Eugenia Malmains, l'héritière n°1. 15 ans, aussi cinglée que jolie et accessoirement totalement convaincue par le national socialisme dont elle en révèle toute la stupidité malgré elle.
Lady Chalford, grand-mère d'Eugénia. Tout aussi folle dans un autre genre, elle vit selon les préceptes de la noblesse du XIXème siècle. Derrière l'humour, on comprend mieux comment certains nobles anglais, dont Eugénia, enfermés dans un tel carcan, ont pu se fourvoyer.
Miss Jones (Lady Marjorie Merrith) et Miss Smith (Poppy St Julien), la première est une grande héritière de la haute noblesse qui voyage incognito en compagnie son amie mal mariée, Poppy alias Miss Smith. Poppy n'est pas hostile à Hitler sans être vraiment politiser. Par contre Lady Marjorie va être un peu plus sensible aux sirènes du national socialisme. Rétrospectivement, on sait que ce type de personnes, plus posées, moins exaltées, se sont révélées bien plus dangereuses que les "Eugénia" qui n'auraient jamais réussi sans la "caution de moralité".
Anne-Marie ( Bella) Lace, la snob, prétentieuse qui se pique de pseudo culture. Elle est mariée à un gentleman farmer dont elle se croit supérieure, sans lui arriver à la cheville. Elle est une Bovary que Nancy Mitford prend un malin plaisir à ridiculiser toutes les trois pages pour nous faire sourire. Elle était proche d'artistes socialistes fermement opposé au national unionisme. Elle n'hésite pas à les trahir pour servir ses rêves de grandeur sans adhérer pour autant à aucune idéologie. Sa lecture des journaux se limite à la mode et aux évènements mondains.
Le Major Lace, un homme simple qui aime s'occuper de sa ferme au grand dam de son épouse, ami de Wilkins. Certainement un des personnages les plus sympathiques. Il attire même la sympathie de Jasper dès la première rencontre malgré leurs différences. le major Lace aime sa femme mais n'hésite pas à s'opposer à son snobisme qui confine à la bétise. On ne connaît pas ses opinions politiques. Terrien, il ne semble être intéressé que par son travail et ses bêtes.
Mr Wilkins, un habitant du village, un bout en train que tout le monde aime sauf Anne-Marie, trop snob pour apprécier l'homme...et nous l'aimons d'autant plus par avance ce brave Wilkins... Mais l'homme est sensible aux sirènes de l'extrême droite. Il est l'équivalent au masculin et version petit notable local de lady Marjorie. Très dangereux derrière sa bonhomie.
Les jeunes gens de Rackenbridge, des artistes, crèvent la faim, admirateurs d'Anne-Marie autant que de l'aide qu'elle peut leur apporter. Socialistes, ils s'opposent au national socialisme, potentiellement violents pourtant, ils sont aussi assez antipathiques.
L'essentiel du roman tourne bien sûr autour de la course à l'héritière et aux jeux de l'amour et du hasard qui peuvent déjouer tous les plans.
Mais il difficile d'oublier le contexte, d'autant plus que le roman n'est pas le plus abouti de Nancy Mitford dans le genre "humour romance".
Derrière la façade de l'humour, on voit comment certaines idées nauséabondes peuvent se développer, faire sourire, puis frémir et quand on réagit il est trop tard. Dans ce roman, Nancy Mitford est à la sociologie politique anglaise des années 30 ce qu'Astérix et Obélix (versions avec Goscinny) sont à la sociologie française.
Pour Nancy Mitford, assez conservatrice, l'alternative gauchiste aux vieux politiciens corrompus qui s'accrochent à leur siège n'est guère plus réjouissante. les artiste gauchistes se révèlent impuissants et troubles fête pour ne pas dire violents et lâches.
Nancy Mitford fait toutefois preuve de pessimisme à mon sens. J'ai la faiblesse de penser qu'il existe une autre alternative, heureusement pour mon moral. En fait, je crois la reconnaître dans Jasper, noble, superficiel et pique assiette mais sympathique, drôle. Il est sensible à la critique de la société par les extrémistes, sans adhérer à tout pour autant. Il éprouve de la suspicion pour les artistes socialistes.
Avant de condamner Nancy Mitford pour ne pas avoir compris à qui elle avait affaire, rappelez-vous, elle écrit en 1935. Nous sommes nombreux à avoir ri lorsque Trump s'est présenté aux élections, nous sommes nombreux à penser que certains partis "posent les bonnes questions" et combien en déduisent que leurs réponses doivent donc être bonnes aussi?
Essayez de remplacer chaque personnage par une personnalité actuelle... c'est effrayant, vraiment.
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letitbe
26 août 2012
Des livres de Nancy Mitford "Charivari" est celui que j'ai le moins apprécié. Certes, la lecture est plaisante , les personnages déjantés à souhait et l'atmosphère de l'époque bien retranscrite.
Il y a aussi un humour délicieusement british et des scènes à la Wodehouse.
Ce roman a brouillé l'auteur avec le reste de sa famille (certains des personnages ayant été inspirés par ses proches) et n'a pas été republié du vivant de l'auteure. Celle-ci ayant vu les drames causés par le nazisme a estimé à postériori qu'on ne pouvait traîter le fascisme avec dérision ; ce que je comprends et c'est peut-être pour cette raison que ma critique est mitigée.

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fabie_r
18 juin 2012
Lorsque nous parlons des mouvements fascistes du début du XXième siècle, nous pensons en priorité aux mouvements italien et allemand, qui ont dramatiquement marqués notre histoire. L'auteur a décidé, dans ce roman, d'écrire au sujet du mouvement fasciste anglais, celui des Union Jackshirts, moins connu.
Elle choisit pour cela une héroïne, jeune écervellée, militante du mouvement. Eugénia semble avoir choisi cette voie, plutôt qu'une autre, par rébellion, plus que par conviction, ce qui a pour effet de tourner en ridicule les Union Jackshirts. Néanmoins, ce récit léger ne fait pas oublier ce qui se passa par la suite sur le reste du continent. La bêtise et l'ignorance mènent souvent aux pires atrocités.
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mguy
11 juillet 2012
L'histoire se passe dans une Angleterre d'avant la Seconde Guerre Mondiale, dans un milieu distingué. Deux jeunes hommes, Jasper et Noël, sont en quête d'un mariage fortuné. Ils sont notamment intéressés par Eugénia, très riche héritière. Elle fait également partie de l'Union Jackshirts, mouvement patriotique, proche du fascisme. Ces deux jeunes gens vont également rencontrer d'autres dames, toutes issues de famille distinguées.
Entre ces personnes, vont se nouer des intrigues, des relations plus ou moins amoureuses, avec un arrière-fond politique (Eugénia n'aura de cesse de prôner son mouvement).
Ce livre est très bien écrit. C'est une caricature d'une certaine société aisée complètement en décalage avec son époque. de plus, l'auteur montre un aspect historique peu connu : l'existence d'une forme de fascisme en Angleterre. Enfin, l'humour de l'auteure est remarquable. Par des situations grotesques, elle montre le ridicule d'une société fondée sur le spectacle et l'apparence. C'est vraiment à lire : à la fois instructif et drôle.
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Les critiques presse (1)
Lexpress05 juillet 2012
On trouve [des] personnages déjantés dans cette comédie de moeurs, à la fois chic et acide, signée Nancy Mitford […].
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Cath36Cath3625 juin 2012
Entre-temps, les deux détectives poursuivaient leur mission inquiétante. Ils semblaient ignorer la nécessité de prendre du repos, et les pensionnaires du Jolly Roger les voyaient apparaître à tout propos dans les endroits les plus inattendus. Ils surgissaient des coins sombres comme de sinistres polichinelles, à toute heure du jour ou de la nuit. C'était particulièrement agaçant. Finalement Jasper fit une tentative héroïque, bien que sans effet, pour gagner leur confiance. Il leur paya à boire au bar. Il s'avéra qu'ils étaient du genre tête de mule, et bien qu'ils se soient suffisamment détendus après le quatrième whisky pour accepter de dévoiler leur profession, et aient fait après le septième quelques révélations surprenantes sur les penchants de la société londonienne d'aujourd'hui, pas plus la ruse que la générosité ne parvint à en tirer davantage. Les deux choses que Poppy souhaitait ardemment découvrir...restèrent sans réponse, cadenassées au fond d'eux-mêmes. En fin de compte, les deux détectives furent obligés de porter Jasper à l'étage dans son lit, où il resta, tout habillé, fixant l'ampoule électrique au plafond jusqu'à une heure avancée de la matinée.
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Cath36Cath3623 juin 2012
"Britanniques ! En vérité ce jour est proche. Un nouvel esprit souffle à l'étranger, un vin nouveau qui ne sera pas versé dans ces outres anciennes. Les Britanniques reviennent enfin à la raison, le lion s'apprête à rugir, la noble attitude que nous appelons social-unionisme va tirer le pays de son apathie honteuse. Bientôt vos rues résonneront sous le pas des bataillons de l'Union Jack, bientôt seront balayés ces politiciens au coeur en pâté de foie... Et maintenant, Britanniques, continua-t-elle, avez-vous des questions à poser ? Si oui, je consacrerai dix minutes à vous répondre."
Les quelques péquenauds présents se dandinèrent d'un pied sur l'autre. Puis l'un d'entre eux ôta un brin de paille de sa bouche et déclara qu'ils avaient tous beaucoup apprécié le discours de miss Eugénia, c'était sûr, et monsieur le duc souffrait-il toujours du rhume des foins ?
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Cath36Cath3625 juin 2012
je dois dire qu'elle a les opinions les plus tordues concernant les relations sociales. Elle ostracise tous les malheureux qui n'ont pas eu de chance, ceux qui ont été pris en train de tricher au billard, celles qui ont eu un mari épouvantable, alors qu'elle se soucierait comme d'une guigne de les voir agir de manière vraiment malfaisante comme opprimer les pauvres. je crois que notre génération a des valeurs éthiques bien supérieures à celles de sa génération ; nous voyons les gens que nous aimons, même s'ils sont impossibles, et évitons ceux que nous n'aimons pas. C'est le seul critère sensé, n'est-ce pas, miss Smith ?
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Cath36Cath3623 juin 2012
Lady Chalfort, supposant vaguement qu'Eugénia faisait allusion à Dieu, eut l'air embarrassée. La ferveur religieuse était à ses yeux presque aussi choquante que la licence sexuelle, à laquelle elle était probablement associée. Beaucoup, parmi les femmes les plus dépravées qu'elle avait connues du temps où elle fréquentait le monde avaient été profondément et ostensiblement religieuses.
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Cath36Cath3625 juin 2012
"Quand on pense au Sussex, dit-elle avec un frisson, ce serait tellement agréable si l'Angleterre pouvait devenir plus pauvre, plus petite, plus discrète parmi les nations et à nouveau civilisée.
-S'appauvrir ne la rendrait pas forcément plus civilisée, dit Jasper. La civilisation repose sur un facteur économique particulier, l'extrême inégalité des richesses.l'inévitable avènement du socialisme, qu'il soit national ou international, portera le coup fatal à ce qu'il reste de notre civilisation.
-Si tel est votre point de vue, je suis surprise que vous ayez rejoint le parti d'Eugénia, qui est visiblement une forme de national-socialisme, non ?
-Je préfère le socialisme national à l'autre sorte,c'est tellement plus romantique.
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