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Critique de Bimach


Bimach
  03 juillet 2022
Voilà un ouvrage passionnant, écrit d'une plume alerte, qui ne laisse pas indifférent ! Pour tous les amoureux d'histoire et plus particulièrement de la période de la 2e Guerre mondiale, c'est un essai sur le cinéma qui, je crois, fera date.
Mme Mity nous décrit l'aryanisation du cinéma par Goebbels qui, dès 1933, élimine impitoyablement les acteurs et les réalisateurs ou scénaristes juifs. Ainsi, les réalisateurs Max Ophüls, les frères Siodmack ou Billy Wilder. Certains d'entre eux fuient le pays avant d'en être chassés, comme Fritz Lang. En 1937, Goebbels nationalise les sociétés de production et devient le grand maître de tout ce qui touche le cinéma allemand. Il intervient jusque dans l'écriture des scénarios qui ne lui plaisent pas, parfois au point que les scénaristes s'arrachent les cheveux.
On découvre un Goebbels, grand amateur d'actrices et un Hitler, fasciné par Hollywood, qui pouvait consommer jusqu'à trois films américains par jour. Il y a certes des films de propagande, comme ceux de Leni Riefenstahl, ou ce fameux film antisémite : le Juif Süss. Mais en général, le cinéma est là pour distraire le peuple de la guerre et faire rêver.
Isabelle Mity consacre une partie de son essai aux divas, comme Zarah Leander, une Suédoise, qui jouait aussi bien qu'elle chantait et dansait, et dont le succès durera longtemps après la guerre. On peut citer aussi Sybille Schmitz, Kirsten Heiberg, une Norvégienne, ou Magda Schneider (la mère de Romy) et tant d'autres qui, sans être toutes nazies, rêvaient de faire carrière en Allemagne.
Durant les années d'après-guerre, nombre d'entre elles étaient toujours adulées, et les films de la période nazie toujours regardés. Cela tient au fait que ce cinéma n'était pas imperméable aux influences extérieures ni à la période dont il se faisait le reflet.
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