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Philippe Deniau (Traducteur)
EAN : 9782877304481
267 pages
Editions Philippe Picquier (30/11/-1)
4.02/5   45 notes
Résumé :
Levant les yeux vers l'enseigne lumineuse, Haruta se gratta nerveusement la tête en faisant la grimace. "Aux commerces de la rue des Rêves..." Ca, on pouvait bien dire, pensait-il à chaque fois qu'il passait par là en rentrant du travail, qu'aucun des commerçants ainsi désignés n'était digne d'un pareil nom! Le patron du Tarôken, le restaurant chinois? Un cinglé du turf qui ne cessait de se quereller avec sa femme. Celui du pachinko, le Palais des Rêves? Lui, il n'a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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Bookycooky
  17 avril 2016
Une rue quelque part dans les quartier sud d'Osaka, la rue des Rêves....des petits commerçants ,la boucherie Tatsumi, le bar La Charade, Yuriko, le salon de coiffure,le restaurant Tarôken.....un microcosme de personnages hauts en couleur,attendrissants mais aussi violents,que l'auteur nous décline dans toutes les nuances du caractère humain.
La plupart des chapitres se lit comme une nouvelle avec son histoire et sa chute surprise, nous introduisant un habitant , un occupant d'une maison où d'un commerce de la rue. Ainsi nous croisons une vieille buraliste et ses nids d'hirondelles, l'horloger et son fils kleptomane, les frères bouchers "plongés nuit et jour dans le marais de leurs appétits charnels" ( un chapitre particulièrement émouvant, où, l'un des frères révèle une sensibilité pareille à une fleure qui s'éclore dans la bouse), un escroc qui apparaît le temps d'une arnaque, la propriétaire d'un bar qui souffre d'un mal dermato.......,et Satomi Haruta, personnage pivot du livre, un représentant en commerce, apprenti poète et "intermédiaire " à ses heures.....l'histoire avance chronologiquement et sur la fin l'auteur nous réserve des petites surprises.
Le temps d'une lecture, on s'attache à cette rue et à ses personnages à la psychologie finement détaillée, à leur côté humain attachant et émouvant , caché sous leur carapace sociale. Un style très agréable ajouté à l'ambiance de la rue que l'auteur nous décrit presque cinématographiquement ,- "Vers l'entrée de la rue des Rêves, leurs silhouettes ne formaient plus qu'une masse noire,mais sur l'asphalte mouillé par la pluie,l'on vit des ombres humaines,dont on ne pouvait dire si c'étaient celles d'hommes ou de femmes,se dessiner, briller, s'enchevêtrer, puis vaciller."- nous donne une pépite,écrite il y a trente ans.
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Emylit23
  13 mai 2020
Un vrai plaisir que cette rencontre avec les habitants de la Rue des Rêves, petite rue de la ville d'Osaka. Ces dix nouvelles nous racontent la vie (ou un moment de vie) d'une vieille dame buraliste, des frères Tatsumi bouchers au lourd passé, de l'horloger et son fils cleptomane, de Monsieur et Madame Wan restaurateurs assez explosifs, du patron du pachinko, de la petite coiffeuse, du photographe homosexuel,... Haruta Satomi, commercial et amoureux de poésie, est le fil rouge entre toutes ces histoires. Il est un voisin charitable, un médiateur, un confident, un porteur de message, un amoureux déçu, ... mais toujours quelqu'un sur qui on peut compter.
L'auteur nous partage les secrets des habitants de cette rue car tout se sait. Chacun entend et épie son voisin sans pour autant intervenir si nécessaire. Par contre, pour commenter après la bataille, tout le monde est présent. Une rue sans doute comme les autres et pourtant, chaque habitant est différent.
C'est avec beaucoup de tendresse que Teru Myamoto nous dépeint ses personnages, pas toujours sous leur meilleur jour mais il nous les rend attachants.
Bref, un régal cette lecture et d'ailleurs, je prendrai volontiers un dessert pour prolonger le repas...Pas vous?
Belle lecture!
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sandrine57
  25 mars 2015
Durant la guerre, c'était une de ses rues vouées au marché noir. Elle a survécu au démantèlement qui a suivi la capitulation et est devenue la rue des rêves, une succession de petits commerces plus ou moins florissants, tenus par des individus hauts en couleurs. C'est ici que vit Satomi Haruta, au-dessus de la boutique de kamaboko, fermée pour cause de maladie. Démarcheur en cours par correspondance de son état, le jeune homme est poète à ses heures perdues, et rêve de publier, à compte d'auteur, un recueil de ses plus beaux poèmes. Secrètement amoureux de la belle Mitsuko, la coiffeuse du salon Yuriko. Réservé, voire timide, Haruta n'ose pas se déclarer, et pourtant il est souvent sollicité par les habitants de la rue marchande, pour régler une querelle, servir de messager, rapprocher deux amoureux...La rue des rêves est son univers, et même si parfois il voudrait la quitter, il doit bien s'avouer qu'il s'y est attaché, à elle et aux gens qui y vivent.
Les gens de la rue des rêves n'est pas un roman mais une suite de chroniques qui se situent toutes dans une rue commerçante d'Osaka. Notre guide dans ce quartier populaire est le jeune Haratu, poète incompris par les membres de son club qui jugent ses vers trop enfantins. Quand il rentre le soir après une rude journée de labeur, il aime aller se restaurer chez le père Wan, d'une soupe de raviolis ou d'une omelette au crabe, même si parfois il assiste malgré lui à une épique scène de ménage entre Wan et son épouse. Par contre, il évite soigneusement le studio de Mori Masahisa, le photographe aux moeurs d'inverti, tout comme la boutique des horlogers qu'on dit âpres au gain et dont le fils traîne une réputation de kleptomane, et par-dessus tout, il n'approche jamais de la boucherie des frères Tatsumi qui ont appartenu à la pègre avant de se ranger en reprenant le commerce paternel. Romantique, Haruta soupire après Mitsuko la coiffeuse qui vit en face de chez lui, sans soupçonner qu'il a un rival dans la rue. Sérieux, il ne fréquente pas le bar de la Charade dont la patronne collectionne les jeunes et beaux serveurs. Malgré lui, Haruta se voit mêler aux intrigues du quartier. On lui fait confiance, on respecte son sérieux et son intégrité. Avec lui, le lecteur arpente la rue des rêves et fait la connaissance de ses habitants. Humbles ou arrogants, vénaux ou généreux, aimables ou détestables, ils ont tous des rêves, des projets, des failles, des secrets que l'on partage dans un moment hors du temps. On devient alors une de ses âmes qui traversent la rue des rêves. On jette un oeil dans la salle de jeu de pachinko, on échange quelques mots avec Tomi, l'attendrissante buraliste, on observe les frères bouchers, partir pour une de leurs virées nocturnes. On s'intègre à cette petite communauté pleine de vie. Les gens de la rue des rêves ne sont ni meilleurs ni pires que ceux de la rue d'à côté mais comme on les connait, on leur pardonne leurs défauts, on espère et on rêve avec eux.

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Mimeko
  17 août 2021
Dans la banlieue sud d'Osaka, la rue des Rêves offre la diversité des petits métiers des habitants. C'est avec Haruta, démarcheur et aspirant poète, qui ne connaît pas la reconnaissance, que l'on découvre les petits secrets et les caractères des habitants de la petite rue. Il y a le couple qui tient le restaurant et qui ne cesse de se disputer, l'horloger qui soupçonne son fils d'être kleptomane et se désespère de lui transmettre l'amour de son métier, il y a également le patron de Pachinko qui prépare sa fuite car elle est enceinte, Natsu, la tenancière de "La Charade" qui a peur de s'engager affectivement et préfère les aventures sans lendemain ou les frères Tatsumi, bouchers qui ont terrorisé en leur temps leur entourage, essayent désormais de s'assagir - l'aîné souhaitant se faire détatouer et il y a le photographe homosexuel qui porte un regard lucide sur les habitants.
Autant de métiers pour autant de chapitres, courts, comme des nouvelles, des chapitres conçus pour permettre une lecture dans le métro. Des gens heureux, pas vraiment, j'ai surtout découvert avec ces personnages les défauts de la nature humaine, point de grandeur ni poésie, mais surtout des mesquineries, des disputes plus ou moins violentes, des jalousies des déceptions et de l'amertume. Des portraits bien campés mais le tout reste un peu décevant, aucun des personnages n'exprimant d'espoir ou de joie de vivre, mais plutôt de la tristesse...
Une déception donc avec ce court roman que ne m'a pas fait vraiment rêver.
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LePamplemousse
  04 mai 2020
Envie d'une balade reposante dans une simple petite rue d'une ville japonaise ?
Ce roman n'a pas réellement d'intrigue, il s'agit plutôt d'une rencontre avec certains habitants de la rue des rêves. On va croiser une jeune collégienne qui aspire à devenir diplomate et se donne les moyens d'y parvenir, deux bouchers qui sont frères et qui essaient de changer de vie après avoir eu de mauvaises fréquentations, un jeune commercial qui aimerait gagner un peu mieux sa vie, un couple de restaurateurs qui se tapent dessus autant qu'ils s'aiment, une jeune coiffeuse qui s'ennuie de sa mère, un horloger qui a des problèmes familiaux...et bien d'autres encore.
J'ai beaucoup aimé cette étrange et hypnotique balade dans ce quartier japonais.
L'écriture est simple et juste, et le roman est empreint de nostalgie.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   16 avril 2016
-Je vais te dire une chose....Pour moi, l'argent, c'est le principal. T'auras beau dire : l'amour ! les sentiments ! mais sans argent, tu n'arriveras à rien. Les sentiments ,oui ! La santé ,bien sûr !mais avec ce qu'il faut dans le porte-monnaie ! Personne ne me fera démordre de ça !
- Si c'est comme ça , tu n'as qu'à me guérir de ma cleptomanie avec ton argent ! P.81
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blandine5674blandine5674   26 juin 2017
- Dans leurs premières oeuvres, il y avait certaines choses dont on ne pouvait rien tirer, mais on y sentait en germe tout ce qui, une fois poli, devait les faire briller. Tout l'art de l'éditeur, c'est en quelque sorte de savoir comment dégrossir une fille de la campagne pour en faire une courtisane. A ce sujet-là, je connais pas mal d'auteurs qui me doivent une fière chandelle. Mais les hommes, et en particulier la race des romanciers et des poètes, sont ainsi faits que le moindre succès les pousse à s'éloigner de ceux qui les fréquentaient avant qu'"ils ne l'obtiennent. Sans être l'histoire du canari abandonné dans la montagne pour avoir oublié son chant, les romanciers ingrats, croyez-moi, sont voués à finir dans l'oubli.
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MimekoMimeko   17 août 2021
Constamment, Mitsuko entendait les clientes du salon ou ses voisins de la rue des Rêves rapporter les rumeurs qui couraient au sujet des deux frères. Toutes, sans exception, dressaient le portrait de deux êtres totalement dépourvus de pitié : toujours prêts à outrager les femmes, capables de meurtre dès le saut du lit, sachant tirer parti du point faible des gens pour s'accrocher à eux comme de la vermine, et j'en passe...
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chriskorchichriskorchi   26 juin 2013
Il porta la main drotie à son cœur qu'il crut bien sentir palpiter à cent vingt battelements la minute. Pour retrouver son calme, il respira profondément et ferma les yeux, mais n'en fut que plus alerté par la rapidité de ses pulsations. Tirant de son enveloppe sa petite revue, il feuilleta pour y relire son poème :
Combien de cœur peut-il y avoir en moi ?
Deux, quatre, six, huit... neuf ou dix...
Non, comme ces deux là se ressemblent,
Quatre-vingt dix ou cent...
Et puis non, par moment, ils sont différents,
Peut être mille...
Et puis non ! Pour qu'il en naisse un,
Il faut quelque de... différent !
Ah ! avec ces cœurs sans nombre,
Je change plus vite que la lumière !
Bizarre quand même, qu'avec un cœur
Qui change à l'infini,
Nous vivons dans un monde que nous croyons fini ?
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blandine5674blandine5674   27 juin 2017
Quand on gagnait, dans la vie, est-ce qu'on ne faisait pas un perdant quelque part ?
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