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Philippe Deniau (Traducteur)
ISBN : 2877304485
Éditeur : Editions Philippe Picquier (30/11/-1)

Note moyenne : 4/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Levant les yeux vers l'enseigne lumineuse, Haruta se gratta nerveusement la tête en faisant la grimace. "Aux commerces de la rue des Rêves..." Ca, on pouvait bien dire, pensait-il à chaque fois qu'il passait par là en rentrant du travail, qu'aucun des commerçants ainsi désignés n'était digne d'un pareil nom! Le patron du Tarôken, le restaurant chinois? Un cinglé du turf qui ne cessait de se quereller avec sa femme. Celui du pachinko, le Palais des Rêves? Lui, il n'a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  17 avril 2016
Une rue quelque part dans les quartier sud d'Osaka, la rue des Rêves....des petits commerçants ,la boucherie Tatsumi, le bar La Charade, Yuriko, le salon de coiffure,le restaurant Tarôken.....un microcosme de personnages hauts en couleur,attendrissants mais aussi violents,que l'auteur nous décline dans toutes les nuances du caractère humain.
La plupart des chapitres se lit comme une nouvelle avec son histoire et sa chute surprise, nous introduisant un habitant , un occupant d'une maison où d'un commerce de la rue. Ainsi nous croisons une vieille buraliste et ses nids d'hirondelles, l'horloger et son fils kleptomane, les frères bouchers "plongés nuit et jour dans le marais de leurs appétits charnels" ( un chapitre particulièrement émouvant, où, l'un des frères révèle une sensibilité pareille à une fleure qui s'éclore dans la bouse), un escroc qui apparaît le temps d'une arnaque, la propriétaire d'un bar qui souffre d'un mal dermato.......,et Satomi Haruta, personnage pivot du livre, un représentant en commerce, apprenti poète et "intermédiaire " à ses heures.....l'histoire avance chronologiquement et sur la fin l'auteur nous réserve des petites surprises.
Le temps d'une lecture, on s'attache à cette rue et à ses personnages à la psychologie finement détaillée, à leur côté humain attachant et émouvant , caché sous leur carapace sociale. Un style très agréable ajouté à l'ambiance de la rue que l'auteur nous décrit presque cinématographiquement ,- "Vers l'entrée de la rue des Rêves, leurs silhouettes ne formaient plus qu'une masse noire,mais sur l'asphalte mouillé par la pluie,l'on vit des ombres humaines,dont on ne pouvait dire si c'étaient celles d'hommes ou de femmes,se dessiner, briller, s'enchevêtrer, puis vaciller."- nous donne une pépite,écrite il y a trente ans.
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sandrine57
  25 mars 2015
Durant la guerre, c'était une de ses rues vouées au marché noir. Elle a survécu au démantèlement qui a suivi la capitulation et est devenue la rue des rêves, une succession de petits commerces plus ou moins florissants, tenus par des individus hauts en couleurs. C'est ici que vit Satomi Haruta, au-dessus de la boutique de kamaboko, fermée pour cause de maladie. Démarcheur en cours par correspondance de son état, le jeune homme est poète à ses heures perdues, et rêve de publier, à compte d'auteur, un recueil de ses plus beaux poèmes. Secrètement amoureux de la belle Mitsuko, la coiffeuse du salon Yuriko. Réservé, voire timide, Haruta n'ose pas se déclarer, et pourtant il est souvent sollicité par les habitants de la rue marchande, pour régler une querelle, servir de messager, rapprocher deux amoureux...La rue des rêves est son univers, et même si parfois il voudrait la quitter, il doit bien s'avouer qu'il s'y est attaché, à elle et aux gens qui y vivent.
Les gens de la rue des rêves n'est pas un roman mais une suite de chroniques qui se situent toutes dans une rue commerçante d'Osaka. Notre guide dans ce quartier populaire est le jeune Haratu, poète incompris par les membres de son club qui jugent ses vers trop enfantins. Quand il rentre le soir après une rude journée de labeur, il aime aller se restaurer chez le père Wan, d'une soupe de raviolis ou d'une omelette au crabe, même si parfois il assiste malgré lui à une épique scène de ménage entre Wan et son épouse. Par contre, il évite soigneusement le studio de Mori Masahisa, le photographe aux moeurs d'inverti, tout comme la boutique des horlogers qu'on dit âpres au gain et dont le fils traîne une réputation de kleptomane, et par-dessus tout, il n'approche jamais de la boucherie des frères Tatsumi qui ont appartenu à la pègre avant de se ranger en reprenant le commerce paternel. Romantique, Haruta soupire après Mitsuko la coiffeuse qui vit en face de chez lui, sans soupçonner qu'il a un rival dans la rue. Sérieux, il ne fréquente pas le bar de la Charade dont la patronne collectionne les jeunes et beaux serveurs. Malgré lui, Haruta se voit mêler aux intrigues du quartier. On lui fait confiance, on respecte son sérieux et son intégrité. Avec lui, le lecteur arpente la rue des rêves et fait la connaissance de ses habitants. Humbles ou arrogants, vénaux ou généreux, aimables ou détestables, ils ont tous des rêves, des projets, des failles, des secrets que l'on partage dans un moment hors du temps. On devient alors une de ses âmes qui traversent la rue des rêves. On jette un oeil dans la salle de jeu de pachinko, on échange quelques mots avec Tomi, l'attendrissante buraliste, on observe les frères bouchers, partir pour une de leurs virées nocturnes. On s'intègre à cette petite communauté pleine de vie. Les gens de la rue des rêves ne sont ni meilleurs ni pires que ceux de la rue d'à côté mais comme on les connait, on leur pardonne leurs défauts, on espère et on rêve avec eux.

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Momiji
  09 septembre 2014
Poétique, entraînant et émouvant sont les premiers adjectifs qui me viennent spontanément à l'esprit pour qualifier ce bel ouvrage de Miyamoto Teru. Il faut avant tout rappeler que l'auteur est très attaché à la ville d'Ôsaka, grouillante et exaltée, que j'ai personnellement adorée lors de notre voyage en Octobre 2013. Il met en scène ici le quartier sud, celui historique des commerçants et use de portraits aussi différents que celui des magasins de la rue pour lui rendre hommage.
C'est une lecture où on est immédiatement immergé dans la vie de cette rue commerçante, où l'on a à peine le temps de se pencher sur un personnage que déjà, le prochain chapitre nous plonge dans la vie d'un autre. Déplaisant ? Point du tout ! En maniant un rythme dynamique marié à une écriture calme, l'auteur réussit à constituer des tranches de vies assez semblables à la réalité et à celle que l'on pourrait ressentir si nous faisions partie des Gens de la rue des rêves. Ce réalisme est touchant car il permet d'entrevoir, de découvrir des indices puis de rebondir sur une autre histoire, avant de revenir à un des personnages déjà introduit, qui tout en ayant son cheminement de base, se trouve mis au coeur d'une affaire, d'un événement. Ce parti-pris permet d'offrir au lecture une trame riche et dense, qui met en lien les êtres, et pas toujours comme on l'attend.
Je me suis particulièrement attachée à quelques personnages, notamment le principal, un poète célibataire, qui rêve de publier un recueil à compte d'auteur. En cheminant avec lui, on le voit entamer un changement de ses perceptions, de sa vision du monde et de l'amour. Même s'il s'en défend, il aime rendre service aux autres et oeuvrer pour le bonheur d'autrui avant le sien. Au travers du regard de ce démarcheur proposant des cours à distance, on en apprend davantage sur la grand-mère attendrissante qu'on tente d'expulser de son minuscule bureau de tabac, sur le photographe homosexuel, sur le fils de l'horloger, cleptomane. Son attirance pour l'apprentie coiffeuse va se confronter à celle réciproque de l'un des deux frères boucher, et nous permettre de découvrir un autre aspect de la personnalité de cet ancien malfrat. Certains personnages sont plus à même de nous faire rire, comme le gérant du restaurant qui est assez grossier et drôle par moments. Comme dans un film, il y a des premiers et des seconds rôles bien orchestrés. L'alchimie prend : l'ensemble forme une structure très belle, un paysage complet où on se balade avec plaisir.
Au-delà d'un récit vif, porté par une esthétique littéraire pleine de douceur, le message que cette lecture porte nous laisse sur une touche apaisante et le sourire aux lèvres : en liant par le désir, les souvenirs, les rêves, les rencontres et les obsessions les vies de personnes très différentes, il rappelle les liens invisibles mais forts qui peuvent nous relier les uns aux autres. Ces existences fragiles et constamment perturbées par le cours de la vie nous sont relatées avec humour, délicatesse et parfois ironie, mais sans jamais tomber dans le mépris ou le jugement. On en ressort en gardant en tête qu'un petit geste, une main tendue, peut changer la vie de notre voisin comme la nôtre.
Lien : http://wp.me/p12Kl4-qb
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milan
  15 septembre 2016
Lecture délicieuse.....Encore une fois, et comme à chaque lecture, je me pose des questions sur ce qui fait un grand écrivain. Comment des auteurs tels que Roth, Faulkner pour ne citer qu'eux ( et il y en a tant) arrivent à "créer" ce bloc de mots ...parfait, chacun dans son style. Pour Miyamoto et Les Gens de la rue des rêves, c'est l'exemple même de la simplicité parfaite, sans que celà ne soit réducteur, bien au contraire.....Ici la simplicité n'est pas uniquement dans la construction des phrases, elle est le reflet du monde qu'il décrit, celui d'une petite rue d'Osaka, pleine de charme, mais d'un charme que rares arrivent à déceler au milieu de la crasse du quotidien et des préjugés même innocents, inconscient. Une poignée de personnages, peints dans de courtes nouvelles, qui par magie prennent les dimensions de tout un roman,tant l'auteur arrive à brasser toutes les subtilités de ce qui de prime abord semble univoque, sans appel . Dans Les gens de la rue des rêves, les adolescents fugueurs sont certes des adolescents fugueurs, mais avec un petit plus, une profondeur, sans tomber dans le cliché. de même pour les anciens Yakuzas, la quarantenaire vieille fille, le photographe homosexuel, le poète en mal de reconnaissance, ou tous les autres personnages. Il y a de l'humour, cet humour de la vie, pas forcé, il y a du suspens, de l'amour, la famille, l'argent, les fantasmes, désirs et complexes....la vie. Tout au long de la lecture, une pensée ne m'a pas quittée: Pourquoi- sans être écrivain- je n'arrive pas à passer au delà du sordide du quotidien, de mon entourage, et voir la beauté ?? Car il est possible, qu'après tout, ce soit un des secrets du bonheur .
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blandine5674
  01 juillet 2017
10 nouvelles. Paru en 1986. Japon. Une rue de commerçants. Les mêmes personnages, tous attachants, que l'on retrouve dans chaque histoire où chaque chute est maîtrisée. le plus présent est un jeune homme timide qui rêve de publier ses poèmes. Les plus intrigants sont les frères bouchers tour à tour violents ou tendres. Un cleptomane, un homosexuel, etc.
De l'humour, de l'amour, de la tendresse. Mélange d'une construction fort réussie à savourer sans modération.
Lu grâce à la critique de Bookycooky que je remercie au passage.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   16 avril 2016
-Je vais te dire une chose....Pour moi, l'argent, c'est le principal. T'auras beau dire : l'amour ! les sentiments ! mais sans argent, tu n'arriveras à rien. Les sentiments ,oui ! La santé ,bien sûr !mais avec ce qu'il faut dans le porte-monnaie ! Personne ne me fera démordre de ça !
- Si c'est comme ça , tu n'as qu'à me guérir de ma cleptomanie avec ton argent ! P.81
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blandine5674blandine5674   26 juin 2017
- Dans leurs premières oeuvres, il y avait certaines choses dont on ne pouvait rien tirer, mais on y sentait en germe tout ce qui, une fois poli, devait les faire briller. Tout l'art de l'éditeur, c'est en quelque sorte de savoir comment dégrossir une fille de la campagne pour en faire une courtisane. A ce sujet-là, je connais pas mal d'auteurs qui me doivent une fière chandelle. Mais les hommes, et en particulier la race des romanciers et des poètes, sont ainsi faits que le moindre succès les pousse à s'éloigner de ceux qui les fréquentaient avant qu'"ils ne l'obtiennent. Sans être l'histoire du canari abandonné dans la montagne pour avoir oublié son chant, les romanciers ingrats, croyez-moi, sont voués à finir dans l'oubli.
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chriskorchichriskorchi   26 juin 2013
Il porta la main drotie à son cœur qu'il crut bien sentir palpiter à cent vingt battelements la minute. Pour retrouver son calme, il respira profondément et ferma les yeux, mais n'en fut que plus alerté par la rapidité de ses pulsations. Tirant de son enveloppe sa petite revue, il feuilleta pour y relire son poème :
Combien de cœur peut-il y avoir en moi ?
Deux, quatre, six, huit... neuf ou dix...
Non, comme ces deux là se ressemblent,
Quatre-vingt dix ou cent...
Et puis non, par moment, ils sont différents,
Peut être mille...
Et puis non ! Pour qu'il en naisse un,
Il faut quelque de... différent !
Ah ! avec ces cœurs sans nombre,
Je change plus vite que la lumière !
Bizarre quand même, qu'avec un cœur
Qui change à l'infini,
Nous vivons dans un monde que nous croyons fini ?
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blandine5674blandine5674   27 juin 2017
Quand on gagnait, dans la vie, est-ce qu'on ne faisait pas un perdant quelque part ?
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rkhettaouirkhettaoui   11 mai 2017
S’exercer à faire passer dans des mots à la portée de tous les fécondes dispositions de sa sensibilité – c’était là sa fontaine de Jouvence !… la source de tous ses espoirs ! Si, par exemple, à la fenêtre d’un train traversant la campagne, il avait échangé, l’espace d’un instant, un regard avec une belle adolescente arrêtée à la barrière d’un passage à niveau, cela soulevait en lui une foule de pensées qui l’occupaient sans relâche et l’envahissaient au point de l’oppresser.
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