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EAN : 9782072840487
256 pages
Éditeur : Gallimard (29/08/2019)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 245 notes)
Résumé :
Tokyo, 1938. Quatre musiciens amateurs passionnés de musique classique occidentale se réunissent régulièrement au Centre culturel pour répéter. Autour du Japonais Yu, professeur d’anglais, trois étudiants chinois, Yanfen, Cheng et Kang, restés au Japon, malgré la guerre dans laquelle la politique expansionniste de l’Empire est en train de plonger l’Asie.
Un jour, la répétition est brutalement interrompue par
l’irruption de soldats. Le violon de Yu est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (81) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  21 septembre 2019
Au début du roman deux histoires se côtoient.
Dans la première, quatre musiciens amateurs, trois étudiants chinois restés au Japon malgré l'animosité croissante entre les deux pays depuis l'incident de Mandchourie en 1931, et un japonais Yu accompagné de son fils Rei, épris de musique classique occidentale, répètent au Centre culturel de Tokyo, en 1938. Soudain, irruption de soldats. Yu enjoint à son fils de se cacher rapidement dans une armoire. Rei, par le trou de la serrure assiste à la scène...
Dans la deuxième, nous entrons dans la vie d'un couple Jacques et Hélène, lui luthier et elle archetier. Ils se sont connus en 1950 à Mirecourt, petite ville des Vosges et capitale de la lutherie française.
Le lien de la musique est évident, mais apprendre ensuite que Jacques est Rei m'a surprise! Rei, cet enfant de 11 ans a assisté de sa cachette à l'arrestation de son père et de ses trois amis. le lieutenant Kurokami ne l'a pas dénoncé lorsqu'il l'a découvert et lui a même remis le violon de son père, détruit par un militaire.
J'ai été littéralement charmée et envoûtée par ce roman écrit tout en délicatesse. Mais la poésie des mots qui accompagne le roman n'empêche pas Akira Mizubayashi de nous faire ressentir ce que l'humanité peut receler de cruauté, notamment en période de guerre. Il fait ici référence à la politique expansionniste de l'Empire japonais et il n'oublie pas de parler du monstrueux champignon d'Hiroshima et du bombardement de Tokyo le 10 mars 1945.
De plus, La culture japonaise est bien mise en valeur comme sa cuisine, et cela participe à notre plaisir. Souvent, mais pas trop, des mots japonais sont insérés et permettent de mieux s'imprégner de l'ambiance.
J'ai découvert aussi, grâce à ce roman, que Mirecourt était la ville de Jean-Baptiste et Nicolas-François Vuillaume, célèbres maîtres luthiers et que le pernambouc, arbre qui ne pousse qu'au Brésil, servait à fabriquer les archets.
Lors des dialogues entre les membres du quatuor, est abordé également le sujet des nuances existant entre les langues. Yu s'exprime ainsi : "Je pense que pour Philippe, la langue, en l'occurrence le français, est un bien commun que ses usagers partagent équitablement. Les relations sociales de supériorité et d'infériorité ne sont pas encastrées dans la langue... comme dans le cas du japonais ". La littérature et la musique sont les pièces maîtresses de ce magnifique roman. Ce sont grâce à ces deux formes d'art que Rei va arriver à dépasser l'énorme blessure que la vie lui a infligée.
Avec ce roman, l'auteur a réussi de façon magistrale à nous faire ressentir au plus profond de nous-mêmes, que nous l'ayons déjà vécu ou pas, ce que pouvait être la perte d'un être cher, le déracinement et l'oubli impossible à faire. J'ai lu ce roman d'une seule traite tant j'ai été happée par cette écriture si poétique. Je me suis laissée emporter par cette émouvante recherche du père, sublimée du début à la fin par la musique.
Âme brisée est un titre à double évocation. C'est en effet l'âme du violon de Yu qui est brisée, (L'âme du violon étant la petite pièce de bois interposée, dans le corps de l'instrument, entre la table et le fond, les maintenant à la bonne distance et assurant la qualité, la propagation comme l'uniformité des vibrations), ce qui va briser l'âme de son fils Rei.
Ce roman, découvert dans le cadre des Explorateurs de la rentrée littéraire 2019 de Lecteurs.com, s'apparente à une véritable mélodie où les émotions foisonnent et m'a profondément bouleversée, parfois jusqu'aux larmes. Un bijou à lire absolument et à relire...
Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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enjie77
  18 mars 2020
Cette fiction est un concentré d'émotions, d'amour de la musique, d'élévation des sentiments, de luminosité, d'amour des animaux. J'ai été bouleversée, touchée, par l'écriture d'Akira Mizubayashi. L'auteur m'a transportée dans le monde de la Beauté et dans cette période, c'est un baume, une vision optimiste de l'humanité malgré le drame qui sert de point de départ à ce récit et qui est un véritable réquisitoire contre la guerre et ses ravages.
D'une poésie à couper le souffle, j'ai ressenti la même plénitude, la même intensité émotionnelle à la lecture de « L'éternité n'est pas de trop » de notre François Cheng national. L'écriture est belle, fluide, classique et respectée comme seules les personnes étrangères, amoureuses de notre langue, savent le faire. L'auteur écrit directement en français. Sa plume nous tire les larmes des yeux tant la beauté et la symbolique de certains passages évoquent, pour certains d'entre nous, des moments connus, des similitudes de souvenirs peuvent alors s'échanger entre l'auteur et le lecteur. D'ailleurs ce livre est dédié « A tous les fantômes » ! « La musique était tellement incarnée qu'elle possédait la puissance de rappeler les âmes du royaume des morts » (page 223).
Le Japon est en guerre de 1937 à 1945 et a envahi la Chine. le récit s'ouvre sur un beau dimanche ensoleillé en 1938, dans le centre culturel municipal de Tokyo. Un quatuor à cordes entame la répétition en la mineur opus 29 de Schubert dit Rosamunde. Soudain des bruits de bottes se font entendre, Yu Mizusawa fait signe à son petit garçon de 11 ans en train de lire, de se cacher dans une armoire. Rei obéit, prend son livre et ferme la porte de l'armoire. L'un des soldats violente son père et lui arrache son violon qu'il va briser sous les yeux de l'enfant qui regarde par le trou de la serrure. le lieutenant Kurokami, grand mélomane, arrivant après l'agression, découvre la cachette de l'enfant qu'il ne trahira pas et une fois la salle vide, désolé, confiera le violon détruit à Rei dans son armoire. L'enfant ne reverra plus son père.
A cet instant, le traumatisme psychologique subi par l'enfant le projette dans un sentiment d'abandon, de solitude. Sa vie s'arrête. Rei se retrouve seul avec le violon de son père totalement saccagé. C'est un Nicolas François Vuillaume de 1857 sur lequel Yu a interprété une dernière fois La Gavotte en rondeau de Bach. le lecteur peut imaginer facilement la charge symbolique qu'incarne l'instrument qui restera la personnification de son père.
Le titre de cette fiction nous renvoie à la petite pièce en épicéa essentielle à la propagation du son d'un instrument à corde. Sous l'impact de la douleur traumatique, l'Ame du violon comme l'Ame de Rei se sont brisées devant l'horreur.
C'est l'histoire d'une reconstruction et d'une résurrection sur plus de cinquante ans. Rei et le violon marcheront de concert si j'ose m'exprimer ainsi. Rei tout en restaurant le violon, restaure sa propre personnalité et ainsi jusqu'à une fin heureuse ou les destins croisés de quelques personnes permettront à Rei de reconstituer le puzzle de sa vie depuis ce drame où son âme a explosé jusqu'à la guérison de celle-ci. « le temps de défossilisait , recommençait à trembler » la vie s'était comme arrêtée sous la violence du traumatisme, et sous la musique, elle reprenait son souffle.

On ressent l'humanisme de l'auteur dans cette fin qui jette un regard positif sur l'humanité. Certes l'être humain peut se montrer cruel, d'une noirceur profonde, mais Akira Mizubayashi se veut attentif à la beauté des êtres dans toutes leurs manifestations et c'est un véritable remède qu'il partage avec son lecteur.

Dans cette fiction, j'y ai vu l'Art contre la barbarie. Comment la musique, langage universel, abolit les frontières du temps et de l'espace, survole les continents, en donnant vie à l'âme d'un disparu par le truchement de la filiation, de la fidélité, de la beauté des gestes. Il y a aussi de très belles pages sur la lutherie et l'archèterie. « Dès lors, son art de luthier, celui de rendre les sons de l'âme, de la vie intérieure, de la plus noire mélancolie comme de la joie la plus profonde à travers les instruments qu'il fabriquait ».
Marcel Proust fait même une petite apparition dans « la madeleine de ce petit garçon » devenu septuagénaire « un bol de riz mélangé à un oeuf cru ».
Akira Mizubayashi doit vivre la musique du plus profond de son être pour écrire des pages sublimes sur « A la mémoire d'un ange » du concerto de Berg dédié à la fille d'Alma Malher. La trame du livre s'appuie sur Schubert et Bach « Gavotte en rondeau » et se décompose en chapitre dont les dénominations s'apparentent à un morceau de musique.
Je ne suis pas musicienne, plutôt mélomane en toute humilité. Après la peinture, je ne voulais pas quitter le monde de la création et l'histoire de ce violon m'a séduite. Ce livre parle à toutes celles et ceux qui sont sensibles à l'Art, qui perçoivent les messages en premier lieu avec leur coeur et ensuite avec leur intellect afin de pouvoir se plonger dans l'intimité de l'auteur, recevoir celle-ci. Je ne remercierai jamais assez les artistes pour le bonheur qu'ils nous procurent en contemplant, en écoutant, en lisant leurs oeuvres chacun de nous avec sa sensibilité, son inclination.
« Face à la musique de Schubert, les larmes coulent sans questionner l'âme auparavant, puisqu'elle se précipite sur nous avec la force même de réalité sans le détour de l'image. Nous pleurons sans savoir pourquoi ; parce que nous ne sommes pas encore tels que cette musique nous promet d'être mais seulement dans le bonheur innomé de sentir qu'il suffit qu'elle soit ce qu'elle est pour nous assurer qu'un jour nous serons comme elle ». Théodor W. Adorno
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Cannetille
  05 mai 2020
En 1938 à Tokyo, Yu, professeur d'anglais et violoniste amateur, est arrêté sous les yeux de son fils de onze ans, Rei, au beau milieu d'une répétition musicale avec trois de ses étudiants chinois restés sur place malgré la guerre sino-japonaise. Rei grandira sans son père, avec deux souvenirs particulièrement obsédants datant de ce jour-là : le violon paternel brisé, et la vaine tentative d'intercession d'un officier mélomane nommé Kurokami.

Ecrit dans un français impeccable par un Japonais de souche, le texte possède un je ne sais quoi d'étrange et de déroutant, issu tant du style que de l'histoire : mi roman réaliste, mi conte féerique, le récit qui pourrait sembler idéaliste et naïf en raison des destins tout à fait improbables de ses personnages très lisses, presque trop « parfaits » dans leurs rôles, emporte le lecteur par son indéniable charme et par l'esthétisme de sa symbolique.

A l'oppression martiale et au bellicisme nationaliste, mais aussi à la rigidité hiérarchique de la société japonaise, l'auteur oppose l'universalité de l'émotion musicale et de la beauté, la puissance de l'amitié et de l'amour, la fidélité de la mémoire et l'inextinguible attachement à ses racines, enfin tout ce qui constitue l'âme humaine et que Rei s'obstine à faire refleurir en consacrant sa vie à la lutherie et à la résurrection d'un violon détruit par obscurantisme.

Certes idéalisé et non exempt de quelques clichés, ce roman est une jolie parabole dont le charme séduit volontiers, une ode à la musique où l'âme humaine se confond de bonne grâce avec celle prêtée par les luthiers à leurs plus beaux instruments.

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Kittiwake
  18 août 2020
Roman musical et nostalgique, empreint de douceur et de mélancolie, sur les thèmes éternels de la quête des racines et de ces épisodes de la vie qui constituent les fondations de nos existences.
Tout commence en 1938, au Japon, alors que les relations avec la Chine se sont détériorées. Un quatuor à cordes répète Rosamunde de Schubert peinant sur le premier mouvement. Rei, le fils de Yu, écoute d'une oreille distraite, plongé dans une lecture qui l'absorbe. Des militaires ont irruption dans le centre culturel et tel le petit chevreau du conte de Perrault, Rei assiste à l'arrestation de son père et à la destruction absurde de son violon. Deux âmes brisées. Avant que la scène dramatique ne s'achève, l'un des militaires restitue à l'enfant l'instrument massacré.
Des années plus tard, à Paris, Jacques exerce son art dans son atelier. Il tente de redonner leur perfection à des instruments déréglés ou usés, lorsqu'une amie l'informe que la jeune femme qui a gagné le premier prix du Concours international de violon se nomme Midori Yamazaki, un nom certes commun au Japon, mais tout de même dans ce contexte, évocateur d'un passé enfoui.

Les indices semés au cours du récit sont suffisamment évidents pour que l'on devine la suite, les retrouvailles, les mystères résolus et les failles de la mémoire comblées.
Il est recommandé de prévoir la bande-son du quatuor, ainsi que de la Gavotte en rondeau de Bach pour accompagner la lecture. Lire les caractéristiques et l'évocation du sublime d'un extrait musical n'est pas suffisant, à moins de le connaitre déjà par coeur.
C'est court et même sur le petit nombre de pages, de nombreuses redites, à chaque fois qu'un personnage fait le point, contribuent à une impression de dilution du récit.

L'histoire ne peut qu'être émouvante, portée par une écriture aussi mélodieuse que les oeuvres évoquées. On regrette cependant que le récit ne soit pas un peu plus étoffé.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Annette55
  31 juillet 2020
«  Les notes de musique s'égrenaient comme une enfilade de gouttes d'eau argentées sur une feuille de bambou après une forte averse » .
«  Une mélodie simple , touchante, lancinante, transparente comme un ruisseau de larmes , commença à couler sur les cordes du premier violon » .
«  On joue de la musique européenne au Japon,.........Monsieur.
La musique traverse les frontières , c'est le patrimoine de l'humanité » ...
Quelques extraits de ces sublimes pages!
Je n'aurai pas de mots assez forts ni convaincants pour évoquer au mieux cette jolie parabole dédiée à la musique de l'âme, à l'amitié , à l'amour , au souvenir, à la poésie , à la fidélité , défiant la mort...
C'est l'histoire longue d'un violon brisé et reconstruit à l'image d'un petit garçon nippon, Rei Mizusawa, dont le père , Yu, professeur d'anglais , passionné de musique classique occidentale , périra , battu et torturé , pour avoir , en plein conflit sino- japonais , constitué un quatuor à cordes , avec trois étudiants chinois, restés au Japon en 1938, malgré la guerre dans laquelle la politique expansionniste de l'Empire est en train de plonger l'Asie .
.Devenu orphelin Rei dit «  Jacques » atterrira en France ,, adopté par Jacques et Isabelle Maillard .
Il n'aura de cesse sa vie durant d'entretenir la passion de cet instrument maudit , en devenant luthier lui- même et en épousant Hélène , une archetière .
Ils répétaient au Centre culturel de Tokyo le quatuor à cordes en la mineur opus 29 de Franz Schubert appelé «  Rosamunde » lorsque cinq soldats en uniforme surgissent dans la salle.
le violon de Yu est brisé , les musiciens sont embarqués , soupçonnés de comploter contre le pays.
Réfugié grâce à son père dans une grande armoire , Rei , onze ans , collégien ,assiste à toute la scène.
Il ne reverra jamais son père, échappera à la violence des militaires grâce au lieutenant Kurokami qui lui confie le violon détruit .
Cette blessure d'enfance irréversible , non cicatrisée le marquera sa vie entière .
En parallèle nous pénétrons dans la vie d'un couple ,très longtemps après , au coeur de Mirecourt , la ville de Jean Baptiste et Nicolas François Vuillaume, petite ville Lorraine connue dans le monde entier , la ville des archers et des luthiers , où ont vécu Rei , devenu Jacques Maillard, luthier et Hélène archetière , comme Crémone en Italie ...
J'ai été littéralement happée , séduite par la poésie délicate de cette oeuvre où l'instrument vit, s'éveille , s'anime , prend vie , où l'auteur écrit des pages magnifiques.
Il vit la musique comme un art à la fois intime et universel.
Un texte lumineux entre réalisme cru et magie du conte où les émotions foisonnent, la musique, la tendresse et l'harmonie affleurent au fil des pages semblables à une mélodie douce , sensible, attachante, sur fond de Schubert.
Un petit bijou touchant pétri d'humanité évoquant la question du souvenir douloureux, le déracinement, le deuil impossible au fil des jours.
La langue est élégante, émouvante et ample .
Une oeuvre bouleversante , fine , à recommander , cette « Âme brisée. » un jour de 1938, l'âme d'un petit garçon et celle d'un violon , détruits par une violence inimaginable !
Ce livre restera longtemps dans mon coeur !
Encore une bonne idée de mon libraire !

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critiques presse (4)
Actualitte   04 juin 2020
Un roman lumineux, sensible, délicat, dans lequel la musique est omniprésente et où l’on retrouve les thèmes de prédilection d’Akira Mizubayashi : le déracinement et l’impossible deuil. Magnifique.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Bibliobs   23 septembre 2019
Mariant, dans une prose si simple qu’on la dirait cristalline, le naturalisme du roman français et la féerie des contes japonais, Akira Mizubayashi a réussi à faire de ce violon, qui a une tête, une âme et une table de secrets, le personnage principal de son livre.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaCroix   19 septembre 2019
Contre un monde au garde-à-vous, Akira Mizubayashi a composé une parabole vertigineuse sur le pouvoir de la musique, de la mémoire et de l’amour. [...] Sa récidive dans le champ de la fiction se révèle bouleversante, au-delà de l’imaginable.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LePoint   27 août 2019
C'est un roman classique. Une langue élégante, une histoire ample et très émouvante. C'est un roman sur la musique, sur la transmission, sur la guerre, sur la fidélité des origines, sur l'amitié, sur la beauté du silence qui suit une sonate de Schubert.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   22 septembre 2019
En pleine période de folie fasciste et d'engouement militariste et ultranationaliste, Yoshino a eu l'audace d'écrire, à l'intention des jeunes Japonais, un livre qui prônait l'usage critique de la raison et défendait la supériorité éthique de l'amitié des égaux par rapport à la soumission rampante et aveugle à l'égard des aînés et des dominants. Je crois que mon père voulait faire de moi un jeune homme capable de garder sa lucidité en toute situation, de ne pas succomber à la folie collective et de s'insurger contre les aberrations...
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sagesse66sagesse66   04 juillet 2020
En se plaçant à l'endroit exact où elle avait joué deux heures auparavant la "Gavotte en rondeau" , elle interpréta de nouveau la pièce de Bach.
Les aigus sonnaient comme une enfilade de gouttes d'eau pure versées par un ciel bas et tourmenté, étincelant aux premiers rayons du soleil pénétrant obliquement les feuillages verdoyants d'une forêt boréale luxuriante, tandis que les médiums et les graves étaient comme ouatés, glissant sur une étendue de velours, suscitant une impression de chaleur intime émanant d'une cheminée de marbre restée allumée toute la nuit.
Il y avait là, en plus, une saisissante égalité de timbres.
La musique avançait, revenait, montait, descendait avec une liberté euphorique; elle faisait penser à une danse joyeuse et sautillante qui semblait exprimer le bonheur de marcher dans un paysage enchanté...
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enjie77enjie77   16 mars 2020
C'est un livre magnifique. En pleine période de folie fasciste et d'engouement militariste et ultranationaliste japonais, un livre qui prônait l'usage critique de la raison et défendait la supériorité éthique de l'amitié des égaux par rapport à la soumission rampante et aveugle à l'égard des aînés et des dominants.

Je crois que mon père voulait faire de moi un jeune homme capable de garder sa lucidité en toute situation, de ne pas succomber à la folie collective et de s'insurger contre les aberrations….

Page 191 - "Dites moi comment vous allez vivre" publié en 1937 de Genzaburo Yoshino
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CannetilleCannetille   05 mai 2020
Pour Philippe, la langue, en l’occurrence le français, est un bien commun que ses usagers partagent équitablement. Les relations sociales de supériorité et d’infériorité ne sont pas encastrées dans la langue… comme dans le cas du japonais.
(…)
Le partage par tous de la langue comme bien commun, déclara Yanfen, ça facilite nécessairement les relations sociales horizontales qui tendent à restreindre la possibilité de la domination des uns sur les autres…
(…)
… alors qu’en japonais, s’exprima Kang à son tour, on doit nécessairement choisir un mot adapté à sa position vis-à-vis de son interlocuteur…
(…)
De même qu’en japonais on ne peut pas utiliser le pronom personnel « vous » d’une manière universelle…
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   01 septembre 2020
Jacques Maillard, ou Rei Mizusawa, était un homme sans religion. Il ne croyait à aucune après-vie. Qu'est-ce qui resterait à l'extrême fin, à la fin de tout, de la civilisation, de l'humanité, de la planète, du système solaire ? Tout serait englouti, oublié, perdu. La vie ne serait-elle pas au bout du compte une gigantesque hécatombe ? Pourquoi alors en ajouter d'autres ? Pourquoi commettre la bêtise abyssale d'en fabriquer d'autres, celles, innombrables, que les guerres engendrent impitoyablement, celle des tranchées, celle des camps d'extermination, celle causée par les bombes qui pleuvent et qui vous déchiquettent, celle provoquée par les armes de destruction massive allant jusqu'à la bombe atomique brûlant et calcinant toute une ville dans la seconde, érigeant dans le ciel un hideux et diabolique champignon précédé de l'apparition soudaine, aveuglante, déflagrante de la lumière luciférienne ? Pourquoi tant de cruautés ? Pourquoi tant d'actes meurtriers atroces ? Mais, précisément, à cause de ces violences inouïes, de ces tueries irrémissibles qui empêchent brutalement de vivre et qui, par là même, génèrent un interminable défilé de fantômes, l'édification d'un autel était absolument pour Rei Mizusawa, un autel qui rendait d'abord et surtout son père assassiné et, ensuite tous les disparus qui l'accompagnaient de près ou de loin. Dès lors, son art de luthier, celui de rendre les sons de l'âme, de la vie intérieure, de la plus noire mélancolie comme de la joie la plus profonde - grâce aux compositeurs du passé et du présent et par la médiation des interprètes hors pair - à travers les instruments qu'il fabriquait après tant d'années d'apprentissage, de tâtonnement, d'hésitation, de recherche, après tant d'efforts déployés dans l'étude patiente et passionnée des grands modèles des maîtres anciens, après surtout une vie entière passée, en compagnie du violon de son père au demeurant assez ordinaire, à réparer, à restaurer et à soigner... son art, donc, entièrement dévoué au service des émotions humaines, n'était rien d'autre que la tentative d'apaisement de la douleur traumatique issue de la destruction foudroyante de ce qui vous attache le plus intensément au monde et à la vie.
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Entretien avec Akira Mizubayashi à l'occasion de la rencontre entre l'auteur et les lecteurs de Babelio.com le 3 octobre 2019. Découvrez les mots choisis par l'auteur pour évoquer son roman 'Ame brisée', paru aux éditions Gallimard.
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