AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782360810222
296 pages
Editions Cornélius (27/10/2011)
3.87/5   42 notes
Résumé :
Mizuki pose une question aujourd'hui encore sans réponse : qui était Hitler ? Pour circonscrire cet effrayant mystère, il convoque les avatars du Führer : l'étudiant famélique, le caporal bavarois, l'agitateur politique, le chancelier du Reich, le chef de guerre. De la synthèse de ces images multiples et contradictoires naît un personnage rusé et naïf, cabotin et cruel, inquiétant et ridicule, silhouette dérisoire qui sifflote, enrage, pleure et répète : "Mon empire... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
3,87

sur 42 notes
5
4 avis
4
6 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
0 avis

Erik_
  07 janvier 2022
Il s'agit sans doute du meilleur ouvrage sous forme de BD que j'ai pu lire s'agissant de la biographie du pire dictateur de tous les temps à savoir Hitler. En effet, ce vagabond, artiste bohème et caporal antisémite a plongé le monde dans un bain de sang faisant des millions de victimes. Pour l'instant, il n'y a pas eu pire bilan.
Le portrait que l'auteur dresse ne sera pas forcément flatteur mais il est sans doute parfois trop dirigé au point de se demander si celui qui est devenu le führer de l'Allemagne était vraiment un génie du mal ou simplement un homme ordinaire et médiocre ?
On découvrira également sa vie privée et comment il a mené au suicide mystérieux de sa nièce dont il était tombé amoureux en 1931. On verra également qu'il était jaloux de son seul ami plus brillant que lui au niveau des études.
Bref, c'était vraiment un sale type mais qui avait un talent oratoire hors norme. Certains se sont laissé avoir par ses discours haineux recherchant un bouc émissaire aux difficultés économiques d'une Allemagne sortant péniblement de la Première Guerre Mondiale.
Je n'avais pas eu conscience de lire un manga qui est pourtant daté de 1971 soit il y a près de 50 ans. J'ai été surpris car je n'ai pas du tout senti le poids des années. Cela reste une lecture intemporelle qui est nécessaire aux jeunes générations pour ne pas céder encore à des politiciens dangereux pouvant nous entraîner dans une nouvelle guerre plus meurtrière encore.
Pour la petite histoire, le mangaka Shigeru Mizuki voulait faire découvrir à son peuple qui était celui qui a entraîné le monde dans la guerre. L'auteur a d'ailleurs perdu son bras lors de ce conflit ce qui n'est pas anodin. Il réalise en tous les cas un précieux récit historique réalisé 25 ans après la fin de cette guerre.
Ce titre était pour moi un loupé dans le fait que parmi les 6350 titres que j'ai lu, j'étais totalement passé à côté. Par cette lecture, j'ai comblé cette lacune. C'est vraiment une oeuvre à lire de par son sujet et sa portée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          321
colimasson
  09 décembre 2012
Lorsque Shigeru Mizuki, mangaka spécialisé dans l'horreur et l'épouvante, choisit de consacrer un ouvrage entier au seul personnage de Hitler, on peut légitimement se demander s'il s'inscrit dans la lignée ou en rupture avec le reste de son oeuvre. Mais peut-être, la réponse la plus correcte s'inscrit-elle dans le juste milieu de ces deux hypothèses.

Shigeru Mizuki décide de revenir sur le mythe Hitler en défrichant son parcours de la manière la plus synthétique et exhaustive qu'il soit : c'est-à-dire que, sans entrer dans des considérations trop approfondies dont le but aurait été de déceler les motivations profondes de Hitler (souvent, il ne paraît en avoir d'autre que cette folie qui le pousse à la mégalomanie et au rêve d'un « Empire Allemand »), Mizuki préfère revenir sur les évènements cruciaux de la construction de l'homme et sur celles de ses décisions politiques qui auront le plus grand impact à l'échelle mondiale.

Difficile de reconnaître le jeune Adolf lors de ses débuts ratés d'artiste-peintre. Grande tige frêle et malmenée par l'existence, Mizuki le représente non sans humour comme un personnage détaché des réalités de la vie terrestre, toujours à battre la campagne, sans le sou, croyant fermement à son accomplissement artistique et à la reconnaissance de son talent. Egalement délaissé par l'amour, Mizuki rabaisse le futur grand dictateur en rappelant ses complexes bien terrestres, son comportement souvent lunatique et ses considérations détachées des contingences de la réalité –en prélude au déchaînement fantasmagorique des ordres qu'il déléguera au sein de son gouvernement lors de ses années au pouvoir.

Mizuki parvient donc à faire de Hitler un personnage foncièrement comique qui ne tarit pas en contradictions, en idées fantasques et en mégalomanie. La stupéfaction s'installe peu à peu lorsque le lecteur découvre quelle dose de culot a permis à Hitler de transformer un parti politique minable en grande force de rassemblement en Allemagne ; plus encore lorsque ses discours décousus et illogiques séduisent d'autres hommes politiques qui se laissent prendre à leur tour au piège de la rêverie et de l'utopie. Même si Mizuki ne cherche jamais explicitement à orienter son lecteur et à émettre le moindre jugement sur les actes qu'il met en scène, de nombreux indices sauront nous mettre sur la piste de l'avis personnel de l'auteur. Existe-t-il jugement plus net, plus tranché que cette représentation du dictateur sous la forme d'un pantin manipulé et soumis à l'hégémonie de sa mégalomanie ? Aucune de ses paroles ni aucun de ses gestes ne semblent avoir été commis par un être humain, sinon par un psychotique démentiel qui aurait coupé les ponts avec toute réalité. Et personne, autour de lui, pour le ramener à la raison, ou si peu…

Entre les représentations grossières de Hitler –yeux papillonnants, moustache frémissante, gestes théâtraux-, des images d'archives s'insèrent parfois entre deux pages et rappellent sans cesse au lecteur les désastres bien réels provoqués par ce personnage qui vivait dans un autre monde. La Seconde Guerre Mondiale et tous ses massacres laissent éclater leur absurdité. Hitler mourra en même temps que le désastre de son « Empire Allemand », jugeant certainement que la tâche d'assumer les conséquences de sa politique n'était pas assez ambitieuse pour un homme de son envergure. C'est en tout cas ce que Shigeru Mizuki nous laisse croire…
Lien : http://colimasson.over-blog...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          167
Alcapone
  19 janvier 2017
Hitler a tant fasciné les foules qu'on ne compte plus tous les ouvrages qui lui sont consacrés : études, biographies, romans et même bande-dessinées, la personnalité despotique, mégalomane mais aussi charismatique du Führer interroge et effraie autant qu'elle ne passionne. Et si le véritable "Empire germanique" qu'Hitler avait tant fantasmé était finalement celui de sa propre légende à travers le temps et la littérature ? Si on ne peut pas encore le confirmer de façon catégorique, tout pousse à le croire. La preuve : avec cette bande-dessinée publiée pour la 1ère fois au Japon en 1971, Shigeru Mizuki, l'un des plus grands mangakas d'horreur dont la plupart des oeuvres s'intéressent principalement au folklore japonais, avait dans l'idée de sensibiliser la jeunesse japonaise au parcours édifiant de ce dictateur nazi qui avait bouleversé l'ordre du monde et précipité la chute de l'Empire du Soleil Levant. Remontant à la jeunesse misérable de Hitler dont le double échec au concours d'entrée aux Beaux-Arts de Vienne a ruiné la carrière mais non les "ambitions artistiques", le dessinateur japonais dresse ici un portrait dépassionné du Führer en mettant en perspective les événements marquants de sa carrière avec ses actes déments. A la fois bien documentée, informative et didactique, cette biographie illustrée, si elle ne nous apprend rien d'inédit sur Hitler par rapport à nos connaissances actuelles, a pourtant ceci de remarquable qu'elle nous livre un regard extrême-oriental précieux sur le dictateur le plus adulé et le plus haï de tous les temps...
Hitler de Mizuki : quand le manga d'horreur se fait tragi-comique
Mêlant détails insolites (les origines de la moustache du Führer ou ses frasques frisant parfois la farce) et séquences dramatiques (le suicide de la nièce de Hitler ou celui de la famille Goebbels par exemple), Shigeru Mizuki confère à sa bande-dessinée un ton tragi-comique accentué par la superposition de ses personnages comiques sur des tableaux macabres et gothiques réalisés à partir d'images d'archives. C'est vrai que le personnage de Hitler est tellement caricatural et caricaturable qu'on ne peut s'empêcher de sourire aux mimiques grotesques du personnage ou aux propos grandiloquents que lui prête le mangaka : " Je ne serais pas allé jusqu'à me démettre l'épaule pour un titre de ministre ! Pensée mesquine de pisse-froids méprisables ! " (p.106). Mais toujours en filigrane derrière cette trogne truculente, se tapit l'horreur de la Shoah à travers les planches aux décors cauchemardesques. Si ce Hitler de Mizuki n'est pas un manga d'horreur à proprement parler, il en a quelques beaux atouts. Pour cette raison mais aussi parce que cette biographie est rigoureuse, concise et factuelle et qu'elle est servie par un travail graphique unique et original, Hitler mérite largement sa place dans vos bibliothèques... D'autant que les éditions Cornélius ont joué le jeu en proposant une édition lisible de droite à gauche à la japonaise...
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Yvan_T
  20 février 2012
Ce manga des éditions Cornélius est une biographie de près de 300 pages sur Adolf Hitler, signée Shigeru Mizuki. Ce mangaka qui perdit le bras gauche durant la Seconde Guerre mondiale et qui apprît ensuite à dessiner de la main droite, a déjà accumulé de nombreuses récompenses, dont un prix du meilleur album pour NonNonBâ en 2007, et le prix patrimoine pour « Opération mort » en 2009 au festival d'Angoulême. L'auteur propose ici un récit particulièrement didactique et très fidèle à la réalité, sur un sujet qui l'a touché personnellement.
Si le premier chapitre s'ouvre sur la persécution des juifs et des résistants durant la Seconde Guerre mondiale, le deuxième chapitre entame véritablement l'imposante biographie de ce dictateur qui plongea l'Europe dans l'horreur. Si la fin du récit, connue de tous, a du mal à surprendre, les premiers chapitres, dédiés à la jeunesse d'un loser sans moustache ne manquent pas de surprendre. de ses échecs à l'examen d'entrée de l'Académie des Beaux-Arts de Vienne à son engagement volontaire dans la Première Guerre mondiale, en passant par plusieurs années de galère, proche de la mendicité, où il se forge son antisémitisme, le début de carrière de cet orphelin n'a rien de bien glorieux.
C'est seulement après la signature de l'armistice de 1918 que ce valeureux soldat décoré de la Croix de fer se lance dans la politique et se découvre des talents d'orateur qui feront de lui un personnage charismatique capable de séduire les foules. de son adhésion au « Parti national-socialiste des travailleurs allemands » à sa nomination en tant que Chancelier de la République de Weimar, en passant par le putsch manqué de Munich, l'ascension politique de ce mégalomane hors pair est aussi surprenante que fulgurante. Une fois au sommet du pouvoir, l'auteur de Mein Kampf se lance à la conquête de l'Europe afin de construire son empire qui durera mille ans et d'écrire l'une des pages les plus sombre de l'Histoire de l'Europe.
L'auteur dresse donc différents portraits du célèbre nazi : l'artiste peintre admirateur de Wagner, le clochard, le soldat, le politicien, le chancelier du Reich et le stratège militaire. Ces nombreux visages permettent de dresser le portrait d'un personnage énigmatique, imprévisible, narcissique, rusé et cruel, mais qui demeure malgré tout humain, …alors qu'on aimerait tant se débarrasser de cette dernière étiquette qui le lie encore à nous.
Le fait d'accompagner cet homme durant les différentes étapes de sa vie permet également à l'auteur de distiller de nombreuses informations historiques sur l'évolution de la deuxième guerre mondiale et rend cet album particulièrement didactique. le fait d'utiliser des photos d'archives pour réaliser les décors, accentue encore le réalisme de cette ascension tragique.
Une oeuvre déjà incontournable !
Lien : http://brusselsboy.wordpress..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
fanny954
  30 janvier 2021
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00


critiques presse (5)
Lexpress   09 mars 2012
L'effet propre au dessin donne à l'oeuvre une force troublante en transformant Hitler en personnage - mais n'est-ce pas ce qu'avait déjà fait Chaplin ?
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   05 janvier 2012
Le mangaka japonais livre moins une énième histoire de l’Allemagne nazie et de ses horreurs qu’une tentative de portrait presque dépassionnée, au plus près du chef de guerre, au milieu de ses sbires et des dirigeants occidentaux et asiatiques. Sans juger, ni condamner. Seul le coup de crayon caricatural croque la folie totale de l’homme et de son projet final.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaLibreBelgique   13 décembre 2011
En humanisant Hitler à travers ses incarnations successives (l’étudiant, le "petit caporal", l’agitateur politique, le Fürher, le stratège autoproclamé), ne le dédouane pas : il rappelle que c’était un homme "comme un autre". Ce qui signifie aussi, évidence qu’il n’est jamais superflu de rappeler, que d’autres Hitler peuvent ressurgir dans tout contexte de crise. Un avertissement qui demeure très actuel.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Du9   12 décembre 2011
Ce double recul, à la fois géographique et dans la perception du devenu symbolique, fait que ce livre interroge non seulement un personnage historique et l’image qu’il produit encore en occident, mais aussi les libertés du manga comme langage sachant paradoxalement s’abstraire des images en général.
Lire la critique sur le site : Du9
BDGest   23 novembre 2011
Cet ouvrage n’apporte pas de révélations en la matière, mais s'avère très bien construit pour expliquer l’ascension au pouvoir de cet homme : la mauvaise personne, au mauvais endroit, au mauvais moment. C’est là-dessus que se concentre cette bande dessinée de Mizuki, s’attachant davantage à l’homme et à ses actions qu’à ce qui en a découlé.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Erik_Erik_   07 janvier 2022
Nous poursuivrons la guerre jusqu'à ce que l'ennemi dégoûté en ait assez de se battre !
Commenter  J’apprécie          50
colimassoncolimasson   18 décembre 2012
- L’étincelle du génie est un don de naissance, elle ne s’apprend pas. Une once d’éducation suffit pour le comprendre.
- Oui, fils de Dieu, c’est exactement ça. Un magnétisme hypnotique se dégage de toi !! C’est le signe ! Le signe du génie !
Commenter  J’apprécie          120
colimassoncolimasson   16 décembre 2012
Celui qui possède le talent de devenir dictateur n’a pas à se forcer pour le devenir ! De lui-même il en a le désir. Loin d’être poussé en avant par les autres, c’est lui qui tire les autres derrière lui !
Commenter  J’apprécie          91
colimassoncolimasson   27 décembre 2012
- C’est le plus beau jour de ma vie. Depuis mon enfance, je rêvais de visiter Paris. Aujourd’hui, ce rêve se réalise. Les mots me manquent pour exprimer ma joie.
Speer raconta avoir ressenti l’émotion d’Hitler au cours de sa première visite de Pars. Ce fut aussi la dernière.
Commenter  J’apprécie          60
colimassoncolimasson   12 décembre 2012
- C’est quoi exactement, ton boulot ?
- Artiste-peintre. Mais je me demande si je ne vais pas devenir artiste-architecte, plutôt…
- Artiste-architecte ? Ah ouais… C’est vachement mieux qu’architecte tout court, c’est sûr…
Commenter  J’apprécie          70

Videos de Shigeru Mizuki (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Shigeru Mizuki
Veteran manga artist Shigeru Mizuki dies at 93.
autres livres classés : hitlerVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

Le manga en quelques mots (facile)

Quel est le pays d'origine du manga ?

La Chine
Le Laos
Le Vietnam
Le Japon

5 questions
1073 lecteurs ont répondu
Thèmes : manga , mangakaCréer un quiz sur ce livre

.. ..