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ISBN : 2360810227
Éditeur : Editions Cornélius (27/10/2011)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 28 notes)
Résumé :

Mizuki pose une question aujourd'hui encore sans réponse : qui était Hitler ? Pour circonscrire cet effrayant mystère, il convoque les avatars du Führer : l'étudiant famélique, le caporal bavarois, l'agitateur politique, le chancelier du Reich, le chef de guerre. De la synthèse de ces images multiples et contradictoires naît un personnage rusé et naïf, cabotin et cruel, inquiétant et ridicule, silhoue... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
colimasson
09 décembre 2012
Lorsque Shigeru Mizuki, mangaka spécialisé dans l'horreur et l'épouvante, choisit de consacrer un ouvrage entier au seul personnage de Hitler, on peut légitimement se demander s'il s'inscrit dans la lignée ou en rupture avec le reste de son oeuvre. Mais peut-être, la réponse la plus correcte s'inscrit-elle dans le juste milieu de ces deux hypothèses.

Shigeru Mizuki décide de revenir sur le mythe Hitler en défrichant son parcours de la manière la plus synthétique et exhaustive qu'il soit : c'est-à-dire que, sans entrer dans des considérations trop approfondies dont le but aurait été de déceler les motivations profondes de Hitler (souvent, il ne paraît en avoir d'autre que cette folie qui le pousse à la mégalomanie et au rêve d'un « Empire Allemand »), Mizuki préfère revenir sur les évènements cruciaux de la construction de l'homme et sur celles de ses décisions politiques qui auront le plus grand impact à l'échelle mondiale.

Difficile de reconnaître le jeune Adolf lors de ses débuts ratés d'artiste-peintre. Grande tige frêle et malmenée par l'existence, Mizuki le représente non sans humour comme un personnage détaché des réalités de la vie terrestre, toujours à battre la campagne, sans le sou, croyant fermement à son accomplissement artistique et à la reconnaissance de son talent. Egalement délaissé par l'amour, Mizuki rabaisse le futur grand dictateur en rappelant ses complexes bien terrestres, son comportement souvent lunatique et ses considérations détachées des contingences de la réalité –en prélude au déchaînement fantasmagorique des ordres qu'il déléguera au sein de son gouvernement lors de ses années au pouvoir.

Mizuki parvient donc à faire de Hitler un personnage foncièrement comique qui ne tarit pas en contradictions, en idées fantasques et en mégalomanie. La stupéfaction s'installe peu à peu lorsque le lecteur découvre quelle dose de culot a permis à Hitler de transformer un parti politique minable en grande force de rassemblement en Allemagne ; plus encore lorsque ses discours décousus et illogiques séduisent d'autres hommes politiques qui se laissent prendre à leur tour au piège de la rêverie et de l'utopie. Même si Mizuki ne cherche jamais explicitement à orienter son lecteur et à émettre le moindre jugement sur les actes qu'il met en scène, de nombreux indices sauront nous mettre sur la piste de l'avis personnel de l'auteur. Existe-t-il jugement plus net, plus tranché que cette représentation du dictateur sous la forme d'un pantin manipulé et soumis à l'hégémonie de sa mégalomanie ? Aucune de ses paroles ni aucun de ses gestes ne semblent avoir été commis par un être humain, sinon par un psychotique démentiel qui aurait coupé les ponts avec toute réalité. Et personne, autour de lui, pour le ramener à la raison, ou si peu…

Entre les représentations grossières de Hitler –yeux papillonnants, moustache frémissante, gestes théâtraux-, des images d'archives s'insèrent parfois entre deux pages et rappellent sans cesse au lecteur les désastres bien réels provoqués par ce personnage qui vivait dans un autre monde. La Seconde Guerre Mondiale et tous ses massacres laissent éclater leur absurdité. Hitler mourra en même temps que le désastre de son « Empire Allemand », jugeant certainement que la tâche d'assumer les conséquences de sa politique n'était pas assez ambitieuse pour un homme de son envergure. C'est en tout cas ce que Shigeru Mizuki nous laisse croire…
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Alcapone
19 janvier 2017
Hitler a tant fasciné les foules qu'on ne compte plus tous les ouvrages qui lui sont consacrés : études, biographies, romans et même bande-dessinées, la personnalité despotique, mégalomane mais aussi charismatique du Führer interroge et effraie autant qu'elle ne passionne. Et si le véritable "Empire germanique" qu'Hitler avait tant fantasmé était finalement celui de sa propre légende à travers le temps et la littérature ? Si on ne peut pas encore le confirmer de façon catégorique, tout pousse à le croire. La preuve : avec cette bande-dessinée publiée pour la 1ère fois au Japon en 1971, Shigeru Mizuki, l'un des plus grands mangakas d'horreur dont la plupart des oeuvres s'intéressent principalement au folklore japonais, avait dans l'idée de sensibiliser la jeunesse japonaise au parcours édifiant de ce dictateur nazi qui avait bouleversé l'ordre du monde et précipité la chute de l'Empire du Soleil Levant. Remontant à la jeunesse misérable de Hitler dont le double échec au concours d'entrée aux Beaux-Arts de Vienne a ruiné la carrière mais non les "ambitions artistiques", le dessinateur japonais dresse ici un portrait dépassionné du Führer en mettant en perspective les événements marquants de sa carrière avec ses actes déments. A la fois bien documentée, informative et didactique, cette biographie illustrée, si elle ne nous apprend rien d'inédit sur Hitler par rapport à nos connaissances actuelles, a pourtant ceci de remarquable qu'elle nous livre un regard extrême-oriental précieux sur le dictateur le plus adulé et le plus haï de tous les temps...
Hitler de Mizuki : quand le manga d'horreur se fait tragi-comique
Mêlant détails insolites (les origines de la moustache du Führer ou ses frasques frisant parfois la farce) et séquences dramatiques (le suicide de la nièce de Hitler ou celui de la famille Goebbels par exemple), Shigeru Mizuki confère à sa bande-dessinée un ton tragi-comique accentué par la superposition de ses personnages comiques sur des tableaux macabres et gothiques réalisés à partir d'images d'archives. C'est vrai que le personnage de Hitler est tellement caricatural et caricaturable qu'on ne peut s'empêcher de sourire aux mimiques grotesques du personnage ou aux propos grandiloquents que lui prête le mangaka : " Je ne serais pas allé jusqu'à me démettre l'épaule pour un titre de ministre ! Pensée mesquine de pisse-froids méprisables ! " (p.106). Mais toujours en filigrane derrière cette trogne truculente, se tapit l'horreur de la Shoah à travers les planches aux décors cauchemardesques. Si ce Hitler de Mizuki n'est pas un manga d'horreur à proprement parler, il en a quelques beaux atouts. Pour cette raison mais aussi parce que cette biographie est rigoureuse, concise et factuelle et qu'elle est servie par un travail graphique unique et original, Hitler mérite largement sa place dans vos bibliothèques... D'autant que les éditions Cornélius ont joué le jeu en proposant une édition lisible de droite à gauche à la japonaise...
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
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yvantilleuil
20 février 2012
Ce manga des éditions Cornélius est une biographie de près de 300 pages sur Adolf Hitler, signée Shigeru Mizuki. Ce mangaka qui perdit le bras gauche durant la Seconde Guerre mondiale et qui apprît ensuite à dessiner de la main droite, a déjà accumulé de nombreuses récompenses, dont un prix du meilleur album pour NonNonBâ en 2007, et le prix patrimoine pour « Opération mort » en 2009 au festival d'Angoulême. L'auteur propose ici un récit particulièrement didactique et très fidèle à la réalité, sur un sujet qui l'a touché personnellement.
Si le premier chapitre s'ouvre sur la persécution des juifs et des résistants durant la Seconde Guerre mondiale, le deuxième chapitre entame véritablement l'imposante biographie de ce dictateur qui plongea l'Europe dans l'horreur. Si la fin du récit, connue de tous, a du mal à surprendre, les premiers chapitres, dédiés à la jeunesse d'un loser sans moustache ne manquent pas de surprendre. de ses échecs à l'examen d'entrée de l'Académie des Beaux-Arts de Vienne à son engagement volontaire dans la Première Guerre mondiale, en passant par plusieurs années de galère, proche de la mendicité, où il se forge son antisémitisme, le début de carrière de cet orphelin n'a rien de bien glorieux.
C'est seulement après la signature de l'armistice de 1918 que ce valeureux soldat décoré de la Croix de fer se lance dans la politique et se découvre des talents d'orateur qui feront de lui un personnage charismatique capable de séduire les foules. de son adhésion au « Parti national-socialiste des travailleurs allemands » à sa nomination en tant que Chancelier de la République de Weimar, en passant par le putsch manqué de Munich, l'ascension politique de ce mégalomane hors pair est aussi surprenante que fulgurante. Une fois au sommet du pouvoir, l'auteur de Mein Kampf se lance à la conquête de l'Europe afin de construire son empire qui durera mille ans et d'écrire l'une des pages les plus sombre de l'Histoire de l'Europe.
L'auteur dresse donc différents portraits du célèbre nazi : l'artiste peintre admirateur de Wagner, le clochard, le soldat, le politicien, le chancelier du Reich et le stratège militaire. Ces nombreux visages permettent de dresser le portrait d'un personnage énigmatique, imprévisible, narcissique, rusé et cruel, mais qui demeure malgré tout humain, …alors qu'on aimerait tant se débarrasser de cette dernière étiquette qui le lie encore à nous.
Le fait d'accompagner cet homme durant les différentes étapes de sa vie permet également à l'auteur de distiller de nombreuses informations historiques sur l'évolution de la deuxième guerre mondiale et rend cet album particulièrement didactique. le fait d'utiliser des photos d'archives pour réaliser les décors, accentue encore le réalisme de cette ascension tragique.
Une oeuvre déjà incontournable !
Lien : http://brusselsboy.wordpress..
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CelineGe
20 août 2012
Une couverture qui vous arrache le regard avec son énorme vilaine croix devant laquelle pose un personnage à petite moustache et chemise kaki reconnaissable entre mille...
Une bande-dessinée qui raconte le parcours d'Hitler de ses études ratées aux Beaux-Arts de Vienne jusqu'à son suicide dans son bunker de Berlin...
Un manga japonais (qui se lit donc dans le sens de lecture inverse du nôtre), qui a été traduit fin 2011 en français mais qui date déjà de... 1972...
J'ai tout de suite été intriguée.
[...]
Je vais vous dire tout de suite que j'ai beaucoup aimé cet ouvrage parce qu'il est très didactique et synthétique.
C'est très documenté et l'ancienne étudiante en histoire que je suis a grandement apprécié cette mise au point en image.
D'ailleurs je n'aurais certainement jamais eu envie de lire un pavé biographique classique sur le personnage.
[...]
J'ai donc aimé le style, la bande-dessinée d'une manière générale mais l'Européenne que je suis a été heurtée par le fait que l'ouvrage n'aborde jamais la question juive (vilaine expression).
À part une image de camp de concentration au début et une autre de charnier à la fin, et les pointes antisémites du personnage pendant sa période de galère (le classique "tout est de la faute des Juifs"), rien.
Et ça, forcément, ça choque.
[...]
voir la critique entière sur mon blog, merci
Lien : http://linecesurinternet.blo..
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antihuman
28 novembre 2013
Tout d'abord je signale que ceci est un manga, qui se lit donc de droite a gauche. Mizuki a choisi la caricature légère pour conter la vie d'Hitler, et s'il est a noter que son oeuvre est ambiguë, il résume la bio du führer en n'omettant pas l'aspect humain: celui que certains surnommaient le caporal bohemien restera ce qu'il a été, toutefois lui-aussi a connu une jeunesse misérable, ayant eu a souffrir d'une situation politique sclérosée développant un peu partout nombre d'injustices, et ce pendant que les riches s'enrichissaient un peu plus.
Plus tard cela fera d'ailleurs le beurre ainsi que le succès des nazis. Mais de même que la Shoa n'oublions jamais le fait que d'un côté ou d'un autre les hommes demeurent des hommes (ou si peu !..) Enfin l'auteur a pris soin de bien demontrer le caractere anti-systeme sinon carrement hors-la-loi des nazis pour eviter une confusion des genres. Et aussi pour ne pas que tout recommence.
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Les critiques presse (5)
Lexpress09 mars 2012
L'effet propre au dessin donne à l'oeuvre une force troublante en transformant Hitler en personnage - mais n'est-ce pas ce qu'avait déjà fait Chaplin ?
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation05 janvier 2012
Le mangaka japonais livre moins une énième histoire de l’Allemagne nazie et de ses horreurs qu’une tentative de portrait presque dépassionnée, au plus près du chef de guerre, au milieu de ses sbires et des dirigeants occidentaux et asiatiques. Sans juger, ni condamner. Seul le coup de crayon caricatural croque la folie totale de l’homme et de son projet final.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaLibreBelgique13 décembre 2011
En humanisant Hitler à travers ses incarnations successives (l’étudiant, le "petit caporal", l’agitateur politique, le Fürher, le stratège autoproclamé), ne le dédouane pas : il rappelle que c’était un homme "comme un autre". Ce qui signifie aussi, évidence qu’il n’est jamais superflu de rappeler, que d’autres Hitler peuvent ressurgir dans tout contexte de crise. Un avertissement qui demeure très actuel.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Du912 décembre 2011
Ce double recul, à la fois géographique et dans la perception du devenu symbolique, fait que ce livre interroge non seulement un personnage historique et l’image qu’il produit encore en occident, mais aussi les libertés du manga comme langage sachant paradoxalement s’abstraire des images en général.
Lire la critique sur le site : Du9
BDGest23 novembre 2011
Cet ouvrage n’apporte pas de révélations en la matière, mais s'avère très bien construit pour expliquer l’ascension au pouvoir de cet homme : la mauvaise personne, au mauvais endroit, au mauvais moment. C’est là-dessus que se concentre cette bande dessinée de Mizuki, s’attachant davantage à l’homme et à ses actions qu’à ce qui en a découlé.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson18 décembre 2012
- L’étincelle du génie est un don de naissance, elle ne s’apprend pas. Une once d’éducation suffit pour le comprendre.
- Oui, fils de Dieu, c’est exactement ça. Un magnétisme hypnotique se dégage de toi !! C’est le signe ! Le signe du génie !
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colimassoncolimasson16 décembre 2012
Celui qui possède le talent de devenir dictateur n’a pas à se forcer pour le devenir ! De lui-même il en a le désir. Loin d’être poussé en avant par les autres, c’est lui qui tire les autres derrière lui !
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colimassoncolimasson27 décembre 2012
- C’est le plus beau jour de ma vie. Depuis mon enfance, je rêvais de visiter Paris. Aujourd’hui, ce rêve se réalise. Les mots me manquent pour exprimer ma joie.
Speer raconta avoir ressenti l’émotion d’Hitler au cours de sa première visite de Pars. Ce fut aussi la dernière.
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colimassoncolimasson12 décembre 2012
- C’est quoi exactement, ton boulot ?
- Artiste-peintre. Mais je me demande si je ne vais pas devenir artiste-architecte, plutôt…
- Artiste-architecte ? Ah ouais… C’est vachement mieux qu’architecte tout court, c’est sûr…
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colimassoncolimasson03 janvier 2013
Mais le destin des individus est de mourir ! La nation allemande, elle, dépasse le destin des individus ! Et ces petits imbéciles que j’ai pourtant décorés et à qui j’avais accordé la grâce exceptionnelle de s’élever au-dessus de leur rang, ont refusé de mourir ? Comment ont-ils pu avoir peur devant la mort ! Ça, ça me dépasse !
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