AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Patrick Honnoré (Traducteur)Yukari Maeda (Traducteur)
ISBN : 2915492255
Éditeur : Editions Cornélius (12/03/2007)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 139 notes)
Résumé :


NonNonBâ, une vieille dame mystique et superstitieuse qui aime raconter des légendes étranges, est accueillie dans la famille du jeune Shigeru. L'imaginaire débordant du garçon s'en trouve décuplé. Les histoires de fantôme prennent le pas sur la réalité. Cela complique tout. Prix du meilleur album du Festival de la BD d'Angoulême 2007.
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  17 octobre 2017
Mizuki Shigeru est LE spécialiste des yôkai, ces créatures fantastiques du folklore japonais, en étroite relation avec le culte shintô animiste.
Pourtant nonnonbâ va plus loin et offre un récit autobiographique empreint de nostalgie et d'humour. le jeune Shigeru, huit ans, passe énormément de temps avec nonnonbâ, sa grand-mère. Nous sommes au tout début des années 1930 et le Japon vit toujours au rythme des traditions, en particulier dans les régions rurales comme celles mises en cases par le mangaka. C'est cette vieille femme pleine de perspicacité et de bon sens qui initie son petit-fils à la vie des yôkai, lui apprenant à s'en méfier - il vaut mieux car ce sont souvent de malfaisantes créatures -, à s'en défendre par des actes propitiatoires (très divers... ce peut être nettoyer le bain afin de ne pas attirer un démon lécheur de crasse et très collant une fois installé). Mais son enseignement transmet également le respect et le flambeau d'un savoir ancestral.
Les planches de Mizuki Shigeru raconte enfin la vie au quotidien d'une petite communauté villageoise, vue par les yeux d'un enfant. le graphisme du mangaka est très caractéristique. Ses personnages surtout ont des têtes assez bizarres, un esthétisme singulier... Ça plaît ou pas, tout est question de subjectivité. En tout cas, on est très loin avec lui des traits stéréotypés de nombre de mangas actuels.
Le récit, quant à lui, est merveilleux de fraîcheur et de vivacité. On vit ses souvenirs sous ses pinceaux. On se prend à vouloir entrer dans les cases pour faire directement connaissance avec cette pittoresque nonnonbâ.
Ce titre fut récompensé au festival de la bd d'Angoulême. Après lecture, on comprend combien ce prix est mérité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          222
Sphilaptere
  17 octobre 2017
Cinq raisons pour lire NonNonBâ.
1 – Shigeru Mizuki est aussi le papa de Kitaro le repoussant, et cette BD est aussi cool, bien qu'il parle ici de sa propre enfance.
2 – Je plains le petit frère, Mizuki lui a réservé une tête pas possible ! Il dessine ses personnages avec des bouilles expressives inimitables. Les décors eux sont réalistes et détaillés, souvent très beaux.
3 – Cette BD est une chronique. Un super regard plein de nostalgie et d'humour sur l'enfance, sur la famille et l'entourage du jeune Shige dans une région pauvre du Japon des années 1930. Et aussi une discrète leçon de sagesse.
4 – Shigeru Mizuki est le chantre des esprits, les yokaïs. Eh bien il y en a, dans les légendes de la vieille servante sage, NonNonBâ, et dans les situations fantasmatiques et oniriques qui se mêlent au récit.
5 – L'album a gagné le prix du festival de la BD d'Angoulême. Ca voudrait dire que le manga c'est de la BD alors ?
Commenter  J’apprécie          234
orhal
  29 août 2007
Shigeru Mizuki est un mangaka japonais né en 1922 à Sakaiminato. Il est l'un des fondateurs du manga d'horreur, puisque ses récits regorgent de créatures surnaturelles, de monstres et de fantômes. L'auteur, gaucher ayant perdu son bras gauche durant la Seconde Guerre mondiale en Nouvelle-Guinée, surmonta ce traumatisme et apprit à se servir de son seul bras valide pour devenir le mangaka que l'on connait enfin aujourd'hui.

Dans le Japon des années 30, on découvre l'enfance du jeune Shigeru. Il vit avec ses parents dans une campagne niponne simple, sans accès direct à la technologie et à la culture moderne. Il se lie d'affection avec une vieille dame attachante, Nonnonba, qui lui transmet ses connaissances sur les démons inoffensifs et malicieux que connait ce Japon là, tout de superstitions et de croyances anciennes. L'univers que cette mémé d'adoption fait surgir dans la vie de Shigeru est une réelle bouffée d'air frais, un peu de fantastique dans cette existance monocorde, bien que d'une douceur candide. Shigeru trouve auprès de Nonnonba des sujets originaux, mystiques et cocasses pour écrire ses histoires et dessiner ses mangas. A chaque sursauts de la réalité, agréables et désagréables, le petit garçon court se réfugier en cet échapatoire riche, peuplé de yokaï (démons) et de fantômes. Certaines entités, étranges et familiaires, apparaissent avec les éclairs en jetant des haricots rouges sur les toits, d'autres lèchent la crasse dans les maisons, tandis que d'autres encore aspirent les forces des humains qu'elles possèdent. Chaque visite de démon rythme l'histoire et la segmente en petites nouvelles délicieuses, nous ramenant au temps des histoires qui font peur, racontées par un copain dans la pénombre, sous une couverture, éclairés par une lampe de poche fébrile.
Avec Nonnonba, on touche une histoire universelle de l'enfance, des découvertes qui la caractérisent et des sentiments qui naissent : l'amour, la peur, la créativité, l'amitié, les croyances. Ce pavé de papier se lit de droite à gauche et de la fin vers le début du livre, comme tout bon manga qui se respecte. le dessin de Shigeru Mizuki est sensible, loin du manga actuel si moderne, si rapide, si pressé. Il a quelque chose de suranné et de nostalgique qui accompagne le propos, sans doute est-ce du à la part autobiographique de l'histoire. La petite mémé ne gronde pas. Elle n'éduque pas mais apprend au garçon à percevoir, à imaginer et à sublimer ce que ses yeux ne voient pas.
Bien sur l'âme vient du Japon où nous ne sommes pas nés, et pourtant Nonnonba a cette proximité touchante. La curiosité de l'enfant est la même sur n'importe quel continent, c'est en grandissant qu'elle prend des voix différentes. Aucun doute, cet album mérite largement le prix du meilleur album de l'année décerné au festival BD d'Angoulème. Cette récompense marque la reconnaissance du monde de la BD envers le manga, enfin reconnu comme style de BD à part entière.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
MahaDee
  06 novembre 2016
Un vrai régal, une pépite.
nonnonbâ est un récit autobiographique de Shigeru Mizuki (1922-2015). On suit Shigeru, dit Gégé, âgé de 8 ans, dans son quotidien. nonnonbâ, la grand-mère, y prend une place importante. C'est elle qui l'initie aux croyances populaires animistes du Japon rural de l'époque (le début des années 1930). C'est tendre, touchant, nostalgique et drôle.
Shigeru Mizuki est un conteur de talent. Il aborde les superstitions et les légendes mystiques avec la même simplicité qu'il décrit les préoccupations quotidiennes du jeune garçon qu'il était à huit ans.
En toile de fond, se dessine la chronique familiale des Mizuki. le personnage du père, en particulier, est savoureux et sa philosophie de vie peu commune.
nonnonbâ est le premier manga à avoir obtenu le prix Fauve au festival d'Angoulême.
Commenter  J’apprécie          160
outofzebra
  08 mars 2014
L'Américain Robert Crumb, réfugié politique en France* depuis une vingtaine d'années, a acquis grâce à l'exposition de son travail au Musée d'art moderne en 2012 le statut d'artiste international. On a senti alors une certaine réserve de la part de cet iconoclaste, passé de l'ombre de l'underground à la lumière du musée. La muséographie est l'art de l'éclairage et de la mise en valeur, et occulte le plus souvent les zones d'ombre de la contre-culture. Il faudrait une histoire de l'art non-académique pour traduire le véritable sens de la contre-culture.
L'intérêt de la longue interview biographique de R. Crumb, qui tient lieu de préface aux nombreux extraits de son travail, vient de ce que cet artiste est né, a grandi et a vécu dans la nation où la culture de masse est la plus étouffante. R. Crumb ne se prive d'ailleurs pas de citer en modèle Brueghel et de dénigrer les « comics » :
- Gary Groth : Qu'est-ce que tu as contre le romantisme ?
- Robert Crumb : Je ne sais pas quel est le problème exactement. Tout ça s'est prolongé dans Superman, les super-héros et les bandes-dessinées d'aventure « réalistes », tous ces trucs d'évasion.
- Gary Groth : Tu te sens encore étranger à ta culture ?
- Crumb : Oh, putain, oui. le seul moment où je n'ai pas eu cette impression, où j'ai même commencé à me dire que je faisais peut-être partie du truc, c'était à la fin des années 1960, pendant la période hippie. Même si je ne me sentais pas tant que ça en phase avec le mouvement hippie (…).

Cet isolement, Robert Crumb l'a d'abord ressenti au sein du foyer familial, installé à Cleveland, puisque les difficultés de ses parents le plongèrent, lui et son frère aîné, dans la lecture et le dessin de petites BD inspirées de gazettes humoristiques comme le célèbre « Mad » (Harvey Kurtzman). Il raconte sans ambages et de façon pittoresque une enfance américaine typique :
« Et donc il y a avait toujours une tension entre mes parents parce que mon père ne supportait pas le côté fêtard de ma mère et de sa famille, qui ne pensaient qu'à se saouler et à s'amuser. le reste, ils s'en foutaient. Mon père, à l'inverse, avait un sens aigu du devoir, de l'honneur et tous ces trucs. C'était constamment une source de tension. Quand un salaire arrivait, ma mère voulait toujours le dépenser, tout claquer tout de suite. Ils se disputaient toujours au sujet de l'argent, ce qui est typique du petit bourgeois de la classe moyenne. »
Cette marginalité, subie au début, Crumb a réussi grâce à son art à la transformer en individualisme. Bien que « self made man » à sa manière, Crumb est un Américain pas comme les autres, et cela rend son témoignage unique. de la culture américaine, Crumb ne sauve pas grand-chose d'autre que cet espèce de fugueur frénétique de Jack Kerouac, Charles Bukowski, romancier politiquement incorrect et provocateur, et quelques musiciens de jazz déjantés.
Crumb n'hésite pas à mettre « ses couilles sur la table » : il déballe ses frustrations et ses désirs sexuels pour les femmes costaudes, ses convictions politiques communistes teintées de scepticisme anarchiste, parle de célébrité, d'argent et de femmes, évoque les rencontres décisives de sa carrière artistique, de la façon dont le LSD a changé sa vie, ou encore de la façon dont la musique, selon lui, a perdu sa sincérité.
Comme l'opinion de Crumb sur le féminisme est à peine plus orthodoxe que celle qu'il a de la famille, son interlocuteur G. Groth l'interroge longuement sur cette épineuse question, devenue pratiquement aujourd'hui un enjeu de politique internationale. « le principal défaut du féminisme, c'est qu'il n'incluait pas de questions de base sur le fonctionnement du système mais voulait simplement que les femmes y soient présentes. » Crumb n'est pas du genre à botter en touche, et se montre aussi capable d'autocritique :
- G.G. : « Même aujourd'hui, tu ne te considères pas comme un bon dessinateur ? »
- R. Crumb : « Non. Je ne l'ai jamais été. Je n'ai jamais été dessinateur du tout. »
… et avoue même un certain plaisir à pratiquer l'autodénigrement.
Plusieurs exemples de la production de Crumb suivent ensuite, destinée aux adultes, de courts chapitres humoristiques. On peut y découvrir ou redécouvrir les différents antihéros bizarres, mi-humains mi-animaux le plus souvent (Fritz-the-cat, Big-Foot), dont l'artiste s'est servi pour donner sa version du rêve américain dans plusieurs fanzines.
*R. Crumb justifie en effet son exil par le durcissement de la politique et des moeurs américaines depuis les années 90.
Lien : http://fanzine.hautetfort.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          41

critiques presse (1)
Lecturejeune   01 juin 2007
Lecture jeune, n°122 - NonNonBâ est une grand-mère particulière : superstitieuse et mystique, elle initie son petit-fils Shigeru au monde des petits esprits (« yokaï ») qui peuplent le quotidien sans que l’on s’en aperçoive. Ce garçon à l’imagination débordante doit gérer toutes ses rencontres spirituelles mais aussi les joutes guerrières qu’il vit au quotidien en tant que chef de bande. Les histoires de fantômes envahissent parfois son univers, au point de prendre le pas sur la réalité. Récit autobiographique, NonNonBâ nous touche par sa tendresse. Cette grand-mère superstitieuse, qui souhaite entretenir les meilleures relations avec les « yokaï », mais aussi avec son petit-fils, est dessinée de manière originale : ses yeux démesurés - pour mieux voir les esprits peut-être - nous frappent, et le trait n’est pas toujours esthétique. Mais la force de ce manga consiste à restituer tout l’univers de croyance de la vieille dame (Japon animiste des années 30) et toute la naïveté et l’incrédulité du garçon, en les faisant vivre ensemble. C’est touchant, drôle et cela nécessite un bon souffle de lecteur (l’album fait 424 pages). Mais les amateurs du genre n’en manquent pas ! NonNonBâ a obtenu en janvier 2007 le prix du meilleur album de bande dessinée au Festival d’Angoulême. ndlr Michelle Charbonnier
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Natty56Natty56   01 septembre 2012
[...] tu sais, la vraie force, ce n'est pas la force physique.
La force physique ne peut pas vaincre les sentiments du coeur.
Regarde-toi. Tu as été battu, mais tes sentiments ont-ils changé pour autant?

Non, c'est vrai. Mais alors la vraie force, c'est quoi?

ça, tu dois le trouver toi-même.
En tout cas, ta douleur et ton dépit d'aujourd'hui se changeront petit à petit en force, tu verras.
Mais pas tout de suite. Ne te laisse pas décourager par ta faiblesse actuelle, ça ne te mènerait à rien.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
roxaneboehmroxaneboehm   11 avril 2013
-C'est parce que l'âme de Chigusa-san reste dans ton coeur, ton coeur est lourd.
-Mais tu m'as dit que l'âme allait dans le dix milla milliardième monde....
-La plus grande partie, oui, mais certains morceaux restent dans le coeur des gens qui ont été liés à cette âme.... Il ne faut pas t'inquiéter/ Bientôt, tu t'habitueras à ce poids. Le corps grandit en mangeant...mais le coeur grandit grâce à tout sortes d'âmes que tu gardes en toi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          102
steambooksteambook   08 octobre 2012
"Un seul instant dure toute l'éternité, et l'éternité n'est qu'un instant."

"Le corps grandit en mangeant .. Mais le coeurs grandit grâce à toutes sortes d'âmes que tu gardes en toi."

"Pour un homme, les femmes sont des sortes de profs, qui t'enseigneront quantité de choses qu'on n'apprend pas à l'école. Tu peux arrêter l'école mais ne cesse jamais de tomber amoureux des femmes."
Commenter  J’apprécie          100
malauriemalaurie   30 août 2013
Dialogue entre le père et son fils attristé par la mort de son amie :

Shigueru - Chigusa-san fait un beau voyage dans le dix mille milliardième monde. Je me dis ça pour essayer de ne pas être triste... Mais c'était quand même trop tôt pour partir...
Le père - Prends bien soin de ton chagrin, c'est un trésor... Chigusa-san t'a donné un beau souvenir... L'école, tu sais... il suffit de travailler juste assez pour ne pas rater les examens. Mais ce qui compte vraiment, c'est d'accumuler les trésors de l'instant qui passe...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
chartelchartel   06 septembre 2007
- Enfin... Si tu veux vraiment mourir, vas-y... Personnellement, je crois que ça n'en vaut pas la peine, mais bon... Pour un homme, les femmes sont des sortes de profs, qui t'enseigneront quantité de choses qu'on apprend pas à l'école. Tu peux arrêter l'école, mais ne cesse jamais de tomber amoureux des femmes. Voilà, c'est mon dernier mot avant mon départ.
Commenter  J’apprécie          80
Videos de Shigeru Mizuki (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Shigeru Mizuki
Veteran manga artist Shigeru Mizuki dies at 93.
autres livres classés : japonVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Le manga en quelques mots (facile)

Quel est le pays d'origine du manga ?

La Chine
Le Laos
Le Vietnam
Le Japon

5 questions
692 lecteurs ont répondu
Thèmes : manga , mangakaCréer un quiz sur ce livre
. .