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Patrick Honnoré (Traducteur)Yukari Maeda (Traducteur)
ISBN : 2915492255
Éditeur : Editions Cornélius (12/03/2007)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 159 notes)
Résumé :


NonNonBâ, une vieille dame mystique et superstitieuse qui aime raconter des légendes étranges, est accueillie dans la famille du jeune Shigeru. L'imaginaire débordant du garçon s'en trouve décuplé. Les histoires de fantôme prennent le pas sur la réalité. Cela complique tout. Prix du meilleur album du Festival de la BD d'Angoulême 2007.
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  17 octobre 2017
Mizuki Shigeru est LE spécialiste des yôkai, ces créatures fantastiques du folklore japonais, en étroite relation avec le culte shintô animiste.
Pourtant nonnonbâ va plus loin et offre un récit autobiographique empreint de nostalgie et d'humour. le jeune Shigeru, huit ans, passe énormément de temps avec nonnonbâ, sa grand-mère. Nous sommes au tout début des années 1930 et le Japon vit toujours au rythme des traditions, en particulier dans les régions rurales comme celles mises en cases par le mangaka. C'est cette vieille femme pleine de perspicacité et de bon sens qui initie son petit-fils à la vie des yôkai, lui apprenant à s'en méfier - il vaut mieux car ce sont souvent de malfaisantes créatures -, à s'en défendre par des actes propitiatoires (très divers... ce peut être nettoyer le bain afin de ne pas attirer un démon lécheur de crasse et très collant une fois installé). Mais son enseignement transmet également le respect et le flambeau d'un savoir ancestral.
Les planches de Mizuki Shigeru raconte enfin la vie au quotidien d'une petite communauté villageoise, vue par les yeux d'un enfant. le graphisme du mangaka est très caractéristique. Ses personnages surtout ont des têtes assez bizarres, un esthétisme singulier... Ça plaît ou pas, tout est question de subjectivité. En tout cas, on est très loin avec lui des traits stéréotypés de nombre de mangas actuels.
Le récit, quant à lui, est merveilleux de fraîcheur et de vivacité. On vit ses souvenirs sous ses pinceaux. On se prend à vouloir entrer dans les cases pour faire directement connaissance avec cette pittoresque nonnonbâ.
Ce titre fut récompensé au festival de la bd d'Angoulême. Après lecture, on comprend combien ce prix est mérité.
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Sphilaptere
  17 octobre 2017
Cinq raisons pour lire NonNonBâ.
1 – Shigeru Mizuki est aussi le papa de Kitaro le repoussant, et cette BD est aussi cool, bien qu'il parle ici de sa propre enfance.
2 – Je plains le petit frère, Mizuki lui a réservé une tête pas possible ! Il dessine ses personnages avec des bouilles expressives inimitables. Les décors eux sont réalistes et détaillés, souvent très beaux.
3 – Cette BD est une chronique. Un super regard plein de nostalgie et d'humour sur l'enfance, sur la famille et l'entourage du jeune Shige dans une région pauvre du Japon des années 1930. Et aussi une discrète leçon de sagesse.
4 – Shigeru Mizuki est le chantre des esprits, les yokaïs. Eh bien il y en a, dans les légendes de la vieille servante sage, NonNonBâ, et dans les situations fantasmatiques et oniriques qui se mêlent au récit.
5 – L'album a gagné le prix du festival de la BD d'Angoulême. Ca voudrait dire que le manga c'est de la BD alors ?
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nebalfr
  04 décembre 2018
J'ai découvert Mizuki Shigeru bien tardivement et en commençant par la fin, d'une certaine manière, via sa génialissime autobiographie Vie de Mizuki, publiée dans une édition très luxueuse par Cornélius. L'éditeur avait déjà quelques titres de l'auteur à son actif, dont sa plus célèbre et emblématique série, Kitaro le Repoussant, mais aussi d'autres oeuvres au contenu autobiographique simplement un peu moins frontalement avoué que dans Vie de Mizuki – ce qui incluait notamment Opération Mort, et, d'abord et avant tout, nonnonbâ.

En effet, quand Cornélius a publié (déjà de façon luxueuse) ce dernier titre en 2006 – une BD réalisée par Mizuki trente ans plus tôt –, l'auteur était largement méconnu en France, bien loin de son statut colossal au Japon : pas de la stature de Tezuka Osamu, parce que personne ne l'est, mais la catégorie immédiatement en dessous, ce qui est proprement énorme. le pari s'est avéré payant, la BD étant aussitôt récompensée du prix du meilleur album au festival d'Angoulême, ce qui a permis d'en traduire d'autres titres.

Il faut dire que cette BD précisément avait été très bien choisie, qui permettait de faire la bascule entre l'oeuvre autobiographique de Mizuki, et sa passion bien connue des yôkai, un folklore nippon qui n'avait pas forcément jusqu'alors suscité beaucoup d'échos en Occident, mais qu'un Miyazaki contribuait éventuellement à faire connaître – là où Mizuki lui-même, quelques décennies plus tôt donc, avait pour ainsi dire ressuscité aux yeux mêmes des Japonais ce passé mythique qu'ils avaient tendance, et depuis longtemps, à négliger.

Pour traiter de ce thème, Mizuki a donc choisi de se replonger dans ses souvenirs d'enfance, sans vraiment se cacher – le petit garçon au coeur de l'intrigue s'appelle bien Shigeru, et ceux qui ont lu la bien plus tardive Vie de Mizuki reconnaissent sans peine l'auteur, ses frères, ses parents, et la petite vieille nonnonbâ (d'autant que certaines planches de nonnonbâ ont finalement intégré le premier volume de Vie de Mizuki !).

Qui est nonnonbâ ? La veuve d'un bonze, qui vivait de mendicité. Elle a toujours une activité de « prieuse », mais vit dans une misère noire. Dans le contexte très pudique de cette petite ville de province qu'est Sakaï-minato, on ne met pas en avant la pauvreté, pas plus que la générosité de ceux qui permettent à la vieille de survivre : de manière plus digne et informelle, on lui confie du travail (pas toujours très utile, à vrai dire) – et c'est ainsi que nonnonbâ se retrouve au service des Murata, et est amenée à fréquenter le petit Shigeru.

Or nonnonbâ exercera une influence (presque) sans pareille sur le garçon. Volontiers bagarreur, mais un peu froussard en même temps, le gamin est éveillé par sa nounou à la présence perpétuelle des yôkai : ce n'est pas parce qu'on ne les voit pas qu'ils ne sont pas là ! Oui, il y a des choses qui existent, et qu'on ne voit pas… Un abondant folklore que la petite vieille connaît sur le bout des doigts ! Quantité de figures grotesques, aux attributs absurdes – mais attention à ne pas le leur dire en face, ils peuvent se montrer dangereux ! Pourtant, si les histoires de yôkai que narre l'intarissable vieille procurent dans un premier temps au petit Shigeru de délicieux frissons, elles en viennent bientôt à remplir d'autres fonctions : la peur est une émotion utile, mais la perception de l'omniprésence des yôkai peut aussi se montrer rassurante, en témoignant d'une sorte d'ordre du monde finalement sécurisant.

On pourrait se contenter de voir en nonnonbâ une petite vieille superstitieuse parmi tant d'autres, a fortiori dans une province aussi nommément arriérée, bien loin des néons de Tôkyô. On aurait probablement tort. Si la foi sincère de nonnonbâ envers les yôkai ne fait absolument aucun doute, elle y trouve visiblement de l'inspiration voire de la ressource au quotidien ; la bonne femme n'est pas seulement généreuse, dévouée, le coeur sur la main, elle est en même temps astucieuse, et fondamentalement pratique – les yôkai, au travers de ses récits, lui viennent en aide, comme ils viennent en aide au petit Shigeru ; ils peuvent aussi s'en prendre à ceux qui le méritent… Mais, dans un sens comme dans l'autre, les yôkai facilitent d'une certaine manière l'harmonie, un vivre-ensemble qui peut certes avoir des connotations spirituelles ou mystiques, mais aussi très pratiques – ce qui n'est au fond pas si étonnant : dans ce registre de la sagesse paysanne, un peu naïve, ou peut-être faussement naïve, le Japon n'est en définitive pas isolé. Et les enseignements de nonnonbâ portent – en tout cas sur le petit garçon qui sera un jour Mizuki, qui avait peur à l'origine des yôkai, mais a ainsi appris à vivre avec eux, partout… peut-être même à survivre, le moment venu. Plus tard...

nonnonbâ remplit assurément un rôle de figure tutélaire pour le petit Shigeru – l'artiste Mizuki lui rend hommage de manière très touchante, vibrante d'émotion. Mais, étrangement peut-être ? elle n'est pas la seule à exercer une influence déterminante sur l'auteur dans cette BD qui porte son nom : il faut y associer aussi un personnage bien différent – le père de l'auteur. On le reconnaît sans peine, ici, quand on a lu la bien plus tardive Vie de Mizuki ; ce qui m'a vraiment surpris, c'est que ce père joue un rôle probablement bien plus déterminant dans nonnonbâ que dans l'ultime série autobiographique de l'auteur. Il est à peu près tout le contraire de nonnonbâ : nonchalant voire tout bonnement paresseux quand elle est une travailleuse acharnée, tourné vers le progrès technique quand elle ne jure que par le passé et les traditions – l'incarnation d'un tout autre Japon, post-Meiji, qui n'a rien de commun avec les yôkai, ces balivernes d'antan (et pas beaucoup plus avec les réminiscences d'un passé familial glorieux dont le serine en permanence son épouse, très fière de son ascendance porteuse de sabres et dotée d'un patronyme, ce qu'elle remet sans cesse sur le tapis). Mais la nonchalance du père le rend drôle et sympathique – le plus souvent (il ne brille pas toujours par l'empathie, contrairement à la très sensible mais aussi très pudique nonnonbâ…) ; et il y a en lui quelque chose d'un vieux désir inassouvi de devenir un artiste – quand il se procure un projecteur pour ouvrir une salle de cinéma dans sa campagne, c'est avec la prétention d'illuminer les paysans avec la technologie moderne ; mais il y a aussi ce scénario qu'il s'est promis d'écrire depuis si longtemps… Et c'est ainsi, paradoxalement, qu'il en vient à remplir un rôle équivalent, complémentaire peut-être, à celui joué par nonnonbâ, en encourageant le petit Shigeru à faire ce pourquoi il semble d'ores et déjà si doué : raconter des histoires…

nonnonbâ et le père de Shigeru sont des figures tutélaires plus qu'à propos dans ce qui ressemble fort à un récit d'apprentissage. Mais la formation du futur mangaka implique deux autres personnages bien différents – deux petites filles, dont le sort tragique contribuera à former l'auteur à la dure, mais qui, chose appréciable, ont une véritable présence, et très empathique, en dehors de cette seule « fonction » un peu navrante : ce sont des personnages à part entière, et c'est bien pourquoi leur sort touche autant.

La première se nomme Chigusa, et c'est une cousine de Shigeru – une petite fille de la ville, qui se rend à la campagne pour ménager ses poumons malades… Elle finira bien par mourir, veillée par l'attentive et dévouée nonnonbâ. Mais elle aura eu le temps d'encourager Shigeru à raconter ses histoires et à développer son imaginaire : le folklore et l'art balbutiant se conjuguent pour offrir au petit être condamné une échappatoire onirique indispensable.

Mais la seconde de ces petites filles, Miwa, témoigne quant à elle de ce que les hommes peuvent être odieux – yôkai ou pas. Ils sont en définitive bien plus à craindre que les créatures folkloriques aux attributs un peu grotesques… L'art ne la sauvera pas plus qu'il n'a pu sauver Chigusa – les yôkai finalement pas davantage, s'ils ont pu, là encore, atténuer au moins temporairement la douleur, par l'émerveillement.

Tout cela a de quoi susciter chez le petit Shigeru des crises de foi – celles, je suppose, qui doivent affecter quiconque professe honnêtement une croyance. À quoi bon les yôkai, quand il y a la mort, et le sordide ? Les paroles réconfortantes de nonnonbâ ne suffisent pas toujours.

Car, en même temps que Shigeru découvre les yôkai, et se dévoue d'une certaine manière à leur cause en racontant leurs histoires en bandes dessinées, il s'éveille aussi au quotidien d'un Japon plus prosaïque, tristement prosaïque, au travers de jeux enfantins d'abord envisagés avec un semblant de nostalgie bienveillante, mais qui témoignent pourtant bientôt d'un arrière-plan des plus sombre et menaçant… C'est que les petits Japonais des années 1920-1930 jouent à la guerre. Un lecteur français pensera sans doute aussitôt à La Guerre des boutons, ce genre de choses, mais le contexte de l'époque, ce Japon nationaliste et militariste, rend d'emblée le thème un peu plus inquiétant. La désignation d'un nouveau chef, son sadisme même plus dissimulé à ce stade, sa brutalité de sous-officier, entraînent bientôt l'armée des gosses sur une pente fatale, faite d'agression permanente, de brimades et d'humiliations érigées en mode de vie, présages du grand suicide collectif dans lequel les militaires n'allaient plus tarder à lancer leur patrie entière… Les yôkai interviennent ici aussi – et les exemples de nonnonbâ aussi bien que du père ; ils inciteront le petit Shigeru, ostracisé par la bêtise pure et simple, à se faire le partisan d'une idée bien curieuse : le pacifisme. Et qu'importe si la flemme en est une motivation essentielle… ou, plus noblement, le désir d'avoir du temps pour raconter des histoires ; Shigeru sait se battre, mais cela l'ennuie bientôt – c'est tellement puéril ! Mieux vaut créer des mangas !

On le voit, nonnonbâ, au-delà du seul personnage titre, et des yôkai qui lui sont d'emblée associés comme ils le seront à jamais à l'auteur, nonnonbâ donc est une BD d'une grande richesse thématique, variée, toujours pertinente (même pour quelqu'un qui, comme votre serviteur, est on ne peut plus hermétique aux « choses qui existent même si on ne les voit pas » et à la spiritualité qui va avec). La narration décousue mais pas improvisée produit de délicates et touchantes tranches de vie imprégnées de merveilleux, qui s'associent thématiquement pour former un récit cohérent et subtil. La BD est tour à tour drôle et tragique, édifiante et désolante, enchanteresse et terrible – un jeu des contraires sublimé par un dessin parfait et immédiatement reconnaissable, qui m'avait déjà tant séduit dans la plus tardive Vie de Mizuki : ce que j'en disais vaut également pour nonnonbâ.

C'est une très belle bande dessinée, en même temps je suppose qu'une bonne introduction à l'oeuvre de Mizuki Shigeru – elle avait semble-t-il été présentée comme telle par Cornélius en 2006, et à bon droit. On peut, une fois de plus, parler de chef-d'oeuvre.
Lien : http://nebalestuncon.over-bl..
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orhal
  29 août 2007
Shigeru Mizuki est un mangaka japonais né en 1922 à Sakaiminato. Il est l'un des fondateurs du manga d'horreur, puisque ses récits regorgent de créatures surnaturelles, de monstres et de fantômes. L'auteur, gaucher ayant perdu son bras gauche durant la Seconde Guerre mondiale en Nouvelle-Guinée, surmonta ce traumatisme et apprit à se servir de son seul bras valide pour devenir le mangaka que l'on connait enfin aujourd'hui.

Dans le Japon des années 30, on découvre l'enfance du jeune Shigeru. Il vit avec ses parents dans une campagne niponne simple, sans accès direct à la technologie et à la culture moderne. Il se lie d'affection avec une vieille dame attachante, Nonnonba, qui lui transmet ses connaissances sur les démons inoffensifs et malicieux que connait ce Japon là, tout de superstitions et de croyances anciennes. L'univers que cette mémé d'adoption fait surgir dans la vie de Shigeru est une réelle bouffée d'air frais, un peu de fantastique dans cette existance monocorde, bien que d'une douceur candide. Shigeru trouve auprès de Nonnonba des sujets originaux, mystiques et cocasses pour écrire ses histoires et dessiner ses mangas. A chaque sursauts de la réalité, agréables et désagréables, le petit garçon court se réfugier en cet échapatoire riche, peuplé de yokaï (démons) et de fantômes. Certaines entités, étranges et familiaires, apparaissent avec les éclairs en jetant des haricots rouges sur les toits, d'autres lèchent la crasse dans les maisons, tandis que d'autres encore aspirent les forces des humains qu'elles possèdent. Chaque visite de démon rythme l'histoire et la segmente en petites nouvelles délicieuses, nous ramenant au temps des histoires qui font peur, racontées par un copain dans la pénombre, sous une couverture, éclairés par une lampe de poche fébrile.
Avec Nonnonba, on touche une histoire universelle de l'enfance, des découvertes qui la caractérisent et des sentiments qui naissent : l'amour, la peur, la créativité, l'amitié, les croyances. Ce pavé de papier se lit de droite à gauche et de la fin vers le début du livre, comme tout bon manga qui se respecte. le dessin de Shigeru Mizuki est sensible, loin du manga actuel si moderne, si rapide, si pressé. Il a quelque chose de suranné et de nostalgique qui accompagne le propos, sans doute est-ce du à la part autobiographique de l'histoire. La petite mémé ne gronde pas. Elle n'éduque pas mais apprend au garçon à percevoir, à imaginer et à sublimer ce que ses yeux ne voient pas.
Bien sur l'âme vient du Japon où nous ne sommes pas nés, et pourtant Nonnonba a cette proximité touchante. La curiosité de l'enfant est la même sur n'importe quel continent, c'est en grandissant qu'elle prend des voix différentes. Aucun doute, cet album mérite largement le prix du meilleur album de l'année décerné au festival BD d'Angoulème. Cette récompense marque la reconnaissance du monde de la BD envers le manga, enfin reconnu comme style de BD à part entière.
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MahaDee
  06 novembre 2016
Un vrai régal, une pépite.
nonnonbâ est un récit autobiographique de Shigeru Mizuki (1922-2015). On suit Shigeru, dit Gégé, âgé de 8 ans, dans son quotidien. nonnonbâ, la grand-mère, y prend une place importante. C'est elle qui l'initie aux croyances populaires animistes du Japon rural de l'époque (le début des années 1930). C'est tendre, touchant, nostalgique et drôle.
Shigeru Mizuki est un conteur de talent. Il aborde les superstitions et les légendes mystiques avec la même simplicité qu'il décrit les préoccupations quotidiennes du jeune garçon qu'il était à huit ans.
En toile de fond, se dessine la chronique familiale des Mizuki. le personnage du père, en particulier, est savoureux et sa philosophie de vie peu commune.
nonnonbâ est le premier manga à avoir obtenu le prix Fauve au festival d'Angoulême.
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 juin 2007
Lecture jeune, n°122 - NonNonBâ est une grand-mère particulière : superstitieuse et mystique, elle initie son petit-fils Shigeru au monde des petits esprits (« yokaï ») qui peuplent le quotidien sans que l’on s’en aperçoive. Ce garçon à l’imagination débordante doit gérer toutes ses rencontres spirituelles mais aussi les joutes guerrières qu’il vit au quotidien en tant que chef de bande. Les histoires de fantômes envahissent parfois son univers, au point de prendre le pas sur la réalité. Récit autobiographique, NonNonBâ nous touche par sa tendresse. Cette grand-mère superstitieuse, qui souhaite entretenir les meilleures relations avec les « yokaï », mais aussi avec son petit-fils, est dessinée de manière originale : ses yeux démesurés - pour mieux voir les esprits peut-être - nous frappent, et le trait n’est pas toujours esthétique. Mais la force de ce manga consiste à restituer tout l’univers de croyance de la vieille dame (Japon animiste des années 30) et toute la naïveté et l’incrédulité du garçon, en les faisant vivre ensemble. C’est touchant, drôle et cela nécessite un bon souffle de lecteur (l’album fait 424 pages). Mais les amateurs du genre n’en manquent pas ! NonNonBâ a obtenu en janvier 2007 le prix du meilleur album de bande dessinée au Festival d’Angoulême. ndlr Michelle Charbonnier
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Natty56Natty56   01 septembre 2012
[...] tu sais, la vraie force, ce n'est pas la force physique.
La force physique ne peut pas vaincre les sentiments du coeur.
Regarde-toi. Tu as été battu, mais tes sentiments ont-ils changé pour autant?

Non, c'est vrai. Mais alors la vraie force, c'est quoi?

ça, tu dois le trouver toi-même.
En tout cas, ta douleur et ton dépit d'aujourd'hui se changeront petit à petit en force, tu verras.
Mais pas tout de suite. Ne te laisse pas décourager par ta faiblesse actuelle, ça ne te mènerait à rien.
+ Lire la suite
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roxaneboehmroxaneboehm   11 avril 2013
-C'est parce que l'âme de Chigusa-san reste dans ton coeur, ton coeur est lourd.
-Mais tu m'as dit que l'âme allait dans le dix milla milliardième monde....
-La plus grande partie, oui, mais certains morceaux restent dans le coeur des gens qui ont été liés à cette âme.... Il ne faut pas t'inquiéter/ Bientôt, tu t'habitueras à ce poids. Le corps grandit en mangeant...mais le coeur grandit grâce à tout sortes d'âmes que tu gardes en toi.
+ Lire la suite
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steambooksteambook   08 octobre 2012
"Un seul instant dure toute l'éternité, et l'éternité n'est qu'un instant."

"Le corps grandit en mangeant .. Mais le coeurs grandit grâce à toutes sortes d'âmes que tu gardes en toi."

"Pour un homme, les femmes sont des sortes de profs, qui t'enseigneront quantité de choses qu'on n'apprend pas à l'école. Tu peux arrêter l'école mais ne cesse jamais de tomber amoureux des femmes."
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malauriemalaurie   30 août 2013
Dialogue entre le père et son fils attristé par la mort de son amie :

Shigueru - Chigusa-san fait un beau voyage dans le dix mille milliardième monde. Je me dis ça pour essayer de ne pas être triste... Mais c'était quand même trop tôt pour partir...
Le père - Prends bien soin de ton chagrin, c'est un trésor... Chigusa-san t'a donné un beau souvenir... L'école, tu sais... il suffit de travailler juste assez pour ne pas rater les examens. Mais ce qui compte vraiment, c'est d'accumuler les trésors de l'instant qui passe...
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chartelchartel   06 septembre 2007
- Enfin... Si tu veux vraiment mourir, vas-y... Personnellement, je crois que ça n'en vaut pas la peine, mais bon... Pour un homme, les femmes sont des sortes de profs, qui t'enseigneront quantité de choses qu'on apprend pas à l'école. Tu peux arrêter l'école, mais ne cesse jamais de tomber amoureux des femmes. Voilà, c'est mon dernier mot avant mon départ.
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Vidéo de Shigeru Mizuki
Veteran manga artist Shigeru Mizuki dies at 93.
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