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ISBN : 2915492638
Éditeur : Editions Cornélius (30/10/2008)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 26 notes)
Résumé :

Fin 1943, une troupe de l'armée impériale japonaise débarque sur l'île de Papouasie-Nouvelle Guinée. Les engagés (pour la plupart de jeunes recrues) font alors l'apprentissage de la survie dans cette contrée d'apparence paradisiaque : pêcher, construire des abris, éviter les pièges de la jungle... Et puis un jour, l'ennemi est là. Les combats qui se succèdent n'ont rien d'héroïque, ils ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Sphilaptere
  18 décembre 2018
Shigeru Mizuki n'a pas dessiné que Kitarô, nonnonbâ ou des histoires de masturbateurs de chats, il a aussi écrit des oeuvres sur la seconde guerre mondiale. (Il est aussi l'auteur d'Hitler).
Opération Mort s'appuie sur des éléments autobiographiques, dans la défense avancée de Rabaul, avec un personnage à lunettes qui est son alter ego. J'avoue que je trouve la bouille ronde et ahurie des personnages de Mizuki un peu en décalage avec le ton des événements. Les paysages paradisiaques de plages à palmier aussi, du reste.
La vie militaire à Rabaul en 1943-44, c'était, en plus des maladies, de la construction des fortifications, des bombes :
1 – Se prendre des baffes. Et des coups. Et encore des baffes.
2 – Crever de faim, chercher à manger, les patates, les bananes, le must est de tomber sur un stock américain et manger des conserves et du chocolat !
3 – Et ne pas se faire bouffer par les crocodiles ou étouffer par un poisson amateur de "gorge profonde".
4 – Pour finir par se lancer dans une attaque suicide.
5 – Et puis se relancer dans une attaque suicide parce qu'on a eu le déshonneur de survivre à la première attaque suicide.
Et tout ça pour quoi ? Mizuki condamne ici sans concession la stratégie inepte qui condamne son unité, une conception de l'honneur qui ne laisse d'autre issue que la mort, et le mépris suprême dans lequel est tenu le fantassin japonais considéré comme « valant moins qu'un cheval ».
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Lazlo23
  02 janvier 2017
Dans la lignée de « Lettres d'Iwo Jima », le beau film de Clint Eastwoodd, ce passionnant manga signé Shigeru Mizuki permet de découvrir la guerre du Pacifique du point de vue des vaincus : ces soldats japonais mal équipés, mal nourris, livrés aux coups et aux brimades d'officiers d'un autre âge qui n'hésitent pas, quand les choses tournent mal, à obliger leurs troupes à se faire exterminer pour l'honneur et l'Empereur.
C'est le destin d'un petit groupe de soldats, voué dès le départ à l'une de ces missions suicide (gyokusai, en japonais), que raconte Opération mort. Parmi ces malheureux bidasses, le seconde classe Muruyama (mélange de Candide, de Bardamu et de soldat Chveïk), fait figure de souffre-douleur. À lui les insultes, les volées de coups et les corvées de tinette. Doté d'épaisses lunettes de myope, Murayama assistera jusqu'au dernier assaut à la destruction de sa compagnie composée de jeunes hommes terrorisés, dont l'unique souhait serait de manger quelque chose avant de mourir.
Bien loin des clichés (ces soldats fanatisés montant à l'assaut en hurlant Banzaï !), Opération mort est un virulent réquisitoire contre une idéologie délirante, personnifiée à l'époque par l'Empereur Hiro-Hito, qui interdisait la reddition, et bien sûr la défaite, à l'armée japonaise. C'est ainsi que dans le manga, le sacrifice demandé aux soldats est non seulement inhumain, mais aussi et surtout inutile sur le plan stratégique.
Mais ce livre peut être lu aussi comme une dénonciation de toutes les idéologies (ou religions) qui poussent des êtres humains au martyre au nom d'abstractions.
« Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente », chantait Brassens.
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svecs
  22 avril 2015
Pendant la guerre du pacifique, quelques sections japonaises perdues dans la jungle craignent l'attaque imminente de l'ennemi. Mais leur principaux problèmes restent trouver de la nourriture, de l'eau, de survivre à la sauvagerie de la jungle. le reste du temps, les soldats sont partagés entre peur et ennui, jusqu'à ce que l'affrontement éclate, avec des conséquences d'une absurdité révoltante. Je serai tenté de voir ans Opération Mort une sorte de 'Catch 22' japonais, ce 'piège à cons' qui condamne les soldats à coups de règlements de plus en plus déconnectés de la réalité.
Mizuki s'est inspiré de sa propre expérience pour cette 'Opération Mort', qu'il estime comme étant à 90% autobiographique. Mélangeant décors parfois proche du photoréalisme et personnages typiquement 'mizukien', il accentue à quel point sessoldats ne sont pas à leur place, perdu dans un environnement qui n'est pas le leur, dans une guerre qui ne les considère que comme des utilités et plus comme des êtres humains. On pourra estimer qu'il s'agit d'une tare de la mentalité japonaise, mais ce serait oublier un peu vite ce qui s'est passé lors de la première guerre mondiale, lorsque, par exemple, le général Réveilhac, ordonna le pilonnage de ses propres troupes pour les pousser à l'assaut. Un grand livre, et si vous êtes allergique au manga, que cela ne vous arrête pas.
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yvantilleuil
  20 février 2012
Opération Mort est un manga signé Shigeru Mizuki ("Hitler"). Ce mangaka qui perdit le bras gauche durant la Seconde Guerre mondiale et qui apprît ensuite à dessiner de la main droite, a déjà accumulé de nombreuses récompenses, dont un prix du meilleur album pour "NonNonBâ" en 2007, et le prix patrimoine pour cet ouvrage en 2009 au festival d'Angoulême. En relatant un épisode méconnu de la Guerre du Pacifique, l'auteur aborde donc un sujet qui l'a touché personnellement.
Se nourrissant de ses propres souvenirs de guerre, le mangaka invite à suivre l'histoire d'un régiment envoyé en mission sur une île de Papouasie-Nouvelle-Guinée pendant la Seconde Guerre mondiale. Si la menace d'une offensive américaine n'est jamais loin, ce n'est pourtant pas l'ennemi qui est à l'origine du taux de mortalité élevé sur cette île paradisiaque. le quotidien de ces soldats condamnés à tout sauf au combat lors de travaux de construction éprouvants effectués dans des conditions déplorables, n'a rien de vraiment réjouissant et, à défaut de succomber sous les balles ennemies, ce sont donc la faim, la maladresse, les crocodiles et la maladie qui déciment les vaillantes troupes nippones. Et ceux qui parviennent à survivre à la vie du camp peuvent compter sur la bêtise d'une hiérarchie bien décidée à sauvegarder l'honneur des troupes de l'Empereur, quoi qu'il arrive. Isolés sur île perdue au milieu de l'océan, le destin de ces hommes semble donc inéluctable : mourir d'une mort inutile et stupide, mais…pour la patrie !
Mizuki décrit la réalité des soldats japonais avec beaucoup de brio. Mêlant horreur et humour, il souligne l'absurdité de la situation dans laquelle se trouvent ces hommes conditionnés par les traditions du pays et par une hiérarchie qui incarne la mentalité japonaise de l'époque. Si le sens de l'honneur a souvent raison de l'envie de vivre de ces jeunes soldats, l'auteur dresse néanmoins le portrait de soldats qui n'ont rien de kamikazes fanatiques, mais qui ressemblent plutôt à des victimes d'une idéologie absurde.
Visuellement, Mizuki combine des décors photo-réalistes splendides à des personnages caricaturaux expressifs. Si le mélange peut surprendre, il contribue néanmoins à souligner l'absurdité de la situation dans laquelle se trouvent ces personnes condamnées à mourir pour le bien collectif. Heureusement que ce mangaka n'est pas mort au nom de la patrie…
Lien : http://brusselsboy.wordpress..
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Loesha
  29 décembre 2010
Cette fois, Mizuki nous délivre une histoire sur la Seconde Guerre Mondiale au Japon, qui a lieu sur une île de Nouvelle-Guinée fin 1943. On y voit des tranches de vie de soldat, entre la vie sur le camps, les combats, la maladie… y sont entremêles la peur, la faim, l'envie de vivre, mais aussi des moment assez drôles, plein d'esprit de camaraderie…
Un récit sombre au final, qui comme beaucoup d'histoires tournant autour de la guerre, dénonce la bêtise des officiers, trop éloignés de la vie du camp et des soldats pour prendre de bonnes décisions, et finalement agir avec objectivité et sang-froid.
[suite sur mon blog]
Lien : http://geekette.fr/2010/12/o..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Lazlo23Lazlo23   02 janvier 2017
LE CAPITAINE : Pardonnez mon insolence, mon colonel, mais si notre mission est de protéger les soldats de Rabaul en servant de cible à l'ennemi, nous pouvons tout aussi bien le faire depuis la montagne !

LE COLONEL : Ce n'est pas faux, cependant, cela priverait nos hommes d'un combat en bonne et due forme. En tant que commandant de la troupe de Bayen, il est de mon devoir de ne pas les laisser mourir comme des chiens !

LE CAPITAINE : Comme des chiens ?! Mais c'est ainsi qu'ils crèveront si vous les envoyez au casse-pipe !

LE COLONEL : Comment osez-vous ?!

LE CAPITAINE : Je refuse de mourir ainsi !

LE COLONEL : Vous n'avez pas le choix ! L'opération mort aura lieu, et vous en ferez partie !
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VgtRudyVgtRudy   14 juillet 2016
Ôter volontairement la vie est un crime !
Je vous rappelle qu'à l'armée, les soldats sont la pour tuer...
L'armée ? Foutaise !
L'armée est une belle saloperie oui ! Une vraie plaie pour l'humanité !
Ça fait ressortir nos mauvais penchants !
C'est malsain et puant ! À côté de ça, regardez autour de vous la beauté de ce ciel, la sérénité des gens d'ici ! Écoutez ces chants d'oiseaux ! C'est ça la vie !
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TandaricaTandarica   23 juillet 2015
Des gars s'engagent de leur plein gré
dans cette fichue armée
pour servir leur patrie ;
pour elle, ils quittent en larmes leur p'tite amie...
À l'aube réveillé pour les corvées,
par des chefs sans cœur, te v'là brimé,
et les jours sans fin te font pleurer...
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Vidéo de Shigeru Mizuki
Veteran manga artist Shigeru Mizuki dies at 93.
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