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Philippe Bouquet (Traducteur)
ISBN : 2253933678
Éditeur : Le Livre de Poche (19/06/2002)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 71 notes)
Résumé :
Voici l'histoire des premiers pionniers suédois partis conquérir l'Amérique et comment leur vint l'idée de s'expatrier : Krishna et Karl Oskar, jeune couple héritier d'une terre aride qui ne parvient guère à nourrir les huit bouches de la maisonnée ; Robert, le frère de Karl Oskar, un contemplatif qui aspire à la liberté...
placé comme valet de ferme alors qu'il ne rêve que de l'Amérique ; son compagnon d'infortune, Arvid ; l'illuminé Danjel Andreasson, digne... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
22 juin 2017
La saga des émigrants, c'est un vaillant hommage à ce million d'hommes et de femmes du milieu du 19e siècle qui ont quitté leur terre natale, la Suède, pour se bâtir une nouvelle vie de l'autre côté de l'oécan, aux Etats-Unis. On le sait dès le début, donc on n'est guère surpris quand Karl Oskar Nilsson essuit revers par dessus revers, que sa ferme ne produit pas les rendements nécessaires et que sa famille croule sous les dettes. On sait ce qu'il adviendra. Pareillement pour son jeune frère Robert, qui s'enfuit de sa position de valet avant l'échéance de son contrat et que la police le poursuit. Tout s'oriente vers une seule et même solution : l'émigration !
Puis, la narration se concentre sur l'oncle Danjel Andreasson. Un peu trop longuement à mon goût. Il semble avoir eu une révélation et, avec quelques uns, ils ne reconnaissent plus l'autorité de l'Église et suivent les principes de l'hérésie d'Akianisme. Je me demandais où cette nouvelle trame allait mener jusqu'à ce que les forces de l'ordre les dissoude. À partir de ce moment, il ne reste qu'une solution pour le vieil homme qui continue à croire en son hérésie : la route vers l'Amérique. Ainsi, quand la narration s'est attardée ensuite sur leur voisin Jonas Petter de Hästebäck, il n'y avait plus de mystère. Un émigrant de plus.
Avec ce premier tome de la série, Vilhelm Moberg nous décrit le quotidien dans la Suède du milieu du 19e siècle. Des conditions parfois difficiles, sur une terre appauvrie, cultivée à la limite du possible, sur des fermes trop de fois subdivisées entre héritiers à chaque génération. le tout est fait avec beaucoup de réalisme. Les descriptions du Smaland sont assez fidèles à la réalité (avec une lande jonchée de pierres, défricher la terre devient un combat de tous les jours), par moment, ça ressemble presque à un ouvrage documentaire. Tout y passe : les moyens de subsistance de la population, leur bien-être spirituel, le mode de vie, les relations entre mari et femme, maitre et employés, etc. Mais tout ça a son utilité, ça permet de constater que chacun a ses raisons pour vouloir émigrer aux États-Unis.
« Karl Oskar Nilsson : Je suis en quête d'un pays, où je puisse faire vivre les miens par mon travail.
Kristina : J'accompagne mon mari, mais je ne le fais pas sans appréhensions ni regrets.
Robert Nilsson : Je ne veux pas avoir à obéir à un maître.
Danjel Andreasson : Je veux adorer librement le Dieu des douze apôtres dans le pays qu'Il me montrera.
[…]
Jonas Peter de Hästebäck : Je ne supporte plus la vie commune avec ma femme, Brita-Stafva ; peu importe ce qu'il m'arrivera. » (p. 282)
Vilhelm Moberg est connu principalement pour cette oeuvre, qui se décline en 8 tomes en français. C'est une saga assez conventionnelle mais qui fonctionne merveilleusement bien. On ne peut que ressentir de l'empathie pour ces pauvres gens qui triment dur, qui se démènent autant que possible mais sans résultat. Dans une pareille situaiton, qui ne souhaiterait pas d'une vie meilleure ? Justement, peut-être ce premier roman contient-il un peu trop de misérabilisme. Il me semble que le sort s'acharnait beaucoup sur la famille de Karl Oskar Nilsson. Les mauvaises récoltes, la sécheresse une année, trop de pluie la suivante, les dettes, une partie de la ferme qui part en fumée après un incendie. Trop, c'est trop. Comme s'il fallait se retrouver complètement démunis pour abdiquer et se tourner vers autre chose. Quoique quitter son pays natal, tout ce qu'on connaît, doit être une décision assez drastique. Qui suis-je pour juger de la vie de ces pauvres paysans qui représente sans doute assez bien l'existence du million de personnes qui ont fui la Suède ? Et combien d'autres pays. À suivre.
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Gwen21
04 octobre 2012
Passionnante épopée des émigrants suédois fuyant, au XIXème siècle, la misère et la famine du Småland (sud de la Suède), pays particulièrement dur à fertiliser en raison des lacs et des rochers qui parsèment les bois et les champs, cette saga "prend aux tripes".
Dès le début du roman, je me suis prise d'une affection vive pour le couple formé par Karl-Oskar et Kristina et j'ai saigné avec eux devant la rigueur de leur vie faite de labeur et... de labeur.
La narration nous invite à suivre la destinée de ces paysans pieux et besogneux, habités par l'espoir d'une vie meilleure, acculés au choix dramatiquement tragique de quitter leur pays natal, leur seul repère, pour s'embarquer vers l'inconnu aux côtés de milliers d'autres miséreux semblables à eux, abandonnant tout ce qui fut leur vie, exposant leur famille au possible néant de l'avenir.
Je suis allée en Suède, à Växjö, et j'ai parcouru à pied, en voiture et à vélo cette terre superbe du Småland ; j'ai vu de mes yeux ses rochers de taille impressionnante qui jonchent les terres cultivables tels des milliers de monolithes abandonnés ; j'ai canoté sur ses lacs ; j'ai parlé à ses habitants aujourd'hui encore profondément sensibles à l'Émigration du XIXème siècle. Là-bas, j'ai ressenti toute l'intensité du drame des Émigrants et ma pensée s'est tournée vers les Irlandais, les Russes, les Italiens, les Grecs... tous ces peuples qui ont vu refluer vers Ellis Island, une partie de leur population qui mettait dans le Nouveau Monde la seule chose dont elle ne fût pas dépossédée : son espérance.
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yva63
13 juillet 2013
Wilhelm Moberg, écrivain et dramaturge suédois, a écrit cette "saga" entre 1949 et 1959, traduite et éditée chez GAÏA en 1999 en 8 tomes, puis en Poche et, enfin, rééditée en 2013, toujours chez Gaïa, en 2 tomes de 800 pages (que cela ne vous effraie pas, continuez votre lecture ! … J'espère bien vous convaincre de vous lancer dans ce récit hors du commun).
L'excellente critique de Gwenn21 m'a donné envie de relire pour le plaisir cette «série » (lue en 99) dont je gardais un souvenir prégnant et pour m'assurer qu'elle n'avait pas « vieilli » car je viens de la recommander à plusieurs amis : relecture épatante qui m'a même permis de voir certains épisodes sous un jour différent. L'écriture n'a pas pris une ride et les thèmes abordés sont toujours d'actualité.
L'histoire : En 1850, en Suède, un jeune couple de fermiers que sa terre ne nourrit plus décide d'émigrer vers l'Amérique avec ses enfants et quelques proches. Tome 1 : « Au pays » qui explique comment et pourquoi ils décident de partir. Tome 2 : « La traversée » : du port de Karshamm jusqu'à New York à fond de cale. Tome 3 : « le Nouveau Monde » : en bateau, en train, à pied jusqu'au Minnesota …et dans les suivants : leur installation, leurs vies et celles de leurs descendants dans leur nouvelle patrie.
Trop long ? Non, au contraire car il ne s'agit pas d'une saga familiale de plus, je la qualifierais plutôt d'odyssée ! A travers des personnages faits de chair et de sang avec lesquels nous nous sentons vite en empathie, W.Moberg en 8 tomes, sans fioritures ni sentimentalisme inutiles, balaie de façon magistrale toute l'histoire de l'émigration suédoise vers l'Amérique au XIXe siècle (1 million de personnes) en nous la racontant à travers leurs yeux (étonnement, désarroi, peur…) Une documentation minutieuse a dû précéder l'écriture et le résultat est remarquable.
Convaincus ? Alors n'hésitez pas, n'ayez pas peur de la longueur : c'est un plus. Essayez le tome I et vous verrez, vous vous laisserez embarquer … c'est le cas de le dire !
Si vous voulez lire les autres critiques, tapez « La saga des émigrants » tome I « Au pays »
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vieuchamp
15 février 2016
Voilà, je n'ai absolument pas l'habitude de lire ce genre de romans, les sagas familiales, les romans de terroir, très peu pour moi, je serais plus du genre polar avec du sang, du sexe, les bas-fonds et tous les ingrédients qui font un bon polar ? Mais bon, il ne faut pas s'obstiner sur une voie, les chemins de la lecture ne se limitant pas à un seul quai.
Mon épouse a lu cette saga, qui est étalée sur huit romans, soit environ 2500 pages, et n'a pas réussi à décrocher, allant jusqu'à se relever la nuit pour ne pas se sortir de l'histoire.
Un petit coup d'oeil sur Babélio et je constate que tous les parties de la saga sont notées entre 4,2 et 4,3 en moyenne. Pas mal. de plus, j'aime beaucoup la littérature scandinave.
Bon, je fais quoi, je viens de terminer l'histoire d'un ex-taulard qui replonge dans l'enfer du crime sous la plume d'Edouard Bunker, et changer de style ne ferait pas de mal.
Je me lance, tome 1, Au pays. Je n'ai pas besoin de beaucoup de pages pour être emballé, j'adhère tout de suite. Nous sommes un peu près à la moité du 19 ème siècle, là-haut en Suède. La terre n'est plus très fertile, loin de là, et la vie de ces paysans qui cultivent des champs de cailloux est loin de la panacée. Les ressources sont rares, l'argent manque. Karl Oskar et Christina font de leur mieux pour subvenir aux besoins de leur petite famille créée depuis seulement quelques années après avoir repris la ferme parentale.
Mais de l'autre côté de la mer, que se passe-t-il ? Tout est facile et beau, les champs produisent beaucoup et les gens ne connaissent pas la haine, la misère. En tous cas, c'est l'idée que se fait Karl-Oskar de l'Eldorado de l'Amérique du nord.
Tout dans ce roman de Vilhelm Moberg est magnifiquement transcrit, représenté. La vie dans ce milieu pauvre, la religion, la famille, les relations humaines. Il est difficile de décrocher.
J'en ai terminé avec ce premier tome, et le second est attaqué dans la foulée.
L'Eldorado, oui, mais à quel prix ? Il me reste encore sept tomes à lire pour le savoir.
Génial.
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CFONS
01 novembre 2011
Un grand roman historique qui débute en Suède pour s'achever aux États unis. le 1er tome se déroule en Suède dans une ferme où à force de diviser la terre de génération en génération, la parcelle s'appauvrit tant qu'elle finit par ne plus pouvoir nourrir ceux qui la cultivent. A cela s'ajoute quelques mauvaises récoltes (trop de pluie ou pas assez) et les paysans sont contraints à l'émigration. Il souffle sur ce roman un vent d'aventure formidable. On referme le 1er volet en rêvant déjà au suivant, celui de la traversée où l'on sait dores et déjà qu'elle ne sera pas tranquille.....
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Citations & extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED11 avril 2013
Les maisons grises ne se dressaient guère au-dessus du sol, mais elles étaient bâties pour durer des siècles et les gens passaient leur vie entière, depuis leur naissance jusqu'à leur mort, sous le même toit d'écorce de bouleau recouvert de tourbe. Mariages, baptêmes et enterrements se succédaient, la flamme de la vie s'allumait et s'éteignait entre les quatre mêmes murs faits de troncs de pin équarris. En dehors des grands événements de l'existence, on ne connaissait guère d'autre péripétie que l'alternance des saisons. Au printemps, le blé en herbe était vert dans le champ, en automne le chaume était jaune. la vie s'écoulait paisiblement, tandis que le paysan voyait se déroule le cycle des années.
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yva63yva6313 juillet 2013
Une fois sur la route, Karl Oscar se retourna une dernière fois pour regarder dans la direction de la maison. Son père et sa mère étaient toujours sur le perron à suivre des yeux ceux qui partaient: le père appuyé sur ses béquilles, la mère dressée de toute sa hauteur. Les jeunes partaient, assis sur la voiture, les vieux restaient, debout devant la maison....Bien des années plus tard, il aurait encore l'impression qu'ils étaient toujours là... figés comme des objets immobiles, des statues humaines en pierre.
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yva63yva6313 juillet 2013
Les passagers qui montèrent à bord de la Charlotta à Karlshamm...avancèrent à pas lents sur le pont, perdus, apeurés: ils avaient l'impression qu'ils étaient irrémédiablement entre les mains d'une force devant laquelle ils étaient impuissants, d'un maître dont ils ne pouvaient s'affranchir- la mer, cette monture gigantesque qui les avaient pris sur son dos vaste comme le monde pour les emmener vers un autre continent.
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SachenkaSachenka17 juin 2017
Tout ce qui est lointain est dangereux, alors que le pays natal offre la sécurité de ce qui est familier.
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SachenkaSachenka20 juin 2017
Elle poussa le soupir le plus long et le plus agréable que peut pousser un être humain : celui du soulagement.
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Video de Vilhelm Moberg (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vilhelm Moberg

La saga des émigrants, Vilhelm Moberg
L'avis d'Armelle Bayon de la librairie Espace Culturel Leclerc (Conflans-Sainte-Honorine)
Dans la catégorie : Littérature suédoiseVoir plus
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