AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2362792110
Éditeur : Alma Editeur (05/01/2017)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Dans la maison Modat, on rit, on blague, on s’insurge, on affronte. Tout commence par la rédaction d’un enfant de huit ans. « J’aimerais raconter mes vacances si ça dérange personne, où plutôt une chose qui m’est arrivée pendant les vacances et qui a failli gâcher ma belle jeunesse. »
La vie étant ce qu’elle est sur l’échelle du temps, résumons les épisodes : la paternité, la responsabilité, l’art d’exister et de disparaître… Tout cela : grave, et furieusemen... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  01 février 2017
Je n'aime pas les recueils de nouvelles, surtout quand ils sont bons. Et celui-ci est très bon. À tel point qu'en le lisant j'ai quelquefois pensé à Annie Saumont – qui vient de nous quitter – et qui était considérée comme la soeur française de Raymond Carver, ainsi qu'à J. D. Salinger, autre nouvelliste hors-pair. J'imagine du reste que dans l'autoportrait qui clôt ce recueil, la citation tirée de L'Attrape-coeurs est un clin d'oeil à une source d'inspiration de ce jeune nordiste installé à Strasbourg.
Non, si je n'aime pas les recueils de nouvelles, c'est que ma frustration croît au fur et à mesure que j'entre dans les histoires, que je comprends les personnages, que je suis leur parcours. Prenez La Mer dans le ventre qui ouvre ce recueil.
Il vous suffira de quelques lignes pour vous sentir bien, pour vous imaginer aux côtés de ce petit garçon dans cette réunion de famille houleuse. Racontée par l'enfant, ce drame va vite prendre la dimension d'une épopée déjà esquissée lors du voyage effectué au volant d'une Fiat Tipo : « Papa conduit comme si demain n'existait pas et il double dans les ronds-points, pris de colère ancestrale. Il passe les vitesses sans arrêt. Il a des problèmes dans ses rapports. Papa pilote comme un chien enragé parce qu'on doit se pointer sans faute à un apéro. »
On se régale de cette altercation verbale, puis physique qui prend des allures d'opéra et qui culmine sur le grand air de la rupture. Je ne peux m'empêcher d'imaginer le plaisir que nous autres lecteurs aurions eu à suivre cette famille et à voir ce garçon grandir. Laisser ainsi le lecteur en plan est bien cruel. D'autant que je soupçonne la préméditation. Rappelons que ce recueil s'intitule Arrêt non demandé et qu'en effet nous n'avons pas demandé que l'histoire s'arrête au bout de 28 pages !
Plus grave encore : le cas d'Arnaud Modat s'aggrave avec les nouvelles suivantes, tout aussi brillantes. Raoul raconte l'étape cruciale pour de nombreux couples, celui du premier enfant. Pour Aurore et Quentin, cet épisode survient « après trois ans de vie commune, la perte de nos amis respectifs, l'adoption d'un chat de merde, un mariage clef en mains et un crédit immobilier mal négocié ». Au baby-blues viendront s'ajouter tous les tue-l'amour inhérents à la post-grossesse. Quand Raoul aura montré le bout de son nez, il faudra faire preuve d'imagination pour retrouver une vie amoureuse épanouie. Faites confiance à l'auteur et à son double (le narrateur s'essaie au roman) pour trouver le truc. Une seconde fois, cet embryon de roman devient formidablement addictif et nous laisse sur notre faim.
Et que dire de Tapage nocturne et neige précoce ? de J'existe (je ne fais que ça) ?, de la dernière nuit du hibou ? et de la fourchette à poisson ? Que ces quatre autres nouvelles sont de la même veine. Qu'on s'y amuse beaucoup, que l'on a sans doute tous déjà rencontré des voisins bruyants qu'il a fallu calmer, que l'on adore le côté transgressif de cet employé d'agence intérimaire chargé de répondre au courrier adressé au père Noël, que l'on se délecte du dialogue entre le candidat au suicide et la mort (après l'appel quasi surréaliste à SOS amitié) et qu'enfin on «voit» déjà sur grand écran le joli film proposé dans l'ultime nouvelle, avec tous les extraits de films référencés ici.
Non, décidément, je ne pardonnerai ce crime de lèse-lecteur à Arnaud Modat que le jour où paraîtra son premier roman. le plus vite sera le mieux!

Lien : https://collectiondelivres.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          183
yv1
  19 janvier 2017
Dans son autoportrait qui clôt ce recueil, Arnaud Modat nous apprend qu'il est "beaucoup moins que la somme de ses personnages." il ajoute "physiquement, je me situe entre Roger Moore et un glissement de terrain. (...) Si j'étais une fleur, je serais bien embêté pour me servir des digicodes, mais sinon, un coquelicot." (p.139/140) Son portrait chinois qui continue sur deux pages est aussi barré que l'ensemble de ses histoires.
- La mer dans le ventre : les joies de la famille et plus particulièrement des fêtes de famille vues par un enfant qui n'hésite pas à digresser, à apporter sa pierre à l'édifice familial en pleine démolition.
- Raoul : Aurore, la femme du narrateur est enceinte et lui absolument pas prêt à être père. En plus, il ne veut plus faire l'amour à Aurore et vont consulter une sexologue.
- Tapage nocturne et neige précoce : le voisin de dessous met sa musique très forte et empêche Henry et Chloé de dormir, Chloé qui doit se lever tôt. Aussi demande-t-elle à Henry d'intervenir, ce qu'il a du mal à faire.
- J'existe (je ne fais que ça) : lorsqu'un gars diplômé ne trouve comme boulot qu'une mission courte consistant à répondre aux lettres envoyées au Père Noël, ses réponses ne sont pas très académiques.
- La dernière nuit du hibou : Cézar Garcia est au bout du rouleau. Avant de se suicider, il appelle tout son carnet d'adresses, même les gens perdus de vue depuis le CE2.
- La fourchette à poisson : un producteur hollywoodien est spécialisé dans les figurants, mais attention, pas n'importe lesquels, les meilleurs. Ceux qui font tellement bien leur boulot qu'on ne les remarque pas.
Attention, ce recueil de six nouvelles plus un autoportrait est hautement fréquentable, voire même indispensable. J'ai ri comme je ris rarement en lisant. D'abord franchement dans les deux premières nouvelles, avec une mention particulière pour Raoul dans laquelle j'ai frôlé le fou rire. le style, les tournures de phrases, les mots rendent cette histoire irrésistible : "Avant qu'elle ne tombe gravement enceinte, Aurore et moi faisions l'amour chaque lundi soir. le reste de la semaine, nous nous aimions sans les mains. Ce n'était pas toujours simple. Il m'arrivait de songer à la culbuter en dehors de la fenêtre de tir. Parfois j'avais envie d'une tendresse buccale au beau milieu d'un week-end, par exemple. J'étais même susceptible de bander un mercredi, journée consacrée traditionnellement à la course à pied et à la restitution des documents à la médiathèque." (p.29) Je pourrais la citer toute, tant j'ai aimé cette histoire on ne peut plus banale, la peur de la paternité qui approche, mais tellement délicieusement racontée.
J'existe parle de la difficulté à trouver du travail et de l'obligation de prendre ce qu'on trouve pour payer les factures et La dernière nuit du hibou de la séparation, de la mort, de la dépression. Icelles font état d'un humour noir, très noir, donc très drôle. A chaque fois, Arnaud Modat parle de thèmes banals : la rencontre, la solitude, l'amour, la séparation, la vie de couple, la mort, la famille, mais il le fait avec un angle de vue personnel qui rend les situations décalées, barrées. Toutes ses nouvelles sont excellentes -même si mon petit faible pour Raoul est bien présent, c'est dire qu'elle est encore mieux qu'excellente.
Certains lecteurs ont peur dès qu'on parle de nouvelles, je leur dis, n'ayez crainte, Arnaud Modat vous emmènera dans son monde, vous rirez franchement, parfois jaune mais vous rirez sur des situations que vous avez pu vivre ou vivez ou vivrez. Avec certains écrivains, on peut rire de tout, sans pour autant rester léger, Arnaud Modat pose de bonnes questions, y répond parfois mais laisse chacun libre d'y apporter ses propres réponses.
Lien : http://www.lyvres.fr
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
audrey-delaune
  02 février 2017
Arrêt non demandé est un très bon livre. Je l'ai attaqué dès que je l'ai reçu et l'ai lu d'une traite en un après-midi.
Ce sont des morceaux de vies choisis parmi les étapes importantes de l'existence et dans l'ordre chronologique: l'enfance, la paternité, les responsabilités du chef de famille, la mort.
Tous ses moments choisis, de vies différentes, ont en commun de montrer le côté sombre de l'existence, les peurs, les doutes, le poids du temps qui passe, tout en apportant de l'espoir voire une certaine morale anti-nombriliste. Arrêtez de vous lamenter, voyez plutôt ce que vous avez! Votre vie est-elle aussi nulle que vous vous complaisez à le croire? NON!
Voilà ce que dit l'auteur. Une sorte d'avertissement, sur lequel fini ce livre: Ne gâchez pas votre temps à vous plaindre et vous morfondre, vivez!
Un thème et une façon de voir les choses auxquels j'adhère particulièrement, mais ce ne sont pas les seules choses qui m'ont fait aimer ce livre. Il est bourré d'humour.
J'en ai fait la lecture à ma grande fille et nous avons beaucoup ri. Elle a particulièrement aimé le chapitre sur l'homme dont le travail consiste à écrire les réponses aux lettres au Père Noël.
Il est difficile de parler de thèmes aussi sombres que la mort et la dépression en faisant rire sans les tourner en ridicule et pourtant, l'auteur y réussit sans problème.
Un livre à lire, sans aucun doute.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
sultanne
  20 février 2017
C'est derrière une couverture austère, un titre ascétique, et une étiquette "roman" erronée, qu'Arnaud Modat a caché ses pépites. Force est de constater que la nouvelle peut trouver, elle aussi, ses titres de noblesse et que même une langue éborgnée peut créer la ferveur.
Car notre auteur a bien plus d'une corde à son arc. S'il manie l'ironie comme personne, la verve et la causticité ne lui font pas défaut... Mais c'est dans l'art de la distorsion qu'il excelle, là où tant ont pu échouer. A révéler sans dissimulation nos pensées les plus enfouies, il nous tend, à bout de bras, le reflet fidèle (un tantinet provocant) de notre indigne psyché.
Récréatif, donc, mais pas que, il porte un petit quelque chose de dérangeant, de décalé et d'une fraîcheur inespérée !
Commenter  J’apprécie          63
lilylitblog
  21 mars 2017
Un style, ça se sent généralement très vite, lorsqu'il est affirmé. C'est d'ailleurs peut-être le point commun de toutes les lectures que j'ai tellement appréciées chez cet éditeur : des plumes reconnaissables entre mille. Arnaud Modat est doté, quant à lui, d'une capacité étonnante à manier l'absurde et la noirceur, se jouant des limites du lecteur sans vergogne. On dirait qu'il s'amuse à nous provoquer : « ah bon, ça te fait rire, ça ? Mais c'est sordide, non ? »
Pour ma part je riais assez ouvertement dans le métro, au point de (presque) manquer ma station. Forcément, pour ne pas risquer le même incident le lendemain, j'ai été obligée de finir ce livre dans la journée, vous comprenez. Il est drôle, caustique, cynique, méchant, glauque, tendre aussi par instants, et impossible à lâcher avant la fin. En dépit du fait qu'on ne sache pas très bien ce qu'on lit. Un roman ? Impossible, les personnages changent de prénom à chaque chapitre. Des nouvelles ? Vraisemblablement, mais avec un vrai fil conducteur et un protagoniste masculin quasi identique. Une autofiction protéiforme ? Peut-être, même s'il semblerait que l'auteur s'en sorte mieux que certains de ses personnages.
Donc, c'est une réussite, sur un créneau pourtant pas si simple à défendre, celui de l'anti-héros masculin blanc hétéro si facile à détester, un peu maladroit, largement flemmard, qui se sent mal dans sa vie, loseur même pas spectaculaire dans l'échec, caractérisé par un problème évident avec toute la gent féminine, qui se traduit par des échecs sentimentaux et un machisme de protection assez insupportable. Vous avez sans doute déjà croisé ce type de personnage, qui me semble pousser comme des chardons dans la littérature française contemporaine (peut-être pas que française d'ailleurs). J'ai fugacement pensé lors de ma lecture à des livres qui ne m'avaient pas vraiment emballée, comme Je vais m'y mettre. Sauf que. Cette fois, quelque chose fonctionne, peut-être parce que l'enfant du premier chapitre nous a mis en condition pour accepter d'essayer de comprendre les personnages suivants. Peut-être parce qu'on se reconnaît un peu aussi dans la rébellion du lutin du Père Noël, et qu'on s'est déjà senti vieillir en hésitant à sonner chez des voisins bruyants en pleine nuit. Ou peut-être juste parce que c'est terriblement bien écrit.
Plus sur le blog et interview de l'auteur :
Lien : https://lilylit.wordpress.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

critiques presse (1)
Actualitte   21 juin 2017
La légère mélancolie qu’on peut déceler dans ce roman ne dissimule pourtant en aucun cas la furieuse envie de vivre qui s’en échappe. Bref, encore un auteur à suivre chez Alma.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   01 février 2017
Il ne faut surtout pas prendre les mômes pour des demeurés monocellulaires consanguins de souche. Une majorité d’entre eux a aujourd’hui accès à Internet. Quatre- vingt-cinq pour cent des 13-15 ans se connectent au moins trois fois par semaine sur Youporn, c’est une statistique officielle et une vérité qui ne dérange personne. Comment les convaincre de fréquenter le catéchisme, dans de telles conditions ? On voit bien qu’il existe un lourd décalage entre le mythe et la technologie moderne de l’information. Ma tâche, néanmoins, consiste à vendre du rêve. J’ai promis sur mon contrat de travail.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
audrey-delauneaudrey-delaune   31 janvier 2017
Jusque là, j'avais toujours trouvé la force de pardonner à Aurore son 85B. Pourtant, adepte comme tout un chacun de séries américaines mettant en scène des sauveteurs en mer, j'avais longtemps espéré me mettre en ménage avec une formidable paire de seins. Mais qu'advient-il de nos rêves d'enfant? Je voulais aussi être pilote de chasse... Bref. Les modifications structurelles ne se sont pas fait attendre. Aurore a commencé à prendre des nichons. J'ai immédiatement tenté de joindre le Vatican mais aucun prêtre assermenté n'était disponible pour attester du prodige et faire sonner les cloches
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
audrey-delauneaudrey-delaune   31 janvier 2017
Sylvie ne rate jamais une occasion d'insulter son compatriote. C'est quelqu'un qui pourrait vivre des années dans un embouteillage, sans s'ennuyer une minute.
Commenter  J’apprécie          20
lilylitbloglilylitblog   01 mars 2017
Je ne demande pas mieux qu'alimenter des cercles vicieux pour le restant de mes jours.
Commenter  J’apprécie          20
autres livres classés : séparationVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Littérature jeunesse

Comment s'appelle le héros créé par Neil Gailman ?

Somebody Owens
Dead Owens
Nobody Owens
Baby Owens

10 questions
1056 lecteurs ont répondu
Thèmes : jeunesse , littérature jeunesse , enfantsCréer un quiz sur ce livre