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EAN : 9782070306381
192 pages
Éditeur : Gallimard (14/04/2005)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 192 notes)
Résumé :
Peu avant ses vingt et un ans, le narrateur, aujourd'hui bien plus âgé, a été victime d'un accident Place des Pyramides : il est renversé par une Fiat vert d'eau, conduite par une jeune femme, Jacqueline Beausergent. En état de choc, il croît reconnaître en cette femme, une personne qu'il a déjà rencontrée, beaucoup plus tôt. Ses souvenirs se mêlent et il associe étrangement cet événement à un accident antérieur dont il ne lui reste que des détails confus. S'il retr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
carre
  22 mai 2012
On retrouve le Modiano qui charme ou exaspère, car avec "Accident nocturne", l'idée de départ ne sert que pour aller fouiller dans la mémoire, celle de son enfance, de ces blessures, de l'image du père, et puis toujours Paris, ce lieu fidèle à ces déambulations nocturnes. Avec aussi plein de clins d'oeil que Modiano distille avec malice. On retrouve cette écriture fluide, aérienne, ce côté détaché marque de fabrique de l'auteur. Avec toujours une certaine mélancolie, Modiano continue de creuser le perpétuel sillon, comme si ces errances dans les limbes de ses souvenirs l'aidait à rester en vie. Dernière chose, le roman me semble plus optimiste que d'autres Modiano.
A vous de voir, si vous serez toucher ou on contraire réfractaire, moi sa sensibilité me touche.
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Alzie
  09 août 2014
Banal accident de la voie publique par une heure tardive d'une nuit hivernale à Paris. Une voiture renverse un piéton place des Pyramides et le catapulte dans son passé. En cause une petite Fiat vert d'eau - 3212FX75, c'est son immatriculation - qui va sillonner ensuite la capitale d'un bout à l'autre du livre.
Hôtel Dieu, clinique Mirabeau, il a semblé au narrateur reconnaître la conductrice, Jacqueline Bonsergent. L'odeur de l'éther puis, la sortie. Des souvenirs fugaces et soudains émergent du flou de sa conscience. Une enveloppe l'attend, remplie de billets de banque, en dédommagement du préjudice. Retrouver la trace de Jacqueline Bonsergent. La filature commence et n'a d'autre but que de trouver quelque chose de lui-même : Patrick, par morceaux, cherche à rassembler Modiano.
Bribes, traces, réminiscences, hypothèses ou suppositions s'emmêlent en des fils compliqués à dénouer. Caser à tout prix cet accident fortuit dans son identité défaite, mal faite ou jamais faite est aussi une manière de la ressaisir. C'est en marchant qu'il tente de combler une part effacée de son enfance et de sa jeunesse. La toponymie précise et identificatrice des lieux, rues, places et boulevards, devient son alliée objective ou consolatrice afin de pister cette femme et sa voiture.
Exercice périlleux, voire impossible, d'un rafistolage souvent oppressant. La narration se fait sur un fil parfois ténu et toujours susceptible de se rompre : l'oubli, les flashes de souvenirs en lambeaux, les amalgames et les recompositions, les rêves, hantent des lignes cependant lumineuses. Enfin, après une succession de rencontres ou de rendez-vous ratés, d'attentes, il retrouve cette femme au nom incongru et la réalité est beaucoup plus légère que tout ce que le lecteur a pu s'imaginer. Ouf.
Modiano, une belle écriture pour un univers étrange très singulier.

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christinebeausson
  17 décembre 2014
Prix Nobel..... Jamais rien lu de Modiano..... Alors je continue encore et encore .....
7/10....
Itinéraire parisien, souvenir d'enfance pour moi aussi ....
Visite de l'aquarium du Trocadéro .... Je ne sais plus quand, je ne sais plus avec qui .... Mais merci Mr Modiano de m'avoir rappelé ce moment .... L'émotion des couleurs derrière tous ces poissons multicolores .... Bonjour nostalgie !
L'obsession de revivre le passé, de faire ressurgir des émotions qui parfois n'ont été qu'esquissées !
Faut il avoir été si malheureux pour se replonger dans les méandres de sa mémoire !
Mais après toutes ses recherches, l'auteur éprouve t il un soulagement d'avoir reconstitué le fil de l'histoire ?
C'est même pas sûr !
Je reste avec une impression de désespoir, d'inutilités, de petites choses sans importance ...
Aucune victoire, même pas pouvoir ressentir un soulagement, peut être juste la simple nécessité que les choses soient dites et surtout écrites pour l'éternité !
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CorinneCo
  10 avril 2014
La quête obsessionnelle de Modiano est comme le chant funèbre d'une enfance fantôme. Oratorio d'une seule voix qui glisse sur les cartes parisiennes d'une mémoire profane et profanée. Un accident de voiture, la quête d'une femme à travers Paris, Modiano navigue dans son vaisseau fantôme avec légèreté et interrogation. Ce petit bouquin se veut une bulle voletant dans l'air de son temps, prenant des chemins et vies parallèles sans jamais s'appesantir sur la solitude, l'absence familiale et la dérive identitaire. Les pythies sont aux carrefours et elles veillent.
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Herve-Lionel
  01 mars 2014
N°666– Juillet 2013.
ACCIDENT NOCTURNEPatrick Modiano - Gallimard.
Un banal accident de la circulation, à Paris, de nuit alors que le narrateur a presque 21 ans : Il est renversé par une voiture, une fiat couleur vert d'eau, conduite par une femme légèrement blessée au visage et titubante, Jacqueline Beausergent qu'il ne connaît pas mais dont le visage lui rappelle quand même quelque chose. Pourtant, cet accident lui en évoque un autre intervenu plus tôt dans sa vie, mais celui d'aujourd'hui est entouré de mystères avec cet accompagnateur taiseux, l'important somme d'argent qu'on lui remet, la feuille qu'on lui fait signer , l'invitation pressante qui lui est faite par l'homme d'oublier cet épisode... A force d'y réfléchir, il se dit que « Cet accident de la nuit dernière n'était pas le fait du hasard. Il marquait une cassure … Il s'était produit à temps pour me permettre de prendre un nouveau départ dans la vie ». C'est que cette femme lui en rappelle une autre qu'il lui faut absolument la retrouver. Ainsi fouille-t-il dans sa mémoire et il y retrouve son enfance et de son adolescence parisiennes, l'image de son père un peu floue et fuyante, des personnages qui ressemblent un peu au narrateur, mystérieux et transparents, pleins de paradoxes et de secrets... A l'occasion de de ce retour sur soi, des figures de femmes émergent, fugaces maîtresses ou passantes diaphanes et inaccessibles. Parfois elles sont un nom, une silhouette, un visage à peine reconnu, tout juste esquissé avec un flot de paroles ou de longs silences.
Reste cette femme, Jacqueline Beausergent, les circonstances de cet accident, l'odeur d'éther de l'anesthésie, la sensation qu'on a d'être entre la vie et la mort, entre douleur et sommeil. Elle renvoie le narrateur à son enfance, quinze ans plus tôt, cet accident presque semblable avec une femme jeune en contre-champ... Ses recherches, vaines au départ, ressemblent un peu à une intrigue policière en trompe-l'oeil, laissant au lecteur la soin d'imaginer la fin.
J'ai retrouvé avec plaisir le style de Modiano, musique douce et légèrement mélancolique dont les notes accompagnent le lecteur dans les arcanes de la mémoire, une sorte d'invitation à l'exploration intime, une autre version de « à la recherche du temps perdu » où se croisent des fantômes dans une déambulation à la fois physique et mentale qui baigne dans le clair-obscur. J'aime bien la façon qu'il a d'évoquer le décor où vivent ses personnages, insistant tout à la fois sur l'ambiance générale du lieu et sur un détail anodin, tissant des images parfois un peu irréelles ou inquiétantes. C'est Paris, ses rues, sa pluie et son brouillard d'hiver, la nuit [« La nuit, dans les rues, j'avais l'impression de vivre une seconde vie plus captivante que l'autre ou, tout simplement de la rêver »]. C'est aussi la mémoire qui mélange le temps et les lieux, les événements aussi, entre souvenir et oubli.
Ce roman est tout à fait dans la veine de l'oeuvre modianienne. On sent le narrateur perdu moins dans Paris que dans sa propre vie [Il se présente,vêtu pauvrement, vivant seul, dans une simple chambre d'hôtel], à la recherche de cette femme mais aussi d'une façon plus secrète de sa propre identité à travers l'exploration de sa mémoire [« Très tôt peut-être, même avant la période de l'adolescence, j'avais eu le sentiment que je n'étais issu de rien ». « Quelle structure familiale avez-vous connue ? J'avais répondu : aucune ». « Il y avait peut-être toute une partie de ma vie que je ne connaissais pas, un fond solide sur sables mouvants. Et je comptais sur la Fiat couleur vert d'eau et sur sa conductrice pour me le faire découvrir »]. Il y a, tout au long de ce roman, un climat mystérieux qui reprend ce thème. L'attitude du narrateur reste énigmatique, la personnalité de Jacqueline Beausergent pose question quant à celle de Solières-Morawki, elle est carrément opaque. A la naïveté du narrateur, j'ai eu envie d'opposer une sorte de crapulerie des deux autres personnages.
Un autre thème récurrent est celui du père. Ici, il est juste évoqué à travers des rencontres furtives avec son fils, mais ce personnage à bien des égards mystérieux reste pour le narrateur une énigme, un personnage insaisissable. Il est présenté comme un homme avec qui il a des rendez-vous dans des cafés avant de disparaître complètement et non comme un père attentif à la vie de son enfant. La seule chose qu'il tient de son géniteur est un carnet d'adresses qu'il lui a dérobé et qui va lui permettre de mener à bien sa quête.
Comme toujours, ce roman a été un bon moment de lecture.

© Hervé GAUTIER - Juillet 2013 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
CorinneCoCorinneCo   08 avril 2014
Je ne sais plus où j'avais lu - peut-être était-ce une note en bas d'une page des Merveilles célestes - que l'on peut glisser à certaines heures de la nuit dans un monde parallèle : un appartement vide où l'on n'a pas éteint la lumière, et même une petite rue en impasse. On y retrouve des objets égarés depuis longtemps : un porte-bonheur, une lettre, un parapluie, une clé, et les chats, les chiens ou les chevaux qui vous avez perdus au fil de votre vie. J'ai pensé que ce chien était celui de la rue du Docteur Kurzenne
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DIEGODIEGO   24 février 2012
Paris est une grande ville, mais je crois que l'on peut y rencontrer plusieurs fois la même personne et souvent dans les lieux où cela paraîtrait le plus difficile : le métro, les boulevards ... Une, deux, trois fois, on dirait que le destin ou le hasard - insiste, voudrait provoquer une rencontre et orienter votre vie vers une nouvelle direction, mais souvent vous ne répondez pas à l'appel. Vous laissez passer ce visage qui restera pour toujours inconnu et vous en éprouvez un soulagement, mais aussi un remords.
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DIEGODIEGO   14 février 2012
Était-ce un hasard si j'avais échoué dans la zone où mon père m'avait donné un dernier rendez-vous ? Sept heures précises du matin, café de La Rotonde, au pied de l'un de ces immeubles de brique qui forment des blocs et marquent la limite de Paris. Là-bas, Montrouge et un tronçon du périphérique que l'on venait de construire. Nous n'avions pas grand-chose à nous dire et je savais que nous ne nous reverrions plus. Nous nous sommes levés et, sans nous serrer la main, nous sommes sortis ensemble du café de La Rotonde. J'ai été surpris de le voir s'éloigner dans son pardessus bleu marine vers le périphérique. Je me demande encore dans quelle lointaine banlieue ses pas l'entraînaient.
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PasoaPasoa   12 août 2017
Retrouver une harmonie perdue. Ces deux mots me faisaient rêver, mais en quoi pouvait bien consister une harmonie perdue ? Dans cette chambre de l'hôtel Fremiet, je me demandais si je ne cherchais pas à découvrir, malgré le néant de mes origines et le désordre de mon enfance, un point fixe, quelque chose de rassurant, un paysage, justement, qui m'aiderait à reprendre pied. Il y avait peut-être toute une partie de ma vie que je ne connaissais pas, un fond solide sous les sables mouvants.

p. 117
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jimmylesaintjimmylesaint   04 février 2014
Quelle structure familiale avez-vous connue ?
J'avais répondu : aucune.

Gardez-vous une image forte de votre père et de votre mère ?
J'avais répondu : nébuleuse.

Vous jugez-vous comme un bon fils (ou fille) ? Je n'ai jamais été un fils.

Dans les études que vous avez entreprises, cherchez-vous à conserver l'estime de vos parents et à vous conformer à votre milieu social ?
Pas d'études. Pas de parents. Pas de milieu
social.

Préférez-vous faire la révolution ou contempler un beau paysage ?
Contempler un beau paysage.

Que préférez-vous ? La profondeur du tourment ou la légèreté du bonheur ?
La légèreté du bonheur.

Voulez-vous changer la vie ou bien retrouver une harmonie perdue ? Retrouver une harmonie perdue. 

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Videos de Patrick Modiano (74) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Modiano
15 décembre 2009 :
Mot de l'éditeur : « Il y avait sûrement en 1942 des après-midi où la guerre et lOccupation semblaient lointaines et irréelles dans ces rues. Sauf pour une jeune fille du nom dHélène Berr, qui savait quelle était au plus profond du malheur et de la barbarie ; mais impossible de le dire aux passants aimables et indifférents. Alors, elle écrivait un journal. Avait-elle le pressentiment que très loin dans lavenir, on le lirait ? Ou craignait-elle que sa voix soit étouffée comme celles de millions de personnes massacrées sans laisser de traces ? Au seuil de ce livre, il faut se taire maintenant, écouter la voix dHélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie.» Patrick Modiano
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