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EAN : 9782070149063
40 pages
Éditeur : Gallimard (19/02/2015)

Note moyenne : 4.51/5 (sur 44 notes)
Résumé :
L'Académie suédoise a décerné, le 9 octobre 2014, le prix Nobel de littérature à Patrick Modiano «pour son art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l'Occupation».
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Eve025
  29 mai 2015
A ma grande honte je n'ai jamais lu de livres de Patrick Modiano, et pourtant j'en ai plusieurs dans ma PAL.
J'ai lu ce discours suite à de nombreuses critiques vues dans la presse écrite ou entendues à la radio. C'est vraiment un très beau texte sur l'écrivain, ses sources d'inspiration, sa façon de travailler... J'ai trouvé sa manière de parler du Paris de l'Occupation très touchante, certes il s'agit de SON thème, celui qui marque l'essentiel de son oeuvre. Ses phrases sur son enfance pas comme les autres sont également très belles.
Sa vision de l'avenir de la littérature est étonnement très positive pour un écrivain dont le sujet de prédilection est le passé.
C'est un court texte qui mérite vraiment d'être lu et puis ce n'est pas tous les jours que la France a un prix Nobel !
CHALLENGE MELI-MELO 2015-2016
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Marti94
  19 mai 2020
J'ai commencé à lire Patrick Modiano dans les années 90 et j'ai tout de suite adoré son univers. D'ailleurs, lorsque Babelio a organisé un concours en 2014 pour deviner qui serait le prochain prix Nobel de littérature j'ai choisi sans hésiter celui que je préférais à savoir Patrick Modiano. Et bien, j'ai gagné un t-shirt Babelio à cette occasion et j'en suis fière.
Dès sa sortie, j'ai acheté le texte du « Discours à l'Académie suédoise » de l'écrivain français qui est malheureusement resté coincé entre deux romans de ma PAL.
Je suis enchantée de l'avoir retrouvé. Il n'y a qu'une trentaine de pages mais c'est du lourd.
Patrick Modiano réussit à nous raconter une histoire, celle de sa vie et de son oeuvre, en quelques pages. C'est quand même très fort!
Pourtant, l'oral n'est pas son fort comme il le précise d'emblée. Mais c'est l'occasion pour lui d'évoquer son enfance parce qu'avec Modiano le temps a de l'importance. Pour lui, les artistes sont liés à leur époque, que ce soit en poésie avec Yeats, en peinture avec Modigliani ou au cinéma avec Hitchcock. Il est né en 1945 et cette date est liée à son oeuvre axée sur la deuxième guerre mondiale et la période de l'occupation. Je pense à « Dora Bruder » par exemple, qui est un chef-d'oeuvre pour moi.
Et puis il y a Paris, sa ville natale et la mienne aussi, grande ville avec ses zones neutres comme il aime à l'écrire en parcourant les rues à la recherche de souvenirs. Parce que si Modiano pense que le rôle de l'écrivain est de révéler la réalité ses thèmes de prédilection sont ceux de la mémoire et de l'oubli. C'est pour cela que ses premières sources d'inspiration sont de vieux annuaires qui lui permettent de poursuivre sa quête sur l'identité et la disparition.
Lu en mai 2020
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clairejeanne
  03 juin 2015
Avez-vous lu ou entendu le discours de Patrick Modiano pour sa réception du prix Nobel de Littérature ? Compte tenu de sa difficulté à s'exprimer oralement, ce sur quoi il ouvre son allocution, il vaut sans doute mieux le lire. Pourtant à le regarder et à l'entendre, on prend conscience que c'est bien un homme d'une grande intelligence, d'une grande gentillesse et d'une grande humilité.Il a choisi de dire sa joie et son émotion, puis son envie de comprendre pourquoi il avait été choisi ; il enchaîne donc sur la "curieuse activité solitaire que celle d'écrire" et complète son propos en parlant de la relation entre le romancier et son lecteur, en faisant la comparaison de l'écriture et de la musique, en expliquant son attachement au Paris sous l'occupation et enfin en situant les racines d'une oeuvre dans l'enfance de son auteur.

Remarquable de simplicité et de finesse littéraire, cet exercice réussi nous livre un peu plus de la personnalité attachante de l'écrivain Modiano.
Extraits (p 8) : " Et puis j'appartiens à une génération où on ne laissait pas parler les enfants ... D'où, sans doute, ce désir d'écrire qui m'a pris, comme beaucoup d'autres, au sortir de l'enfance. Vous espérez que les adultes vous liront. Ils seront obligés ainsi de vous écouter sans vous interrompre et ils sauront une fois pour toutes ce que vous avez sur le coeur."
Extrait (p 15) : "Dans ce Paris de mauvais rêve, où l'on risquait d'être victime d'une dénonciation et d'une rafle à la sortie du métro, des rencontres hasardeuses se faisaient entre des personnes qui ne se seraient jamais croisées en temps de paix, des amours précaires naissaient à l'ombre du couvre-feu sans que l'on soit sûr de se retrouver les jours suivants. Et c'est à la suite de ces rencontres souvent sans lendemains, et parfois de ces mauvaises rencontres, que des enfants sont nés plus tard. Voilà pourquoi le Paris de l'occupation a toujours été pour moi comme une nuit originelle. Sans lui je ne serais jamais né."
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jovidalens
  31 mars 2015
Non, je n'ai pas l'habitude de lire les discours à l'Académie suédoise des nouveaux couronnés du Nobel. Mais,là, comment se priver de ce nouveau texte de Monsieur Modiano ?
En toute simplicité, limpidité il explique , décrit ce qu'est pour lui ce drôle de métier : "écrivain". Entre silence de l'écriture et exposition obligée aux feux des projecteurs.
Je ne crois pas que je pourrais les oublier ces quelques pages et certainement elles me seront refuge pour résister à la morgue de certains écrivains "coureurs" de plateaux de télé et/:ou de chroniques médiatiquement "griffées".
Et sa fascination des villes, ces villes qui sont nos grandes et profondes forêts, où l'on peut se perdre et se cacher...effrayantes mégapoles. Lui, comme nous lecteur, s'interroge :" j'aimerai savoir comment les romanciers de l'avenir évoqueront ces gigantesques concentrations urbaines dans les oeuvres de fiction".
Challenge d'autant plus difficile que pour re-construire un passé, lutter contre l'oubli il ne restera guère de ces chers annuaires anciens si précieux pour un archéologue de la vie urbaine comme a pu l'être cet auteur.
Quelques pages, si précieuses.
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AnnaDulac
  27 septembre 2016
Quand on le voit s'avancer pour prononcer son « Discours à l'Académie suédoise », à la fois si grand et si fragile, notre coeur se serre, car nous savons bien que Patrick Modiano a, comme il le dit lui-même « des rapports difficiles avec la parole » et que « si le romancier peut raturer ses écrits », à l'oral, il n'a pas « la ressource de corriger ses hésitations. »
Pourtant, pour « quelqu'un qui a l'habitude de se taire », quelle réussite que ce discours d'une profonde humilité et en même temps d'une grande lucidité sur ce qu'est l'art du romancier.
On y apprend que le besoin d'écrire est venu à Patrick Modiano comme une revanche sur une enfance un peu mutique, (« j'appartiens à une génération qui ne laissait pas parler les enfants ») pour que les adultes « l'écoutent » enfin et « sachent ce qu'il a sur le coeur. »
C'est aussi en consultant des anciens annuaires de Paris qu'il a eu envie d'écrire ses premiers livres. Il lui suffisait d'un nom, d'un numéro de rue, et son imagination s'envolait.
Quant aux motifs de ses romans, ils sont nécessairement empruntés à son époque, dont l'Occupation, car, dit-il, on ne peut écrire dans une tour d'ivoire. Mais, même si l'écrivain est influencé par « l'air du temps », il exprime toujours « quelque chose d'intemporel. »
Elucider des épisodes de son enfance est aussi une des clés de son écriture.
Le tout est tissé d'influences littéraires, dont celle de Baudelaire, et de tous les romanciers qui ont voulu « explorer les plis sinueux des grandes capitales. »
Le plus bel hommage est celui que Patrick Modiano rend à ses lecteurs et c'est très émouvant.
Il dit que seuls les lecteurs font exister un livre, car un romancier ne peut « se lire lui-même » puisqu'il est comme un « peintre de fresques » travaillant près du plafond et sans recul ou un conducteur « roulant sur le verglas sans visibilité. »
« Oui, le lecteur en sait plus long sur un livre que son auteur lui-même. »
C'est très beau.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   01 janvier 2019
Oui, le lecteur en sait plus long sur un livre que son auteur lui-même. Il se passe, entre un roman et son lecteur, un phénomène analogue à celui du développement des photos, tel qu'on le pratiquait avant l'ère du numérique. Au moment de son tirage dans la chambre noire, la photo devenait peu à peu visible. A mesure que l'on avance dans la lecture d'un roman, il se déroule le même processus chimique.
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TrissotinTrissotin   28 mars 2015
Et puis j'appartiens à une génération où on ne laissait pas parler les enfants, sauf en certaines occasions assez rares et s'ils en demandaient la permission. Mais on ne les écoutait pas et bien souvent on leur coupait la parole. Voilà ce qui explique la difficulté d'élocution de certains d'entre nous, tantôt hésitante, tantôt trop rapide, comme s'ils craignaient à chaque instant d'être interrompus. D'où, sans doute, ce désir d'écrire qui m'a pris, comme beaucoup d'autres, au sortir de l'enfance. Vous espérez que les adultes vous liront. Ils seront obligés ainsi de vous écouter sans vous interrompre et ils sauront une fois pour toutes ce que vous avez sur le cœur.
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TrissotinTrissotin   28 mars 2015
On peut se perdre ou disparaître dans une grande ville. On peut même changer d'identité et vivre une nouvelle vie. On peut se livrer à une très longue enquête pour retrouver les traces de quelqu'un, en n'ayant au départ qu'une ou deux adresses dans un quartier perdu. La brève indication qui figure quelquefois sur les fiches de recherche a toujours trouvé un écho en moi : "Dernier domicile connu". Les thèmes de la disparition, de l'identité, du temps qui passe sont étroitement liés à la topographie des grandes villes.
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jovidalensjovidalens   30 mars 2015
Et si on se rappelle cette distinction scolaire entre l'écrit et l'oral, un romancier est plus doué pour l'écrit que pour l'oral. Il a l'habitude de se taire, et s'il veut se pénétrer d'une atmosphère il doit se fondre dans la foule.
[...]
Il a une parole hésitante, à cause de son habitude de raturer ses écrits. Bien sûr, après de multiples ratures, son style peut paraître limpide. Mais quand il pend la parole, il n'a plus la ressource de corriger ses hésitations.
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TrissotinTrissotin   28 mars 2015
D'être né en 1945, après que des villes furent détruites et que des populations entières eurent disparu, m'a sans doute, comme ceux de mon âge, rendu plus sensible aux thèmes de la mémoire et de l'oubli.
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Videos de Patrick Modiano (74) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Modiano
15 décembre 2009 :
Mot de l'éditeur : « Il y avait sûrement en 1942 des après-midi où la guerre et lOccupation semblaient lointaines et irréelles dans ces rues. Sauf pour une jeune fille du nom dHélène Berr, qui savait quelle était au plus profond du malheur et de la barbarie ; mais impossible de le dire aux passants aimables et indifférents. Alors, elle écrivait un journal. Avait-elle le pressentiment que très loin dans lavenir, on le lirait ? Ou craignait-elle que sa voix soit étouffée comme celles de millions de personnes massacrées sans laisser de traces ? Au seuil de ce livre, il faut se taire maintenant, écouter la voix dHélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie.» Patrick Modiano
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