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ISBN : 2072753805
Éditeur : Gallimard (03/10/2019)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 30 notes)
Résumé :
«Et parmi toutes ces pages blanches et vides, je ne pouvais détacher les yeux de la phrase qui chaque fois me surprenait quand je feuilletais l’agenda : "Si j’avais su…" On aurait dit une voix qui rompait le silence, quelqu’un qui aurait voulu vous faire une confidence, mais y avait renoncé ou n’en avait pas eu le temps.»
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
MarcelP
  04 octobre 2019
Dans Encre sympathique, Patrick Modiano joue à cache-cache avec son lectorat et, de fait, rejoint cet essaim d'ombres qui peuplent son oeuvre. le narrateur, un incertain Jean Eyben, traque les traces furtives d'une fugueuse diaphane, Noëlle Lefebvre, à travers l'espace (la Savoie, l'Italie...) et le temps. Sur ses routes, il croise d'évanescents témoins dont l'identité miroitante reste volatile, comme l'éther.
Qui est ce JE qui s'exprime ? Modiano laisse traîner quelques indices : ainsi quand Eyben écrit "Aujourd'hui, j'entame la soixante-troisième page de ce livre (...)", cette pagination correspond à celle du véritable livre que l'on explore. A trois reprise, il usera de ce subterfuge. Petit à petit l'auteur se confond avec sa créature dans ce numéro de ventriloquie littéraire.
Le romancier emprunte une voie presque perecquienne pour assembler les pièces de son nouveau puzzle, une sorte de polygraphie du cavalier qui le contraindrait à utiliser des fragments de ses récits antérieurs... : un garage louche, un homme affairé dans un bureau vide, un bottin théâtral ou un agenda de toile noire comme autant de notes qui composent la mélodie modianesque. Une impression de déjà-lu, par exemple quand on tombe sur ces lignes : "Je me suis retrouvé seul dans ce petit salon dont la fenêtre donnait sur la cour. J'ai éteint la lampe et, par la porte entrebâillée, je me suis glissé dans la pièce côté rue. Un lit assez large, et une bibliothèque basse le long du mur. Je n'ai pas allumé la lampe de chevet de crainte qu'un passant ne me voie à travers la vitre." (c'est moi qui souligne).
Malgré le flou cotonneux de la narration, le lecteur se sent en terrain connu et se laisse porter par l'art poétique du grand homme. Les clins d'yeux, rituels maçonniques, se multiplient : on retrouve l'agence Hutte et les ruelles romaines (Rue des Boutiques Obscures, 1978), les évocations à mi-mots de quelques affaires criminelles (le docteur Petiot et les valises de ses victimes) ou le parfum suranné des années soixante.
Et soudain, page 110, Modiano bifurque. le récit homodiégétique, confession à double voix, s'interrompt brutalement : l'auteur reprend les rênes de son récit. D'un réel spongieux on passe à une fiction manigancée à la troisième personne. Ce codicille romanesque avait été prophétisé : "Il me semble que tout était déjà écrit à l'encre sympathique." Sous les lignes lues, d'autres remontent à la conscience, celles appartenant à l'un des récits de "Des inconnues" (la nouvelle "Aux jours anciens" signée pour le magazine ELLE en 1998). Palimpseste étrange et déroutant.
L'enchantement se poursuit. Chaque opus m'évoque "le grésillement de plus en plus fort de parasites au téléphone." Il vous empêche "d'entendre une voix qui vous appelle de très loin." Une merveilleuse plongée dans une mémoire rêvée.
Oui, oui… oui… oui, oui, oui, oui, oui… oui, oui, oui…
Lien : http://lavieerrante.over-blo..
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virginie-musarde
  06 octobre 2019
Retrouver Modiano, c'est accepter de replonger dans les brumes du temps, à la recherche de personnes perdues de vue depuis longtemps et dont on n'est même pas sûr qu'elles aient existé, si tant est que leur nom soit leur véritable identité.
C'est naviguer en somnambule dans un Paris qui n'existe plus, dans un temps révolu où les numéros de téléphone ne comportaient pas encore 10 chiffres, à une époque avant les 30 glorieuses où des passés parfois honteux s'effacent et où des avenirs pleins de promesses se dessinent. La fin d'un monde, le début d'une nouvelle ère, où chaque fois le narrateur s'égare, se raccroche à des bribes de souvenirs, des réminiscences..
L'OBS qualifie Modiano de "maître des horloges", c'est presque définir l'auteur, ses sursauts vers le passé, son écriture parfois elliptique (qu'on ne peut manquer d'associer à ses interventions filmées, bredouillantes, hésitantes, comme à la recherche du mot juste qui donnera son sens à sa pensée).
L'encre sympathique, c'est celle qui écrit les messages secrets, celle qui donne encore à voir, roman après roman, l'auteur, dans sa complexité (puisqu'il évoque ici plusieurs fois 'acte d'écriture), et peut-être dans ses complexes.
Un excellent opus ! J'ai beaucoup aimé !!
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benoitr
  14 octobre 2019
Un bon cru que ce Modiano 2019.
J'avais été moins emballé par les précédents mais dans celui-ci on retrouve bien tout ce qui fait le sel des romans de Modiano avec ce côté "enquête", sur les traces de personnages croisés – ou que le narrateur pense avoir croisés dans le passé –, qui ont disparu et dont on essaie de retracer l'itinéraire par une enquête littéraire.
Ici, il s'agit d'une femme nommée Noëlle Lefebvre, à laquelle le personnage Jean Eyben semble très attaché, et dont le nom resurgit parfois au hasard de son existence. Une femme qu'il tente de retrouver depuis les années 60, quand il travaillait pour un détective privé.
Encre Sympathique propose un récit dans lequel passé et présent se mélangent et se répondent, avec pour le narrateur cette angoisse de ne pas se souvenir de certains moments clé que la mémoire tente d'effacer… On retrouve Annecy et ses envions, là où Modiano a vécu une partie de sa jeunesse et qui restent des lieux importants de quelques-uns de ses plus fameux romans.
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Olloix
  07 octobre 2019
J'ai retrouvé le charme d'un grand Modiano avec son univers fait de souvenirs nébuleux et de demi-oublis. Parfois, une vision ou une parole précise illumine cette atmosphère automnale. Malgré ce flou, les personnages ont beaucoup de présence.
La lecture est portée ici par une enquête, initiée il y a longtemps dans l'officine d'un détective privé ...
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Cyrber69
  08 octobre 2019
L'oubli, le rêve, la mélancolie, le charme discret de la bourgeoisie, le 15ème arrondissement, les patronymes hergéen, tout y est. Une douce torpeur vous prend et ne vous quitte plus, un court moment où l'esprit vaque dans les limbes du temps qui passe, qui passe et qui passe.
Du très grand Modiano, n'est pas Nobel qui veut.
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critiques presse (5)
LesEchos   07 octobre 2019
Le prix Nobel de littérature 2014 crée l'événement avec « Encre sympathique », son nouveau roman. Une histoire de disparition pour mieux se retrouver. Et son public aussi.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Liberation   04 octobre 2019
Poursuivant sa quête du passé dans son nouveau roman, le Prix Nobel de littérature arpente à nouveau les dédales de la mémoire, interrogeant l’idée que, peut-être, tous les détails de la vie «sont écrits quelque part à l’encre sympathique».
Lire la critique sur le site : Liberation
LaCroix   04 octobre 2019
Un narrateur erre dans le Paris du passé, à la recherche d’une femme évaporée… Le Nobel de littérature garde son imaginaire, et son style envoûtant.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Bibliobs   04 octobre 2019
Même si le roman est bref, Modiano prend son temps, on croirait qu’il le berce. Il est devenu le maître des horloges de la littérature française. Lentement, il laisse ses souvenirs remonter à la surface des jours.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox   30 septembre 2019
Comme dans un jeu de piste se dilatant dans toute son œuvre, on pourra s'amuser à repérer des éléments, personnages, lieux, déjà présents dans les autres romans de Patrick Modiano. On retrouve aussi dans Encre sympathique l'univers si particulier de l'écrivain, imprégné de la quête infinie d'un passé qui ne cesse de se dérober.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   11 octobre 2019
D’ailleurs, pour parler franc, je n’ai jamais eu d’agendas et je n’ai jamais écrit de journal. Cela m’aurait facilité les choses. Mais je ne voulais pas comptabiliser ma vie, je la laissais s’écouler comme l’argent fou qui file entre les doigts. Je ne me méfiais pas. Quand je pensais à l'avenir, je me disais que rien ne serait perdu de tout ce que j'avais vécu. Rien. J'étais trop jeune pour savoir qu'à partir d'un certain moment vous butez sur des trous de la mémoire.
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PiatkaPiatka   10 octobre 2019
Il ne faut jamais se fier aux témoins. Leurs prétendus témoignages sur des personnes qu’ils auraient connues sont inexacts, la plupart du temps, et ils ne font que brouiller les pistes. La ligne d’une vie disparaît derrière tout ce brouillage. Comment démêler le vrai du faux si l’on songe aux traces contradictoires qu’une personne laisse derrière elle ? Et sur soi-même en sait-on plus long, si j’en juge par mes propres mensonges et omissions, ou mes oublis volontaires ?
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hervegherveg   12 octobre 2019
Je me demande : faut-il vraiment trouver une réponse ? J’ai peur qu’une fois que vous avez toutes les réponses votre vie se referme sur vous comme un piège, dans le bruit que font les clés des cellules de prison. Ne serait-il pas préférable de laisser autour de soi des terrains vagues où l’on puisse s’échapper ?
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PiatkaPiatka   09 octobre 2019
Il y a des blancs dans une vie, mais parfois ce qu’on appelle un refrain. Pendant des périodes plus ou moins longues, vous ne l’entendez pas et l’on croirait que vous avez oublié ce refrain. Et puis, un jour, il revient à l’improviste quand vous êtes seul et que rien autour de vous ne peut vous distraire. Il revient, comme les paroles d’une chanson enfantine qui exerce encore son magnétisme.
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Cyrber69Cyrber69   08 octobre 2019
À mesure que je tente de mettre à jour ma recherche, j’éprouve une impression très étrange. Il me semble que tout était déjà écrit à l’encre sympathique. Quelle est dans le dictionnaire sa définition ? « Encre qui, incolore quand on l’emploie, noircit à l’action d’une substance déterminée. »
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Videos de Patrick Modiano (74) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Modiano
Ce mercredi 2 octobre 2019, La Grande Librairie consacre une émission spéciale à Patrick Modiano, prix Nobel de littérature en 2014, pour la sortie de son nouveau roman « Encre sympathique », qu?il publie aux éditions Gallimard. Pour l?occasion, déambulez aux côtés de François Busnel et de l?écrivain dans les rues de Paris puis dans une vieille décapotable américaine tout droit sortie d?un de ses livres, dans l?atelier de son ami Jean-Jacques Sempé, dans son bureau ou sa bibliothèque...
Retrouvez l?intégralité de l?émission ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-12/1069891-speciale-patrick-modiano.html
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