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EAN : 9782070368358
152 pages
Gallimard (26/11/1976)
3.66/5   272 notes
Résumé :
Comment devenir traître, comment ne pas l'être ? C'est la question que se pose le héros du récit qui travaille en même temps pour la Gestapo française et pour un réseau de résistance. Cette quête angoissée le conduit au martyre, seule échappatoire possible.
Par ce livre étonnant, tendre et cruel, Modiano tente d'exorciser le passé qu'il n'a pas vécu. Il réveille les morts et les entraîne au son d'une musique haletante, dans la plus fantastique ronde de nuit.
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
3,66

sur 272 notes
Dans la tête d'un indic à la solde de la gestapo française.

Le début est assez confus et malsain. le narrateur, un jeune homme de vingt ans, nous convie à la petite sauterie d'un groupe de personnages qui se complaisent dans l'opulence, s'extasient de boire du cognac qu'on ne trouve plus qu'à 100 000 francs le quart de litre, et fument des anglaises à 20 000 francs le paquet. Ça s'amuse, ça danse, ça batifole pendant que les hurlements d'un homme montent du sous-sol dans l'indifférence générale. On sait juste qu'un coup de filet se prépare grâce aux informations que doit fournir le narrateur. Ça y est, nous sommes entrés dans la ronde… mais quelle ronde ?
Une avalanche d'informations nous dégringole dessus de manière décousue. Et puis, nous comprenons, pensons comprendre…
Il y un magnifique passage, vertigineux, à peu près au tiers du roman, que je trouve emblématique de l'atmosphère de ce roman. Je le mets en texte masqué, il est assez long. Pour ceux qui en ont le courage :


Oui, c'est une ronde, une ronde sombre, glauque, dérangeante ; une représentation hallucinée et angoissée de l'époque de l'occupation, à l'instar d'un mauvais rêve dont les impressions s'agrippent, s'enflent, se répètent, et tournent, tournent, tournent, sans relâche, telle une ronde de nuit, balayées par intermittence d'un faisceau de lumière, ponctuées de déambulation dans un Paris occupé et de souvenirs d'avant-guerre. le temps y est également déformé, dédoublé.

A mon avis c'est typiquement le genre de livre sans demi-mesure : soit on aime, soit on déteste. Ce n'est pas une lecture plaisante à proprement parlé. Elle est déroutante, dérangeante mais elle est fascinante. Et comme les réminiscences d'un rêve, elle est sujette à interprétation. La personnalité et les motivations du jeune narrateur sont ambigües, se dévoilent par petits bouts, se contredisent parfois. Un garçon dont on disait qu'il aurait un bel avenir, un garçon qui promettait. Mais comme il le souligne lui-même : qui promettait quoi ?
Patrick Modiano fouille ce que la conscience à d'ombres et de replis dans une atmosphère psychédélique à travers un personnage ordinaire, lucide sur lui-même, bien qu'il aurait sans doute voulu être autre, un personnage qui nous emprisonne dans ses pensées. Je vous laisse découvrir.
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« Il me semblait que depuis toujours je marchais dans la nuit au rythme de cette musique douloureuse et obstinée. Des ombres agrippaient le revers de ma veste, me tiraillaient des deux côtés, m'appelaient tantôt « Lamballe », tantôt « Swing Troubadour », me poussaient de Passy en Sèvres-Lecourbe et de Sèvre-Lecourbe en Passy sans que je comprisse rien à leurs histoires. »
Paris pendant la seconde guerre mondiale, capitale occupée par les nazis, les français ont choisi leur camp par conviction ou par nécessité. La collaboration ou la résistance, l'alternative est claire, sauf pour le narrateur qui déambule dans les quartiers de la ville lumière, noctambule déboussolé, jeunesse naïve et ignorante. Au nom d'une pauvreté qu'il fuit, il se vend au parti des traîtres, société interlope de gens couards et pervertis aux noms exotiques, « Affairistes, morphinomanes, charlatans, demi-mondaines comme on en voit grouiller aux « époques troubles ». »
Il s'introduit dans un réseau de résistants afin de les vendre, mais se ravise en donnant son propre nom de code à cette organisation de justiciers traîtres.
Deuxième roman de Patrick Modiano. Les mots, les personnages, les rues tournent dans une ronde enivrante jusqu'au dénouement dramatique. Aucune morale à cette histoire, des faits et un éternel questionnement sur les décisions que l'on prend face à une situation particulière dans un contexte critique. La nuit est le cadre idéal de tous les drames…
Editions Gallimard, Folio, 153 pages.
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J'ai eu la chance de pouvoir emprunter l'édition réservée aux Membres du Cercle du Nouveau Livre dans laquelle l'auteur s'exprime en annexe sur son roman : " Il m'est difficile de parler de la Ronde de Nuit. Je peux simplement indiquer les circonstances et le climat qui m'amenèrent à écrire ce livre.
Je me trouvais seul à Paris, au mois d'août. J'occupais - je ne sais plus par quel hasard - une chambre dans un quartier résidentiel de l'ouest : le XVIe arrondissement. Quartier "bourgeois". On le trouve ennuyeux. [...]
La Ronde de nuit pourrait être, par exemple, la rêverie d'un promeneur solitaire, au mois d'août, dans le XVIe arrondissement. le bruit de ses pas réveille les fantômes et il écoute, dans le silence de ce quartier, les secrets terribles que les pierres conservaient depuis vingt ans."

Bon j'entre dans son rêve, dialogues d'une bande d'éméchés, faisant la fête dans une grosse maison bourgeoise. C'est un peu comme un grand tour de carrousel, l'impression de la tête qui tourne, tellement de noms, tellement de visages. Puis un narrateur semble émerger au centre d'un amas de questions. Un interrogatoire ? Autour de lui, on danse, on rit, on fume, on boit, ... On : trop de noms. p.30 " Une partie de colin-maillard ? - Excellente idée ! - Nous n'aurons pas besoin de nous bander les yeux. " Double je, double jeux, ... moi je tatonnais.

Le narrateur se met à table : un oignon à peler. Avec qui ? Il se laisse embarquer. p.70 "Vous venez mon petit ? demande le Khédive. Dehors c'est le black-out, comme d'habitude." A fond la caisse en 11 CV dans ce Paris déserté, les grands boulevards défilent. Des noms, encore des noms. Trop de noms pour moi. Coup de filet, coups de feu. C'est la guerre ! Flashbacks. p.125 "Quelques pas encore. A gauche, le théâtre des Ambassadeurs. On y donne la Ronde de nuit, une opérette bien oubliée." Alors même pas Rembrant ? J'aurais tout faux ?

Et pendant les petites ritournelles et les airs de piano qui émaillent ce court récit, dans ma tête c'est Marie-Paule Belle qui les supplante : "Je ne suis pas Parisienne, ça me gêne, ça me gêne..." . Voilà peut-être aussi pourquoi je me perds facilement au fil des pages, au fil des rues.

La narration reprend, revient en arrière, pour préciser, pour éclaircir, pour expliquer. Quoi ? Pour s'expliquer, soi. Soit se dédouanner. Eplucher le pourquoi, le comment : toujours cet oignon. Je devrais pleurer ? Mais non. Double je, double jeux, trahisons. Il y a longtemps que j'ai quitté Paris. Dans la tête d'un lâche, dans la tête d'un traître, voilà où m'a emmené Patrick Modiano... pour au final fuir lâchement sa jeunesse trahie, pourchassé par ses démons.
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Le début du roman est compliqué, le lecteur croule sous le nombre de personnages aux noms parfois improbables, c'est confus, décousu, et en même temps fascinant. le lecteur devine, perçoit, plus qu'il ne comprend qu'il a affaire à un groupe plus ou moins mafieux et collabo. L'atmosphère est particulièrement bien rendue, on sent tout le côté interlope et sulfureux de cet univers de noctambules du Paris de l'Occupation.
Le narrateur, qui reste anonyme, même si à moment donné il se dit fils de l'escroc d'avant-guerre, Stavitsky, est un jeune homme très ordinaire, qui se laisse porter par les événements de façon assez aléatoire, sans grande motivation. Perdu, il est incapable de choisir entre deux camps, entre occupants et résistants. A force de tergiversation, il se retrouve à la fois Swing Troubadour pour les uns, chargé d'infiltrer un réseau de résistants et Princesse de Lamballe pour les autres, chargé d'organiser un attentat dans les locaux des collabos. Assailli de pensées contradictoires, il finit par dénoncer les résistants et se dénoncer ensuite aux collabos.
Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce roman, bien trop complexe à mon goût. Mais cette façon de rentrer dans la tête du personnage, et de percevoir ce qui l'entoure de façon hallucinatoire, m'a fascinée. Les références à une ronde vertigineuse, ou à des manèges de foire sont à l'image de l'état mental du personnage, qui finit par ne plus vraiment savoir ni qui il est, ni où il en est.
Intéressant donc, tant par la forme que par le fond, mais pas mon Modiano préféré.
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La Feuille Volante n° 1198
LA RONDE DE NUITPatrick Modiano – Folio. (1969)

Le titre de ce roman évoque un célèbre tableau de Rembrandt mais ici Modiano s'approprie une des périodes les plus sombres de notre histoire, celle de la deuxième guerre mondiale et de la collaboration comme il le fera plus tard comme co-scenariste du film « Lacombe Lucien » (1974).
Le personnage central qui se cherche une paternité, est chargé par la gestapo d'infiltrer un réseau de Résistance et, ironie du sort, ses membres lui demandent d'espionner les Allemands, ce qui fait de lui un agent double. Il se dit que cette duplicité ne le gêne pas et correspond même à son caractère. Il hérite de deux noms de guerre, un de chaque côté et il devient donc un autre homme qui ne va pas manquer de s'épanouir dans cette période troublée et surtout d'en profiter. Il n'a pas beaucoup d'état d'âme et trahit pour l'argent qui va lui permettre de s'offrir des choses inutiles dont il a cependant envie. Il veut essayer de nous faire croire qu'il agit ainsi pour pourvoir aux besoins de sa vieille mère, mais le lecteur n'est pas dupe car cet homme est avant tout sensible à l'argent et à l'illusoire puissance qu'il confère à ceux qui en ont. Il est aussi réceptif à l'orgueil qui insuffle de l'importance aux quidams et leur donne l'impression d'être quelqu'un. Il pourrait endosser cet habit de traître par idéal, mais il n'en n'est rien. Il choisit de livrer ses compatriotes parce qu'il fait partie de ces gens à qui ces temps troublés permettent de se venger de quelque chose ou de quelqu'un sans être inquiétés. Cela peut aussi leur donner l'illusion d'avoir une importance qu'ils n'ont pas en réalité parce qu'il est plus facile d'être un salaud qu'un héro. Ceux qu'il va dénoncer sont des Français qui se battent pour la libération de leur pays mais il n'en n'a cure même s'il ressent une sorte de vertige que le style de Modiano rend parfaitement. Il comprend bien qu'ils sera tué s'il est pris par la Résistance, mais il le sera aussi par la Gestapo parce que, capable de renier son propre pays, il reniera aussi aussi ceux qui se seront servis de lui quand l'heure sera venu de sauver sa peau. Il n'a donc la considération de personne et sans doute pas de lui-même employé qu'il est uniquement pour le sale travail, entre délateur, indic, pilleur et peut-être assassin, ce qui, chez lui implique non seulement une grande solitude, une peur du lendemain mais aussi un mal-être qui s'installent de plus en plus. Il en vient à détester ces apparences trompeuses, l'instabilité qui s'installe ce qui lui fait entrevoir l'inévitable issue de cette situation de traître dans laquelle il s'est lui-même mis.
On a coutume de dire que Modiano explore dans chacun de ses romans sa propre identité en même temps que ses origines familiales. Ici ce n'est peut-être pas le cas puisqu'il n'a pas connu la période qu'il évoque, mais à première vue seulement. En effet, il me semble que l'ombre du père plane sur cette fiction. Cet homme, que l'auteur n'a finalement que croisé durant sa vie, reste pour lui une énigme et son écriture tend à lever le voile sur ce mystère. Cet homme a en effet eu un rôle trouble pendant l'occupation et quoique juif, n'a jamais porté l'étoile jaune comme il en avait l'obligation, mais au contraire a accumulé, pendant cette période, une fortune dont les origines sont pour le moins troubles. Modiano met en scène dans ce roman des personnages en leur donnant un nom d'emprunt mais, il est possible de reconnaître sous les trait de Philibert, l'inquiétant inspecteur Bonny et sous ceux du Khédive, la non moins effrayante figure d'Henri Lafont, chef de la gestapo française qui finiront tous les deux fusillés à la Libération en décembre 1944. Quant au 3 bis square Cimarosa il ressemble vraiment beaucoup au 93 rue Lauriston, siège de la gestapo.

Comme toujours, j'ai apprécié autant le style de Modiano que l'ambiance de ce roman. Il y règne, comme toujours une atmosphère un peu inquiétante, glauque même, celle du mystère et d'une sorte de quête de quelque chose ou de quelqu'un.

© Hervé GAUTIER – Décembre 2017. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Les gens avaient quitté Paris au mois de juillet. Le soir ils se rassemblaient une dernière fois aux terrasses des Champs-Elysées et du Bois de Boulogne. Jamais mieux qu’en ces instants, je n’avais goûté la tristesse de l’été. C’est la saison des feux d’artifice. Tout un monde prêt à disparaître jetait ses derniers éclats sous les feuillages et les lanternes vénitiennes. Les gens se bousculaient, parlaient très fort, riaient, se pinçaient nerveusement. On entendait les verres se briser, des portières claquer. L’exode commençait. Pendant la journée, je me promène dans cette ville à la dérive. Les cheminées fument : ils brûlent leurs vieux papiers avant de déguerpir. Ils ne veulent pas s’encombrer de bagages inutiles. Des files d’autos s’écoulent vers les portes de Paris, et moi je m’assieds sur un banc. Je voudrais les accompagner dans leur fuite mais je n’ai rien à sauver.
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Mon ombre se projetait jusqu’au seuil de la rue Royale, ma main gauche atteignait le jardin des Champs-Elysées, ma main droite la rue Saint-Florentin. J’aurais pu me souvenir de Jésus-Christ mais je pensais à Judas Iscariote. On l’avait méconnu. Il fallait beaucoup d’humilité et de courage pour prendre à son compte toute l’ignominie des hommes. En mourir. Seul. Comme un grand. Judas, mon frère aîné. Nous étions l’un et l’autre d’un naturel méfiant. Nous n’espérions rien de nos semblables, ni de nous-mêmes, ni d’un sauveur éventuel.
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—Les hommes que j’utilise, nos méthodes brutales, le fait de vous avoir proposé un travail de mouchard, vous qui avez une charmante petite gueule d’enfant de Jésus, tout cela ne plaide pas en notre faveur, hélas…
[…]Tout cela, je le comprends, peut impressionner un jeune homme bien élevé. Mais (sa voix prend une intonation rageuse) si vous vous trouvez cette nuit en compagnie de gens aussi peu recommandables, c’est que, malgré votre petite gueule d’enfant de chœur… (Très tendre.) C’est que nous sommes du même monde, Monsieur.
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Je me retrouvais seul sur un banc. Il y a des endroits qui incitent à la méditation. Les squares par exemple, principautés perdues dans Paris, oasis malingres au milieu du vacarme et la dureté des hommes. Les Tuileries. Le Luxembourg. Le Bois de Boulogne. Mais je n'ai jamais tant réfléchi qu'au jardin des Champs-Elysées. Quelle était au juste ma raison sociale? Maître chanteur? Indic de police? Je comptais les billets de banque et prélevais mes dix pour cent. J'irai chez Lachaume commander un buisson de roses rouges. Choisir deux ou trois bagues chez Ostertag. Puis chez Piguet, Lelong et Molyneux, acheter une cinquantaine de robes. Tout cela, pour Maman. Maître chanteur, gouape, donneuse, indic, assassin peut-être, mais fils exemplaire. C'était ma seule consolation.
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Ce quartier résidentiel est le plus redoutable de Paris. Le silence qui y régnait jadis à partir de huit heures du soir avait quelque chose de rassurant. Silence bourgeois de feutre, de velours et de bonne éducation. On devinait les familles réunies dans le salon après dîner. Maintenant, on ne sait plus ce qui se passe derrière les grandes façades noires.
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Vidéo de Patrick Modiano
Avec son dernier roman "La Danseuse", Patrick Modiano parvient-il à nous emporter ? Et que penser de "L'Hôtel des oiseaux" de Joyce Maynard, autrice abonnée aux best-sellers du New York Times, et dont le roman se retrouve au coeur de polémiques sur l'appropriation culturelle aux Etats-Unis ?
Géraldine Mosna-Savpye et Nicolas Herbeaux en parlent avec nos critiques, Elise Lépine, journaliste littéraire au Point, et Virginie Bloch-Lainé, productrice à France Culture.
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Vignette : Maryna Terletska/Getty Images _____________ Livres, films, jeux vidéo, spectacles : nos critiques passent au crible les dernières sorties culturelles par ici https://youtube.com/playlist?list=PLKpTasoeXDrosjQHaDUfeIvpobt1n0rGe&si=ReFxnhThn6_inAcG une émission à podcaster aussi par ici https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture
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