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EAN : 9782072746369
Éditeur : Gallimard (26/10/2017)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 34 notes)
Résumé :
«Elle sort du théâtre et elle s’agrippe à mon bras… Elle me dit que le metteur en scène, Savelsberg, est venu à l’entracte dans sa loge pour lui proposer le rôle de Nina dans La Mouette, la saison prochaine… Elle ne comprend pas… Savelsberg se déplaçant pour la voir, elle, une débutante, dans une reprise de Noix de coco et lui proposant de jouer Tchekhov ? Nous montons la rue Blanche sous cette couche de neige… comme dans un rêve…»
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Musardise
  12 février 2020
Pour une fois, je vais faire court, déjà parce que cette pièce de théâtre que j'ai lue il n'y a pas si longtemps, je suis déjà en train de l'oublier (tiens, un sujet pour Modiano).
On y voit un personnage, Jean, se remémorer un épisode de son passé, alors qu'il tentait à 20 ans de devenir écrivain et que son amie était actrice et répétait le rôle de Nina dans La Mouette. Mémoire, nostalgie, mélancolie... c'est bien du Modiano, pas de doute !
Ça se lit aisément, c'est plutôt agréable. Mais je ne vois pas très bien ce que ça apporte de nouveau dans le corpus de l'auteur. le genre théâtral, s'il ne me semble pas complètement inapproprié, ne m'apparaît pas comme très intéressant pour autant. Modiano utilise des scènes oniriques et de flash-back, comme l'ont fait avant lui Miller - pensons à La mort d'un commis voyageur - et Soyinka, entre autres dramaturges avertis. Et c'est loin d'être aussi réussi sur le plan dramaturgique que les pièces des susnommés, parce que pas du tout novateur. Certes, le procédé rend en partie l'atmosphère qu'on ressent dans les romans de Patrick Modiano, ça colle assez bien à l'auteur, mais je ne trouve pas que ce soit aussi prenant que lorsqu'on entend la petite voix mélancolique du narrateur par le biais du texte romanesque. de plus, la référence à Tchekhov et la mise en abyme me semblent un tantinet trop facile - question mise en abyme, Modiano a de sérieux concurrents dans l'histoire du théâtre, je ne suis pas certaine qu'il ait bien fait de se lancer là-dedans. Bref, c'est un peu du réchauffé sur tous les plans. le seul point qui ressort vraiment, c'est la figure de la mère, qui s'est considérablement adoucie au fil des textes et des années.
Lire les romans me paraît une meilleure option.


Challenge Nobel
Challenge Théâtre 2020
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Alzie
  12 novembre 2017
Pourquoi pas le théâtre ? Rien ne doit surprendre concernant Modiano qui s'y est déjà essayé, sans succès il faut dire, avec "Polka" (pièce inédite) en 1974. Avec Nos débuts dans la vie il prolonge par une courte pièce, pour la finaliser peut-être en un volet intime plus familial, la reconstitution de la chambre d'échos de ses vingt ans accompagnant la parution du roman « Souvenirs dormants ». Une nouvelle forme donnée à un travail exploratoire peu ordinaire de la mémoire initié officiellement de manière tonitruante par l'écrivain en 1968, mais pas sur les barricades, avec sa grande purge "La Place de l'Étoile" - où le narrateur, Schlémilovitch, promettait déjà à sa mère d'écrire une tragi-comédie où elle aurait un rôle. c'est fait.
Dans un coin du plateau, une loge de théâtre. En scène, cinq personnages : Jean, qu'on retrouve âgé au tout début et à la fin de la pièce, en quête de souvenirs, cherchant plus particulièrement une loge de théâtre… mais c'est le jeune homme de vingt ans qui joue et dont on entend la voix dans le corps de la pièce. Sera t-il écrivain ? Il y travaille en tout cas. Accroché à un manuscrit auquel il s'est enchaîné par une menotte craignant qu'on le détruise ou le subtilise !!! Dominique vingt ans également, son amie, deuxième personnage, est une débutante qui partage sa loge avec lui. Tandis qu'elle apprend le rôle de Nina dans « La Mouette », cette jeune femme amoureuse de Treplev qui se rêve actrice, Jean lui donne occasionnellement la réplique prêtant sa voix à Trigorine, écrivain à la mode avec lequel Nina s'enfuit à Moscou. A une porte de là, dans un théâtre mitoyen, Elvire - (la mère de Jean) aurait bien rêvé de jouer Tchékov mais interprète du boulevard... « Bon week-end, Gonzales » - et son ami journaliste, l'antipathique et déplaisant Caveux, s'en prennent aux deux jeunes gens (quelques comptes réglés au passage par Modiano. le lecteur averti s'amuse à deviner lesquels sous l'ironie des sarcasmes). Enfin le cinquième personnage de la troupe, Bob, est un régisseur fort ingénieux. Un haut-parleur reliant les deux théâtres permet en effet à Jean, installé dans la loge de Dominique, de suivre le cours des répétitions des deux pièces, celle de son amie et celle d'Elvire sa mère qu'il veut à tout prix éviter.
Cinq personnages, de multiples voix et autant d'échos que de rêves et d'illusions, avant une générale qui fait date dans la mémoire de Jean (on peut y ajouter, en off, la voix du metteur en scène). Jeux de pénombre et de lumière indiquent les va-et-vient de la mémoire errante de Jean mise en perspective par une double partition où les protagonistes acteurs/interprètes jouent à la fois du Modiano et du Tchékov (Salacrou, « L'inconnue d'Arras » est un peu sollicité vers la fin)... Mais il faudrait évidemment que la pièce puisse être mise en scène pour être sûr que le dispositif du haut-parleur prévu par Bob joue bien son rôle d'amplificateur sonore dans cette caisse de résonances d'une jeunesse enfuie suggérée par le texte… A défaut, tout ceci ne serait que beaucoup de bruit pour rien...
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dancingbrave
  10 décembre 2017
Un beau Modiano, différent néanmoins:
Unique pièce de théâtre de Patrick Modiano, je crois, dans laquelle, en quelques mots, l'auteur à outrepassé son pouvoir hypnotique.
Toujours ce trouble, ce brouillard dans les lieux, le temps, les personnages ; une homosexualité diffuse, des parents obscurs aux agissements étranges.
Par le subterfuge d'une mise en scène précise dans laquelle les indications de lumière et de décor sont primordiales, l'auteur nous plonge plus profondément et plus confusément qu'a son accoutumée dans la brume très dense qu'il affectionne, en jouant sur les personnages, acteurs et écrivains, et les acteurs les interprétants ; en jouant sur l'histoire ressemblant étrangement au thème de la pièce que les personnages interprètent.
Me suivez-vous ?
L'égarement du lecteur, pour peu que lui-même rêvasse, ce qui est souvent mon cas, devient vite envoutant ou angoissant selon que l'on aime ou pas la thématique chérie de l'auteur.
J'ai véritablement plongé dans cette mise en abîme mélancolique et j'en suis sorti dans un état de trouble que j'aime à retrouver dans mes lectures de Modiano.
Et comme l'ouvrage est peu volumineux, je n'ai pu résister à une re-lecture dans la foulée, histoire d'y voir un peu mieux.
Mais l'animal sait bien mener son affaire et les doutes subsistent.
Heureusement…
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Nuageuse
  15 février 2020
Dans cette pièce de théâtre écrite récemment par Patrick Modiano, nous sommes loin des déambulations dans les rues de Paris. Cependant, elles restent présentes (notamment celles du 13ème: heureux hasard, je fais actuellement mon stage dans cet arrondissement !).
Patrick Modiano s'interroge à travers les personnages de Jean et de Dominique. Ils s'aiment mais la mère de ce premier ainsi que son drôle de compagnon ne voient pas cet amour d'un bon oeil et tente à tout prix de les séparer.
A travers cette passion contrariée, Dominique joue Nina dans la pièce de Tchekhov "La Mouette" que j'ai envie de lire maintenant !
Ce qui est étonnant dans l'évolution du théâtre depuis les Tragédies d'Eschyle est le nombre important de didascalies : les metteurs en scène et les acteurs ont moins de liberté.
Une pièce qui reste dans la continuité du style modianesque que j'aime tant par sa sensibilité.
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Herve-Lionel
  07 mars 2018
La Feuille Volante n° 1225
Nos débuts dans la viePatrick Modiano – Gallimard.
Modiano est un romancier nobélisé et propose cette pièce en un acte et en prose, en réalité une mise en abyme théâtrale qui se passe dans une loge. Ici il nous offre une pièce de théâtre, ce qui est plutôt rare dans son oeuvre (la troisième) et ce d'autant que, par effet miroir, elle évoque aussi son dernier roman « Souvenirs dormants »( La Feuille volante n° 1219). Bien sûr, il va comme toujours, explorer sa mémoire à travers cinq personnages, Jean, un écrivain qui a des démêlés avec sa mère Elvire, comédienne de seconde zone et Caveux, son compagnon, plutôt journaliste que vraiment écrivain selon Jean (les allusions autobiographiques sont ici très marquées), Dominique, 20 ans, qui, bien que débutante, répète « La Mouette » de Tchekhov, Robert le Tapia est un vieux régisseur de théâtre. La mère de Jean répète dans le théâtre voisin une pièce de boulevard « Bon week-end Gonzales ». Caveux (où on peut voir la personnalité de Jean Cau, antipathique personnage avec qui l'auteur règle quelques comptes) qui est l'amant de sa mère, veut dégoûter Jean de l'écriture, lui enjoint de prendre un vrai métier et exhorte aussi Elvire d'exercer sur lui son rôle de mère tant il estime que Dominique a une mauvaise influence sur Jean. Bien qu'Elivre ne se soit que peu occupée de son fils, elle ne souhaite pas que celui-ci lui échappe. Elle adopte en cela un peu la posture d'une mère face à une autre femme qui va lui ravir son enfant. de plus Dominique a un talent dont est dépourvue Elvire qui ne joue qu'une obscure pièce de boulevard. Pour suggérer cela, l'auteur donne à penser qu'il y a une porte de communication entre les deux salles et on peut d'ailleurs entendre dans la loge de Dominique ce qui se passe dans le théâtre d'à côté grâce à un haut-parleur judicieusement placé. le thème de l'absence de la mère est ici sous-jacent, quant au père, il n'en parle même pas. Il y a même une certaine hypocrisie dans le discours qu'Elvire adresse à son fils puisqu'elle l'a quelque peu abandonné mais n'oublie pas de la solliciter pour quelques subsides . Elle est non seulement jalouse de Dominique à cause de l'intérêt que ce dernier lui porte mais également parce que la jeune fille joue Tchekhov, ce qu'elle ne fera probablement jamais ! Jean est un jeune écrivain qui croit en l'avenir de ses manuscrits, celui qu'il est en train d'écrire, de corriger et surtout de protéger de peur qu'on ne lui prenne, et ceux qu'il écrira plus tard, mais il doute de son talent. Il hésite face à l'avenir et ce d'autant que Caveux fait tout ce qu'il peut pour le décourager. Dominique elle croit au théâtre, hésite elle aussi, mais son talent est déjà reconnu. Tous les deux incarnent l'avenir (ils sont 20 ans) comme Elvire et Caveux représentent le passé. On ne peut pas ne pas voir là une allusion autobiographique.
Comme toujours l'auteur explore sa mémoire à travers les noms qu'il cite de personnages connus de lui ou simplement croisés, une date, la bouteille d'éther à laquelle il fait allusion. Il semble nous dire, à travers la répétition d'une scène de « L'inconnue d'Arras » que répètent Dominique et Jean, à l'occasion de l'évocation d'un hiver à Paris, qu'elle peut défaillir, que le temps passe et avec lui que le souvenir des choses et des êtres s'efface. le jeu du l'ombre et de lumière dans la mise en scène suggère également cette idée...
Dans cette pièce il y a aussi ce vieux fantasme des secrets des salles de théâtre qui seraient gardiennes de toutes les voies et de tous les fantômes spectateurs qui ont assisté ici à une représentations. L'auteur file cette métaphore à travers les vieilles affiches qu'on décolle et qui laissent voir celle de la première représentation. C'est encore une manière de scruter le passé.
Modiano est un romancier qui s'est peu aventuré dans le domaine du théâtre. J'avoue que je le préfère dans le premier rôle que dans le second, la magie et la musique des mots ne s'exercent pas de la même manière dans une pièce et l'ambiance y est différente. Pour autant l'auteur pose une nouvelle pierre à son édifice de mémoire.
© Hervé GAUTIER – Mars 2018. [http://hervegautier.e-monsite.com
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
dancingbravedancingbrave   08 décembre 2017
- Vous vous méfiez toujours des femmes ?
- Comment oses-tu me poser cette question stupide ?
- Vous me disiez qu’il fallait les éviter….
-C’était pour ton bien…pour que tu reste un garçon intègre… « Un garçon pur et violent »
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NievaNieva   09 novembre 2017
JEAN
Mais oui, je le crois... J'ai une certaine expérience... Je suis né dans une loge de théâtre... j'y ai joué aux billes... j'y ai fait mes premiers devoirs d'écolier... Et j'y habite avec toi depuis quelques jours... Tu n'as rien à craindre... je t'ai entendue... tu ne peux pas mieux jouer le rôle de Nina... (Un temps.) Je vais essayer de retenir la date de ce soir... Le lundi 19 septembre 1966... la date d'une générale dont j'ai l'impression qu'elle marquera nos débuts dans la vie...
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AlzieAlzie   10 novembre 2017
JEAN
Maintenant, je comprends... Tous ces murs, cette scène et ces balcons sont imprégnés par les voix de ceux qui ont joué ici, depuis le début... Comme dans une caisse de résonnance. Il suffirait d'appuyer sur un bouton qui se trouve peut-être quelque part dans les coulisses et l'on entendrait toutes ces voix, toutes ces pièces, depuis cinquante ans... (p. 48)
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NuageuseNuageuse   15 février 2020
Pourtant, le théâtre c'est le théâtre... Et les pièces qu'on y joue peuvent être différentes, mais c'est toujours les mêmes coulisses, les mêmes loges, le même vieux velours rouge, la même angoisse avant d'entrer en scène...
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NievaNieva   07 novembre 2017
JEAN (pensif)
La vie en forme de proue...

CAVEUX
Vois-tu, j'ai toujours admiré les danseurs et les toreros... J'ai écrit des articles sur certains d'entre eux... en particulier sur Luis Miguel Dominguín et El Cordobés... et sur ce très jeune torero qu'on appelle El Litri... et aussi, évidemment sur Rudolf Noureev... À leur contact, j'éprouvais, commente te dire, une sorte d'exaltation... J'admirais leur travail, leur courage, leur beauté... Si tu avais vu Noureev le matin, s'exerçant à la barre pendant des heures... Et El Litri, quand il était adolescent, entrer dans l'arène... un archange... J'aimerais que tu sois comme eux...

JEAN
Mais je ne suis rien à côté de ces étoiles... une poussière...
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Vidéo de Patrick Modiano
15 décembre 2009 :
Mot de l'éditeur : « Il y avait sûrement en 1942 des après-midi où la guerre et lOccupation semblaient lointaines et irréelles dans ces rues. Sauf pour une jeune fille du nom dHélène Berr, qui savait quelle était au plus profond du malheur et de la barbarie ; mais impossible de le dire aux passants aimables et indifférents. Alors, elle écrivait un journal. Avait-elle le pressentiment que très loin dans lavenir, on le lirait ? Ou craignait-elle que sa voix soit étouffée comme celles de millions de personnes massacrées sans laisser de traces ? Au seuil de ce livre, il faut se taire maintenant, écouter la voix dHélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie.» Patrick Modiano
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