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ISBN : 2070379426
Éditeur : Gallimard (22/04/1988)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 104 notes)
Résumé :
Un dimanche de juillet, Ambrose Guise arrive à Paris. Personne. Sauf les statues. Une ville fantôme, lui semble-t-il, après un bombardement et l'exode de ses habitants. Auteur de romans policiers anglais, il vient rencontrer son éditeur japonais. Mais il va profiter de ce voyage pour élucider les mystères de son passé, du temps où il était français et s'appelait Jean Dekker, il y a vingt ans. Il fait alors surgir dans un Paris crépusculaire, halluciné, des lieux étr... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
CorinneCo
29 février 2016
Dans l'aquarium de ses pensées, Jean Dekker ondoie. Paris en juillet, sous une chaleur torride ressemble à une nasse où des poissons divers tourneraient en rond. le nez contre la vitre nous contemplons une sorte de faune aquatique en voie de disparition ou déjà éteinte. Ce sont plutôt les souvenirs de Dekker qui s'effritent sur les hauts fonds. Tout semble noyé dans cet ouvrage de Modiano, la ville, les personnages, l'intrigue (qui existe à peine).
Des appartements inoccupés, délaissés ; des rues vides, des fantômes errants. Rien de bien nouveau dans l'univers de l'auteur. Cela peut-il être ennuyeux ? Un peu. Mais comme peuvent l'être les villes vidées par les mois d'été. Jean Dekker a changé de nom, est devenu un écrivain de langue anglaise à succès et vingt ans après il revient dans la ville de sa jeunesse. Pourquoi a-t-il fui à l'aube de sa vingtième année ? Car il y a toujours un mouvement de fuite chez Modiano. Une esquisse de mémoire lézardée qui raye un mur ; un monde interlope déclassé ; des abandons épars ; des rencontres amoureuses aussi vaporeuses que la fumée d'une cigarette.
Il y a une sorte de vertige « mondain » dans ce livre. Tout est feutré, proche de l'inertie, silencieux et superficiel. Presque négligeable en fait. C'est peut-être là, la force d'écriture de Modiano ; revenir sans cesse sur les insignifiances de la vie et des caractères de personnages fragmentés qui, pour ma part, ont fini par me paraitre proches. Au point d'avoir envie d'aller voir si le grand rez-de-chaussée aux volets clos place de l'Alma existait bel et bien.
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Renod
19 janvier 2015
« Quartier perdu » est le dixième roman de Patrick Modiano. Il a été publié en 1985. Bernard Pivot a donné une clef de lecture importante des romans de Patrick Modiano dans une entrevue accordée au magazine « Lire » : « il y a, dans l'oeuvre de Modiano, une opposition très forte entre une géographie extraordinairement précise et une temporalité beaucoup plus floue, au calendrier incertain. Ce qui en découle, c'est qu'effectivement sur le terrain c'est un enquêteur : il se balade, il observe, voit tout, note tout. Il est sur son terrain de chasse, celui de la mémoire. »
La géographie précise, c'est celle de ce quartier de Paris, situé rive droite, entre la Porte Maillot et le jardin du Luxembourg. Les adresses sont réelles, le lecteur peut suivre les itinéraires indiqués s'il le souhaite. le narrateur retrouve les lieux fréquentés autrefois ; appartements de ses relations, hôtels, parcs ou cafés. Ils sont autant d'éléments tangibles qui ravivent les souvenirs. Peu de choses ont changé. Il traverse un Paris assommé par la chaleur estivale, une capitale vidée de ses habitants, touriste parmi les touristes, dans une atmosphère parfois irréelle, étouffante.
Comme souvent chez Modiano, l'identité est multiple. Celui qui est mondialement connu sous le nom d'Ambrose Guise, auteur à succès de romans policiers, se nommait, dans sa vie précédente, Jean Dekker ; il était de nationalité française avant de se voir attribuer un passeport britannique. Cet homme a fui son pays mais surtout une période trouble de sa jeunesse. Il a tout fait pour oublier et se faire oublier.
Vingt ans plus tard, il retourne en France au prétexte d'un rendez-vous avec un agent littéraire japonais. Il contacte la maîtresse d'un avocat décédé, un de ses plus proches amis de l'époque, qui lui remet un dossier. le dossier comprend des fiches et des rapports de police, soit autant de noms, d'adresses et d'informations qui vont lui permettre de retracer le cours des évènements tragiques qui ont motivés sa fuite. Jean Dekker fréquentait à cette époque un milieu interlope : le monde de la nuit, des courses hippiques, de la drogue. Il y a donc une enquête mais il s'agit moins de trouver un coupable que de se remémorer une époque perdue et des amis disparus. Ses recherches lui permettent d'éclaircir des « zones d'ombre », de croiser ses souvenirs avec le déroulé des faits et reconstituer ainsi le puzzle des évènements. Les rues sont pleines des fantômes de ses anciens amis aujourd'hui décédés mais toujours si présents dans son âme ; seuls ont survécu les "seconds couteaux". A noter que Jean Dekker / Ambrose Guise ne dépasse jamais dans ses recherches le cadre de cette période de ses vingt ans, d'une durée de trois mois ; il n'est jamais question de son enfance.
Modiano glisse de nombreux éléments autobiographiques : une fiche sur un trafiquant ayant fait du marché noir pendant l'Occupation, la mère du narrateur est une danseuse anglaise, les bus de touristes viennent d'Anvers et enfin, au jeune homme qui ne sait pas trop quelle vocation se choisir, l'avocat lui conseille d'écrire.
C'est mon deuxième roman de Modiano et je reste à nouveau sur ma faim. le roman a des qualités littéraires indéniables mais il ne prend pas aux tripes. de jolies pages qui semblent sans âme.
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jeandubus
17 janvier 2015
Quartier perdu.
Retour vers la rive droite chic.
Ambrose Guise célèbre écrivain "anglais" de bouquins d'espionnage façon Ian Flemming (sic) ,rien moins, revient à Paris vingt ans après l'avoir quitté(e) ,toucher un chèque de 80 000 livres sterling (une sacrée somme en 1984) en échange de droits d'adaptation de son oeuvre au Japon. Et voilà, ne parlons plus boulot, c'est sale.
Ambrose s'appelle en réalité Jean Dekker, fils d'une anglaise et ,et, peu importe… qui s'est installé de l'autre côté du Channel . Beau et riche à trente-neuf ans il a une femme charmante et trois enfants , un major d'homme et une gouvernante, une maison de campagne( et peut être des chevaux et des grosses limousines).
Dans la pizzeria chic du dix-septième étage du Concorde Lafayette en compagnie de l'homme d'affaire Japonais, reviennent les souvenirs. Deux trois heures de sieste au LOTTI (un des hôtels les plus chers de la rue Castiglione près de la rue de Rivoli) et il file dans l'appartement de son ancien ami avocat suicidé à l'angle de la rue Monceau et de la rue de Courcelles, face à la pagode. Là vit nonchalamment l'épouse de l'avocat qui l'invite à rester pendant qu'elle ira se détendre sur la Riviera.
Alors il se souvient par bribes (suspens) des trois mois qui ont précédé son départ de Paris à vingt ans, il y a vingt ans, en 1964 en quelque sorte…
Que faisait-il donc de ses dix doigts à cette époque? La foire tout simplement, mais pas la foire du pauvre, non, la foire de la haute, dans les boites des Champs Elysées ; la foire avec (et au frais de) Carmen riche héritière décadente et dépensière qui voit en lui le fils de son premier amant ; Des nuits blanches avec des « figures » de la nuit, acteurs blasés, maquereaux bien élevés, et couples pervers.
A force d'alcool et de sexe (des non-dits) ça dérape et quelqu'un en fait les frais. Un mort.
...Et courageusement, Jean Dekker fuit la France et change de nom.
Riche de son expérience (7 ans de collège, six mois de « service militaire », trois mois d'hosto au Val de grâce et donc trois mois comme gigolo avec Carmen et cie) , Jean alias Ian Flemming écrit des livres qui font un tabac et il devient riche et il retrouve Paris pour empocher 80 000 £ et fêter son anniversaire qui tombe le 25 juillet comme un certain Patrick M.
Visite du restau « Chez Francis » place de l'Alma, de quelques bistrots guindés, des rues entre Rivoli et le quai, et une courte incartade à Saint Maur (mais oui ça existe la banlieue) pour faire peuple.
Le style débarrassé des subjonctifs imparfaits depuis le Goncourt (six ans plus tôt) répond sans doute à un dress code de l'Editeur, mais le résultat est là, c'est plus agréable à lire.
L'absence de conscience politique est encore plus flagrante que dans « rue des boutiques obscures », à moins que l'esprit naissant de Madame Claude et des ballets roses sous-entendu par les bringues nocturnes de Carmen et tous ses amis n'annoncent dans une époustouflante métaphore, l'ère Pompidou si riche en scandales. Aussi parlant que le clown de Bernard Buffet.
Comment se faire à ce vide sidéral et à l'inconscience des personnages presque maladive? Tout cela reste un mystère comme le succès que cela a suscité. Seul mystère (ou mystification) de ce livre en tout cas, jusqu'au titre improbable (Le côté "perdu" du pont de l'Alma !)
Bravo Ian Flemming.
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Maphil
21 juin 2012
Après vingt ans d'exil en Angleterre où il est devenu un auteur à succès de romans policiers, Ambrose Guise revient à Paris et y retrouve son ancien nom, ses souvenirs, un mystère. Il se livre à une enquête à travers son passé et fait d'étranges rencontres.
Tout le roman baigne dans un climat de vies parallèles; thème de la double identité, de l'imposture, du puzzle à réassembler et dont il manque des pièces. Recherche de la jeunesse infinie dans une atmosphère captivante.
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Herve-Lionel
01 mars 2014
QUARTIER PERDUPatrick MODIANO – Éditions Gallimard..
« C'est une grande folie, presque toujours châtiée de revenir sur les lieux de sa jeunesse et de vouloir revivre à 40 ans ce qu'on a aimé et dont on a fortement joui à 20 ». Cette phrase d'Albert Camus trouve dans ce roman son illustration puisque Jean Dekker, Français, devenu Ambrose Guise, citoyen britannique et auteur de romans policiers, choisit, à l'occasion d'un rendez-vous d'affaire de revenir à Paris, à la rencontre de son passé.
Comme toujours chez Modiano, il y a cette quête de soi-même, de ses racines, de ses souvenirs, de son identité… Ambrose Guise va croiser des fantômes d'amis disparus, de relations trop vites oubliées, de femmes aimées ou désirées…
La vie nocturne, l'ambiance crépusculaire ajoutent au caractère secret de ce roman. Dans un Paris que l'été vide de ses habitants et qui n'est plus peuplé que de touristes étrangers en transit, la touffeur de Juillet fait prévaloir la nuit et sa fraîcheur.
Mais, avant tout, le narrateur remet vingt ans après ses pas dans les siens propres, à la rencontre de ce qu'a été sa jeunesse, c'est à dire d'une époque révolue qui jamais ne pourra revivre, ni à travers les notes d'une chanson, ni dans des lieux désormais hantés par des ombres.
Le passé s'impose pourtant à lui comme une obsession parce que vingt ans auparavant il a dû fuir Paris et sa jeunesse à cause d'un crime. Sa vie a basculé. Ce fut une autre existence, un autre nom, un autre pays, une situation brillante comme homme de plume ce qui précisément l'incite à remonter le temps qui désormais fait partie de ses souvenirs.
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
MonsieurToukiMonsieurTouki29 décembre 2012
"Je suis resté longtemps au bord du trottoir, à regarder le flot des voitures, le clignotement des feux rouges et des feux verts, et, de l'autre côté du fleuve, l'épave sombre de la gare d'Orsay. A mon retour les arcades de la rue Rivoli étaient désertes. Je n'vais jamais connu une telle chaleur la nuit, à Paris, et cela augmentait encore le sentiment d'irréalité que j'éprouvais au milieu de cette ville fantôme. Et si le fantôme, c'était moi?"
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MonsieurToukiMonsieurTouki29 décembre 2012
"Là-bas, une lumière blanche de projecteurs éclairait le dôme des Invalides et donnait au bâtiment l'aspect d'un immense panneau en trompe l'oeil. J'éprouvais ce même sentiment d'irréalité que devant la tour Eiffel et tentais de le combattre en retrouvant dans ma mémoire ce qu'évoquait pour moi cette esplanade : la fête foraine qui s'installait là, chaque année, du temps de mon enfance, et où ma mère m'emmenait, les manèges, les tirs à la carabine, la baleine Jonas..."
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AustralAustral30 octobre 2012
Personne ne répond jamais aux questions qui vous tiennent à coeur.
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SimonLarribaSimonLarriba24 juin 2016
Nous en avions parlé tous les deux et vous m'aviez expliqué gentiment qu'il existe deux sortes de gens : ceux qui font les livres, et ceux sur qui les livres se font, et qui n'ont pas besoin de les lire. Ils les vivent.
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Veronique14Veronique1429 avril 2015
Tous ces gens qui ont été les témoins de vos débuts dans la vie vont peu à peu disparaître. Vous les avez connus très jeune, quand c'était déjà le crépuscule pour eux.
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Videos de Patrick Modiano (66) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Modiano
Mai 68 : à quelques mètres des barricades de la Sorbonne, un étrange déjeuner se prépare. A l'hôtel Meurice, alors occupé par le personnel en grève, un auteur inconnu de 22 ans nommé Patrick Modiano, s'apprête à recevoir le prestigieux prix Roger Nimier. C'est une folle journée où le tragique se mêle à la frivolité que raconte Pauline Dreyfus dans "Le Déjeuner des barricades".
Photo : © JF Paga / Grasset
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