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EAN : 9782072746314
Éditeur : Gallimard (26/10/2017)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 196 notes)
Résumé :
Quatrième de couverture:
«"Vous en avez de la mémoire..."
Oui, beaucoup... Mais j'ai aussi la mémoire de détails de ma vie, de personnes que je me suis efforcé d'oublier. Je croyais y être parvenu et sans que je m'y attende, après des dizaines d'années, ils remontent à la surface, comme des noyés, au détour d'une rue, à certaines heures de la journée.»

Autre résumé:
Une évocation du destin de six femmes rencontrées puis perdues d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  03 mars 2018
À la recherche du temps perdu, Patrick Modiano continue son errance dans les rues de Paris. L'occasion de se souvenir de rencontres effectives ou manquées avec des femmes, qui le renvoient surtout au temps révolu de son enfance, et de sa vie de jeune adulte des deux décennies d'après-guerre. du temps où ses parents, éternels présents-absents, ne livraient rien de leur mystère à leur fils, engendrant pour toujours chez lui, sans le soupçonner, une quête identitaire sans fin.
« Mes parents étaient absents, mon père occupé à ses affaires, tandis que ma mère jouait une pièce dans un théâtre de Pigalle. »
« j'attendais la fille de Stioppa sur le trottoir, en face de son immeuble, sans la connaître. ... j'espérais qu'elle me donnerait des « explications ». Peut-être m'aideraient-elles à mieux comprendre mon père, un inconnu qui marchait en silence à mes côtés, le long des allées du bois de Boulogne. ... j'étais sûr qu'elle en savait un peu plus long que moi. »

Patrick Modiano semble, par son obsession de se trouver à travers ses souvenirs, réécrire toujours et encore le même livre. Pourtant son errance et sa quête prennent chaque fois des voies différentes, comme ici le souvenir de femmes croisées, et livrent des vues, entre rêve et réalité, encore inconnues de Paris et de lui-même, créant ainsi au fil du temps, par un éternel retour introspectif, une oeuvre singulière et remarquable.
« dans cette librairie, ... j'avais trouvé ce livre qui m'avait fait beaucoup réfléchir : L'Éternel Retour du même. À chaque page, je me disais : si l'on pouvait revivre aux mêmes heures, aux mêmes endroits et dans les mêmes circonstances ce qu'on avait déjà vécu, mais le vivre beaucoup mieux que la première fois, sans les erreurs, les accrocs et les temps morts... ce serait comme de recopier au propre un manuscrit couvert de ratures... »
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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Ambages
  14 décembre 2018
"Mais j'ai aussi la mémoire de détails de ma vie, de personnes que je me suis efforcé d'oublier. Je croyais y être parvenu et sans que je m'y attende, après des dizaines d'années, ils remontent à la surface, comme des noyés, au détour d'une rue, à certaines heures de la journée."
Un pur bonheur ! D'accord j'ai fait le grand écart, ça fait encore plus apprécié les belles lettres. C'est peut-être même mon préféré de Modiano celui-ci, quoique La petite bijou..
Encore une histoire de prises de notes, de mémoire floue, de souvenirs évanescents qui reviennent au devant de la scène des années après et cela vous fait un homme qui écrit. Des débris de vie comme des petits cailloux qui d'un coup vous montrent un chemin, vous font reprendre des rues parisiennes et les parcourir jusqu'au croisement et cette fois-ci, à droite ou à gauche ? On balance le pied sur le bord du trottoir, on gratte la semelle, on tangue entre deux images, entre deux noms, deux mots et ça vous reprend… comme avant. Tous ces fantômes qui peuplent les rêves et qui nous ont fait pour une partie de nous qui n'est pas toujours visible. Jean, tu les as remarqué toi.
"Au besoin, leur poser quelques questions discrètes, en douceur, sans éveiller leur méfiance, pour mieux les comprendre."
Personnellement, je te cerne un peu plus au fil des lectures qui se répondent, me répondent et te répondent grâce à ce petit carnet… "L'éternel Retour du même".
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Annette55
  07 janvier 2020
Lecture dense et courte, petite musique «  Modianesque »dans les replis de la mémoire entre l'adolescence et ses vingt ans: musique à la fois familière au lecteur de son oeuvre , espèce de symphonie toujours inachevée dans les replis de sa mémoire de «  noctambule » , «  en marche » dans les rues de Paris...
Mémoire éparpillée entre femmes croisées , entrevues , aperçues un instant autrefois, vieux cafés «  de l'aube » dans la capitale , petits immeubles «  détruits .. »
.
Fantômes du passé qui hantent ses rêves, cinquante ans après , détails infimes de sa vie antérieure , au détour d'une rue, petits moments de vie, souvenirs évanescents replacés sur le devant de la scène : père et mère souvent absents .....
Une obsession pour lui, livre après livre de réécrire le même livre nostalgique entre rêve et réalité , le passé est toujours là ...Ami? Consolateur? Complice ? Enchanteur?
Sous l'apparente simplicité du style épuré transparaissent de merveilleuses petites phrases délicatement ciselées ...
Fugues , escapades, complicité du retour au passé,, cailloux épars , «  dormants » qui vous montrent un chemin...
Tissage imaginaire au petit point de la Jeunesse Perdue, mondes flottants et mémoire floue , descriptions littéraires ....le lecteur se balade dans les détails d'une Vie antérieure ...
Ni tout à fait le même , ni tout à fait un autre , temps anciens , photos sépia, puzzles et vagabondages ...
A la recherche du temps perdu ?
On aime ou on déteste ...
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Alzie
  09 novembre 2017
Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Modiano adolescent et tout jeune homme. Cinq heures du soir en hiver à Paris dans une librairie de sciences occultes ou tôt le matin avec Geneviève, à qui il offrira deux livres, dans un de ses « café de l'aube » ; fugueur enfiévré pour Mireille, étudiant fantôme installé sur le canapé rouge de Madeleine ; à « La Passée » en compagnie de l'étrange madame Hubersen. Différent et à chaque fois le-même, de ses vingt ans jusqu'à aujourd'hui, Modiano poursuit son inventaire en conviant des témoins de sa prime jeunesse, la période précédant son éclosion littéraire. Parolier puis écrivain. Musique, littérature et cinéma aussi. Création artistique qu'on qualifierait doctement de polymorphe puisque s'y ajoute, tout juste publié et à lire concomitamment, un volet théâtral « Nos Débuts dans la vie », autre pièce du puzzle de cette tranche de vie des années soixante qui donne plus précisément à entendre les voix de l'auteur/narrateur et de Dominique, peut-être sa femme et sans doute une autre. Cinquante ans ont passé, « Souvenirs dormants » évoque ces rencontres du narrateur, Jean – entre l'adolescence et ses vingt-ans – avec des femmes brièvement connues, perdues de vues ou disparues, réapparues. De la première - il a oublié le prénom mais son père cité dans "Un Pedigree", Stioppa, rappelle aussi un service funèbre et une filature mémorables de la « Rue des Boutiques obscures » -, il garde le souvenir des fortes espérances qu'elle lui inspirait en poireautant sur un trottoir et de la dernière - il en parlait il y a déjà vingt ans, il ne dévoilera rien qui puisse lui nuire ou la faire reconnaître…
Entre amnésie et amnistie « Souvenirs dormants » remue donc aussi avec précaution les eaux troubles de sa mémoire de « noctambule » ou plus exactement de « spectateur nocturne ». Et c'est ainsi qu'aux trois quart de la lecture souffle tout d'un coup « le vent du boulet » et l'imminence d'un danger par une après-midi de l'été soixante-cinq... Remontée insolite, fouille rêveuse nourrie de nombreuses réminiscences et de souvenirs de lectures du narrateur. Cette compression mémorielle un peu inquiète et bien sûr itinérante apostrophe la philosophie, s'en amuse, l'ironie pointe ici et là. Les mots conjuguent précision du détail et science du flou, font volontiers appel à l'image et l'imaginaire. Bref, une version "modianesque" savoureuse de « L'Eternel retour du même ». Tout se bouscule, les saisons se superposent, les valises s'allègent et les cadavres disparaissent dans la spirale vertigineuse de la mémoire. Dans cette cartographie incertaine et pourtant suggestive de souvenirs errants la signalétique clignotante de la RATP fait figure de symbole rassurant : « Au cours de ce travail que l'on fait à tâtons, certains noms brillent par intermittence tel des signaux qui vous donneraient accès à des chemins cachés. » (p. 59). Bifurcations et allers retours qu'empruntent tout aussi bien les livres et leurs dédicaces, les lectures de chevet du narrateur, livres lus, livres offerts, livres retrouvés, qui balisent les pages d'un bout à l'autre du texte, autant de repères cultivant tantôt la mélancolie – aux rayonnages de l'appartement d'enfance vidé de toute autre présence –, tantôt l'ésotérisme et le goût du mystère... Sous l'apparente simplicité du style épuré, la complexité du retour au passé est toujours là. Une lecture courte et dense.

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fertiti65
  13 mai 2020
Pour ma part c'était le premier Modiano que j'ai lu. Je le connaissais de nom bien sûr. C'est le genre d'auteur dont on se dit "il faudrait que j'en lise au moins un pour me faire une idée". Et bien c'est fait. J'ai beaucoup apprécié son écriture, cette douce musique lancinante et nostalgique à la fois. le Paris, des années 50-60 de son adolescence et de sa vie de jeune adulte. Retrouver ses amitiés et amours d'antan, ses retrouvailles de hasard, les quartiers parisiens bien démilités. Pour qui connaît bien Paris, j'imagine le plaisir de lire ce livre. J'ai trouvé cette lecture plaisante, un peu surannée, délicate, romantique et sentimentale. Je n'ai pas été emporté dans ce tourbillon de souvenirs, mais cela m'a donné envie d'en lire d'autres...si vous avez des titres à me conseiller....
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critiques presse (1)
Lexpress   30 octobre 2017
Au faîte de son talent, Patrick Modiano livre son texte le plus intime, quelques portraits de femmes mystérieuses à la merveilleuse saveur.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   17 septembre 2020
Je pourrais d’abord évoquer les dimanches soir. Ils me causaient de l’appréhension, comme à tous ceux qui ont connu les retours au pensionnat, l’hiver, en fin d’après-midi, à l’heure où le jour tombe. Ensuite, cela les poursuit dans leurs rêves, parfois pendant toute leur vie. (p.9).
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   17 septembre 2020
Je devais être invisible pour eux à cette époque. Ou bien, tout simplement, vivons-nous à la merci de certains silences. (p.80).
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SZRAMOWOSZRAMOWO   20 octobre 2017
Un jour, sur les quais, le titre d’un livre a retenu mon attention, Le Temps des rencontres. Pour moi aussi, il y a eu un temps des rencontres, dans un passé lointain. À cette époque, j’avais souvent peur du vide. Je n’éprouvais pas ce vertige quand j’étais seul, mais avec certaines personnes dont justement je venais de faire la rencontre. Je me disais pour me rassurer : il se présentera bien une occasion de leur fausser compagnie. Quelques-unes de ces personnes, vous ne saviez pas jusqu’où elles risquaient de vous entraîner. La pente était glissante. Je pourrais d’abord évoquer les dimanches soir. Ils me causaient de l’appréhension, comme à tous ceux qui ont connu les retours au pensionnat, l’hiver, en fin d’après-midi, à l’heure où le jour tombe. Ensuite, cela les poursuit dans leurs rêves, parfois pendant toute leur vie. Le dimanche soir, quelques personnes se réunissaient dans l’appartement de Martine Hayward, et moi je me trouvais parmi ces gens-là. J’avais vingt ans et je ne me sentais pas tout à fait à ma place. Un sentiment de culpabilité me reprenait, comme si j’étais encore un collégien : au lieu de rentrer au pensionnat, j’avais fait une fugue. Dois-je vraiment parler tout de suite de Martine Hayward et des quelques individus disparates qui l’entouraient, ces soirs-là ? Ou bien suivre l’ordre chronologique ? Je ne sais plus. Vers quatorze ans, je m’étais habitué à marcher seul dans les rues, les jours de congé, quand le car du collège nous avait déposés à la Porte d’Orléans. Mes parents étaient absents, mon père occupé à ses affaires, tandis que ma mère jouait une pièce dans un théâtre de Pigalle. J’ai découvert cette année-là – 1959 – ce quartier de Pigalle, le samedi soir, pendant que ma mère était sur scène, et j’y suis souvent retourné les dix années suivantes. Je donnerai d’autres détails là-dessus si j’en ai le courage. Au début, j’avais peur de marcher seul mais, pour me rassurer, je suivais chaque fois le même itinéraire : rue Fontaine, place Blanche, place Pigalle, rue Frochot et rue Victor-Massé jusqu’à la Boulangerie, au coin de la rue Pigalle, un drôle d’endroit qui restait ouvert toute la nuit, et où j’achetais un croissant,
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PiatkaPiatka   18 janvier 2018
Je lui ai pris sa valise. Nous n’avions pas besoin de nous parler. Nous étions partis à pied de Saint-Maur, 35, avenue du Nord, et nous avions mis vingt ans pour arriver au 76, boulevard Sérurier. La valise me paraissait beaucoup plus légère que l’autre. Si légère que je me demandais si elle n’était pas vide. À mesure que passent les années, vous finissez sans doute par vous débarrasser de tous les poids que vous traîniez derrière vous, et de tous les remords.
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palamedepalamede   02 mars 2018
 Il me semble aussi qu’au cours de ces années 1963, 1964, le vieux monde retenait une dernière fois son souffle avant de s’écrouler, comme toutes ces maisons et tous ces immeubles des faubourgs et de la périphérie que l’on s’apprêtait à détruire. Il nous aura été donné, à nous qui étions très jeunes, de vivre encore quelques mois dans les anciens décors.
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Videos de Patrick Modiano (74) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Modiano
15 décembre 2009 :
Mot de l'éditeur : « Il y avait sûrement en 1942 des après-midi où la guerre et lOccupation semblaient lointaines et irréelles dans ces rues. Sauf pour une jeune fille du nom dHélène Berr, qui savait quelle était au plus profond du malheur et de la barbarie ; mais impossible de le dire aux passants aimables et indifférents. Alors, elle écrivait un journal. Avait-elle le pressentiment que très loin dans lavenir, on le lirait ? Ou craignait-elle que sa voix soit étouffée comme celles de millions de personnes massacrées sans laisser de traces ? Au seuil de ce livre, il faut se taire maintenant, écouter la voix dHélène et marcher à ses côtés. Une voix et une présence qui nous accompagneront toute notre vie.» Patrick Modiano
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