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EAN : 9782072746314
Gallimard (26/10/2017)
3.47/5   250 notes
Résumé :
Quatrième de couverture:
«"Vous en avez de la mémoire..."
Oui, beaucoup... Mais j'ai aussi la mémoire de détails de ma vie, de personnes que je me suis efforcé d'oublier. Je croyais y être parvenu et sans que je m'y attende, après des dizaines d'années, ils remontent à la surface, comme des noyés, au détour d'une rue, à certaines heures de la journée.»

Autre résumé:
Une évocation du destin de six femmes rencontrées puis perdues d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
3,47

sur 250 notes

palamede
  03 mars 2018
À la recherche du temps perdu, Patrick Modiano continue son errance dans les rues de Paris. L'occasion de se souvenir de rencontres effectives ou manquées avec des femmes, qui le renvoient surtout au temps révolu de son enfance, et de sa vie de jeune adulte des deux décennies d'après-guerre. du temps où ses parents, éternels présents-absents, ne livraient rien de leur mystère à leur fils, engendrant pour toujours chez lui, sans le soupçonner, une quête identitaire sans fin.
« Mes parents étaient absents, mon père occupé à ses affaires, tandis que ma mère jouait une pièce dans un théâtre de Pigalle. »
« j'attendais la fille de Stioppa sur le trottoir, en face de son immeuble, sans la connaître. ... j'espérais qu'elle me donnerait des « explications ». Peut-être m'aideraient-elles à mieux comprendre mon père, un inconnu qui marchait en silence à mes côtés, le long des allées du bois de Boulogne. ... j'étais sûr qu'elle en savait un peu plus long que moi. »

Patrick Modiano semble, par son obsession de se trouver à travers ses souvenirs, réécrire toujours et encore le même livre. Pourtant son errance et sa quête prennent chaque fois des voies différentes, comme ici le souvenir de femmes croisées, et livrent des vues, entre rêve et réalité, encore inconnues de Paris et de lui-même, créant ainsi au fil du temps, par un éternel retour introspectif, une oeuvre singulière et remarquable.
« dans cette librairie, ... j'avais trouvé ce livre qui m'avait fait beaucoup réfléchir : L'Éternel Retour du même. À chaque page, je me disais : si l'on pouvait revivre aux mêmes heures, aux mêmes endroits et dans les mêmes circonstances ce qu'on avait déjà vécu, mais le vivre beaucoup mieux que la première fois, sans les erreurs, les accrocs et les temps morts... ce serait comme de recopier au propre un manuscrit couvert de ratures... »
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
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LambertValerie
  25 mai 2022
J'ai découvert Patrick Modiano, dans les années 80 à l'émission : Apostrophes de Bernard Pivot.
D'entrée de jeu, sans avoir lu aucun livre de Modiano, j'ai été fascinée par le charme et l'émotion tellement à fleur de peau qu'il dégageait, en cherchant avec beaucoup d'hésitation les mots qui lui correspondait.
Comme certainement beaucoup d'autres lecteurs, je suis entrée dans l'univers de Modiano, à pas doux et lents, découvrant cette oeuvre fabuleuse.
Patrick Modiano, c'est avant tout une petite musique qui nous berce dans le Paris des années 60 qu'il décrit si bien.
Souvenirs dormants, quel titre évocateur !
Oui, les souvenirs dorment souvent d'un sommeil léger, ils se ravivent avec un presque rien. Une brève rencontre, une odeur, une station de métro qui nous renvoie au passé qui se confond dans la nébuleuse" temps.
"Je notais scrupuleusement dans mes cahiers les rencontres sans avenir, en précisant l'endroit exact, et l'aspect physique de ces anonymes. Paris est ainsi constellé de points névralgiques et des multiples formes qu'auraient pu prendre notre vie"
Oui, Modiano est un scrupuleux, il note tout à l'encre bleue dans des cahiers, sa Recherche du temps prend une allure de témoignage de la vie.
En lisant Modiano, comment ne peut-on pas l'associer à Marcel Proust ?
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Cath_perrin
  06 avril 2022
Les livres de Patrick Modiano chantonnent dans la tête et Souvenirs dormants ne fait pas exception. Les souvenirs qui s'échappent, refont surface, repartent agacent par leur incomplétude ; c'est ce que nous raconte l'auteur.
Le narrateur cherche à se rappeler les femmes qu'il a rencontrées dans sa vie. Elles ne sont d'ailleurs pas inoubliables, la faute à la mémoire qui ne retient que des fragments. Un petit livre trop court pour que je vous en dise davantage.
Le souvenir qui me restera de ce livre, c'est le plaisir d'être gagnée par la quête du narrateur, mais ni par l'histoire ni par les personnages.
Histoire ? Évocations ? Témoignage ?
Bref, des petits morceaux de vie, comme des papiers éparpillés sur un bureau sans qu'on arrive vraiment à cerner le narrateur, tant il paraît indifférent à son propre présent.
Le style est simple, apparemment, mais tellement au service de la mémoire défaillante du narrateur que le lecteur ne peut que se laisser emporter dans la lecture avec plaisir.

Lien : https://dequoilire.com/souve..
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Annette55
  07 janvier 2020
Lecture dense et courte, petite musique «  Modianesque »dans les replis de la mémoire entre l'adolescence et ses vingt ans: musique à la fois familière au lecteur de son oeuvre , espèce de symphonie toujours inachevée dans les replis de sa mémoire de «  noctambule » , «  en marche » dans les rues de Paris...
Mémoire éparpillée entre femmes croisées , entrevues , aperçues un instant autrefois, vieux cafés «  de l'aube » dans la capitale , petits immeubles «  détruits .. »
.
Fantômes du passé qui hantent ses rêves, cinquante ans après , détails infimes de sa vie antérieure , au détour d'une rue, petits moments de vie, souvenirs évanescents replacés sur le devant de la scène : père et mère souvent absents .....
Une obsession pour lui, livre après livre de réécrire le même livre nostalgique entre rêve et réalité , le passé est toujours là ...Ami? Consolateur? Complice ? Enchanteur?
Sous l'apparente simplicité du style épuré transparaissent de merveilleuses petites phrases délicatement ciselées ...
Fugues , escapades, complicité du retour au passé,, cailloux épars , «  dormants » qui vous montrent un chemin...
Tissage imaginaire au petit point de la Jeunesse Perdue, mondes flottants et mémoire floue , descriptions littéraires ....le lecteur se balade dans les détails d'une Vie antérieure ...
Ni tout à fait le même , ni tout à fait un autre , temps anciens , photos sépia, puzzles et vagabondages ...
A la recherche du temps perdu ?
On aime ou on déteste ...
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Ambages
  14 décembre 2018
"Mais j'ai aussi la mémoire de détails de ma vie, de personnes que je me suis efforcé d'oublier. Je croyais y être parvenu et sans que je m'y attende, après des dizaines d'années, ils remontent à la surface, comme des noyés, au détour d'une rue, à certaines heures de la journée."
Un pur bonheur ! D'accord j'ai fait le grand écart, ça fait encore plus apprécié les belles lettres. C'est peut-être même mon préféré de Modiano celui-ci, quoique La petite bijou..
Encore une histoire de prises de notes, de mémoire floue, de souvenirs évanescents qui reviennent au devant de la scène des années après et cela vous fait un homme qui écrit. Des débris de vie comme des petits cailloux qui d'un coup vous montrent un chemin, vous font reprendre des rues parisiennes et les parcourir jusqu'au croisement et cette fois-ci, à droite ou à gauche ? On balance le pied sur le bord du trottoir, on gratte la semelle, on tangue entre deux images, entre deux noms, deux mots et ça vous reprend… comme avant. Tous ces fantômes qui peuplent les rêves et qui nous ont fait pour une partie de nous qui n'est pas toujours visible. Jean, tu les as remarqué toi.
"Au besoin, leur poser quelques questions discrètes, en douceur, sans éveiller leur méfiance, pour mieux les comprendre."
Personnellement, je te cerne un peu plus au fil des lectures qui se répondent, me répondent et te répondent grâce à ce petit carnet… "L'éternel Retour du même".
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critiques presse (1)
Lexpress   30 octobre 2017
Au faîte de son talent, Patrick Modiano livre son texte le plus intime, quelques portraits de femmes mystérieuses à la merveilleuse saveur.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   20 octobre 2017
Un jour, sur les quais, le titre d’un livre a retenu mon attention, Le Temps des rencontres. Pour moi aussi, il y a eu un temps des rencontres, dans un passé lointain. À cette époque, j’avais souvent peur du vide. Je n’éprouvais pas ce vertige quand j’étais seul, mais avec certaines personnes dont justement je venais de faire la rencontre. Je me disais pour me rassurer : il se présentera bien une occasion de leur fausser compagnie. Quelques-unes de ces personnes, vous ne saviez pas jusqu’où elles risquaient de vous entraîner. La pente était glissante. Je pourrais d’abord évoquer les dimanches soir. Ils me causaient de l’appréhension, comme à tous ceux qui ont connu les retours au pensionnat, l’hiver, en fin d’après-midi, à l’heure où le jour tombe. Ensuite, cela les poursuit dans leurs rêves, parfois pendant toute leur vie. Le dimanche soir, quelques personnes se réunissaient dans l’appartement de Martine Hayward, et moi je me trouvais parmi ces gens-là. J’avais vingt ans et je ne me sentais pas tout à fait à ma place. Un sentiment de culpabilité me reprenait, comme si j’étais encore un collégien : au lieu de rentrer au pensionnat, j’avais fait une fugue. Dois-je vraiment parler tout de suite de Martine Hayward et des quelques individus disparates qui l’entouraient, ces soirs-là ? Ou bien suivre l’ordre chronologique ? Je ne sais plus. Vers quatorze ans, je m’étais habitué à marcher seul dans les rues, les jours de congé, quand le car du collège nous avait déposés à la Porte d’Orléans. Mes parents étaient absents, mon père occupé à ses affaires, tandis que ma mère jouait une pièce dans un théâtre de Pigalle. J’ai découvert cette année-là – 1959 – ce quartier de Pigalle, le samedi soir, pendant que ma mère était sur scène, et j’y suis souvent retourné les dix années suivantes. Je donnerai d’autres détails là-dessus si j’en ai le courage. Au début, j’avais peur de marcher seul mais, pour me rassurer, je suivais chaque fois le même itinéraire : rue Fontaine, place Blanche, place Pigalle, rue Frochot et rue Victor-Massé jusqu’à la Boulangerie, au coin de la rue Pigalle, un drôle d’endroit qui restait ouvert toute la nuit, et où j’achetais un croissant,
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PiatkaPiatka   18 janvier 2018
Je lui ai pris sa valise. Nous n’avions pas besoin de nous parler. Nous étions partis à pied de Saint-Maur, 35, avenue du Nord, et nous avions mis vingt ans pour arriver au 76, boulevard Sérurier. La valise me paraissait beaucoup plus légère que l’autre. Si légère que je me demandais si elle n’était pas vide. À mesure que passent les années, vous finissez sans doute par vous débarrasser de tous les poids que vous traîniez derrière vous, et de tous les remords.
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palamedepalamede   02 mars 2018
 Il me semble aussi qu’au cours de ces années 1963, 1964, le vieux monde retenait une dernière fois son souffle avant de s’écrouler, comme toutes ces maisons et tous ces immeubles des faubourgs et de la périphérie que l’on s’apprêtait à détruire. Il nous aura été donné, à nous qui étions très jeunes, de vivre encore quelques mois dans les anciens décors.
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PiatkaPiatka   17 janvier 2018
J’ai pensé de nouveau à ces tableaux près des guichets du métro. À chaque station correspondait un bouton sur le clavier. Et il vous fallait presser le bouton pour savoir où vous deviez changer de ligne. Les trajets s’inscrivaient sur le plan en traits lumineux de couleurs différentes. J’étais sûr que, dans l’avenir, il suffirait d’inscrire sur un écran le nom d’une personne que vous aviez croisée autrefois et un point rouge indiquerait l’endroit de Paris où vous pourriez la retrouver.
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palamedepalamede   04 mars 2018
... je me demande pourquoi certains livres ou certains objets s’obstinent à vous suivre à la trace toute votre vie, à votre insu, alors que d’autres, qui vous étaient précieux, vous les avez perdus. 
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Vidéo de Patrick Modiano
Jacques Chancel s'entretient avec Patrick Modiano en décembre 1972 après l’obtention par celui-ci du Grand prix du roman de l'Académie française pour son troisième livre « Les Boulevards de ceinture ». Il évoque « cette graine de « futur grand romancier » et n’hésite pas à projeter Patrick Modiano dans le futur et lui prédire qu’il est « condamné à la grande œuvre ».
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