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EAN : 9782070384549
157 pages
Gallimard (14/01/1992)
3.78/5   252 notes
Résumé :
« Je suis tombé sur la vieille coupure de journal qui datait de l'hiver où Ingrid avait rencontré Rigaud. C'était Ingrid qui me l'avait donnée la dernière fois que je l'avais vue. Pendant le dîner, elle avait commencé à me parler de toute cette époque, et elle avait sorti de son sac un portefeuille en crocodile, et de ce portefeuille la coupure de journal soigneusement pliée, qu'elle avait gardée sur elle pendant toutes ces années. Je me souviens qu'elle s'était tue... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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sandrine57
  29 mai 2018
Explorateur et documentariste désabusé, Jean ne prend pas l'avion qui doit l'emporter vers le Brésil et une énième aventure. Au lieu de cela, il se cache à la lisière de Paris, dans un hôtel de la Porte dorée. Pendant que ses amis et sa femme le croient loin de la ville, il entreprend de retrouver la trace d'Ingrid, une femme qu'il a rencontré à plusieurs reprises au cours de sa vie. Tout jeune, alors que, sans argent, il faisait du stop du côté de Juan-les-pins, Ingrid et son mari Rigaud l'ont pris en charge avec bienveillance et générosité. Plus tard, par hasard, il a croisé Ingrid dans un quartier excentré de Paris et ils ont partagé un repas tardif. Et c'est encore le hasard qui l'a mise sur sa route, il y a dix-huit ans de cela, lors d'un voyage à Milan. Alors qu'il était descendu dans un hôtel de la ville, il apprenait qu'une femme avait mis fin à ses jours la veille dans l'une des chambres, et, cette femme était Ingrid. Aujourd'hui, il entreprend de retrouver les traces d'Ingrid à Paris et remonte les souvenirs de cette jeune fille juive qui, à 16 ans à peine, fuyait la capitale occupée avec Rigaud pour un faux voyage de noces sur la Côte d'Azur, derrière la ligne de démarcation.
On retrouve dans ce Voyage de noces, la petite musique propre à Patrick Modiano et les thèmes qu'il ne cesse de fouiller au fil de ces romans : l'Occupation, la déportation, Paris et la quête des traces et souvenirs éphémères que laissent les disparus. Ici encore, c'est à une enquête minutieuse que se livre le narrateur pour reconstituer la vie de cette Ingrid Rigaud qui l'obsède. Perdu dans sa propre ville, il cherche les lieux où elle a vécu, les objets qu'elle a pu toucher et brode, à partir de ses confidences aussi, une vie marquée par la guerre et la culpabilité du survivant. de Juan-les-pins aux confins de Paris, on suit Jean, Ingrid et Rigaud, êtres fantomatiques qui hantent des endroits parfois transformés, parfois disparus, en tout cas tombés dans l'oubli.
C'est à chaque fois beaucoup d'émotions que de suivre Modiano dans ses déambulations nostalgiques et ses quêtes impossibles. Ingrid, Rigaud et tous les autres ne survivent que dans la mémoire partielle de ceux qui restent et qui, eux aussi, un jour ne seront plus. Modiano est un collectionneur de bribes, de détails, de traces, de souvenirs...Et cela fait du bien de se souvenir avec lui, de lire ses textes simples, sobres et bouleversants.
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mariech
  16 octobre 2014
J'avais lu Modiano il y a quelques années , j'en avais gardé le souvenir d'un texte un peu triste , nostalgique , une quête impossible sur des lieux oubliés et puis moi aussi j'avais oublié cet auteur , relégué dans un coin de ma mémoire et puis l'actualité ne l'a remis en mémoire .
Son sourire un peu triste , oui je me suis souvenue et puis j'ai choisi Voyage de Noces , le titre me plaisait bien et en me rappelant mes lectures antérieures je savais un peu à quoi m'attendre , oui un Voyage de Noces , mais pas comme les autres .
Et puis l'émotion a été rapidement au rendez-vous , non pas intacte , mais plus forte , l'écriture est bouleversante de sobriété .
Je me suis rappelée que j'adorais cette façon d'écrire , d'évoquer des thèmes durs en les évoquant simplement , il y a des trous , du vide ai je lu dans une autre critique , mais ça tombe bien , moi j'adore le vide .
L'histoire ressemble à toutes les histoires de Modiano , déjà le titre , oh je ne fus pas déçue de ce magnifique titre , un titre trompeur n'est ce pas ?
Et puis l'histoire Ingrid , Rigaud , appelé par son nom pour montrer que oui c'est bien la vie d'Ingrid dont on parle , celle qui a marqué le narrateur .
Ingrid pour qu'on ne l'oublie pas , pour qu'elle vive encore un peu dans nos mémoires , cette jeune femme qui s'est suicidée au mois d'août à Milan , Ingrid qui à 16 ans , rencontre Rigaud , à Paris , dans ce salon de thé où elle ne se sent pas à sa place .
Le livre c'est une enquête , mais une enquête onirique , qui n'aboutira à rien , à rien sauf à sauver quelques brides du passé , une quête à double sens puisque le narrateur pratique la fuite , la fuite irrépressible , celle qui nous fait faire des choses que les proches ne peuvent comprendre , c'est la recherche de la jeunesse perdue , des souvenirs enfouis a jamais , des détails pas si insignifiants que ça .Le thème je n'y reviens pas , tout les lecteurs de Modiano le connaissent .
Un livre envoûtant , qui est venu au bon moment dans ma vie de lectrice , sans doute relirai- je un autre Modiano , mais pas tout de suite , je préfère rester sur cette impression un peu magique , sur cette écriture bouleversante.
Moi mon camp est choisi , je préfère décidément une peinture à petits coups de pinceau qu'une description trop réaliste
Merci cher écrivain '
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spleen
  03 septembre 2013
Quelquefois je me demande pourquoi je n'ai encore rien lu d'un écrivain qui semble être apprécié par beaucoup.
Tel était le cas pour Patrick Modiano ...
Voilà, et je pourrais dire en raccourci et en langage simple: ça , c'est fait ! comme une initiation un peu ratée que l'on met dans un coin de sa mémoire, enfouie bien profondément aux rayons des oublis ou des rendez-vous ratés.
Je suis restée sur le quai de la gare en regardant passer le train , je ne suis pas arrivée trop tard, non, j'ai hésité , mis le pied sur la première marche du wagon et suis redescendue sans regret ...
Le style est poétique,on se laisse facilement bercer par les phrases comme une ballade nostalgique ;la quête de l'identité se mêle au thème de la déportation, la fuite d'Ingrid puis le remords qu'elle porte toute sa vie comme un poids trop lourd pour elle et qui finit dans une chambre d'hôtel à Milan , tous ces sujets qu'habituellement j'apprécie n'ont pas déclenchés chez moi un réel bonheur de lecture ni d'émotion .
Cela peut paraitre mal jugé, mais peut-être n'avais-je pas choisi le bon ouvrage pour découvrir Modiano ?
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Unhomosapiens
  08 novembre 2021
J'avais beaucoup aimé les aventures des jeunes femmes dans « Des inconnues ». Ici, avec « Le voyage de noces », j'ai beaucoup aimé le début à Milan. Je pensais qu'on allait remonter jusqu'à la raison du suicide de la jeune femme. Mais peu à peu, dès le retour à Paris et le faux départ pour Rio, je me suis laissé perdre dans les méandres de cette narration. Jusqu'à ne plus rien comprendre à ce que je lisais, même si je suis arrivé à la fin, avec Ingrid et Rigaud. Mais j'aime l'écriture de Modiano et je ré-essaierai sûrement un autre roman un peu plus tard.
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mosaique92
  26 novembre 2014
Je n'avais jamais lu Modiano. Pourquoi ? Parce que cet écrivain est très discret ? La mise en lumière apportée par son récent Prix Nobel a fait remonter sur le dessus de ma PAL ce roman qui y était entré il y a plusieurs mois à la suite d'un échange de livres.
Jean, la cinquantaine, décide de rompre avec sa vie actuelle : il éprouve une puissante ‘'sensation d'étrangeté et de solitude''. Est-ce cette sensation de vide qu'il éprouve et qu'il avait perçue chez elle qui lui a rappelé Ingrid, une femme rencontrée trente ans plus tôt (avec son mari), revue une soirée à Paris et dont il a appris le suicide à Milan, dix-huit ans plus tôt, au hasard d'un voyage ? Explorateur las (‘'Il n'y a plus de terre vierge à explorer''), il va disparaître et se lancer sur les traces de cette femme ‘'avec un sentiment d'euphorie''. L'auteur effectue des aller-retour entre le présent et le passé, sans que ce soit dérangeant : d'une phrase, il nous fait ressentir l'humeur de Jean ce qui situe le passage qui va suivre.
On y retrouve les thèmes récurrents chez P. Modiano :
- l'occupation : sur la Côte d'Azur ‘'on faisait comme si la guerre n'existait pas'' mais ‘'il aura suffi d'un tout petit détail pour gâcher ce paysage : une tâche sombre'', tâche qui n'est autre qu'un policier épiant, surveillant ; ‘'Oui, la guerre finirait. (…) Mais il fallait rester vivants jusque-là. Vivants. Et ne pas attirer l'attention. Etre le plus discret possible''
- Paris : ‘'Jamais Paris, les quais de la Seine et la place Blanche ne m'avaient semblé si attachants. Quelle bêtise de quitter encore tout ça…''
- la nostalgie de la jeunesse : ‘'cet été-là, le malaise n'existait pas, ni cette surimpression étrange du passé sur le présent. J'avais vingt ans.''
- les parents défaillants : ‘'De drôles de parents qui avaient toujours cherché un pensionnat ou une maison de correction pour se débarrasser de moi''.
Jean reprendra probablement le cours de sa vie mise entre parenthèses et son ‘'métier qui n'en était pas vraiment un, mais une manière de poursuivre les rêves de l'enfance'' : ‘'Un jour je reviendrai parmi vous. Je ne sais pas encore la date précise de ma résurrection. Il faut que j'en ai la force et l'envie''. Mais il ne pourra se débarrasser de ‘'ce sentiment de vide et de remords'' éprouvé également par Ingrid.
L'écriture est délicate et sensible, l'atmosphère est tantôt lourde tantôt légère comme l'ombre passe à la lumière. Est-ce la patte de cet écrivain ? Si c'est le cas, je lirai encore du Modiano… C'est sûr !
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
jbicreljbicrel   15 juin 2019
La lampe projetait des ombres sur les murs, et j'aurais pu croire que mon rêve continuait si j'avais été seul. Mais la présence de cet homme me semblait bien réelle. Et sa voix sonnait, très claire. Je me levai.
« Vous avez déjà des couvertures... »
Il me désignait les plaids écossais qui recouvraient les lits.
« Ils ont appartenu à M. Rigaud ? ai-je demandé.
– Certainement. C'est la seule chose qui est restée ici, à part les lits et l'armoire.
– Alors, il vivait ici avec une femme ?
– Oui. Je me souviens qu'ils habitaient là quand il y a eu le premier bombardement sur Paris... Tous les deux, ils ne voulaient pas descendre à la cave... »
Il vint s'accouder à côté de moi, à la fenêtre. Le boulevard Soult était désert et il y soufflait une brise.
« Vous aurez le téléphone, dès le début de la semaine prochaine... Heureusement, l'eau n'est pas coupée et j'ai fait réparer la douche dans la cuisine.
– C'est vous qui entretenez l'appartement ?
– Oui. Je le loue de temps en temps pour me faire un peu d'argent de poche. »
Il aspirait une longue bouffée de cigarette.
« Et si M. Rigaud revenait ? » lui ai-je demandé
Il contemplait le boulevard, en bas, d'un air songeur.
« Après la guerre, je crois qu'ils habitaient dans le Midi... Ils venaient rarement à Paris... Et puis, elle a dû le quitter... Il est resté seul... Pendant une dizaine d'années je le voyais encore de temps en temps. Il faisait des séjours ici... Il venait chercher son courrier... Et puis, je ne l'ai plus revu... Et je ne crois pas qu'il reviendra. »
Le ton grave sur lequel il avait prononcé cette dernière phrase m'a surpris. Il fixait un point, là-bas, de l'autre côté du boulevard.
« Les gens ne reviennent plus. Vous ne l'avez pas remarqué, monsieur ?
– Si. »
J'avais envie de lui demander ce qu'il entendait par là. Mais je me suis ravisé.
« Au fait, dites-moi si vous avez besoin de draps ?
– Je ne vais pas encore passer la nuit ici. J'ai toutes mes affaires à l'hôtel Dodds.
– Si vous cherchez quelqu'un demain pour votre déménagement, nous sommes là, moi et mon ami garagiste.
– Je n'ai presque pas de bagages.
– La douche marche bien, mais il n'y a pas de savon. Je peux vous en monter tout à l'heure. Et même du dentifrice...
– Non, je vais passer encore une nuit à l'hôtel...
– Comme vous voulez, monsieur. Il faut que je vous donne la clé. »
Il sortit de la poche de son pantalon une petite clé jaune qu'il me tendit.
« Ne la perdez pas. »
Était-ce la même clé dont se servaient, il y a longtemps, Ingrid et Rigaud ?
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AlzieAlzie   22 juin 2017
Pourquoi, vers dix-huit ans, ai-je quitté le centre de Paris et rejoint ces régions périphériques ? Je me sentais bien dans ces quartiers, j'y respirais. Ils étaient un refuge, loin de l'agitation du centre, et un tremplin vers l'aventure, l'inconnu. Il suffisait de traverser une place ou de suivre une avenue et Paris était derrière soi. J'éprouvais une volupté à me sentir à la lisière de la ville, avec toutes ces lignes de fuite... La nuit, quand les lampadaires s'allumaient place de la porte de Champeret, l'avenir me faisait signe. (p. 96)
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AlzieAlzie   22 juin 2017
J'ai éprouvé un vague remords : un biographe a-t-il le droit de supprimer certains détails, sous prétexte qu'il les juge superflus ? Ou bien ont-ils tous leur importance et faut-il les rassembler à la file sans se permettre de privilégier l'un au détriment de l'autre, de sorte que pas un seul ne doit manquer, comme dans l'inventaire d'une saisie ?
A moins que la ligne d'une vie, une fois parvenue à son terme, ne s'épure d'elle-même de tous ses éléments inutiles et décoratifs. Alors, il ne reste plus que l'essentiel : les blancs, les silences et les points d'orgue. (p. 53-54)
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mariechmariech   16 octobre 2014
Depuis longtemps déjà - et cette fois - ci d'une manière plus violente que d'habitude - l'été est une saison qui provoque en moi une sensation de vide et d'absence qui me ramène au passé . Est - ce la lumière trop brutale , le silence des rues , ces contrastes d'ombre et de soleil couchant ?
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francoisvarayfrancoisvaray   16 août 2014
Les deux thèmes récurrents de Modiano: la reconstitution de la mémoire par le biais des fragments de souvenirs et la déportation sont présents dans ce magnifique roman qu'il écrivit en 1990. Le narrateur, un voyageur désabusé, tente de reconstituer à partir de lieux traversés l'itinéraire d'un couple qu'il a connu pendant la guerre fuyant le nazisme. Une vie secrète, faite de cachettes, de mystères, d'hésitations, de doutes et de certitudes, voilà ce qui réapparaît par petites touches au fur et à mesure de cette magnifique évocation du cours mystérieux de toute une vie. Un grand Modiano!
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Vidéo de Patrick Modiano
Jacques Chancel s'entretient avec Patrick Modiano en décembre 1972 après l’obtention par celui-ci du Grand prix du roman de l'Académie française pour son troisième livre « Les Boulevards de ceinture ». Il évoque « cette graine de « futur grand romancier » et n’hésite pas à projeter Patrick Modiano dans le futur et lui prédire qu’il est « condamné à la grande œuvre ».
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