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Critique de frandj


frandj
  04 février 2016
Motivé par une critique vue dans le "Monde Littéraire", j'ai lu ce roman écrit par un Saoudien. Il a été probablement peu lu en France. J'avais imaginé une plongée dans le monde très spécial du wahhabisme, variante rigoriste et ultra-conservatrice de l'Islam; et naturellement j'attendais des critiques virulentes du mode de vie imposé aux Saoudiens. J'ai eu tout faux. Ce n'est pas du tout le sujet du livre. le personnage principal est sans doute musulman (comme tout le monde !) mais il ne s'intéresse pas à la religion. Sans être un révolté, il fait l'impasse sur les prescriptions de l'Islam. Il essaie de vivre pour lui-même, non pas à l'intérieur de cette religion, mais à côté. Son histoire, en fait, pourrait concerner n'importe quel homme dans n'importe quel pays.
Le héros, nommé Ghâleb, se trouve être le narrateur. Dans sa famille, très compliquée, il n'y a que des personnes aigries, agressives, névrosées. Son père a divorcé de sa mère: le premier est dur et tyrannique, la seconde insatisfaite et abusive. Ghâleb a aussi de mauvais rapports avec sa soeur. Ce n'est pas mieux avec ses demi-frères et demi-soeurs. le personnage principal a dépassé la quarantaine, sans chercher le bon job exigé par son père, sans se marier et a fortiori sans procréer. Il traîne son profond malaise et sa mauvaise réputation, dans la ville de Riyad qu'il a fini par détester. Il entretient une liaison intermittente et de plus en plus décevante avec Ghâda, dont le mari diplomate vit à l'étranger. Ne supportant plus le milieu où il vit, Ghâleb s'expatrie aux Etats-Unis où il ne trouve pas non plus le bonheur et où il n'est pas tout à fait épargné par le mal du pays. C'est en Amérique qu'il écrit les lignes que nous lisons.
Le livre est construit d'une manière assez confuse (volontairement ?), se refuse au sensationnel et distille une atmosphère morne et pesante. Malgré des formules parfois bien tournées, sa lecture n'est pas palpitante. La référence au castor, censé représenter le caractère dominant dans sa famille et plus généralement en Arabie saoudite, ne me parait pas particulièrement pertinente. En fait, le roman est l'autoportrait d'un névrosé. Mais Ghâleb évoque sa souffrance sur un mode mineur. Sa souffrance a cessé d'être une réaction violente, mais elle continue à miner sa vie jour après jour. Cette triste situation peut concerner toute personne mal partie dans sa vie. Ce roman me semble être une curiosité qui mérite d'être découverte.
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