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EAN : 9782702168417
288 pages
KERO (17/03/2021)
4.37/5   15 notes
Résumé :
La production mondiale de plastique va doubler d'ici 2040. Les nettoyages de plages et autres interdictions de cotons-tiges ne suffiront pas à éteindre la menace. L'industrie promet d'injecter 1,5 milliard de dollars pour muscler le recyclage. Ce qu'elle dit moins, c'est qu'elle projette d'investir, rien qu'aux États-Unis, 200 milliards dans de nouvelles usines de production. De son côté, l'Europe réglemente le plastique à usage unique tout en laissant le milliardai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
« Plastiqueur » : entreprise qui détruit ou endommage l'environnement et la santé publique à l'aide de matières plastiques.
Le plastique, c'est pratique et il a envahi nos vies au point qu'on n'y prête plus vraiment attention. La croissance du plastique, c'est quand même 3% par an soit un doublement de la production mondiale en vingt ans. Et pourtant, cette matière à l'air inoffensif a sa part de responsabilité dans le réchauffement climatique, la pollution de notre environnement et notre santé.
En vous plongeant dans cet essai dense et méticuleusement documenté, vous saurez tout sur la fabrication des polymères, ces grosses molécules composées de carbone et d'hydrogène et qui forment comme un collier de perles.
Les plastiques et parmi eux le polyéthylène qui est le plus répandu au monde, nous envahissent et constituent une menace. Mais quid du recyclage me direz-vous. Hélas ! 91 % du plastique n'est pas recyclé où, dit autrement, on recycle seulement 9 % des 7 milliards de tonnes de déchets plastiques produits dans le monde. Ce constat fait froid dans le dos et je ne regarderai plus ma poubelle jaune avec bonne conscience.
Et que dire des effets néfastes de cette matière omniprésente sur la santé des êtres vivants. Les tortues qui s'étouffent en avalant les sacs plastiques ne sont pas seules en cause, nous aussi nous subissons de plein fouet la particularité de ces molécules à se transformer en perturbateurs endocriniens.
La lecture de cet ouvrage peut être déprimante et l'autrice le reconnait page 295 tout en nous annonçant que les solutions existent. Pour éviter l'inondation, il ne suffit pas d'éponger, il faut couper le robinet c'est-à-dire réduire la production à la source. C'est à cette tâche gigantesque que se sont attelés deux hommes : Tim Grabiel et David Azoulay, tous deux avocats.
Je ne vous cache pas que, si on veut nettoyer la planète et devenir vertueux, il y a du travail sur la planche (en bois et non en plastique bien sûr !)
On termine sur une note plus optimiste : « Les choses doivent changer. Les choses vont changer. Car personne n'aime s'endormir dans les bras d'un tueur silencieux »
Souhaitons-le !

A chaque étape de la lecture, on peut se référer au glossaire en fin d'ouvrage, très pratique.
Cet essai dense et bien documenté traite d'un sujet épineux et complexe avec clarté et, même si j'ai parfois été noyée sous les chiffres et les références, j'ai beaucoup appris à la lecture des 332 pages de cet ouvrage.

Je remercie les éditions Kero et Masse critique de Babelio pour cette lecture pleine d'enseignements.


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Le but du livre Les Plastiqueurs de Dorothée Moisan : expliquer de manière documentée, chiffrée, argumentée que les producteurs de plastiques nous mènent en bateau. On s'en doutait bien, mais maintenant on en est sûrs et on pourra pas dire qu'on ne savait pas.

D'un côté, ils annoncent investir dans le recyclage des déchets (pour les fabricants, dans recyclage il y a incinération (si ! si !)), mais en même temps ils vont investir des sommes colossales pour construire de nouvelles usines de production des déchets. Or, le seul moyen d'avoir moins de déchets, c'est de produire moins de plastique. Mais ça, les lobbies ne veulent pas l'entendre.

Ces nouvelles usines vont contribuer fortement au réchauffement climatique avec une émission de CO2 très importante - le plastique est fait à base d'énergie fossile.

Les lobbies du plastique ont comme stratégie de culpabiliser le consommateur en expliquant que ce sont les utilisateurs qui jettent les plastiques dans la nature, pas eux. Mais le recyclage n'est pas une réalité. A l'heure actuelle, ce n'est pas parce que nous trions nos déchets – quand il est possible de trier - qu'ils sont recyclés. Seuls 6% des déchets plastiques le sont (si ! si !). le reste finit dans la mer, les décharges et polluent en se décomposant en nanoparticules. le problème : tous les plastiques ne peuvent pas être recyclés et quand ils le sont, ils valent plus chers que le plastique neuf et sont de moins bonne qualité.

De plus, les plastiques sont faits à base d'énergies fossiles polluantes auxquelles on ajoute des additifs qui ne sont pas contrôlés, il en existe des milliers et on s'aperçoit petit à petit (cas du bisphénol, des phtalates) qu'ils sont très toxiques, cancérigènes, perturbateurs endocriniens. Or ces additifs ne sont pas recyclables. Si on recycle, on crée un nouveau produit toxique et si on incinère que dire des émissions.

Un livre édifiant. A lire absolument. Se passer des plastiques est impossible mais être attentif à nos choix est possible.
Lien : https://www.instagram.com/mi..
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Pour commencer, merci Babelio (et son Masse Critique), les éditions KERO ainsi que la librairie pour ce livre !

On entend beaucoup parler ces derniers temps du plastique et de la pollution que cela entraine comme c'est de plus en plus le cas dans les océans. Alors oui, on en entend parler, mais le sujet reste flou et au final les entreprises de plastiques poursuivent et dynamisent toujours plus loin leurs activités.

Ce livre est remarquable dans le sens où il est extrêmement documenté. Ici, pas de place pour le flou. C'est clair, documenté et très abordable même pour un néophyte comme moi.

La lecture de ce livre ne laisse pas indemne. Ça fait froid dans le dos, par exemple le fait d'apprendre que le plastique recyclé est une idée des grandes entreprises pour que le consommateur ait moins de scrupule à acheter du plastique et continuer à en consommer (comme le dit si bien la quatrième de couverture : 1,5 milliard de dollars pour le recyclage et à côté 200 milliards dans de nouvelles usines de production).

À la fin de la lecture je suis resté perplexe. Lorsque l'on voit l'actualité avec des droits humains et un environnement qui s'effritent, je me demande combien de discours, de livre, conférences, etc. faudra-t-il encore pour que notre espèce prenne conscience de l'impact et conséquences de ses actes et agir face à des géants comme ces entreprises...

Pour conclure : Dorothée Moisan a eu une sacrée patience, un sacré courage et a fait un sacré travail pour ce livre qui mérite d'être lu ! Au moins, à défaut d'agir, de prendre conscience de ce qu'est l'industrie du plastique.
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Le titre de ce livre m'avait fait hésiter plusieurs fois avant de me lancer dans sa lecture. Je ne voulais pas me confronter une lecture partisane et non objective.
Mais les faits sont là et ils sont choquants. Les plastiques sont dans nos vies si omniprésents que nous ne pouvons plus imaginer vivre sans. Ils nous habillent, nous les habitons, ils s'immiscent jusque dans nos boissons et aliments et libèrent des bisphénols, des phatalates ou des perfluorés. de quoi parle-t-on ? de perturbateurs endocriniens, de polluants organiques persistants et de milliers d'autres additifs plus ou moins connus dont les effets cocktail nous préparent encore de beaux scandales.
Mais aujourd'hui ce sont les pays en développement qui en paient le prix fort. Nos déchets, fruits d'un usage unique devenu la norme, s'entassent loin de nos yeux et contaminent terres, océans, plantes et animaux, enfants, femmes et hommes.
Nous nous croyons à l'abri et protégé en Europe mais malgré un cadre normatif plus strict, les mêmes effets sont à l'oeuvre car on parle là de pollution invisible et insidieuse.
Le plastique ne pollue pas qu'une fois mais plusieurs, au point qu'un GIEP, équivalent du GIEC pour le climat est envisagé pour enfin appréhender l'ampleur du phénomène.
Il reste des notes d'espoirs mais il est urgent d'agir, à commencer par chacun d'entre nous en bannissant l'usage unique, pour tous les matériaux d'ailleurs, ce qui aura pour effet de moins utiliser notre carte bancaire en PVC, point de départ de tout ces impacts.
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Un livre qui brille d'intelligence, de clarté et d'informations précieuses. Une véritable enquête riche de sources qui nous apprend tout sur le monde des plastiques et de ses producteurs et empoisonneurs.

Et il ne faut pas avoir peur de le dire parce que les industriels, quel que soit leur secteur, ne pense qu'à engranger énormément de profits pour s'enrichir eux-mêmes mais également leurs actionnaires. Que ce soit dans le monde des plastiques, de la cigarette, des carburants, de l'agro-alimentaire, des déchets, des pesticides et j'en passe, le mot d'ordre est "il faut semer le doute".

A cet effet, ils dépensent beaucoup en lobbying, en frais d'avocats et pour des scientifiques qui se laissent appâter par des gains énormes mais une fois que le doute est semé, à eux la manne aux trésors, parce que les conséquences, c'est pour les consommateurs et leur santé, pour les états qui devront gérer leurs finances et donc taxer s'ils sont en manque d'argent, c'est toujours le contribuable qui paie la note. Quant à l'environnement, c'est le moindre de leur souci, ils règnent sur leur trésor, parlent d'aller vivre sur une autre planète et que la Terre crève avec ceux qui y restent, peu leur importe ... s'ils pensaient le contraire, ça se saurait et ça se serait déjà vu dans les faits, on continue avec l'obsolescence programmée des produits?

Un grand merci à l'auteure pour son enquête en tous les cas, c'est toujours un tel régal de lire de tels cadeaux d'écriture.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Les 50 plus gros Plastiqueurs ont promis d'investir 1.5 milliard de dollars - c'est beaucoup - pour en finir avec les déchets plastiques. Le souci, c'est que les mêmes prévoient, rien qu'aux Etats-Unis, d'investir plus de 200 milliards de dollars dans de nouvelles usines pétrochimiques .
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Si tout le monde est concerné, certaines populations sont plus fortement exposées aux dangers du plastique et de ses additifs, en amont et en aval de cette phase d'utilisation. En première ligne, il y a les riverains des sites d'extraction, des usines de production, des décharges et des incinérateurs, mais aussi les travailleurs du plastique, les pompiers ou les ramasseurs de déchets.
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...on découvre qu'en 2019, la production, l'élimination et l'incinération des matières plastiques ont généré 860 millions de tonnes de gaz à effet de serre, soit les émissions de 189 centrales à charbon, les plus polluantes au monde. Si l'on maintient le rythme actuel, ce sera l'équivalent de 295 centrales à charbon en 2030 et de 619 en 2050. p29 (Source : Centre pour le droit international de l'environnement, Plastic & Climate : The hiden Costs of Plastic Planet, mai 2019)
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C'est une histoire très intéressante qui dit beaucoup de la nature humaine et montre aux activistes ce qu'il faut faire pour être efficace. Cela a été une leçon pour nous : on doit trouver quelqu'un de très haut placé et faire de lui un héros. Il est plus efficace d'avoir l'oreille de la bonne personne que d'essayer de conscientiser le public. p231
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a la fin des années 1990, on découvre le gyre de déchets de l'océan Pacifique, une gigantesque étendue de débris plastiques. Dans cette immense soupe, des millions de sacs plastiques.
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Dorothée Moisan, journaliste, auteur du livre "Le justicier"
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