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EAN : 9782081270213
313 pages
Flammarion (09/11/2011)
4.2/5   76 notes
Résumé :
Marie-Thérèse est toute sa vie. Cette belle jonque du golfe de Siam aux formes harmonieuses en ferait rêver plus d'un. Bernard Moitessier en est tombé amoureux. Une cantine métallique, un mince matelas cambodgien, un sextant, et le voilà parti à l'assaut de l'océan Indien.

Conditions bien précaires pour affronter une mousson de quatre-vingt-cinq jours ! Les éléments auront raison de sa témérité : Marie-Thérèse ne résistera pas au banc de corail de l'a... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Chou_dOnee
  12 août 2022
« L'aventure vécue » est l'édition Flammarion dans laquelle j'ai découvert ce récit du mythique marin Bernard Moitessier. le nom de cette collection des années 60 (merci boîte à livres du bord de mer) n'était pas usurpé. L'auteur nous fait vivre, dans ce « Vagabond des mers du Sud », ses voyages entre l'Asie et les Caraïbes, à bord de ses deux premiers bateaux, le Marie-Thérèse I et le Marie-Thérèse II, le second ayant été entièrement fabriqué par Moitessier lui-même, sur ses propres idées, plans et envies, et alors qu'il était un total béotien en la matière.

Etant un peu marin, le vocabulaire lié à la navigation ne m'a pas rebuté, mais il pourra faire fuir les débutants et autres terriens en tous genres. Ce n'est donc pas une lecture pour un large public. On apprend le réglage des voiles au grand largue, la réparation des bordés, l'usage d'un bout-dehors, etc. le livre de cette édition est agrémenté de dessins techniques tracés par l'auteur. Celui du gouvernail automatique à l'ancienne m'a tout simplement bluffé. J'ai enfin compris comment ce système de navigation fonctionnait avant l'invention de l'électronique.

Mais surtout on accompagne ce précurseur de Greta Thunberg sur la recherche d'une vie simple, préservant les richesses naturelles et l'harmonie entre l'homme et la vie qui l'entoure. Dans les années 1950 pendant lesquelles le récit se déroule, la plupart des gens recherchaient à profiter du progrès. Bernard Moitessier, lui, se demandait comment vivre loin du dieu argent et près des dieux soleil, nature, paix, et vie simple. Un programme qui collerait parfaitement à la COP27, 28 ou je ne sais laquelle.

Dans ce magnifique récit, nous accompagnons l'auteur et son fidèle ami Henry Wakelam the English tramp! dans leurs périples et rencontres, de Capetown en Afrique du Sud, jusqu'aux Antilles. Ils croisent une foule de personnages colorés et attachants, le consul de l'Ile de Sainte Hélène, le capitaine d'un navire de guerre américain, des marins du monde entier, et toujours les échanges et le respect mutuel sont de la partie.

Comme grand amoureux de la nature, mais pas écologiste au sens fanatique du terme, il observe finement tous les animaux qui l'entourent, que ce soient les oiseaux, les poissons, les lézards, mais aussi les insectes. Il n'est pas pour autant végan et son habileté au lance-pierre et au harpon lui permet de mettre du pingouin, du cormoran, de la dorade, et même des oeufs de tortue à son ordinaire alimentaire, composé en mer ou à terre sur base de riz au curry.

C'est enfin une grande leçon d'humilité. Bernard Moitessier termine son récit par un chapitre sur ce qui peut être la définition du bateau idéal. Et bien tout dépend de ce que le marin recherche. Pour Moitessier le bateau dont il rêve est à la fois un but en soi (un Ketch à faible tirant d'eau, qui tient bien la mer et qu'il est facile d'entretenir), et le moyen de trouver sans le chercher, l'endroit qui corresponde à ses goûts.

On pourrait transposer cette philosophie au travail qui nous nourrit, aux personnes que nous fréquentons, à nos loisirs, notre maison, notre camping-car, notre vélo, nos amours, et, je fantasme, à tout ce qui nous entoure. Osons trouver, sans les chercher, les choses qui correspondent à nos goûts !
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LiliGalipette
  22 septembre 2022
Abandon bien plus rapide qu'à l'ordinaire ! Je laisse 100 pages à un livre pour me convaincre : là, j'ai lâché en page 43. Je sais qu'il est important de remettre les ouvrages dans leur contexte de création. Ici, ce sont les années soixante et une certaine idée de l'homme aventurier, seul face aux éléments. Bon, cela, passe encore. Mais même en gardant à l'esprit que la décolonisation était en cours dans l'ancien empire colonial français, je ne supporte pas la condescendance, voire le mépris dont fait montre l'auteur quand il parle des personnes qu'il rencontre. Il est question de bons nègres à de très – trop – nombreuses reprises. Ça m'ôte toute patience et toute envie de continuer la lecture. Désolée, mais pour ce livre, c'est retour immédiat en cale sèche.
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urbanbike
  19 février 2008
En écoutant récemment à la radio une interview des années 1950 de Georges Carpentier, un boxeur français qui avait combattu Jack Dempsey en 1923, un sportif à la diction élégante et au français précis — je passe sous silence l'écrivain invité à cette émission que j'avais pris au vol et qui se moquait du français "trop parfait" de ce vieux monsieur alors qu'il n'hésita pas à employer deux fois en une minute l'expression "quelque part…" (j'adore ces donneurs de leçons goncourisés…), j'ai aussitôt fait le rapprochent avec l'écriture fine de Bernard Moitessier que je lis en ce moment.
J'ai mis à nouveau le nez dans Vagabond des mers du sud, un ouvrage qui semble n'avoir pas pris une ride depuis sa première édition en 1960…
Suite ici :
http://www.urbanbike.com/index.php/site/vagabond-des-mers-du-sud-moitessier/
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paulettepaulette
  24 avril 2021
Une aventure que j'ai envie de partager parce que ce n'est pas le genre que j'apprécie en principe. Mais ce texte qui pourrait être un simple journal de bord est en fait un récit de voyages très bien écrit et palpitant. le personnage est fascinant quand on connaît ses exploits. Une lecture qui est enthousiasmante a fortiori en ce moment.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   25 février 2016
J’ai toujours eu le sentiment que les longues traversées se traduisaient chez moi par un nettoyage en profondeur de toutes les salissures amassées pendant un séjour à terre.
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JcequejelisJcequejelis   26 mars 2019
Le rythme était à peu près le même pour chaque bateau chargeant du maïs : cinq équipes de deux ou trois charpentiers de marine européens, c'est-à-dire blancs, dévalaient l'échelle conduisant aux cinq cales du navire, ce qui faisait une équipe pour chaque cale. Deux aides noirs étaient au service de chaque blanc pour passer les outils, porter et tenir les madriers que le blanc mesurait et sciait à la longueur voulue, les maintenir dans la bonne position pour que le blanc puisse les fixer à l'aide de clous de 15 centimètres dans leurs positions respectives, etc. Car le noir, lui, n'est pas autorisé à se servir d'un outil, dans toute la province du Natal. C'est là un privilège du blanc et celui-ci est prêt à le défendre. Les lois sociales sont strictes à ce sujet.

3210 – [J'ai lu n° 3935, p. 65]
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CielvariableCielvariable   06 février 2019
Pour moi, cela tiendra toujours un peu du miracle : voir une île émerger après plusieurs semaines de mer, là où une heure plus tôt on ne voyait que de l'eau, des vagues, des nuages, et la ligne d'horizon, intacte, éternelle. Chaque fois, j'éprouve le même mélange d'étonnement, d'amour et d'orgueil, à la naissance de cette terre nouvelle qui me semble avoir été créée pour moi, par moi.

Et juste avant le coucher du soleil, alors que le doute me rongeait déjà, Sainte Hélène est sortie doucement de la mer.
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kounil98kounil98   25 août 2017
Les premières phrases : Le livre de bord portait, ce jour-là, la date du 4 septembre 1952. Nous en étions à notre quatre-vingt-cinquième jour depuis Singapour. Je dis "nous", puisque nous étions deux : Marie-Thérèse et moi. En réalité nous ne faisions qu'un, comme ne font qu'un le corps et l'esprit qui habite ce corps. Cette fusion de l'homme et du bateau s'était établie progressivement, par étapes : à notre première rencontre, j'étais simplement amoureux de cette belle jonque du golfe de Siam aux formes pleines et robustes, fleurant bon l'huile de bois, avec sa pièce d'étrave jaillissant de l'avant pour en prolonger gracieusement la forte tonture, montrant à la fois le ciel et l'horizon... et les terres derrière cet horizon.
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DanieljeanDanieljean   25 février 2016
Le livre de bord portait, ce jour-là, la date du 4 septembre 1952. Nous en étions à notre quatre-vingt-cinquième jour depuis Singapour. Je dis "nous", puisque nous étions deux: Marie-Thérèse et moi.
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