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EAN : 9782246863571
128 pages
Grasset (02/01/2019)
3.57/5   123 notes
Résumé :
Avec ce roman, Yann Moix revient à son thème de prédilection : l’amour (et ses dépendances : la jalousie, la haine, la rivalité, la séduction, l’addiction, etc…)
Et son livre prend la forme d’un dialogue imaginaire (à la manière du Neveu de Rameau de Diderot, ou de L’idée fixe de Paul Valéry) où Yann Moix bavarde, à la terrasse d’un café, avec un ami qui tente de le consoler à la suite de sa dernière déconvenue amoureuse…
Dans un roman précédent, l’a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
3,57

sur 123 notes
Quand l'amour fait mal parce qu'il sonne la fin et la faim de l'autre, voici un roman sous forme de questions-réponses entre un psy et un homme en deuil. Les questions tournent autour de l'amour, de la souffrance, des sentiments profonds. Les réponses affluent comme autant de pensées d'un être en rumination, en perdition, en réflexion intense.
Un homme qui se questionne sur le couple, l'attachement et suite à un désaccord quitte sa bien aimée, ressentant par la suite les affres de la séparation, du manque, de l'absence. Un côté très intimiste entre mélancolie et philosophie. de belles réflexions avec lesquelles je n'ai pas toujours été d'accord mais qui ont le mérite d'éveiller le débat et qui résonnent dans l'écho de la beauté.
L'amour encore lui et toujours lui, un texte profond, intelligent et sensible. J'ai beaucoup aimé.

Mes remerciements vont à NetGalley France et les éditions Grasset pour l’envoi de ce très beau livre.
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Jusqu'ici, je ne connaissais rien de l'oeuvre et de la vie de Yann Moix, en dehors du film "Podium" et de quelques polémiques qui atteignent de temps à autre mon oreille distraite de Belgo-bruxelloise. Voici qu'avec "Rompre", je découvre sa vie amoureuse compliquée, une vie qu'il rend lui-même, consciemment mais involontairement (si cela a du sens), compliquée, répétant à l'envi le même schéma destructeur. A chaque nouvelle relation qui débute, il sait qu'elle prendra fin, par sa propre faute. Parce que "lorsque [il] rencontre une femme, ce n'est pas elle [qu'il] rencontre, mais une autre : celle [qu'il a] non seulement envie, mais besoin d'inventer". Et bien sûr, un telle relation, construite avec une femme idéalisée, fondée sur un "immense malentendu", finit par s'écrouler, la plupart du temps sabordée par Yann Moix lui-même, qui ne résiste pas à tendre le fouet pour se faire battre. Si le premier sentiment qu'il éprouve est un soulagement paradoxal (enfin libre!), il ne tarde pas à souffrir énormément de ces ruptures, de l'absence, de la solitude. Parfois il tente de reconquérir certaines de ces femmes, mais, terriblement lucide, il comprend que c'est l'amour qui lui fait peur, une peur ancrée, notamment, dans une enfance maltraitée et humiliée, et qui l'empêche de s'aimer lui-même.
Ecrit sous la forme d'un dialogue fictif avec un ami qui tente de le consoler de sa dernière rupture, ce texte est une réflexion quasiment philosophique d'un homme torturé par l'amour, la séparation, la jalousie et leurs souffrances. L'écriture est belle, fine et subtile ; l'auteur a un sens certain de la formule. Une mise à nu clairvoyante et désenchantée, qui en touchera certains et en laissera d'autres de marbre. J'avoue qu'entre les deux, mon coeur balance: le sort particulier du personnage ne m'a pas particulièrement émue, mais son analyse de ces sentiments universels sonne juste et entre en résonance avec nos petites et grandes douleurs personnelles, enfouies plus ou moins profondément dans nos souvenirs...
En partenariat avec les éditions Grasset via Netgalley.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Chaque jour un peu plus, il faut faire attention à ce qu'on dit sous peine d'être confronté aux foudres de l'opinion publique si l'on est connu, de son entourage pour nous autres. Faire attention à la manière, à un regard, à une plaisanterie, à ce qu'on mange, à ce qu'on boit, à ce qu'on fume, à trop de choses. Ca devient chiant.
Yann Moix aurait du faire attention à son gout. Faire gaffe à son gout, c'est pas délirant ça ? Ben ça vient de sortir. Un ouragan s'est abattu sur lui pour un morceau de phrase amputé comme dans 90% des cas de polémiques moisies dues à deux trois mots qu'on s'empresse de juger malheureux et de condamner. Un gout pour les femmes de moins d'un certain âge, c'est grave, c'est vrai. Heureusement qu'il s'est arrêté là parce que je n'ose imaginer s'il avait ajouté qu'il préférait les brunes ou les minces voir les deux… (et je ne parle pas des gros seins ou pas pour ne pas basculer dans le camps des je ne sais quoi). On a encore le droit de préférer les brunes ou les blondes ou les… grises ? Oui, mais non, enfin ça dépend, parce que Macron lui c'est le contraire. Il est tombé sur une grise et « on » se fout de lui pour ça, comme si il n'y avait pas assez d'autres sujets valables pour l'emmerder.

Rompre ? Ah oui. Rien à voir avec ce morceau de phrase qui a fait le bonheur de l'indignation sans risque des braves gens que nous sommes, bien que… A ceux qui voudraient un truc genre excuses de Moix, je crois que vous n'en aurez jamais car il n'y a aucune raison de s'excuser mais lisez « Rompre ». Vous aurez une séance d'auto flagellation de l'auteur qui ressemble un peu à une exécution en place publique.
Une rupture amoureuse, qui n'y a jamais été confronté ? Yann Moix a la rupture chronique. Il la provoque, il amorce le processus de destruction dès que la phase de séduction a produit l'effet escompté. L'idée c'est un peu comme si on disait que dès la naissance, chaque seconde nous rapproche de la fin. Alors peut être qu'il préfère anticiper, une sorte de suicide affectif dont les racines n'en finissent pas d'épuiser son enfance martyrisée. Sa dernière rupture l'a détruit encore un peu plus. Il essaye peut être de l'exorciser avec ce livre.
Yann Moix ne s'épargne pas, il se livre pieds et poings liés, prévient ses prochaines éventuelles conquêtes du mal qui le ronge, qui le pousse à fuir lâchement dès qu'il est à un doigt d'effleurer un certain bonheur.
Rompre est une réflexion sur l'amour, une vision sur le couple. Une vision des choses de la vie qui bouscule, qui pose question pour peu qu'on veuille bien y réfléchir. Je n'ai pas adhéré à tout (heureusement pour moi, pour ma santé affective) mais je le rejoins sur quelques idées et même un peu plus, que vous découvrirez peut être si vous avez la curiosité de lire le très court « Rompre ».
Livre noir, oui mais brillant. Brillant et à mon avis, honnête, un mot grossier dans la civilisation du virtuel.
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Dans « Rompre » Yann Moix nous plonge dans sa dernière rupture amoureuse, sa vision du couple, le fait qu'il ne peut vivre ni seul, ni en couple. Il admet qu'il ne peut s'empêcher de mettre un terme prématuré à chacune de ses liaisons tant il craint d'aimer et d'être aimé. Le fait de rompre, voilà ce qui l'anime et le détruit en même temps.

« Rompre » adopte la forme d'un dialogue imaginaire entre lui et un ami journaliste qui l'interroge au fil des pages. Une interview fictive de lui-même par lui-même sur le thème de la rupture. Le rôle du journaliste-questionneur est dévolu à un double de Yann Moix qui, par ricochet, devient le lecteur lui-même. A maintes reprises, les interrogations de l'interlocuteur sont les nôtres. Yann Moix répond sans tabou, avec un sens aigu de la formule, et analyse la souffrance de celui qui est quitté, situation presque banale, sauf pour celui qui est quitté.

Mauriac a écrit : « L'enfance est le tout d'une vie, puisqu'elle nous en donne la clef. » Celle de Yann Moix fut terrible. Dans ce nouveau livre on découvre son enfance maltraitée. Ce qu'il nomme, en toute connaissance de cause les « hématomes du passé » sillonne le roman de la première à la dernière page. Aussi, Moix ne pourra jamais se comporter en adulte et restera toujours immature sentimentalement. Ainsi, toute relation amoureuse est dès le début vouée à l'échec. Il dresse un portrait de lui sans complaisance et son inaptitude au bonheur est presque caricaturale. Pourtant, même si un passé douloureux peut expliquer le parcours d'une personne, il ne peut justifier des propos ou des comportements parfois odieux.

On retrouve toutefois l'amoureux de belles associations de mots et Yann Moix n'est pas totalement malheureux car il lui reste un refuge : l'écriture, dans laquelle il se sent bien, rempli de tous les pouvoirs et il a la certitude que la littérature est plus importante que la vie.
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Je n'ai, à priori, aucune sympathie pour Yann Moix, qui, même s'il m'a amusé, au début, avec ‘Podium', n'a fait que me décevoir et, surtout, profondément m'irriter par la suite.
Monstre médiatique à l'égo surdimensionné, quasiment toutes ses apparitions ont rajouté une couche de suffisance autour de l'opinion déjà déplorable que j'avais de lui.
Je le trouve méprisable, peut-être à tort, qu'importe, je ne le connais pas personnellement. Un ressenti parmi tant d'autres.
Pourtant, les nombreux avis que j'ai compulsés (merci Babelio) à propos de ‘Rompre' m'ont donné envie de m'y plonger (sans pour autant faire un ‘reset'), d'autant plus qu'il est très (très) court, si ça doit faire mal, autant que ce soit bref, courageux mais pas téméraire.
Et bien, bien m'en a pris.
J'ai adoré, surtout la première moitié de cette expédition introspective sans chercher à savoir si elle est autobiographique ou pas, cela ne m'intéresse pas.
Je l'ai lu comme un roman.
Je l'ai bue un cocktail, mélange calculé de divers éléments variés et non comme un grand cru, éloge à lui seul, du naturel.

 Mais qui est cet homme, de lettre, de télé, de radio, de cinéma qui se fait interviewer alors que l'avalanche de la rupture amoureuse qu'il a lui lui-même déclenchée continue à asphyxier ses sens, sa perception, son avenir et même son passé.
Une interview donc où plutôt une confession, une séance chez le psy qui le pousse à se mettre à nu, un travail déjà bien entamé entre les murs de la solitude dans laquelle il s'est enfermé.
Une analyse, une introspection, un voyage égotique (parlez moi de Moix, il n'y a que ça qui m'intéresse) qui le mène au-delà de la relation qu'il vient de détruire, en pleine conscience et en pleine inconscience en même temps.
Une réflexion sur soi, sur l'autre, sur soi avec puis sans l'autre. Une idée force, la rupture, omniprésente même le jour de la rencontre parcequ'inéluctablement toute relation est vouée à l'échec, que l'échec, même fait partie intégrante de la relation comme un projet intègre un début, un déroulement et une fin.
Quelques tics d'écriture (récurrents retournements de phrases), une propension à la citation (voyez ma culture), une usure aussi passée la première moitié du court livre, mais une bonne lecture toutefois, plus entendue que lue finalement tant l'artifice de l'interview est habile.

Remettrai-je le couvert, pas sur pour autant. Autocentré quand même, Dutronc chanterait ‘Et Moix, et Moix, et Moix'. Bonne lecture mais que je ne mets pas sur mon Podium, cependant  !
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critiques presse (2)
LaPresse
22 mars 2019
Lacéré. Déchiqueté. C'est ainsi que le narrateur se sent chaque fois qu'il est confronté à une rupture - rupture qu'il dit inscrite dans ses amours « comme un infarctus dans le myocarde ».
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro
14 février 2019
En cent pages étourdissantes, Yann Moix se fait entomologiste et dissèque son rapport à l'amour, qui est toujours un chagrin en devenir.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Seul à seul avec soi, dans la certitude de soi, dans la solitude de soi : voici un autre enfer. Horreur d’être clos dedans soi, de ne pouvoir être que seulement soi. Infiniment et finiment soi, et jamais rien d’autre. Finir là où tout a commencé : en soi, pour soi, à soi, vers soi, au fin fond de soi. Être ramené à soi, à soi seul, comme dans une souricière. Et non seulement n’être que soi, mais n’être que le sempiternel même soi, un soi sans issue, habiter sa tautologie, se confondre avec ce que nous avons fini par être : rien que soi. Soi et rien d’autre. C’est à devenir fou.
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Etre en couple, c’est choisir quelqu’un qu’on ne connaissait pas et qu’on eut aussi bien pu ne jamais connaître, pour se priver soi même de liberté, pour se couper soi même ses propres ailes, pour s’interdire d’être autre chose que ce que nous acceptons d’être une fois enfermé, ligoté, pris au piège. Au sein du couple, celui que je suis étouffe tous ceux que j’aurais pu être. Me voici interdit d’horizons, soustrait aux errances, à l’abri de toute aventure, protégé du hasard, vacciné contre les accidents. Rien ne justifie le couple, hors la peur de rester seul avec soi.
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Le couple m'asphyxiait. Je ne parviens pas à saisir ce qui nous y attèle. La vie humaine est si exubérante, ses aventures si diversifiables, que l'arraisonnement de nos libertés, de nos folies, de nos possibles, à une seule et unique structure fait à mes yeux figure de tombeau.[…] Au sein du couple, celui que je suis étouffe tous ceux que j'aurais pu être. […] Rien ne justifie le couple, hors la peur de rester seul avec soi.
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Ceux qui pénètrent dans les églises, et communient, savez-vous ce qu’ils cherchent à partager ? Ils cherchent à partager ce qui ne se partage pas : la solitude. La solitude est fondamentale. Rien ne triche moins qu’elle.
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Aimer, c’est rechercher une présence ; être en couple, c’est rechercher une compagnie. La présence me multiplie ; la compagnie me mutile. La présence m’amplifie ; la compagnie m’atrophie.
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Videos de Yann Moix (78) Voir plusAjouter une vidéo
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