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ISBN : 2246857724
Éditeur : Grasset (29/04/2015)

Note moyenne : 3.19/5 (sur 127 notes)
Résumé :
"Dès qu'une femme aime un homme, elle fabrique un infidèle."Y. M.
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  04 août 2016
« L'amour, c'est de l'infini qui se rétracte. »
Que dire si ce n'est que j'ai adoré cette lettre. Une lettre d'amour, une lettre de deuil. Une lettre adressée par un homme à une femme après leur séparation, une lettre pour un ‘au revoir' qui n'a pas été dit en temps et en heure. J'ai aimé tout autant la forme que le fond.
C'est magnifique, flamboyant d'une détresse « J'étais seul au monde au milieu de toi » qui se cache sous un cynisme « pour le sexe, je préférais la présence des femmes ; pour le sentiment, je préférais leur absence », et qui s'efface parfois pour laisser le coeur parler.
« Tu redondes, mon amour. ». Oui il l'écrit ! Cette femme est son ‘amour', il l'écrit parce qu'il fait nuit depuis longtemps et « l'extrême fatigue est la meilleure longueur d'onde pour faire jaillir les vérités tues, les aveux empêchés. »
« Je m'aperçus qu'Ovide, Stendhal, Pétrarque, Racine, Byron, Shakespeare, Baudelaire, Zweig, Aragon, Proust ne me parlait que de toi. » Ça me fait rire un homme qui parle par personne interposée, qui dit sans dire et préfère laisser l'autre prendre la mesure de ce que lui ressentait au travers de cette si jolie déclaration. C'est un littéraire amoureux qui repense à cette première rencontre, si inoubliable dans son intensité pour lui :
« C'était comme si tout entre nous avait déjà fait l'amour, nos corps exceptés. Pénétrations, fellations, sodomies, et autres festivités avaient lieu entre nous, en temps réel, par d'autres moyens, par des chemins étrangers au contact des chairs, par des clins d'oeil, des tintements de verre, des éclats de rire : une pornographie se déroulait bel et bien, mais selon d'autres modalités, installée sur une fréquence connue de nous seuls. Personne ne s'en doutait, mais face à face, debout, nous baisions comme des détraqués. Nous n'avions pas attendu le coït pour commencer à jouir. »
Ils ont formé un couple qui, de son point de vue, s'entendait manifestement très bien physiquement -« Au lit, je dois avouer que tes faveurs étaient farouches ; tes prouesses, meurtrières »- mais qui avait des difficultés à communiquer, « les mots ne nous venaient à la bouche que pour modifier la couleur du silence. ». Un couple inachevé, imparfait. « Emmêlés la nuit, étrangers le jour. Ennemis bientôt. » Elle n'était pas son bachert mais il l'aimait, j'en suis persuadée sans quoi il n'aurait pas eu ces beaux mots « Je voudrais te connaître jusqu'au sang. » et n'aurait pas été jaloux (quand bien même cela renvoie à un égo bien installé à l'évidence) : « Posséder une femme magnifique, c'est vouloir posséder ce qu'elle possède et que nous ne possédons pas. Quand je dîne avec toi, je dîne avec tout le monde sauf avec toi : je dîne avec ceux qui te veulent. »
Mais l'imparfait, ce temps simple, exprimant une action dans un passé réel ou imaginaire, renvoie justement à la perte de cette autre femme, Anaïs. « Une femme aimée, une jeune femme, une jeune fille encore est morte, avant que je te connaisse. »
Parce qu'on a peur -« La peur, pour celui qui ne détruit pas l'autre, d'être détruit par l'autre. »- on tire le premier. Ici dans tous les sens du terme, il le fait et le revendique. Il casse et se cache sous des traits d'un don Juan où « la réalité n'est que sexuelle. » Toutefois, c'est dans cette lettre qu'il avouera cette blessure initiale, cet imparfait qui l'a conduit dans ce mur, comme une voiture une nuit.
« Moi, ma gueule veuve et solitaire qui marche sous les gouttes froides. »
Dès lors, cet homme a une peur viscérale -« Peur, surtout, de n'être plus, de ne pouvoir plus, jamais, être un ‘enfant'. Peur de ce que signifie ‘être adulte', avec la cohorte d'obligations »- et cette angoisse de la vie le pousse à fuir son présent. Plutôt que d'avoir mal à en crever, il devient sarcastique, cynique, sadique et sans illusion. « Je massacre avec subjectivité ce qui s'étiolera avec objectivité. » Il nie ses rêves, se vautre dans des corps pour oublier celui qu'il n'a jamais eu.
C'est un homme en souffrance. « Celui, celle qui quitte est malheureux aussi – et le deuil d'autant plus douloureux qu'il en porte la responsabilité. C'est un assassin assistant aux obsèques de sa victime. ».
Il se crée une carapace d'homme froid, insensible, persuadé que tout est fin « Ce qui est exténuant, ce n'est pas que le pire soit toujours sûr, mais que le meilleur soit toujours incertain », et s'absout en expliquant que « le mal que je te fais ne s'oppose pas au bien que je prodigue : il est couplé, livré avec, compris avec. Il n'en est pas l'inverse, ni même le complément : simplement, c'est la même chose. Comme j'aime, je dois détruire. »
Il a pourtant été percuté par cette rencontre, cette femme a bousculé ses certitudes sans quoi il n'aurait pu écrire : « Ce serait toi, c'était toi, l'élue. Je ne voulais pas me marier parce que le mariage c'est pour toute la vie, et que toute la vie, pour t'aimer, me semblait un peu court. »
« En attendant, je suis ce mort qui respire. »
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Lesdouzecoupsdeminuit
  19 septembre 2015
N'est pas Montherlant qui veut
Un jeune homme rentre de voyage à New York. Profitant d'une insomnie causée par le décalage horaire, Il écrit à une femme qu'il appelle «mon amour». Il écrit une très longue lettre qui oscille entre confidences intimes, flashbacks sur leur relation amoureuse et digressions personnelles autour de l'Amour et des Femmes. Au fil des pages, le ton se fait plus distant, parfois brutal. On comprend qu'il veut rompre et que cette lettre sera sa lettre d'adieu. Mais il n'a visiblement pas envie de rompre avec élégance…
A la lecture du dernier roman de Yann Moix, « Une simple lettre d'amour » on ne peut s'empêcher de penser à Henri de Montherlant et à l'un de ses chefs d'oeuvre "Les jeunes filles". Qu'aurait pensé le grand homme de cette pâle copie griffonnée d'une lettre de Costals à Solange ? Espérons d'ailleurs que Yann Moix n'avait pas cette ambition en écrivant ce livre...car il est raté.
Il écrit comme on prend un selfie : sans cadrage, sans lumière, sans idée...à la va-vite. Un signe des temps dira-t-on… à moins que ce ne soit de la paresse…. pour faire un coup médiatique et vendre du papier. Yann Moix ne structure pas, n'écrit pas. Il juxtapose des images, toutes plus crues les unes que les autres, sans jamais réussir à toucher, à émouvoir. Il confond « narcissisme cynique» avec «vulgarité exaltée».
Deux éléments semblent l'obséder à l'envi (des dizaines de fois) : la pénétration et le sperme (et je suis poli car ce ne sont pas les mots qu'il emploie…). En lisant, on n'est même plus choqué, on se demande seulement à quoi rime ce monologue trash, bien loin du lyrisme des « nuits fauves ». Mais tout cela n'est rien à côté du ridicule des quatre dernières pages : Une fin grandiloquente où la vulgarité fait place à la mièvrerie. Et on est toujours pas ému.
Soyons magnanime, Yann Moix n'avait certainement pas dans l'idée de rivaliser avec Henri de Montherlant lorsqu'il a eu l'idée de son roman. Connaissant son ego...Enfin je l'espère…
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Alors si vous avez envie de découvrir un réel chef d'oeuvre d'écriture, je vous invite à lire « Les jeunes filles ». Publié par H. de Montherlant en 1936 , il fait partie d'un cycle de quatre romans: *les Jeunes filles*, *Pitié pour les femmes*, *Le démon du bien* et *Les lépreuses*. Dans le premier, le personnage de Costals est un écrivain célèbre, adulé par les femmes qui veulent toutes être aimées de lui. Costals est un homme solitaire, uniquement passionné par son travail d'écrivain et qui ne vibre, de temps en temps, que pour la conquête des femmes. le livre est construit autour d'un échange de lettres entre lui et plusieurs de ses conquêtes. L'écriture est sublime, rythmée et vive. Un vrai bijou de littérature.
En voici un petit extrait:
"En se penchant un peu en arrière, il voyait, derrière le dos de Solange, la jeune femme qui était assise à côté d'elle ; adossée dans son fauteuil, elle écoutait, bouche entrouverte et les yeux clos. Elle n'était pas jolie, mais Costals la désirait : premièrement parce qu'il trouvait convenable que, dans la même minute où il caressait pour la première fois une jeune personne, il en désirât une autre; deuxièmement parce que, donnant l'apparence du sommeil, il était impossible qu'elle ne levât pas en lui la pensée d'abuser de ce sommeil; et enfin parce qu'il lui semblait que, pour éprouver une telle extase d'un phénomène aussi insipide que cette musique, il fallait qu'elle fût détraquée ; or, il n'aimait que les filles saines et simples, comme Solange, c'est pourquoi cela lui était agréable d'avoir envie d'une femme détraquée."
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janessane
  07 août 2015
Ce livre est une claque! Je suis incapable de dire si je l'ai aimé ou non. Je lui ai attribué deux étoiles mais vu qu'il résonne en moi après lecture, peut-être en mériterait-il plus.
Cette simple lettre d'amour est surtout celle du désamour. Mais elle est aussi une véritable dissection du sentiment dans son état le plus primitif. Débarrassé des fioritures, de l'altération littéraire qui l'accompagne généralement l'amour est présenté dans sa vérité la plus cruelle voire abjecte. Vous l'aurez compris Yann Moix livre ici une confession plus qu'intime, il se donne à voir dans sa nudité la plus crue, avec une délectation certaine dans l'exercice. Il ne s'en cache d'ailleurs pas et réussit ce tour de force en s'appuyant sur la littérature (proustienne notamment) alors qu'il décrie tout ce qu'elle a de plus trompeur et charmeur. Citer les artifices pour en user, en abuser...
Il y a dans cette lettre du cynisme (bien qu'il s'en défende) mais aussi certainement de la lucidité, un regard pertinent sur les diktats de la société, qu'on le veuille ou non, surtout que ça nous plaise ou non.
Quelques petites citations permettent de donner le ton: " "Pour le sexe, je préférais la présence des femmes ; pour les sentiments, je préférais leur absence." ou encore : ""Un homme, quand il aime, aime toujours déjà ailleurs ; il appelle "femme de sa vie" la prochaine femme qu'il rencontrera – il vaque de brouillons en brouillons. La définitive, pour lui, est incessamment la suivante. […] Aimer un homme, c'est fabriquer un infidèle."
Voilà, maintenant si vous ouvrez ce livre, vous savez à quoi vous en tenir!!!
Toutefois, malgré la vigueur et l'originalité de ce texte, je suis déçue par la fin. Il me semble que l'auteur en nous livrant une autre partie de lui-même à chercher à s'excuser, à légitimer ses pensées. Il y a un retour dans ce romantisme tant décrié qui amoindrit voire contredit tout ce qui a été dit auparavant. Tant qu'à se montrer dans sa plus grande vérité autant l'assumer jusqu'au bout! A moins que tout cela ne soit qu'un effet littéraire dont je n'aurais pas saisi le sens...A vous d'en juger!
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Ocian
  20 août 2018
Yann Moix n'y va pas par quatre chemins. Pour évoquer l'amour, ses frasques, ses phases successives, sa grande labilité ; il tergiverse et adopte le procédé d'une « lettre de… » dans l'espoir peut-être(je ne suis pas convaincu qu'il soit homme à avoir des espoirs fondés) de rallumer une sorte de paix des sexes.
A défaut, c'est la hache de guerre qu'il déterre. La lettre d'amour se transforme en brûlot, le schéma en décorrélation méthodique de l'autre. Il ne perd pas un instant à démystifier le pot-aux-roses d'amour et le leurre constitutionnel inhérent semble-t-il à ce sentiment. Là où chacun, chacune réclamerait à corps et à cris une vérité du ou des sentiments, force est de constater pour le narrateur – auteur que la tendance de fond serait plutôt à une imposture généralisée : chacun, chacune tenant sa posture, son rôle, son personnage dans ces hyménées de la séduction. Attention aux déconvenues !
Cela ne semblait pas un souhait premier, objectivé par quelque résolution pré-maïeutique, à grand renfort de préjugés – non, ce schéma passa au fil du roman pour être apparu rapidement suite à des réflexions et ce, dès l'adolescence du narrateur. On aurait peine à ne pas chercher dans sa voix celle de Yann Moix, dans ses prises de position radicales, que seule autorise une sortie de relation amoureuse, celle de l'écrivain à la ville. Misogyne, diriez-vous ? je ne pense pas que ce terme corresponde tout à fait au tempérament du besogneux locuteur du roman. Certes, il y va de diatribes contre la (les) femme(s), expose comment lui les consomme assidûment, comment il les délaisse tout aussi vite, mais… il tend à se justifier, à avancer des raisons. Comme tous les misogynes, diriez-vous ? non, il ne se contente pas d'argumenter, il prend et façonne, donne vie et matière à un système métaphilosophique : se trame ainsi sous nos yeux un sens critique, pas une passade insouciante et décousue d'elle-même. L'inconvenance le cède donc à la liberté de parole et à une opinion structurée ; un paradigme désenchanté.
Le locuteur a souffert, de trop, après avoir fait tant souffrir ses comparses féminines. Était-ce un juste retour de choses ? lui, le Don Juan, l'être dévolu au péché charnel dupliqué, reprisé, marcotté, dans le cirque d'évolution des particules humaines qu'est Paris, se voyait désormais fébrile et dépendant, exact au rendez-vous de sa vie mais déjà dans le savoir du poids que cette femme ferait peser sur lui. Yann Moix, c'est l'exergue de la quatrième de couverture qui le dit, considère que chaque femme aimante fabrique un infidèle. le personnage est plus souvent amoureux dans l'attente, dans une projection, une idéalisation de l'autre en absence que dans sa fréquentation quotidienne et bassement matérielle. le locuteur ne supportait pas que ses conquêtes s'alanguissent dans ses bras. L'homme aime celle d'après, éternellement repoussée – la fidélité est un crime – la femme est une promesse d'enfermement, toujours déguisée. Il tomba amoureux de telle jeune femme dans le roman au bénéfice du doute et, surtout, machisme invétéré, en vertu de son beau minois. L'auteur du roman reconnaît là quelques forces de la Nature contre lesquelles les assauts de la civilisation et de la culture ne peuvent rien. L'attirance est affaire de pulsion, d'instinct. Mais, il est troublant et déceptif de constater que l'écrivain ne fasse pas l'économie de lieux communs et de figures imposées pour en dépeindre les contours du théâtre amoureux. Il y aurait la femme-proie, les hommes-meute, la bataille (dé-)rangée, et plus avant dans la relation, la trahison du temps qui promeut le regret dans les coeurs, qui isole de l'intimité au profit de l'inimitié…
Très curieusement, la lettre passe en revue l'évolution d'un amour sale et rabougri : au sortir d'une relation qui a déjà pas mal bourlinguée, le propos tient donc en la peinture d'un différend existentiel, irréconciliable, entre les amants. D'une part, il y aurait l'incertitude de trouver l'autre, d'autre part, il y aurait la difficile identification de ses propres états d'âme et leur invariance dans le Temps. Peut-on faire coïncider deux états d'esprit sur la durée ?
Lieu et occasion de tous les extrêmes, l'amour se voit associé sémantiquement à des couples d'antonymes. Et dans une forme de prolongement de ce constat posé dès les premières pages du récit, l'amour expose le narrateur à ses climats radicaux.
Somme de sentences sur l'amour brutal, sur l'amour génital, moins sur l'amour marital, le récit n'en laisse pas de dépeindre une situation générale. Amants singuliers, mais pas trop, nos protagonistes dont seul un à la parole, témoignent de la difficulté d'être ensemble et de vivre pour soi, pour l'autre et pour l'extérieur. La femme du roman n'a pas d'autre passion que son couple, ce qui pour l'auteur passe pour un non-sens.
Drôle de roman que celui-ci qui dans le format un peu vilipendaire et centré sur le couple, royaume de la désunion, fait penser au Lit défait, de Sagan. le style de Moix explose à chaque page, sans toutefois faire de moi un converti. Les énumérations – longues – sont fréquentes, les comparaisons téméraires voire saugrenues, la poésie tant réclamée peine à surnager (name dropping des auteurs classiques…). En effet, hormis quelques morceaux de bravoure littéraire, le sujet caustique et délibérément charnel inclut comme un inévitable des descriptions truculentes et un langage cru. La poésie peut en être, cela va sans dire, surtout dans une conception moderniste, mais ce n'est pas le souci premier de l'auteur. le principal reproche que je puis lui faire c'est l'exposé d'atermoiements avant et dans le couple aussi connus… qu'éculés. Je ne vois pas la nouveauté sur la formation d'un ensemble amoureux comme je ne vois point l'intérêt d'une ‘fin heureuse' morale où… mais n'en disons pas plus, pour préserver l'intérêt des futurs lecteurs. Toutefois, l'Amour (honneur) est sauf !
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gaelbourgeois
  17 mai 2016
Une lettre particulièrement crue sur les rapports humains et ceux qui régissent le couple en particulier.
Une lettre, unique, de rupture et qui signifie de manière claire la fin d'une relation basée sur des simples critères physiques, la désorientation psychologique et sexuelle d'un homme.
Peu encourageant sur le plan humain, un ouvrage déconseillé pour les personnes en phase de doutes ou en période "noire" de leur vie...
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critiques presse (3)
Bibliobs   16 juin 2015
A la fois masochiste et lyrique.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   11 mai 2015
Un titre ironique : on ne souhaite à aucune femme au monde, jamais, de recevoir une telle déclaration de désamour.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeFigaro   14 avril 2015
L'auteur aborde la question de la perception amoureuse du point de vue masculin et décrypte ainsi leur psychologie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (85) Voir plus Ajouter une citation
gaelbourgeoisgaelbourgeois   18 mai 2016
p.23 :
"Puis la gravité vient s'insinuer dans le jeu des rendez-vous. On attend de l'amour beaucoup plus que ce que l'amour est fait pour donner."

p.55 :
"On voudrait bien s'adorer jusqu'à la tombe, mais des événements viennent défaire les vœux, déraciner les promesse, abîmer l'espérance. On achète, dans l'amour qui naît, un futur qui ne veut jamais exister. Impression atroce que le sommaire ment sans cesse, que les pages du livre se contredisent, que le chef-d'oeuvre est toujours empêché."

p.56 :
"Or, l'amour est plus méchant que la guerre, puisque la guerre consiste à faire du mal à ceux que l'on n'aime pas."

p.60 :
"J'aimerais tant inventer un genre neuf, bâti sur l'incohérence de ses fondations : du sublime qui insulte, de la mésange qui rote, des mânes qui dégueulent."

p. 73 :
"J'aimerais tellement que ma solitude trouve le courage de ne plus succomber à la tienne.

p. 125 :
"De la même manière qu'un amour achevé nous enferme dans le passé, jusqu'à nous abrutir de mélancolie, un amour qui s'ébauche nous projette dans l'avenir, jusqu'à nous abrutir d'espoir. Nous quittons ce qui n'existe plus, et n'a peut-être finalement jamais existé, pour embrasser ce qui n'existe pas encore, et n'existera peut-être jamais.
+ Lire la suite
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AmbagesAmbages   03 août 2016
Je note aujourd'hui que je me sens plus seul à deux que tout seul ; tout seul je peux profiter de ma propre compagnie, là où ta présence m'en empêchait.
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fanfanouche24fanfanouche24   21 juillet 2016
Il faudrait faire gicler des êtres, à la façon d'une vanille, la part d'inédit qu'ils recèlent. Faire d'eux une perpétuelle première fois, une première fois dans tous les domaines, dans le regard, dans la respiration, dans le rire--faire face, sans arrêt, à un émerveillement pur, effrayant, prolongé. (p. 54)
Commenter  J’apprécie          160
AnouschkaAnouschka   07 août 2015
Tout est toujours compliqué, alambiqué, dans les sentiments. Tout le monde voudrait dire "je t'aime", être heureux. Etre heureux définitivement, sans altération, sans ramification; sans amplification mais sans dégénérescence: on en appelle à du fixe, à de l'immobile, à de l’immarcescible. Non il y a toujours une tumeur qui sourd, un orage qui fait ses gammes quelque part, une horreur qui tonne. On ne peut s'acheter, une fois pour toutes, cette tranquilité qui apaise, ronronne pourrait mourir avec nous, doucement.
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Floyd2408Floyd2408   28 août 2015
Ta frimousse, non seulement n'est pas faite pour durer mais reste une invention des dieux pour attraper dans son filet ceux qui, comme moi, s'agenouillent pitoyablement devant la beauté des femmes, se laissent impressionner, souiller, mener, influencer, juger par elle, et n'ayant de cesse de posséder enfin ce qui les domine et d'administrer ce qui les humilie, finissent par maladivement se l'acquérir aux fins de parader avec elle, cette beauté, l'exhibant comme leur dernière création. Posséder une femme magnifique, c'est vouloir posséder ce qu'elle possède et que nous ne possédons pas.
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Videos de Yann Moix (55) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yann Moix
Qui a lu l??uvre publiée de Yann Moix sait déjà qu?il est prisonnier d?un passé qu?il vénère alors qu?il y fut lacéré, humilité, fracassé.  Mais ce cauchemar intime de l?enfance ne faisait l?objet que d?allusions fugaces ou était traité sur un mode burlesque alors qu?il constitue ici le c?ur du roman et qu?il est restitué dans toute sa nudité.  Pour la première fois, l?auteur raconte l?obscurité ininterrompue de l?enfance, en deux grandes parties (dedans/dehors) où les mêmes années sont revisitées en autant de brefs chapitres (scandés par les changements de classe, de la maternelle à la classe de mathématiques spéciales).  Dedans : entre les murs de la maison familiale.  Dehors : l?école, les amis, les amours.  Roman de l?enfance qui raconte le cosmos inhabitable où l?auteur a habité, où il habite encore, et qui l?habitera jusqu?à sa mort, car d?Orléans, capitale de ses plaies, il ne pourra jamais s?échapper.  Un texte habité, d?une poésie et d?une beauté rares, où chaque paysage, chaque odeur, chaque mot, semble avoir été fixé par des capteurs de sensibilité saturés de malheur, dans ce présentéisme des enfants martyrs.  Aucun pathos ici, aucune plainte, mais une profonde et puissante mélancolie qui est le chant des grands traumatisés...
En savoir plus sur "Orléans" : https://www.hachette.fr/livre/orleans-9782246820512
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