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EAN : 9782246857723
51 pages
Grasset (29/04/2015)
3.23/5   179 notes
Résumé :
"Dès qu'une femme aime un homme, elle fabrique un infidèle."Y. M.
Que lire après Une simple lettre d'amour Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
3,23

sur 179 notes
Ayant reçu cet ouvrage en don pour la médiathèque dans laquelle je travaille, j'étais curieuse de le découvrir avant de le cataloguer et de le mettre en rayon et éventuellement, si la lecture m'eusse plu, ce qui est le cas, de pouvoir le recommander à mes potentiels lecteurs avec moult arguments à l'appui.

Jusqu'à présent, je ne connaissais absolument pas les ouvrages de Yann Moix (j'ignorais même jusqu'à son nom) mais j'avoue que j'ai commencé par un ouvrage de lui assez singulier (à ne pas prendre au terme péjoratif du terme) : une déclaration d'amour faite par un jeune homme à une femme après leur séparation. Cependant, c'est avant tout une réflexion sur soi, sur ce que le mot amour veut dire, des pensées philosophiques et sur ce que la société attend de nous et nous procure en tant qu'êtres humains, et ce de notre naissance à notre mort, qui sont développés ici plus que de véritables déclarations d'amour. le narrateur revient sur sa rencontre avec cette "femme" (mais d'ailleurs existe-t-il pour lui, ce don Juan jalonné de succès, une seule femme ou une perspective de femme à conquérir avant de passer à la suivante ?) et comprend que dès leur rencontre, leur "couple" était voué à l'échec car seul le sexe pouvait encore faire vibrer leur relation. Mais là n'est pas seulement le cas avec celle-ci : que se dire dans un couple, à part des banalités, aussitôt levés du lit où deux corps se sont étreints longuement et aimés ? Encore vaudrait-il mieux ne rien se dire mais alors l'amour véridique peut-il exister ?

Un ouvrage qui se lit très rapidement, extrêmement bien écrit mais avec des phrases parfois un peu trop longues et complexes (je citerais volontiers Proust pour une vulgaire comparaison) et dans lesquelles le lecteur à parfois tendance à perde le fil et cela est bien dommage ! Un ouvrage que je vous recommande néanmoins tant il porte à réfléchir sur soi mais aussi sur le sens que nous voulons donner à notre vie !
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« L'amour, c'est de l'infini qui se rétracte. »

Que dire si ce n'est que j'ai adoré cette lettre. Une lettre d'amour, une lettre de deuil. Une lettre adressée par un homme à une femme après leur séparation, une lettre pour un ‘au revoir' qui n'a pas été dit en temps et en heure. J'ai aimé tout autant la forme que le fond.

C'est magnifique, flamboyant d'une détresse « J'étais seul au monde au milieu de toi » qui se cache sous un cynisme « pour le sexe, je préférais la présence des femmes ; pour le sentiment, je préférais leur absence », et qui s'efface parfois pour laisser le coeur parler.

« Tu redondes, mon amour. ». Oui il l'écrit ! Cette femme est son ‘amour', il l'écrit parce qu'il fait nuit depuis longtemps et « l'extrême fatigue est la meilleure longueur d'onde pour faire jaillir les vérités tues, les aveux empêchés. »

« Je m'aperçus qu'Ovide, Stendhal, Pétrarque, Racine, Byron, Shakespeare, Baudelaire, Zweig, Aragon, Proust ne me parlait que de toi. » Ça me fait rire un homme qui parle par personne interposée, qui dit sans dire et préfère laisser l'autre prendre la mesure de ce que lui ressentait au travers de cette si jolie déclaration. C'est un littéraire amoureux qui repense à cette première rencontre, si inoubliable dans son intensité pour lui :
« C'était comme si tout entre nous avait déjà fait l'amour, nos corps exceptés. Pénétrations, fellations, sodomies, et autres festivités avaient lieu entre nous, en temps réel, par d'autres moyens, par des chemins étrangers au contact des chairs, par des clins d'oeil, des tintements de verre, des éclats de rire : une pornographie se déroulait bel et bien, mais selon d'autres modalités, installée sur une fréquence connue de nous seuls. Personne ne s'en doutait, mais face à face, debout, nous baisions comme des détraqués. Nous n'avions pas attendu le coït pour commencer à jouir. »

Ils ont formé un couple qui, de son point de vue, s'entendait manifestement très bien physiquement -« Au lit, je dois avouer que tes faveurs étaient farouches ; tes prouesses, meurtrières »- mais qui avait des difficultés à communiquer, « les mots ne nous venaient à la bouche que pour modifier la couleur du silence. ». Un couple inachevé, imparfait. « Emmêlés la nuit, étrangers le jour. Ennemis bientôt. » Elle n'était pas son bachert mais il l'aimait, j'en suis persuadée sans quoi il n'aurait pas eu ces beaux mots « Je voudrais te connaître jusqu'au sang. » et n'aurait pas été jaloux (quand bien même cela renvoie à un égo bien installé à l'évidence) : « Posséder une femme magnifique, c'est vouloir posséder ce qu'elle possède et que nous ne possédons pas. Quand je dîne avec toi, je dîne avec tout le monde sauf avec toi : je dîne avec ceux qui te veulent. »

Mais l'imparfait, ce temps simple, exprimant une action dans un passé réel ou imaginaire, renvoie justement à la perte de cette autre femme, Anaïs. « Une femme aimée, une jeune femme, une jeune fille encore est morte, avant que je te connaisse. »

Parce qu'on a peur -« La peur, pour celui qui ne détruit pas l'autre, d'être détruit par l'autre. »- on tire le premier. Ici dans tous les sens du terme, il le fait et le revendique. Il casse et se cache sous des traits d'un don Juan où « la réalité n'est que sexuelle. » Toutefois, c'est dans cette lettre qu'il avouera cette blessure initiale, cet imparfait qui l'a conduit dans ce mur, comme une voiture une nuit.

« Moi, ma gueule veuve et solitaire qui marche sous les gouttes froides. »

Dès lors, cet homme a une peur viscérale -« Peur, surtout, de n'être plus, de ne pouvoir plus, jamais, être un ‘enfant'. Peur de ce que signifie ‘être adulte', avec la cohorte d'obligations »- et cette angoisse de la vie le pousse à fuir son présent. Plutôt que d'avoir mal à en crever, il devient sarcastique, cynique, sadique et sans illusion. « Je massacre avec subjectivité ce qui s'étiolera avec objectivité. » Il nie ses rêves, se vautre dans des corps pour oublier celui qu'il n'a jamais eu.

C'est un homme en souffrance. « Celui, celle qui quitte est malheureux aussi – et le deuil d'autant plus douloureux qu'il en porte la responsabilité. C'est un assassin assistant aux obsèques de sa victime. ».

Il se crée une carapace d'homme froid, insensible, persuadé que tout est fin « Ce qui est exténuant, ce n'est pas que le pire soit toujours sûr, mais que le meilleur soit toujours incertain », et s'absout en expliquant que « le mal que je te fais ne s'oppose pas au bien que je prodigue : il est couplé, livré avec, compris avec. Il n'en est pas l'inverse, ni même le complément : simplement, c'est la même chose. Comme j'aime, je dois détruire. »

Il a pourtant été percuté par cette rencontre, cette femme a bousculé ses certitudes sans quoi il n'aurait pu écrire : « Ce serait toi, c'était toi, l'élue. Je ne voulais pas me marier parce que le mariage c'est pour toute la vie, et que toute la vie, pour t'aimer, me semblait un peu court. »

« En attendant, je suis ce mort qui respire. »
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Cette lettre d'amour écrite alors que Yann Moix était jeune écrivain à une jeune fille qui méritait sans doute mieux que ce faux amour déclaré basé sur la libido aux accents tolstoïens comme le Bonheur conjugal ou la Sonate à Kreutzer, il en a fait à son tour un brillant développé sur ce que serait l'amour sans des considérations exclusivement physiques, voire bestiales qui régissent certainement trop de rapports humains et qui débouchent assurément vers des catastrophes conjugales où les enfants au coeur de cela semblent servir d'alibi.

"Comme la plupart des humains, je préfère aimer une femme qui ne m'aime pas qu'être aimé par une femme que je n'aime pas"

"C'est le plus facile que nous n'avons pas été fichus de réussir (l'après rencontre). Je ne commets des fautes que pour le plaisir d'avoir à les avouer .."

"Pour les femmes qui ne nous aiment pas, comme pour les "disparus", savoir qu'on n'a plus rien à espérer n'empêche pas de continuer à attendre (A l'ombre des jeunes filles en fleurs)"

"A cause de ta beauté, je pris des bus bondés (..) J'ai pénétré dans ta cité.. Chaque fois je me fracassais le nez : personne. J'en ai immédiatement déduit (les jaloux sont des maniaques de la déduction ; et même si leurs déductions sont généralement fausses, leurs conclusions sont généralement vraies) que tu avais "quelqu'un dans ta vie", expression si affreuse qu'elle a mené plus d'une âme sensible à la tombe."

"Comme je serais mille fois plus heureux seul, très loin d'ici dans l'espace et dans le temps, si je pouvais avoir la certitude totale, absolue, qu'aucun homme n'oserait venir t'aborder ! Ma place, je l'occupe qu'aux fins que nul autre ne puisse jamais l'occuper. Je tiens une permanence. Je ne suis avec toi que pour empêcher quelqu'un qui n'est pas moi d'y être."

"Je ne t'aimais pas encore que je en faisais que vérifier que les autres t'aimaient déjà ..)

Nous étions sexuellement parvenus à de violentes altitudes mais, aussitôt après l'évanouissement du plaisir, nous dévalions l'infini pour redevenir immobiles, passifs, hébétés, autrement dit muets; Des extases, il ne restait rien .."

Non mais franchement Yann sur ce dernier point, c'est un constat mondialement partagé chez l'homme en tout cas. Si tu étais physionnomiste, tu te serais aperçu que pour ce commerce avec ta partenaire, ce n'était pas tout à fait la même chanson, et si tel était le cas, alors je te rejoins ; mais comme je vois que tu évoques souvent le temps et que tu as quelque facilité à t'y mouvoir, quand tu dis par exemple " il est si tard qu'il est tôt", le plaisir allant se nicher dans les préparatifs de la chose, tu précèdes cette amertume en anticipant d'autant sur la chose.
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Ce livre est une claque! Je suis incapable de dire si je l'ai aimé ou non. Je lui ai attribué deux étoiles mais vu qu'il résonne en moi après lecture, peut-être en mériterait-il plus.
Cette simple lettre d'amour est surtout celle du désamour. Mais elle est aussi une véritable dissection du sentiment dans son état le plus primitif. Débarrassé des fioritures, de l'altération littéraire qui l'accompagne généralement l'amour est présenté dans sa vérité la plus cruelle voire abjecte. Vous l'aurez compris Yann Moix livre ici une confession plus qu'intime, il se donne à voir dans sa nudité la plus crue, avec une délectation certaine dans l'exercice. Il ne s'en cache d'ailleurs pas et réussit ce tour de force en s'appuyant sur la littérature (proustienne notamment) alors qu'il décrie tout ce qu'elle a de plus trompeur et charmeur. Citer les artifices pour en user, en abuser...
Il y a dans cette lettre du cynisme (bien qu'il s'en défende) mais aussi certainement de la lucidité, un regard pertinent sur les diktats de la société, qu'on le veuille ou non, surtout que ça nous plaise ou non.
Quelques petites citations permettent de donner le ton: " "Pour le sexe, je préférais la présence des femmes ; pour les sentiments, je préférais leur absence." ou encore : ""Un homme, quand il aime, aime toujours déjà ailleurs ; il appelle "femme de sa vie" la prochaine femme qu'il rencontrera – il vaque de brouillons en brouillons. La définitive, pour lui, est incessamment la suivante. […] Aimer un homme, c'est fabriquer un infidèle."
Voilà, maintenant si vous ouvrez ce livre, vous savez à quoi vous en tenir!!!
Toutefois, malgré la vigueur et l'originalité de ce texte, je suis déçue par la fin. Il me semble que l'auteur en nous livrant une autre partie de lui-même à chercher à s'excuser, à légitimer ses pensées. Il y a un retour dans ce romantisme tant décrié qui amoindrit voire contredit tout ce qui a été dit auparavant. Tant qu'à se montrer dans sa plus grande vérité autant l'assumer jusqu'au bout! A moins que tout cela ne soit qu'un effet littéraire dont je n'aurais pas saisi le sens...A vous d'en juger!
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N'est pas Montherlant qui veut

Un jeune homme rentre de voyage à New York. Profitant d'une insomnie causée par le décalage horaire, Il écrit à une femme qu'il appelle «mon amour». Il écrit une très longue lettre qui oscille entre confidences intimes, flashbacks sur leur relation amoureuse et digressions personnelles autour de l'Amour et des Femmes. Au fil des pages, le ton se fait plus distant, parfois brutal. On comprend qu'il veut rompre et que cette lettre sera sa lettre d'adieu. Mais il n'a visiblement pas envie de rompre avec élégance…

A la lecture du dernier roman de Yann Moix, « Une simple lettre d'amour » on ne peut s'empêcher de penser à Henri de Montherlant et à l'un de ses chefs d'oeuvre "Les jeunes filles". Qu'aurait pensé le grand homme de cette pâle copie griffonnée d'une lettre de Costals à Solange ? Espérons d'ailleurs que Yann Moix n'avait pas cette ambition en écrivant ce livre...car il est raté.

Il écrit comme on prend un selfie : sans cadrage, sans lumière, sans idée...à la va-vite. Un signe des temps dira-t-on… à moins que ce ne soit de la paresse…. pour faire un coup médiatique et vendre du papier. Yann Moix ne structure pas, n'écrit pas. Il juxtapose des images, toutes plus crues les unes que les autres, sans jamais réussir à toucher, à émouvoir. Il confond « narcissisme cynique» avec «vulgarité exaltée».

Deux éléments semblent l'obséder à l'envi (des dizaines de fois) : la pénétration et le sperme (et je suis poli car ce ne sont pas les mots qu'il emploie…). En lisant, on n'est même plus choqué, on se demande seulement à quoi rime ce monologue trash, bien loin du lyrisme des « nuits fauves ». Mais tout cela n'est rien à côté du ridicule des quatre dernières pages : Une fin grandiloquente où la vulgarité fait place à la mièvrerie. Et on est toujours pas ému.

Soyons magnanime, Yann Moix n'avait certainement pas dans l'idée de rivaliser avec Henri de Montherlant lorsqu'il a eu l'idée de son roman. Connaissant son ego...Enfin je l'espère…

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Alors si vous avez envie de découvrir un réel chef d'oeuvre d'écriture, je vous invite à lire « Les jeunes filles ». Publié par H. de Montherlant en 1936 , il fait partie d'un cycle de quatre romans: *les Jeunes filles*, *Pitié pour les femmes*, *Le démon du bien* et *Les lépreuses*. Dans le premier, le personnage de Costals est un écrivain célèbre, adulé par les femmes qui veulent toutes être aimées de lui. Costals est un homme solitaire, uniquement passionné par son travail d'écrivain et qui ne vibre, de temps en temps, que pour la conquête des femmes. le livre est construit autour d'un échange de lettres entre lui et plusieurs de ses conquêtes. L'écriture est sublime, rythmée et vive. Un vrai bijou de littérature.

En voici un petit extrait:
"En se penchant un peu en arrière, il voyait, derrière le dos de Solange, la jeune femme qui était assise à côté d'elle ; adossée dans son fauteuil, elle écoutait, bouche entrouverte et les yeux clos. Elle n'était pas jolie, mais Costals la désirait : premièrement parce qu'il trouvait convenable que, dans la même minute où il caressait pour la première fois une jeune personne, il en désirât une autre; deuxièmement parce que, donnant l'apparence du sommeil, il était impossible qu'elle ne levât pas en lui la pensée d'abuser de ce sommeil; et enfin parce qu'il lui semblait que, pour éprouver une telle extase d'un phénomène aussi insipide que cette musique, il fallait qu'elle fût détraquée ; or, il n'aimait que les filles saines et simples, comme Solange, c'est pourquoi cela lui était agréable d'avoir envie d'une femme détraquée."

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critiques presse (3)
Bibliobs
16 juin 2015
A la fois masochiste et lyrique.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro
11 mai 2015
Un titre ironique : on ne souhaite à aucune femme au monde, jamais, de recevoir une telle déclaration de désamour.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeFigaro
14 avril 2015
L'auteur aborde la question de la perception amoureuse du point de vue masculin et décrypte ainsi leur psychologie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (123) Voir plus Ajouter une citation
p.23 :
"Puis la gravité vient s'insinuer dans le jeu des rendez-vous. On attend de l'amour beaucoup plus que ce que l'amour est fait pour donner."

p.55 :
"On voudrait bien s'adorer jusqu'à la tombe, mais des événements viennent défaire les vœux, déraciner les promesse, abîmer l'espérance. On achète, dans l'amour qui naît, un futur qui ne veut jamais exister. Impression atroce que le sommaire ment sans cesse, que les pages du livre se contredisent, que le chef-d'oeuvre est toujours empêché."

p.56 :
"Or, l'amour est plus méchant que la guerre, puisque la guerre consiste à faire du mal à ceux que l'on n'aime pas."

p.60 :
"J'aimerais tant inventer un genre neuf, bâti sur l'incohérence de ses fondations : du sublime qui insulte, de la mésange qui rote, des mânes qui dégueulent."

p. 73 :
"J'aimerais tellement que ma solitude trouve le courage de ne plus succomber à la tienne.

p. 125 :
"De la même manière qu'un amour achevé nous enferme dans le passé, jusqu'à nous abrutir de mélancolie, un amour qui s'ébauche nous projette dans l'avenir, jusqu'à nous abrutir d'espoir. Nous quittons ce qui n'existe plus, et n'a peut-être finalement jamais existé, pour embrasser ce qui n'existe pas encore, et n'existera peut-être jamais.
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Je note aujourd'hui que je me sens plus seul à deux que tout seul ; tout seul je peux profiter de ma propre compagnie, là où ta présence m'en empêchait.
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"Peur de ce que signifie "être adulte" avec la cohorte d'obligations, de devoirs, de comportements sociaux, économiques, biologiques, moraux que cela comporte. Devenir adulte est pourtant la seule manière d'endiguer le passage du temps sur nous ; une manière de l'accepter, en l'accompagnant ; en le précédent, parfois. Rien n'est plus triste qu'un enfant vieux."
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Tout est toujours compliqué, alambiqué, dans les sentiments. Tout le monde voudrait dire "je t'aime", être heureux. Etre heureux définitivement, sans altération, sans ramification; sans amplification mais sans dégénérescence: on en appelle à du fixe, à de l'immobile, à de l’immarcescible. Non il y a toujours une tumeur qui sourd, un orage qui fait ses gammes quelque part, une horreur qui tonne. On ne peut s'acheter, une fois pour toutes, cette tranquilité qui apaise, ronronne pourrait mourir avec nous, doucement.
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Il faudrait faire gicler des êtres, à la façon d'une vanille, la part d'inédit qu'ils recèlent. Faire d'eux une perpétuelle première fois, une première fois dans tous les domaines, dans le regard, dans la respiration, dans le rire--faire face, sans arrêt, à un émerveillement pur, effrayant, prolongé. (p. 54)
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Videos de Yann Moix (78) Voir plusAjouter une vidéo
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