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EAN : 9782091512228
200 pages
Éditeur : Nathan (29/08/2019)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 1760 notes)
Résumé :
De conception traditionnelle, cette collection a le mérite d'aborder l'œuvre intégrale sous des angles diversifiés. Outre le résumé détaillé des différentes parties et les commentaires composés qui le complètent, chaque ouvrage propose une synthèse littéraire assez riche : il y est question de l'auteur, des personnages, de la genèse et de l'architecture de l'œuvre mais aussi de ses particularités stylistiques, des réseaux d'intertextualité et des interprétations pos... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  01 juillet 2014
Arnolphe, dit M. de la Souche, désespère de pouvoir trouver un jour son bonheur sur le plan conjugal. Il considère les femmes comme des êtres frivoles, dénuées de bon sens. Il a peur d'être cocufié. Il pense ainsi que la meilleure solution serait d'en épouser une ne connaissant rien au monde et à ses perversions. L'ingénue est toute trouvée puisque sa pupille, Agnès, a été élevée dans un couvent. Mais bien évidemment, rien ne se passe comme prévu. Agnès n'éprouve absolument rien pour lui et s'est entichée d'Horace, le fils d'un ami de son tuteur, Oronte.

Si cette pièce a obtenu un franc succès, on peut également imaginer à quel point elle a dû choquer. Car sous des dehors naïfs, la petite Agnès cache un autre caractère. Une scène (acte II, sc. 5) montre à quel point elle peut faire tourner Arnolphe en bourrique. Lorsqu'il lui demande quelles sont les nouvelles, elle lui dit que le petit chat est mort. Bon, certes, c'est bien malheureux pour la pauvre bête, mais elle se garde bien de lui dire qu'elle a vu Horace. Arnolphe est obligé de lui tirer les vers du nez car elle ne répond que par de petites phrases. Peur d'en dire trop ? Et puis, il y a ce passage, fabuleux, lorsqu'elle lui annonce, toujours aussi naïvement (mon oeil ! ) qu'elle a vu Horace et qu'elle ne comprenait pas lorsque la voisine disait qu'elle l'avait blessée. Elle voulut aussitôt réparer sa faute :


Agnès.

Voilà comme il me vit, et reçut guérison.
Vous-même, à votre avis, n'ai-je pas eu raison ?
Et pouvois-je, après tout, avoir la conscience
De le laisser mourir faute d'une assistance,
Moi qui compatis tant aux gens qu'on fait souffrir
Et ne puis, sans pleurer, voir un poulet mourir ?

[...]

Arnolphe.

Non. Mais de cette vue apprenez-moi les suites,
Et comme le jeune homme a passé ses visites.



Agnès.

Hélas ! si vous saviez comme il était ravi,
Comme il perdit son mal sitôt que je le vi,
Le présent qu'il m'a fait d'une belle cassette,
Et l'argent qu'en ont eu notre Alain et Georgette,
Vous l'aimeriez sans doute et diriez comme nous...


Arnolphe.

Oui. Mais que faisait-il étant seul avec vous ?


Agnès.

Il jurait qu'il m'aimait d'une amour sans seconde,
Et me disait des mots les plus gentils du monde,
Des choses que jamais rien ne peut égaler,
Et dont, toutes les fois que je l'entends parler,
La douceur me chatouille et là dedans remue
Certain je ne sais quoi dont je suis toute émue.


Arnolphe, à part.

Ô fâcheux examen d'un mystère fatal,
Où l'examinateur souffre seul tout le mal !
(À Agnès.)
Outre tous ces discours, toutes ces gentillesses,
Ne vous faisait-il point aussi quelques caresses ?


Agnès.

Oh tant ! Il me prenait et les mains et les bras,
Et de me les baiser il n'était jamais las.


Arnolphe.

Ne vous a-t-il point pris, Agnès, quelque autre chose ?
(La voyant interdite.)
Ouf !


Agnès.

Hé ! il m'a...


Arnolphe.

Quoi ?


Agnès.

Pris...


Arnolphe.

Euh !


Agnès.

Le...


Arnolphe.

Plaît-il ?


Agnès.

Je n'ose,
Et vous vous fâcherez peut-être contre moi.


Arnolphe.

Non.


Agnès.

Si fait.


Arnolphe.

Mon Dieu, non !


Agnès.

Jurez donc votre foi.


Arnolphe.

Ma foi, soit.


Agnès.

Il m'a pris... Vous serez en colère.


Arnolphe.

Non.


Agnès.

Si.


Arnolphe.

Non, non, non, non. Diantre, que de mystère !
Qu'est-ce qu'il vous a pris ?



Remarquez à quel point elle le fait attendre, à quel point ses paroles sont ambiguës. Tous les sous-entendus peuvent se percevoir, ce qui induit le barbon en erreur. Et après, on me fera croire que cette Agnès est une ingénue ? Je pense que Molière a joué justement avec cela. Et c'est bien d'ailleurs ce qui lui vaudra le courroux de ses détracteurs (vous me direz, quand on veut trouver quelque chose à redire, on trouve toujours) qui estimaient que les bienséances n'étaient pas respectées, qu'il y avait trop d'obscénités. Bref, pour revenir à notre Agnès, elle finit quand même enfin par lâcher :



Agnès.

Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné.
À vous dire le vrai, je n'ai pu m'en défendre.


Arnolphe, reprenant haleine.

Passe pour le ruban. Mais je voulais apprendre
S'il ne vous a rien fait que vous baiser les bras.


Agnès.

Comment ? est-ce qu'on fait d'autres choses ?



"Est-ce qu'on fait d'autres choses ," ose t-elle répondre !!! Allez, je sais bien qu'elle a été élevée dans un couvent mais quand même ! Ah, il est fort ce Molière, très fort ! Et sous une apparente simplicité se cache là quelque chose de mordant, de féroce. Qu'on vienne après me dire que Molière, "c'est trop gnan gnan !"

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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BazaR
  13 octobre 2016
Bilan rapide : qu'avais-je lu de Molière avant L'École des Femmes ?
- Les Fourberies de Scapin au collège,
- Dom Juan au lycée,
Autant dire rien.
Il était temps de me réveiller et de combler la lacune. Que dis-je ? le fossé, le ravin, le canyon, le gouffre !
Et pour commencer, cette pièce bien divertissante qui, si j'en crois la préface, apporte la nouveauté de la satire sociale qu'elle mélange à la farce pour créer la Comédie classique. Grands Dieux, voilà un départ intéressant !
Satire et farce sont en effet habilement mélangées pour faire rire et pour agacer. Les moments marrant sont nombreux. Par exemple quand Georgette et Alain, les serviteurs d'Arnolphe, s'envoient des alibis de surbooking parce qu'ils ont la flemme d'aller ouvrir la porte à leur maître et se précipitent à coup de « prems » et « moi d'abord » quand ce dernier les menace de leur couper les vivres.
La satire, c'est avant tout sur le personnage d'Arnolphe qu'elle tombe comme le marteau de Thor sur l'enclume de la stupidité. le gars a une vision de la place de la femme dans la société probablement assez commune à l'époque (et probablement assez commune de nos jours si on regarde sous les tapis de tous les peuples) : en gros la meilleure femme est une nouille inculte qui « réfléchit » trois jours avant de répondre « bonjour », qui fabrique et gère les mômes, et qui obéit au doigt et à l'oeil comme un bon toutou à son seigneur et maître de mari (en faisant où on lui dit de faire par-dessus le marché).
Le mec, qui veut se marier, a donc prévu son coup de longue date. Il a fait élever Agnès, celle qu'il a unilatéralement désignée comme sa promise, comme une oie blanche pas fut fut qui ne voit jamais personne pour éviter les tentations.
Mais le destin va se charger de remplir le cerveau vide par l'intermédiaire de l'expérience immédiate, l'amour du bel Horace servant de catalyseur. Les capacités innées d'Agnès sont suffisantes pour que son cerveau prenne les bonnes décisions, au grand dam d'Arnolphe qui n'a de cesse de la cloîtrer et de lui seriner ses devoirs.
Les multiples plans d'Arnolphe qui tombent en quenouille sont terriblement amusants. Tout au plus ai-je senti un peu de patinage à l'acte IV. La satire sur le genre de personnage qu'Arnolphe incarne tape juste, suffisamment pour que la pièce ait provoqué à l'époque de sacrés remous. Premier tir de Molière : touché, sous-marin coulé. Au navire suivant. Ce faisant, Molière défend l'idée de la femme érudite (et sexy je suppose, tant qu'à faire) qui rend la vie de l'homme incroyablement plus intéressante. Je crois que Molière aurait aimé les Salons du 18ème siècle.
Molière termine sa pièce par un coup de théâtre à base de coïncidence impossible, et tout finit bien. Mais l'essentiel est passé. L'essentiel est la caricature Arnolphe, tout comme dans l'Avare, l'essentiel est Harpagon lui-même.
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JacobBenayoune
  16 novembre 2013
Ce qui me fait peur du mariage sont les femmes mariées! Une réflexion d'un homme moderne, Alfie (interprété par Jude Law) qui prolonge cette peur du mariage et de la femme infidèle que sentait cet autre héros moliéresque.
Comment choisir sa femme, sans devenir un cocu après? Arnolphe (bizarre, c'est comme une version grotesque du nom d'Alfie) a cru savoir la bonne solution: élever une fillette jusqu'à l'âge mûr puis se marier avec elle! Une idée que certains, et même à notre époque, ont tenté d'exécuter!
Personnellement je considère L'école des femmes comme la première grande pièce de Molière, elle marie farce et grande comédie (au sens classique). Molière exploite tous les types de comique: de situation (le tuteur et l'amant se confient l'un à l'autre), de mots (beaucoup de jeux de mots et de mots à double sens...), de gestes (issu de la farce). En tout cas, on éclate de rire avec tous les quiproquos et le sérieux d'Arnolphe dans les situations les plus hilarantes, les serviteurs niais...
Bien évidemment, le talon d'Achille pour Molière, c'est le dénouement (c'est ce qu'on dit), mais chez ce grand dramaturge, ce qui importe c'est le déroulement de la pièce.
La première que j'ai lue de Molière et celle qui m'a poussé à lire toutes les autres grandes pièces de Molière.
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5Arabella
  12 avril 2020
Créée en décembre 1662, L'école des femmes est une étape importante dans l'oeuvre de Molière. le triomphe inattendu des Précieuses ridicules, petite pièce en un acte qui l'avait lancé, suivi de succès de pièces intermédiaires en trois actes (Sganarelle ou le cocu imaginaire et surtout L'école des maris) ont permis à Molière de devenir un auteur à la mode. Avec le personnage de Sganarelle qui ne portait pas de masque en scène, il a créé un jeu comique nouveau, basé sur les grimaces et les jeux du visage. Par ailleurs ses pièces ont commencé à aborder des questions qui faisaient débat dans la société mondaine galante, comme la place de la femme, l'éducation qui pouvait ou non lui être donnée, la notion de fidélité dans le couple et plus généralement les rapports de couple, alors que le mariage était dans la quasi totalité des cas arrangé et lié à des considération purement matérielles. le comique vient d'un personnage ridicule, qui refuse les codes sociaux de la société galante, et qui s'en trouve puni, joué par un Molière survolté. Dans L'école des femmes, il s'agit d'agréger tous ces éléments novateurs dans une grande comédie en cinq actes, et en vers, une sorte de consécration pour un auteur, permettant en cas de succès de changer de dimension, de pouvoir être reconnu comme un véritable auteur.
Molière va s'inspirer pour l'intrigue de sa pièce, de deux sources principales. Une nouvelle espagnole traduite par Scarron sous le titre de la précaution inutile, qui raconte l'histoire d'un homme, qui suite à l'infidélité de celle qu'il aime, fait élever une fille de manière à ce qu'elle soit la plus sotte et la plus crédule possible, en pensant qu'ensuite il pourra la modeler à sa guise, et qu'elle sera donc fidèle. Mais lorsqu'il part en voyage sa jeune femme rencontre un jeune homme, et comme elle n'a aucune intelligence, le jeune homme n'a aucun mal à la séduire, tellement elle est crédule. La deuxième nouvelle est extraite d'un recueil d'un Italien, Straparole. Un jeune prince portugais vit une histoire d'amour avec la femme d'un médecin. Ne sachant pas qu'il est le mari, il raconte son intrigue à ce dernier. A chaque fois, la femme arrive à imaginer un stratagème pour retrouver le jeune homme et pour le faire échapper lorsque le mari arrive, et le jeune homme raconte à chaque fois ce qui s'est passé à celui qu'il pense son ami et non pas l'époux jaloux. Molière va combiner en une seule ces intrigues et les actualiser avec les questions en débat dans la société de son temps.
Arnolphe a fait élever Agnès en essayant de la rendre aussi ignorante que possible, pour éviter qu'elle ne le trompe lorsqu'ils seront mariés. Mais pendant son absence, elle a rencontré un jeune homme, Horace. Ce dernier connaît Arnolphe sous un autre nom, et lui raconte son histoire amoureuse. Arnolphe fait avouer à Agnès ce qui est arrivé, étant ignorante elle ne voit aucun mal à lui dire ce qui s'est passé. Arnolphe lui interdit de revoir Horace, et la surveille. Mais l'amour a éveillé Agnès, qui imagine des stratagèmes pour communiquer avec Horace, voire pour s'enfuir avec lui. Malheureusement, Horace prend toujours Arnolphe pour confident et lui raconte toutes les ruses d'Agnès, ce qui permet au vieux soupirant de déjouer les projets des jeunes gens, d'autant plus que le père d'Horace veut le marier à une jeune fille qu'il ne connaît pas. le retour inopiné du père d'Agnès, disparu depuis des années termine l'affaire : c'est elle la jeune fille inconnue que le père d'Horace veut faire épouser à son fils. Arnolphe se trouve berné au final.
La question de l'éducation des filles, des rapports dans le mariage, sont au centre de la pièce. Arnolphe, en vieux bourgeois traditionnel, qui s'oppose à l'instruction chez les femmes est au final tourné en ridicule. C'est toutefois un personnage différent de Sganarelle, il s'agit d'un homme plutôt respectable, pour lequel les autres ont de la considération. C'est sa lubie de vouloir modeler une jeune fille, d'en faire une chose docile, pour éviter d'être trompé qui le rend ridicule. Il n'est toutefois pas que comique, on le voit se transformer tout le long de la pièce, un sentiment amoureux pour Agnès sincère semble apparaître. C'est au final Horace qui semble le plus pâle des trois : il fait confiance à Arnolphe, ne se pose pas de questions, alors que les ruses d'Agnès sont déjouées, il laisse toute l'initiative à la jeune fille.
La pièce fonctionne admirablement bien du début à la fin, alors qu'elle est fabriquée à partir de matériaux composites, voire par moments incohérents : dans les deux sources de Molière il y avait une jeune fille tout à fait stupide d'une part et d'autre part une femme rusée. L'idée de Molière est d'imaginer que l'amour transforme Agnès, elle devient autre, se révèle à elle-même. Cela semble naturel, mais dans le théâtre classique, avec ses personnages stéréotypés, dont le principe est justement d'être toujours les mêmes (on appelait cela la « bienséance ») c'est assez révolutionnaire.
La pièce a eu un succès phénoménal, d'après le registre de la Grange, c'est la pièce de Molière qui a connue les recettes les plus élevées. Malgré, et peut-être à cause d'une tentative de cabale de la part des frères Corneille : Molière se moque de Thomas, Arnolphe a pris un nouveau nom, celui d'une terre qu'il a achetée, très proche de celui que le jeune frère de Pierre Corneille emprunte à une de ses propriétés. La cabale n'a pas marché, mais la pièce a continué à être discutée, critiquée, elle a donné lieu à des pièces pastiches. Molière a répliqué par La critique de l'école des femmes, puis par l'Impromptu de Versailles. Ce type de réponses était typique de la vie théâtrale de l'époque, et au final, faisait de la publicité pour la pièce. Une sorte de consécration en somme. Au point que La critique de l'école des femmes et L'impromptu de Versailles sont joués avec trois petites pièces qui s'attaquent à Molière et à l'Ecole des Femmes devant le Roi et la cour.
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michfred
  07 avril 2015
"Le petit chat est mort"..
Pauvre Agnès, souvent réduite à cette réplique qui passe tour à tour pour la plus enfantine niaiserie ou la plus sombre duplicité...alors qu'Agnès n'est rien moins que résolument fille, et bien décidée à ce qu'on la laisse devenir femme comme elle l'entend et avec qui elle le sent!
"L'école des femmes" met aux prises deux mondes atrocement réactionnaires avec un monde résolument moderne. Deux mondes finissant avec un monde à naître.
La réaction c'est celle, imbécile et quasi végétative, des paysans gardes-chiourme, Alain et Georgette, et aussi celle calculatrice et désespérée d'Arnolphe, le barbon amoureux d'une jeunette. La modernité c'est celle d'Horace, inflammable et audacieux, et d'Agnès,vibrante et décidée.
On voit très vite que ce combat-là, si disproportionné soit-il, est un combat d'arrière-garde, un combat perdu d'avance...
Place aux jeunes, semble nous dire Molière, plein de fougue et de conviction, tandis que le vieux Jean-Baptiste, mélancolique, regarde sa petite Armande chérie faire la belle avec tous les godelureaux qui passent...
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Citations et extraits (97) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   11 octobre 2016
ALAIN:
C'est que la jalousie... entends-tu bien, Georgette,
Est une chose... là... qui fait qu'on s'inquiète...
Et qui chasse les gens d'autour d'une maison.
Je m'en vais te bailler une comparaison,
Afin de concevoir la chose davantage.
Dis-moi, n'est-il pas vrai, quand tu tiens ton potage,
Que si quelque affamé venait pour en manger,
Tu serais en colère, et voudrais le charger?

GEORGETTE:
Oui, je comprends cela.

ALAIN:
C'est justement tout comme:
La femme est en effet le potage de l'homme;
Et quand un homme voit d'autres hommes parfois
Qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts,
Il en montre aussitôt une colère extrême.

(Acte II, scène 3)
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ElleetsonCrayonElleetsonCrayon   09 janvier 2013
Je suis lycéenne et je ne comprends pas pourquoi depuis le collège, on nous abreuve de Molière.
Étudier une œuvre pour la culture, pour avoir un aperçu... D'accord, mais pourquoi tous les ans une pièce de Molière est-elle comprise dans le programme de français? Et vraiment tous les ans! Est ce que nos vieux barbons qui font les programmes de français connaissent autre chose?
Car, malheureusement l'humour employé laisse les jeunes de marbre, trop différent de ce que l'on voit tous les jours à la télé. Pour les petits lecteurs, c'est assez "lourd" à avaler, beaucoup de mots compliqués ou qui ont changés de sens.
Aujourd'hui Molière a plus tendance à dégoutter les jeunes de la lecture. Ce serait plus utile d'essayer d'intéresser les jeunes à la lecture (au collège surtout) avec des œuvres plus facile d'accès pour ensuite pouvoir faire étudier les classiques.
Une réalité: dans ma classe (35 élèves + parmi tous les gens que je connaissais), j'étais la seule à lire des livres. Pour mes camarades, la lecture consistait à lire les œuvres au programme, ou le résumé sur internet pour les moins motivés. En dehors de l'école, aucun livre, et très très peu de magazine avec du texte (science et vie junior, je bouquine, phosphore). Par conséquent, essayait d’intéresser des petits lecteur qui n'ont pas le cinéma dans la tété avec Molière ne marche pas. Ou alors que pour les gosses qui vont au théâtre toutes les semaines et au musées tous les mois, ce genre là.

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cmpfcmpf   03 avril 2016
AGNÈS.
Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné.
À vous dire le vrai, je n'ai pu m'en défendre.

ARNOLPHE, reprenant haleine.
Passe pour le ruban. Mais je voulais apprendre
S'il ne vous a rien fait que vous baiser les bras.

AGNÈS.
Comment ? Est-ce qu'on fait d'autres choses ?

ARNOLPHE.
Non pas.
Mais pour guérir du mal qu'il dit qui le possède,
N'a-t-il point exigé de vous d'autre remède ?

AGNÈS.
Non. Vous pouvez juger, s'il en eût demandé,
Que pour le secourir j'aurais tout accordé.

ARNOLPHE.
Oui, c'est un grand plaisir que toutes ces tendresses,
Ces propos si gentils et ces douces caresses ;
Mais il faut le goûter en toute honnêteté
Et qu'en se mariant le crime en soit ôté.

AGNÈS.
N'est-ce plus un péché lorsque l'on se marie ?

ARNOLPHE.
Non.

AGNÈS.
Mariez-moi donc promptement, je vous prie.

ARNOLPHE.
Si vous le souhaitez, je le souhaite aussi,
Et pour vous marier on me revoit ici.

AGNÈS.
Est-il possible ?

ARNOLPHE.
Oui.

AGNÈS.
Que vous me ferez aise !

ARNOLPHE.
Oui, je ne doute point que l'hymen ne vous plaise.

AGNÈS.
Vous nous voulez, nous deux...

ARNOLPHE.
Rien de plus assuré.

AGNÈS.
Que, si cela se fait, je vous caresserai !

ARNOLPHE.
Hé ! La chose sera de ma part réciproque.

AGNÈS.
Je ne reconnais point, pour moi, quand on se moque.
Parlez-vous tout de bon ?

ARNOLPHE.
Oui, vous le pourrez voir.

AGNÈS.
Nous serons mariés ?

ARNOLPHE.
Oui.

AGNÈS.
Mais quand ?

ARNOLPHE.
Dès ce soir.

AGNÈS, riant.
Dès ce soir ?

ARNOLPHE.
Dès ce soir. Cela vous fait donc rire ?

AGNÈS.
Oui.

ARNOLPHE.
Vous voir bien contente est ce que je désire.

AGNÈS.
Hélas ! Que je vous ai grande obligation,
Et qu'avec lui j'aurai de satisfaction !

ARNOLPHE.
Avec qui ?

AGNÈS.
Avec..., là.

ARNOLPHE.
Là... : là n'est pas mon compte.
À choisir un mari vous êtes un peu prompte.
C'est un autre, en un mot, que je vous tiens tout prêt, Et quant au monsieur, là. Je prétends, s'il vous plaît,
Dût le mettre au tombeau le mal dont il vous berce,
Qu'avec lui désormais vous rompiez tout commerce ;
Que, venant au logis, pour votre compliment
Vous lui fermiez au nez la porte honnêtement ;
Et lui jetant, s'il heurte, un grès par la fenêtre,
L'obligiez tout de bon à ne plus y paraître.
M'entendez-vous, Agnès ? Moi, caché dans un coin,
De votre procédé je serai le témoin.

AGNÈS.
Las ! Il est si bien fait ! C'est...
+ Lire la suite
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araucariaaraucaria   30 novembre 2018
Chrysalde
(...)
Quoi qu'on en puisse dire, enfin, le cocuage
Sous des traits moins affreux aisément s'envisage;
Et, comme, je vous dis, toute l'habileté
Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté.

Arnolphe
Après ce beau discours, toute la confrérie
Doit un remerciement à Votre Seigneurie;
Et quiconque voudra vous entendre parler
Montrera de la joie à s'y voir enrôler.

Chrysalde
Je ne dis pas cela, car c'est ce que je blâme;
Mais, comme c'est le sort qui nous donne une femme,
Je dis que l'on doit faire ainsi qu'au jeu de dés,
Où, s'il ne vous vient pas ce que vous demandez,
Il faut jouer d'adresse, et, d'une âme réduite
Corriger le hasard par la bonne conduite.

Arnolphe
C'est-à-dire dormir et manger toujours bien,
Et se persuader que tout cela n'est rien.

Chrysalde
Vous pensez vous moquer; mais à ne vous rien feindre,
Dans le monde je vois cent chose plus à craindre,
Et dont je me ferais un bien plus grand malheur
Que cet accident qui vous fait tant de peur. (...)
+ Lire la suite
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araucariaaraucaria   29 novembre 2018
Arnolphe
Oui, mais que faisait-il étant seul avec vous?

Agnès
Il jurait qu'il m'aimait d'une amour sans seconde,
Et me disait des mots les plus gentils du monde,
Des choses que jamais rien ne peut égaler,
Et dont, toutes les fois que je l'entends parler,
La douceur me chatouille et là-dedans remue
Certain je ne sais quoi dont je suis toute émue.

Arnolphe, à part.
Ô fâcheux examen d'un mystère fatal,
Où l'examinateur souffre seul tout le mal!
(A Agnès.)
Outre tous ces discours, toutes ces gentillesses,
Ne vous faisait-il point aussi quelques caresses?

Agnès
Oh tant! il me prenait et les mains et les bras,
Et de me les baiser il n'était jamais las.

Arnolphe
Ne vous a-t-il point pris, Agnès, quelqu'autre chose?
(La voyant interdite.)
Ouf!

Agnès
Eh! il m'a...

Arnolphe
Quoi?

Agnès
Pris...

Arnolphe
Euh!

Agnès
Le...

Arnolphe
Plaît-il?

Agnès
Je n'ose,
Et vous vous fâcheriez peut-être contre moi.

Arnolphe
Non.

Agnès
Si fait.

Arnolphe
Mon Dieu! non.

Agnès
Jurez donc votre foi.

Arnolphe
Ma foi, soit.

Agnès
Il m'a pris... Vous serez en colère.

Arnolphe
Non.

Agnès
Si.

Arnolphe
Non, non, non, non! Diantre! que de mystère!
Qu'est-ce qu'il vous a pris?

Agnès
Il...

Arnolphe, à part.
Je souffre en damné.

Agnès
Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné.
A vous dire le vrai, je n'ai pu m'en défendre.

Arnolphe, reprenant haleine.
Passe pour le ruban. Mais je voulais apprendre
S'il ne vous a rien fait que vous baiser les bras.

Agnès
Comment! est-ce qu'on fait d'autres choses?
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MOLIÈRE – Le médecin malgré lui (Pièce filmée, 1934) 'Le médecin malgré lui', pièce de prose en trois actes, adaptée dans un film réalisé par Pierre Weil, en 1934, produit par Pelleyris, sur la musique de Jean Vuillermoz. À l'affiche, il proposait des sociétaires de la Comédie Française et des comédiens du Théâtre de l'Odéon : Hélène Perdrière, M. M. Rognoni, Lily Mounet, J.H. Chambois, Pierre Lecomte, Marguerite Ducouret, Paul Delon et Stacquet.
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