AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Georges Mongrédien (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080700545
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 167 notes)
Résumé :
Ce volume contient

Préface de l'édition de 1682

- La Jalousie du Barbouillé - Le Médecin volant - L'Étourdi ou Les Contretemps - Le Dépit amoureux - Les Précieuses ridicules - Sganarelle ou Le Cocu imaginaire - Don Garcie de Navarre ou Le Prince jaloux - L'École des Maris - Les Fâcheux - L'École des Femmes - La Critique de l'École des Femmes - L'Impromptu de Versailles - Le Mariage forcé - Les Plaisirs de l'Île enchantée - La Princesse... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
WalterBeauharnais
  06 mars 2016
Molière: Un dramaturge légendaire
Jean-Baptiste Poquelin dit Molière est né à Paris et baptisé le 15 janvier 1622 en l'église Saint-Eustache.
Fils de Jean Poquelin, marchand tapissier, et de Marie Cressé, le jeune Molière appartient à la caste des bourgeois riches, vivant dans l'aisance et le confort. Malgré la situation favorable dans laquelle Molière grandit, il est profondément marqué par les morts successives au sein de sa famille.
Sa mère meurt à ses dix ans, son frère cadet, Louis, est emporté par la petite vérole à l'âge de onze ans, ainsi que sa soeur Marie, morte à cinq ans.
Sa passion pour le théâtre va commencer très tôt, lorsque son grand-père l'emmène voir des pièces dont la plupart se déroulent sur les places publiques et dans les foires.
Après des études au collège de Clermont (l'actuel Louis-Le-Grand) où il apprend les mathématiques, la philosophie, la danse et l'escrime, il se lie d'amitié avec le philosophe Pierre Gassendi et devient son disciple. L'oeuvre de Molière, teintée de Gassendisme, est un mélange entre la philosophie atomistique, proposant un univers discontinu composé de matière et de vide, d'épicurisme et de scepticisme. En effet, le dramaturge s'intéresse beaucoup au poète latin Lucrèce, auteur de l'oeuvre «De rerum natura» qui était disciple d'Épicure au Ier siècle av. J.-C.
Un mystère rode sur l'enfance de Molière ainsi que sur ses études, car les seuls témoignages viennent de l'oeuvre de Jean-Leonor le Gallois, sieur de Grimarest, qui écrivit une «Vie de M. de Molière » en 1705.
Mais les sources s'avèrent fiables car Grimarest a conversé avec des proches de Molière tels que Jean Racine, Esprit-Madeleine Pocquelin et Michel Baron qui fut son élève.
En 1642, Molière délaisse le métier d'avocat qu'il n'a pratiqué que cinq mois et revient à Paris ou il accepte de remplacer son père en tant tapissier du Roi.
Puis, en 1643, il rompt les liens avec son père et se consacre au théâtre jusqu'a sa mort.
Le dramaturge choisi le pseudonyme de Molière et commence sa carrière théâtrale à l'âge de 21 ans.
Il va s'associer avec la famille Béjart, mais la troupe qui porte le nom de «L'illustre Théâtre» va connaître des débuts difficiles. Les premières représentations ont lieu dans des salles de jeu de paume sur la rive gauche au Faubourg Saint-Germain et le répertoire de la troupe se compose essentiellement de tragédies et de tragi-comédies.
Mais la troupe croule sous les dettes et Molière est emprisonné en 1645. Il est libéré grâce à l'amabilité de son père qui verse une caution, et part avec sa troupe en province de 1645 à 1658.
De retour à Paris en 1658, et malgré des représentations dénuées d'expérience des pièces de Corneille (Nicomède et Cinna) que Louis XIV excuse, la troupe obtient la protection de son frère, Philippe d'Orléans.
La pièce «Les précieuses ridicules »remporte un succès et Louis XIV soutient Molière contre ses détracteurs. Cependant, le prince de Conti, un ancien ami et protecteur de la troupe va exprimer sa volonté d'interdire les pièces de Molière. En effet, ce dernier se converti à une vie de «Chrétien authentique»,que Molière sait n'être que pure hypocrisie, et va donc devenir hostile au théâtre.
Si au XX siècle, période de déchristianisation violente, les lecteurs lisent Dom Juan ou tartuffe comme des brûlots anti-chrétien, la lecture que nous pouvons en faire est beaucoup moins simpliste.
De toute évidence, nous pouvons dire que l'oeuvre de Molière apporte une réflexion sociale qui va inspirer durant le siècle des Lumières un philosophe tel Diderot et son fameux « Supplément au voyage de Bougainville. » écrit en 1773.

La pensée de Molière
La pensée de Molière au sujet de la religion est sujet à diverses interprétations de la part de ses biographes. Tout d'abord, si nous désirons mieux comprendre l'oeuvre du dramaturge, il faut replacer l'homme révolté qu'était Molière dans le contexte de son époque. Mais, pour tout lecteur désirant comprendre l'homme, il suffira seulement de lire la préface de sa pièce «Tartuffe» écrite en 1663. Molière nous dit très explicitement «Voici une comédie dont on a fait beaucoup de bruit, qui a été longtemps persécutée(…)Les marquis, les précieuses, les cocus et les médecins ont souffert doucement qu'on les ait représentés, et ils ont fait semblant de se divertir, avec tout le monde, des peintures que l'on a faites d'eux; mais les Hypocrites n'ont point entendu raillerie; ils se sont effarouchés d'abord, et ont trouvé étrange que j'eusse la hardiesse de jouer leur grimaces(…) suivant leur louable coutume, ils ont couvert leurs intérêts de la cause de Dieu». Ce n'est donc pas la religion qui dérange Molière, car il nous dit que ces faux dévots servent leurs intérêts en utilisant le prétexte de Dieu et que ce dernier n'a rien avoir avec les vices des Hommes. Molière pensait que l'homme est naturellement bon et que la société l'est aussi. À condition, bien sur, de rester soumis à la règle de la juste mesure, aux lois du bon sens et d'échapper à l'empire des passions pernicieuses. Les conceptions de morales de Molière critiquent ces hommes qui sous l'influence de leurs passions, s'écartent du bon sens général, et c'est cela qui pousse le dramaturge à vouloir, par le rire, les corriger. Par sa critique de ceux qui se servent de la religion pour leurs propres intérêts, du rigorisme et des hypocrites, il lutte pour le maintien d'une religion modérée et humaine, respectueuse de l'homme dans sa diversité.
Que Molière fut croyant ou non, cela à peu d'importance, mais il avait de toute évidence compris les écritures saintes mieux que certains, car le prophète Matthieu ne nous dit-il pas «Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites qui aiment faire leurs prières debout dans les synagogues et les carrefours, afin d'être vu des hommes.». Être croyant pour Molière est une affaire entre Dieu et le croyant, aucun mortel ne peut juger autrui. En résumé, pour l'auteur, utiliser Dieu à des intérêts privés est abject.

Exemple d'anachronisme de l'oeuvre de Molière propre à l'analyse des Romantiques.
L'intérêt de toute l'oeuvre de Molière est certes d'instruire et de divertir, mais si nous y regardons de plus près, son but réside dans la dénonciation d'une société aliénante, qui oblige les hommes à se travestir et porter un masque social. Tout comme Diderot qui avait compris le phénomène de globalisation et de mondialisation dans le «Supplément au voyage de Bougainville» par sa critique de la colonisation, Molière avait compris que les sociétés nous poussent à adopter des comportements contraires à notre nature .
Nous constatons par cette comparaison que les deux auteurs ont une pensée similaire sur le fait que les hommes inventent des lois qui vont à l'encontre de la nature et rendent les hommes coupables ou malheureux, victimes de crimes artificiels. Si nous approfondissons la comparaison de la pensée des deux auteurs, les mêmes questions peuvent ressortir de leurs oeuvres: Pourquoi les sociétés se sont elles développées en multipliant des codes contradictoires? Peut-on vivre en paix dans une société avec des codes aussi contradictoires? Ou nous faudrait-il être Tartuffe (hypocrite) ou bien Sganarelle (couard) pour y survivre? Molière nous suggère-t-il que la vie publique n'est possible qu'en hypocrite? Toujours est-il que dans la préface de Tartuffe, Molière nous dit «J'ai mis tout l'art et tout les soins qu'il m'a été possible pour bien distinguer le personnage de l'hypocrite d'avec celui du vrai dévot» . La vie en société est donc possible pour les honnêtes gens, mais elle reste difficile si les puissants ne le sont pas.
1: Ce petit paragraphe est un exemple de surinterprétation et d'anachronisme. L'anachronisme dans une oeuvre artistique ou littéraire est une erreur volontaire ou involontaire qui consiste à placer un concept ou un outil inexistant à l'époque illustrée par l'oeuvre. Dans l'oeuvre de Dom Juan, l'anachronisme est souvent tentant et on l'use par facilité d'interprétation. Molière n'était pas un matérialiste, un antireligieux ou un athée, cependant, il a attaqué l'hypocrisie des faux dévots. Il est donc incohérent de le considérer comme un libertin du 18ème.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
missmolko1
  30 décembre 2014
Molière est un auteur que j'aime beaucoup et j'ai pris plaisir a découvrir ces trois courtes pièces. Les trois ont plusieurs points en commun : tout d'abord elles sont très drôles (mais ça vous vous en doutez), le thème de la médecine est très présent et au passage Molière n'existe pas a se moquer des médecins très ouvertement.
Ce recueil s'ouvre donc sur La jalousie du barbouillé qui m'a beaucoup plu. On y fait la connaissance d'un homme jaloux (comme son titre l'indique) et qui essaie de surprendre sa femme dans les bras d'un autre pour prouver que sa jalousie est justifier mais tout ce qu'il tente se retourne constamment contre lui !
Vient ensuite le médecin volant qui la encore m'a beaucoup fait rire. C'est l'histoire d'un couple d'amoureux qui ne peuvent se voir car le père de la jeune fille leur refuse. La jeune fille feint donc d'être malade et le valet du jeune homme va donc se faire passer pour docteur pour lui préconiser une cure a la campagne ou les deux amoureux pourraient se voir autant qu'il le voudrait. Seulement tout ne se passer pas comme prévu ! Quiproquo, retournement de situation sont bien présent.
Enfin L'amour médecin, une jeune fille amoureuse l'a encore fait semblant d'être malade pour que sont père l'écoute. Seulement il fait venir 4 médecins a son chevet. Mais on se rend vite compte que les médecins n'ont aucune idée du métier qu'il exerce et aucun n'est d'accord. C'est une pièce que j'ai un peu moins aimé. Non pas qu'elle ne soit pas drôle mais tout simplement qu'a la base cette pièce s'accompagne de musique entre les scènes. Alors je pense qu'elle rend beaucoup mieux a voir jouer qu'a lire.
En tout cas j'ai adoré découvrir d'autres écrits de Molière. Les trois pièces s'accompagne en plus (dans mon édition folio plus) d'un dossier vraiment complet qui aide le lecteur a mieux comprendre le texte. Molière est en tout cas un auteur a lire et a relire car on ne s'en lasse pas.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
girianshiido
  06 septembre 2015
Quel plaisir j'ai eu à parcourir l'intégralité des œuvres de Molière !
Pendant plusieurs mois, ses pièces ont été un bonheur de lecture, toutes écrites dans une langue magnifique, la plupart d'entre elles étant d'une drôlerie encore inégalée. J'ai lu la version Pléiade en deux volumes, qui possède un appareil critique assez impressionnant -environ quarante pourcents de chaque volume- que j'ai souvent consulté mais pas entièrement lu. Je peux enfin ranger ce coffret, mais il est certain que j'y reviendrai régulièrement pour y lire de nouveau certaines de ces œuvres intemporelles !
Commenter  J’apprécie          30
MrOurse
  02 novembre 2014
J'ai trouvé ce tome 1 bien peu abordable pour qui veut s'attaquer à l'oeuvre de Molière.
La majorité des pièces étant écrite en vers...je n'ai pas toujours su suivre le fil de l'histoire.
Commenter  J’apprécie          30
christophe14270
  06 avril 2015
J'avais et je ne sais où ils sont les oeuvres complètes de Molière en 4 volumes !
Impossible à retrouver livres trop anciens, une chance j'en ai une version en un seul volume...
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
PilingPiling   16 mars 2010
CLIMÈNE.– Il y a là une obscénité qui n'est pas supportable.
ÉLISE.– Comment dites-vous ce mot-là, Madame ?
CLIMÈNE.– Obscénité, Madame.
ÉLISE.– Ah ! mon Dieu ! obscénité. Je ne sais ce que ce mot veut dire ; mais je le trouve le plus joli du monde.

(…)

URANIE.– C'est une étrange chose que de vous autres, Messieurs les poètes, que vous condamniez toujours les pièces où tout le monde court, et ne disiez jamais du bien que de celles où personne ne va. Vous montrez pour les unes une haine invincible, et pour les autres une tendresse qui n'est pas concevable.

Molière, Critique de l'École des femmes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
PilingPiling   16 mars 2010
Pensez-vous qu'à choisir de deux choses prescrites,
Je n'aimasse pas mieux être ce que vous dites,
Que de me voire mari de ces femmes de bien,
Dont la mauvaise humeur fait un procès sur rien,
Ces dragons de vertu, ces honnêtes diablesses,
Se retranchant toujours sur leurs sages prouesses.
Qui, pour un petit tort qu'elles ne nous font pas,
Prennent droit de traiter les gens de haut en bas,
Et veulent, sur le pied de nous être fidèles,
Que nous soyons tenus à tout endurer d'elles ?

L'école des femmes, IV, 8.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
SZRAMOWOSZRAMOWO   19 février 2017
Les amants magnifiques

CLITIDAS fait semblant de chanter : La, la, la, la, ah !
ÉRIPHILE : Clitidas.
CLITIDAS : Je ne vous avais pas vue là, Madame.
ÉRIPHILE : Approche. D’où viens-tu ?
CLITIDAS : De laisser la Princesse votre mère, qui s’en allait vers le temple d’Apollon, accompagnée de beaucoup de gens.
ÉRIPHILE : Ne trouves-tu pas ces lieux les plus charmants du monde ?
CLITIDAS : Assurément. Les Princes, vos amants, y étaient.
ÉRIPHILE : Le fleuve Pénée fait ici d’agréables détours.
CLITIDAS : Fort agréables. Sostrate y était aussi.
ÉRIPHILE : D’où vient qu’il n’est pas venu à la promenade ?
CLITIDAS : Il a quelque chose dans la tête qui l’empêche de prendre plaisir à tous ces beaux régales. Il m’a voulu entretenir ; mais vous m’avez défendu si expressément de me charger d’aucune affaire auprès de vous, que je n’ai point voulu lui prêter l’oreille, et je lui ai dit nettement que je n’avais pas le loisir de l’entendre.
ÉRIPHILE : Tu as eu tort de lui dire cela, et tu devais l’écouter.
CLITIDAS : Je lui ai dit d’abord que je n’avais pas le loisir de l’entendre ; mais après je lui ai donné audience.
ÉRIPHILE : Tu as bien fait.
CLITIDAS : En vérité, c’est un homme qui me revient, un homme fait comme je veux que les hommes soient faits : ne prenant point des manières bruyantes et des tons de voix assommants ; sage et posé en toutes choses ; ne parlant jamais que bien à propos ; point prompt à décider ; point du tout exagérateur incommode ; et, quelques beaux vers que nos poètes lui aient récités, je ne lui ai jamais ouï dire : "Voilà qui est plus beau que tout ce qu’a jamais fait Homère." Enfin c’est un homme pour qui je me sens de l’inclination ; et si j’étais Princesse, il ne serait pas malheureux.
ÉRIPHILE : C’est un homme d’un grand mérite assurément ; mais de quoi t’a-t-il parlé ?
CLITIDAS : Il m’a demandé si vous aviez témoigné grande joie au magnifique régale que l’on vous a donné, m’a parlé de votre personne avec des transports les plus grands du monde, vous a mise au-dessus du Ciel, et vous a donné toutes les louanges qu’on peut donner à la Princesse la plus accomplie de la terre, entremêlant tout cela de plusieurs soupirs, qui disaient plus qu’il ne voulait. Enfin, à force de le tourner de tous côtés, et de le presser sur la cause de cette profonde mélancolie, dont toute la cour s’aperçoit, il a été contraint de m’avouer qu’il était amoureux.
ÉRIPHILE : Comment amoureux ? quelle témérité est la sienne ! c’est un extravagant que je ne verrai de ma vie.
CLITIDAS : De quoi vous plaignez-vous, Madame ?
ÉRIPHILE : Avoir l’audace de m’aimer, et de plus avoir l’audace de le dire ?
CLITIDAS : Ce n’est pas vous, Madame, dont il est amoureux.
ÉRIPHILE : Ce n’est pas moi ?
CLITIDAS : Non, Madame : il vous respecte trop pour cela, et est trop sage pour y penser.
ÉRIPHILE : Et de qui donc, Clitidas ?
CLITIDAS : D’une de vos filles, la jeune Arsinoé.
ÉRIPHILE : A-t-elle tant d’appas, qu’il n’ait trouvé qu’elle digne de son amour ?
CLITIDAS : Il l’aime éperdument, et vous conjure d’honorer sa flamme de votre protection.
ÉRIPHILE : Moi ?
CLITIDAS : Non, non, Madame : je vois que la chose ne vous plaît pas. Votre colère m’a obligé à prendre ce détour, et pour vous dire la vérité, c’est vous qu’il aime éperdument.
ÉRIPHILE : Vous êtes un insolent de venir ainsi surprendre mes sentiments. Allons, sortez d’ici ; vous vous mêlez de vouloir lire dans les âmes, de vouloir pénétrer dans les secrets du cœur d’une Princesse. Ôtez-vous de mes yeux, et que je ne vous voie jamais, Clitidas.
CLITIDAS : Madame.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LydiaBLydiaB   13 mars 2013
SOSTRATE : La bassesse de ma fortune, dont il plaît au Ciel de rabattre l’ambition de mon amour ; le rang de la Princesse, qui met entre elle et mes désirs une distance si fâcheuse ; la concurrence de deux Princes appuyés de tous les grands titres qui peuvent soutenir les prétentions de leurs flammes, de deux Princes qui, par mille et mille magnificences, se disputent, à tous moments, la gloire de sa conquête, et sur l’amour de qui on attend tous les jours de voir son choix se déclarer ; mais plus que tout, Clitidas, le respect inviolable où ses beaux yeux assujettissent toute la violence de mon ardeur.
CLITIDAS : Le respect bien souvent n’oblige pas tant que l’amour, et je me trompe fort, ou la jeune Princesse a connu votre flamme, et n’y est pas insensible.
SOSTRATE : Ah ! ne t’avise point de vouloir flatter par pitié le cœur d’un misérable.

(Les Amants magnifiques)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
CielvariableCielvariable   10 janvier 2019
TOINETTE.- Ah, Madame !
BÉLINE.- Qu’y a-t-il ?
TOINETTE.- Votre mari est mort.
BÉLINE.- Mon mari est mort ?
TOINETTE.- Hélas oui. Le pauvre défunt est trépassé.
BÉLINE.- Assurément ?
TOINETTE.- Assurément. Personne ne sait encore cet accident-là, et je me suis trouvée ici toute seule. Il vient de passer entre mes bras. Tenez, le voilà tout de son long dans cette chaise.
BÉLINE.- Le Ciel en soit loué. Me voilà délivrée d’un grand fardeau. Que tu es sotte, Toinette, de t’affliger de cette mort !
TOINETTE.- Je pensais, Madame, qu’il fallût pleurer.
BÉLINE.- Va, va, cela n’en vaut pas la peine. Quelle perte est-ce que la sienne, et de quoi servait-il sur la terre ? Un homme incommode à tout le monde, malpropre, dégoûtant, sans cesse un lavement, ou une médecine dans le ventre, mouchant, toussant, crachant toujours, sans esprit, ennuyeux, de mauvaise humeur, fatiguant sans cesse les gens, et grondant jour et nuit servantes, et valets.
TOINETTE.- Voilà une belle oraison funèbre.
BÉLINE.- Il faut, Toinette, que tu m’aides à exécuter mon dessein, et tu peux croire qu’en me servant ta récompense est sûre. Puisque par un bonheur personne n’est encore averti de la chose, portons-le dans son lit, et tenons cette mort cachée, jusqu’à ce que j’aie fait mon affaire. Il y a des papiers, il y a de l’argent, dont je me veux saisir, et il n’est pas juste que j’aie passé sans fruit auprès de lui mes plus belles années. Viens, Toinette, prenons auparavant toutes ses clefs.
ARGAN, se levant brusquement.- Doucement.
BÉLINE, surprise, et épouvantée.- Ahy !
ARGAN.- Oui, Madame ma femme, c’est ainsi que vous m’aimez ?
TOINETTE.- Ah, ah, le défunt n’est pas mort.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Molière (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Molière
Interprétation du Misanthrope par la Comédie française pour l'ORTF en 1958
autres livres classés : théâtreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Molière

Quel est le vrai nom de Molière ?

Jean Coquelin
Jean-Baptiste Poquelin
Baptiste Gravelin
Molière Troiquelin

10 questions
777 lecteurs ont répondu
Thème : MolièreCréer un quiz sur ce livre