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ISBN : 207071425X
Éditeur : Gallimard (03/05/1989)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Le récit du scribe est l'histoire d'un homme qui a soixante-dix ans et qui, toute sa vie, s'est fait passer aux yeux des autres pour désintéressé, généreux, intègre, honnête, bon, simple, dévoué, en un mot : parfait. Il a gagné son pain comme écrivain public, mais on l'appelle aussi «l' homme-aux-livres», on le respecte, on l'admire.

Bref, il jouit dans son quartier d'une réputation à faire pâlir d'envie tous les scribes, légistes et pharisiens dont ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
fanfanouche24
  12 juin 2015
une "pépite" ...qui attendait patiemment dans mes "réserves d'écureuil"... depuis 1989 !!!
Les thématiques offertes dans cet ouvrage m'avaient interpellée à l'époque, et continuent à me questionner aujourd'hui: La solitude intrinsèque de chaque être, L'amour des mots, L'Ecriture, la thérapie, la prise de conscience par le langage, par l'écrit, la mauvaise foi plus ou moins volontaire que l'on peut entretenir sur sa vie, l'Amitié et ses exigences, ses attentes, et ses déceptions, Le courage d'aller au bout de soi....
Le narrateur, écrivain public , âgé de soixante-dix ans, fier de ce qu'il représente et a représenté socialement, se jugeant utile, altruiste, auréolé du prestige de sa fonction... va voir cette belle image exploser en mille éclats.
Cette violente remise en cause de son existence sera provoquée par une rencontre amicale et passionnelle d'un jeune homme trentenaire, qui ne s'en laisse pas conter...Sa belle réputation d'Homme des livres"...si lisse, si riche intellectuellement et socialement...va se fendiller devant cet alter-ego...intransigeant
S'ensuivra une descente aux enfers, avec ce face à face, qui obligera notre "anti-héros" à faire le point sur son chemin, sur ce qu'il a manqué, raté, fuit par manque de courage... s'étant réfugié dans ce faux-rôle social, bienveillant et confortable d'"écrivain public", au service des autres ....
Il trouvera Force et Renaissance grâce aux mots et à l'écriture...
Un texte des plus forts et compacts sur nos rapports aux autres, sur l'intégrité de chacun ainsi que sur les petites ou immenses manipulations que l'on exerce les uns sur les autres...plus ou moins consciemment !
Après cette relation passionnelle et destructrice, notre narrateur se libérera , et trouvera l'énergie, l'élan de se créer une existence vraie, authentique, et pour atteindre cet objectif,il choisira comme moyen priviligié l'ECRITURE....
Texte magnifique offrant moult réflexions, analyses sur les bienfaits de l'Ecriture, qui agrandissent "déploient" la Vie ! L'Ecriture, celle qui est un vrai travail vers "sa vérité", vers un chemin personnel authentique...
J'ai lu "doucement" ce roman, pour pouvoir savourer chaque phrase...pour prolonger le plaisir de la découverte....
Après l'engouement de cette lecture, je me suis empressée de commander chez mon libraire, le premier texte de Sylvie Monange, "A l'Ancre marine", où la thématique de l'Ecriture offre une nouvelle fois une place de choix au sein de l'histoire..
Un concours de circonstances amusant a fait que je me suis trouvée à découvrir et lire cet ouvrage en même temps qu'une autre babéliote, Mireille lefustec... Une sacrée surprise !
Si nos enthousiasmes se sont croisés et ont été aussi intenses... J'espère de tout cœur qu'ils seront communicatifs et donneront envie à d'autres lecteurs l'envie d'aller voir de plus près le style et les thèmes captivants de Sylvie Monange, qui mérite grandement , par la qualité de la langue et les sujets abordés d'être lue d'un plus large public et de sortir de l'ombre...où je trouve qu'elle se trouve fort injustement
Sylvie Monange dit de façon extraordinaire et subtile les exigences du travail d'Ecriture, lorsque celle-ci va au plus loin, sans souci de plaire ou de séduire !!...
"En créant, je me crée, et jamais je n'ai ressenti une telle plénitude, un tel accord avec la vie, les autres et le monde. L'écriture n'est pas un repli sur soi, c'est au contraire un déploiement de désir, qui met en communication avec la terre entière. Avant que me mette à écrire, page après page, sur cette liasse de feuilles en papier pelure, j'étais un homme divisé, partagé, ou plus exactement un homme coupé de tout, coupé de son propre désir (p.129-130)"
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Bouldegom
  06 juillet 2015
Voici l'histoire passionnelle d'un homme de 70 ans pour un homme de 30 ans.
C'est une longue introspection du narrateur, « le scribe », l'écrivain public. Celui-ci s'est toujours servi de l'écriture pour se faire valoir, pour en imposer, lui le cultivé, qui écrit pour les autres. Sa chambre est tapissée de livres qui témoignent de sa grande culture, mais il reçoit ses clients dans son salon, dans une fausse humilité.
Il rencontre un jour un homme plus jeune que lui, beau comme il ne l'a jamais été, qui va le brusquer, le provoquer, jusqu'à fendiller puis briser sa belle armure d'homme de lettres, reconnu par la société. Contre toute attente, notre écrivain va s'en éprendre passionnément. Leur relation n'est pas sexuelle, mais va pourtant devenir obsessionnelle et destructrice.
C'est le récit de cette relation que fait notre « scribe », car c'est pour lui le chemin du salut. Après s'être retrouvé complètement détruit par son histoire avec le jeune homme, il choisit naturellement l'écriture pour s'en sortir. Sur des feuilles de papier pelure bleues, à l'aide d'un bic cristal noir, il raconte…
J'ai beaucoup aimé la fine analyse de cet état obsessionnel qui détruit tout sur son passage ; c'est un réel tour de force de parvenir à décrire avec des mots tous ces changements subtils qui s'opèrent à l'intérieur, ruinant progressivement tout ce qui a été un être. L'obsédé est tellement à vif vis-à-vis de l'autre qu'il en perd toute rationalité, souffre démesurément à chaque situation qui ne va pas dans son sens et fabrique peu à peu sa propre prison, son propre enfer.
L'écriture enfin tient une grande place dans ce livre. D'abord signe de grande culture et de reconnaissance sociale, elle devient le baume apaisant, le médicament, l'antidote à la plus noire dépression. Elle est enfin signe d'espoir et de transmission car notre écrivain passe le flambeau en conseillant et en fortifiant le goût de l'écriture à une très jeune fille qui deviendra probablement à son tour une écrivaine.
C'est un roman hors du commun, profond et subtil, et surtout passionnément humain.
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mireille.lefustec
  01 juin 2015
Publié en 1989.
Il est des écritures qui, dès les premiers mots, me captivent, m'emportent; C'est à cela que je reconnais un écrivain de valeur.
Sylvie Monange en fait partie. J'ai été subjuguée;
La présentation du livre, qui est la quatrième de couverture, permet de ne pas répéter le contenu.
Les réflexions sur la difficulté de vivre dans le présent, d'accepter d'être soi, d'accepter de se mettre à nu, au moins pour soi, sont douloureuses. L'image de soi, renvoyée par les autres, est un leurre.
Ce n'est qu'au prix d'un grand travail au fin fond de lui que notre homme peut préparer sa "renaissance";
Je suis très surprise qu'une oeuvre de cette qualité ait si peu de lecteurs.
Nous ne sommes que deux à ce jour dans Babelio !
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   02 juillet 2015
Ecrivain public jusqu'au bout des ongles, j'étais un de ces bureaucrates de Magritte, qui n'ont plus de visage entre leur col blanc et leur melon noir.
Maintenant je ne travaille plus que sur moi-même, et c'est ainsi, j'en suis sûr, que j'ai le plus de chances de rencontrer les autres, en m'adressant directement à ce qu'ils ont de plus profond et qu'on ne voit jamais dans la vie sociale. Il a suffi d'un coup d'épaule pour me débarrasser de toute la niaiserie dans laquelle j'ai donné, l'écrivain public, l'intello du quartier, l'homme aux livres, comme on se défait d'une défroque. Un seul coup d'épaule, vraiment ?
Non, c'est mentir : un effort constant pour se tenir sans artifice à l'extrême pointe de soi-même. Après, il y a le saut dans le vide: c'est le moment où on se met à écrire. Et très vite, comme la mouette, on est porté par la résistance des mots. (p.109-110)
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fanfanouche24fanfanouche24   11 juin 2015
En créant, je me crée, et jamais je n'ai ressenti une telle plénitude, un tel accord avec la vie, les autres et le monde. L'écriture n'est pas un repli sur soi, c'est au contraire un déploiement de désir, qui met en communication avec la terre entière. Avant que me mette à écrire, page après page, sur cette liasse de feuilles en papier pelure, j'étais un homme divisé, partagé, ou plus exactement un homme coupé de tout, coupé de son propre désir (p.129-130)
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fanfanouche24fanfanouche24   12 juin 2015
S'il faut beaucoup de force pour résister aux autres, il en faut plus encore pour résister à soi-même, pour refuser de se laisser enfermer dans un schéma, un système, une construction morte et froide. C'est une tentation terrible que celle de se ranger. C'est pour cela que j'aime le désordre absolu de ces pages qui va de pair avec leur exigence absolue de rigueur. Et je n'aurais pas trop de toute ma vie pour me déprendre de cette question fondamentale et inutile: "Qui es-tu?" Dans ce très long travail d'écriture, j'apprends à m'échapper de toutes les réponses. (...)
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fanfanouche24fanfanouche24   18 mai 2015
Quel démon intérieur m'a poussé à lui montrer un jour mes cahiers de lectures ? Quel démon que l'écriture noire m'aide à exorciser ? fallait-il que je me méprise pour en arriver là, pour le diviniser au point de lui soumettre ainsi l'œuvre de toute une vie, sans autre espoir que son estime infinie, sa reconnaissance sans bornes, son adoration perpétuelle ! (...)
Je sentais sur moi son regard froid, et je me faisais l'effet d'un chien qui a quelque chose à se faire pardonner, et vient poser sa truffe sur les genoux de son maître. Le chien, encore, a quelques excuses, parce que son maître est vraiment un dieu pour lui. Mais moi, je me livrais en chemise et la corde au cou à un homme qui avait moins de la moitié de mon âge, et qui passait son temps à vouloir me convaincre de mon indignité (p.30-31)
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fanfanouche24fanfanouche24   14 mai 2015
Comme ce jour où je tâchai de lui faire croire, en m'exaltant moi-même, à l'éminente dignité de mon métier d'écrivain public. C'était un choix délibéré que de venir en aide aux pauvres gens , aux laissés-pour-compte.Ca n'a pas pris. Tout au contraire, le retour a été cinglant:
" Ecoute ce que tu dis. Ce n'est pas eux, c'est toi qui y trouves ton compte. C'est sur leur dos que tu règles tes propres comptes. Si tu ne leur venais pas en aide, c'est toi-même que tu serais obligé de prendre en main. C'est toujours plus facile de faire payer les autres, surtout quand on est convaincu qu'on leur rend service" (p.18)
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