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ISBN : 2021088960
Éditeur : Seuil (03/10/2016)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Algérie, années 80. Une jeune femme court éperdument à travers la rocaille, son bébé dans les bras. Seule, sans protection, ses chances de survie sont minces, quand la population mâle à l’unisson se déchaîne contre « la pécheresse ». Il n’y a pas longtemps, elle vivait paisiblement avec Papa Hassan et Maman Asma. Tout cela est si loin. Chassée du village et de la tribu, Zoubida aura beau déployer une énergie surhumaine pour défendre sa vie et celle de son enfant, el... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
gonewiththegreen
  17 février 2019
Elle court Zoubida . Elle court parce qu'elle fuit. Elle court dans le désert, son bébé dans les bras. Elle fuit son village, sa famille, la honte , la lapidation, la vindicte populaire . Elle fuit son passé et court sans penser à son avenir, juste à sauver sa peau.
Elle ne sait pas qu'en fuyant tout cela, elle va rencontrer les hommes et leur bite avide de son cul. Ce n'est qu'une femme , objet des hommes dans l'Algérie de 1980. Ce n'est même pas une femme . Tout juste une salope, une pute. Elle va finir au bled chez Karla, après souffrances et beaucoup de courage Mais pour quel avenir ?
Quel beau roman ! A la structure un peu décousu, sans que cela soit gênant, mais avec une humanité profonde dans cette Algérie des années 80.
Algérie, ce carrefour des peuples , arabes, turcs, français, sub saharien.. (il n'y avait pas encore de chinois :) !)
L'auteur , à travers Zoubida, nous offre une belle tranche d'humanité , dans le combat pour survivre, le courage de son héroïne.
Ce livre est tout en contraste. Les hommes ne pensent qu'à baiser Zoubida.
En toute impunité, puisqu'avant d'être une femme, c'est au mieux une salope et au pire une pute .
Les femmes sont soumises. Pas Zoubida . Elle veut vivre pour l'amour de son fils .Elle est prête à tout.
Ce livre est un carrefour du monde. On y croise Alfred le bantou, Salma la beurette qui déboule de Bourgoin, Arsanne le Kabyle, Loïc le breton. Tous ont leur culture , leur croyance, leur espoir , leur criante. Tous cohabitent, malgré les guerres, les différences, les incompatibilités. Cela donne un roman dense, plein de belles histoires et de conception de la vie.
C'est un roman que l'on lit trop vite. On n'a presque pas le temps de s'imprégner de la lumière du désert, de la beauté des oasis. On aimerait poursuivre avec Zoubida, côtoyer un peu plus Alfred, égorger Mounir et laver l'affront des parents de Zoubida.
Je finirai par une citation de ce livre :
"Plus tu varieras tes lectures, plus cette pièce s'élargira,plus ton esprit s'illuminera. Alors, tu n'habiteras plus une prison mais un ciel plein d'étoiles... Tes avocats n'y pourront rien, seules tes lectures te sauveront."
Belle, très belle lecture.
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PiertyM
  28 décembre 2018
Un petit moment de lecture agréable! Un portrait de femme émouvant dans une Algérie des années 80 où la vie de la femme n'est qu'une ligne tracée par tout homme qui croise sa route. Quel parcours que la vie de notre héroïne Soubida! Rejetée, humiliée, elle fuit son village avec son bébé au bras, qu'elle a eu avec un Européen hors mariage, ce qui est un crime, aussi pour ses parents que pour sa tribu, et pourquoi pas pour tout le village. Ca n'en finit pourtant pas , cette humiliation! Pendant toute sa fuite, elle se présentera comme une proie facile, comme une victime toute accommodée pour des bourreaux....
Ce livre décrit certaines réalités vraiment choquantes, telle la pratique de l'esclavage, surtout pour des femmes déjà affaiblies par les vicissitudes de la vie, ou par certaines contrainte des traditions ou de la religion. Bien que le livre nous relate des atrocités, l'écriture est plaisante, légère, vivante, si bien que ça se lit d'une seule traite!
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feanora
  08 décembre 2016
Un très beau portrait de femme.
Une langue très moderne.
Zoubida est rejetée par son village car elle a eu enfant hors mariage et avec un européen.
La jeune femme est obligée de fuir afin d'évidentes laminée.
Cette fuite la plongera dans la prostitution. Elle sera emprisonnée,son enfant lui sera enlevé mais l'amour d'un homme la sauvera de son naufrage.
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liberliber
  20 décembre 2016
Algérie, années 1980. La jolie Zoubida fuit, son enfant sous le bras. Elle a commis l'irréparable : fauter avec un bon gaulois et donner naissance à un bâtard. Répudiée par les habitants de Aïn Guesma, « une ville désemparée, une ville amère », elle suit un parcours semé d'embûches. Une vingtaine d'années après l'indépendance du pays, les « barbus » pointent le bout de leur nez et commencent à régenter la vie du pays et les premières victimes sont les femmes comme toujours.
Tout au long de sa courte existence Zubida fera des rencontres décisives qui la feront entrer dans l'âge adulte  : Salma, la libérée de Bourgoin-Jallieu, Alfred, le meilleur ami camerounais de Papa Hassan, et même Loïc, Le Breton athée qui l'a déflorée. Sans oublier un personnage essentiel qui n'apparaît qu'à la fin.
Conte moderne et initiatique plein d'humour où dialogues crus et langage poétique se mélangent avec bonheur, « Bled » est le récit d'une jeune femme qui, dans un pays où les traditions sont pesantes, s'émancipe grâce aux épreuves qu'elle traverse et qui la font avancer. « Bled » est encore une fois de plus la preuve que de la France (« Le terroriste noir ») à Cuba (Les coqs cubains chantent à minuit »), la puissance romanesque du Guinéen Tierno Monénembo est intacte.
EXTRAITS
- Chez les cathos, la messe du dimanche, les repas du soir, sous l'oeil du Christ grisâtre accroché au mur... les colères du colonel, le teint cadavérique de Catherine. Chez les muslims, la barbe, la circoncision, la conversation obligatoire, la théorie des interdits... le couscous tristement avalé en groupe après la prière du vendredi.
- Il est temps, dit-il de réconcilier les différents organes de notre corps : notre sang arabe, nos veines berbères, notre langue française, nos lèvres de nègre, notre front de Turc, notre pif de Juif...
Lien : http://papivore.net/litterat..
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LaCalebasseaLivres
  13 septembre 2017
A travers deux récits enchevêtrés le lecteur découvre le poids des traditions sur la vie d'une jeune femme qui cherche à s'en délivrer et de son père qui lui les perpétue.
Un premier récit est centré sur Zoubida qui vient d'avoir un bébé hors mariage. Afin d'éviter le jugement des autres, elle fuit son bled avec l'espoir de trouver une vie meilleure et une liberté jusque-là inconnue. Au cours de sa fugue elle est retenue dans une maison close. Elle s'en échappe en commettant un crime la condamnant ainsi à la prison. Elle y fait la connaissance d'un homme qui va l'aider à trouver cette liberté tant recherchée.
Dans le deuxième récit, la narratrice partage des souvenirs d'enfance dans lesquels est enfoui un lourd secret de famille.
L'auteur a fait le choix de livrer ces deux récits de manière décousue en alternant les chapitres respectifs. Au fur et à mesure qu'on avance dans le présent de Zoubida, une partie du passé familial est révélé. Peu de détails sont donnés sur l'environnement où se déroulent le fait, nous savons simplement que cela se passe dans un bled où il ne se passe pas grand-chose et où les gens sont inintéressants. Zoubida, par la lecture de poésies et de romans, va apprendre que la liberté ne s'obtient pas dans la fuite mais en cultivant un état d'esprit qui le permette peu importe l'endroit où l'on se trouve.
Ce roman émouvant questionne sur le droit de la femme de disposer de son corps dans une société où la pudeur est valorisée, mais aussi sur l'identité et la soif de liberté.
Tierno Monénembo nous dépeint une femme touchante et une battante qui n'hésite pas à se sonder afin d'atteindre son but.
A lire !
Lien : https://lacalebassealivres.c..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   06 juin 2018
Le thé, ici appelé attaya, comporte trois phases de dégustation, chacune précédée d'une très longue préparation. Pour la première, la dose de thé est très forte avec peu de sucre. L'infusion est servie fumante et très amère, difficile à avaler, supportable seulement par les habitués ; on l'appelle le thé de la mort. Lors de la deuxième phase, plus sucrée, la dose de thé est plus légère et on y ajoute de la menthe, ce qui donne une infusion très agréable à siroter. Aussi suave qu'une salive de premier baiser, le palais en est amoureux, c'est le thé de l'amour. Mais, hélas! ce plaisir est éphémère et suivi d'une sorte de réminiscence : le troisième et dernier service, une eau jaunâtre, très sucrée, qui ne porte plus en elle que le souvenir du thé ; c'est le thé de l'amitié.
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SachenkaSachenka   06 juin 2018
- On a du mal à croire que [le Sahara] fut fertile il y a des millénaires.
- Avec des fleuves, des chutes d'eau et des lacs! C'est ici le début du monde. C'est notre origine à tous. L'oeuf primordial, la crèche d'Adam et Ève. Le jardin d'Éden. Et comme nous l'avons déserté, le sable est apparu. Pourquoi sommes-nous partis?
- Le bon Dieu nous a donné des jambes!
- Oui, mais le voyage s'éternise. Nos pieds ne répondent plus, nos idées s'épuisent. Nous sommes cernés d'impasses. C'est ici qu'il faut revenir pour recommencer.
- Tu es différent de Loïc, tu espère encore. Le dépassement, toujours le dépassement!
- C'est cela qui nous distingue des plantes, des poules d'eau et des biques.
- Et si c'était Loïc qu avait raison?
- Ah non, pas mon abominable rival! On a le droit de faillir, certainement pas de renoncer. Il y a sûrement un objectif à atteindre, un rêve à réaliser.
- Faut-il encore des prophètes?
- Ce sont eux qui nous font avancer. Et pour moi, pas d'esprit de clocher, tous les prophètes se valent : Marx, Proudhon, Moïse et les autres.
- Ah, nous voilà revenus au temps des révélations!
- Pourquoi sommes-nous au Sahara? Rien de mieux que le désert pour révéler aux hommes et pour les révéler à eux. Tu sais ce que disait Nietzsche? «De tous temps, les hommes libres, les véridiques ont habité le désert.»
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JoyeuxDrilleJoyeuxDrille   17 décembre 2016
Lis-les comme ils arrivent. N'obéis qu'à ton appétit ! Ne t'occupe point de ranger. Surtout pas de rayonnages dans ta jolie petite tête ! Laisse ça aux ébénistes et aux érudits ! Dis-toi que la littérature est un extraordinaire festin, un délicieux fourre-tout. Goûte à tous les plats, pêle-mêle selon tes goûts, selon tes envies ! Lis tout... Voltaire, Flaubert, Camus, Le Clézio, mais il n'y a pas que les Français... Pouchkine, Gogol, Soljenytsine, mais il n'y a pas que les Russes... Faulkner, Caldwell, Salinger, Roth, mais il n'y a pas que les Américains... Sassine, Achebe, Hampâte Bâ, Kourouma, Lanou Tansi mais il n'y a pas que les Africains, Maalouf, Darwich, Abû Nuwâs, mais il n'y a pas que les Arabes... Plus tu varieras les lectures, plus cette pièce s'élargira, plus ton esprit s'illuminera. Alors, tu n'habiteras plus une prison mais un ciel plein d'étoiles...
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SachenkaSachenka   03 juin 2018
- Je partirai d'ici!
- D'ici? fit-elle en pointant le plancher.
- De l'Algérie!
- Tu peux quitter l'Algérie, l'Algérie ne te quittera pas.
- Je vais l'arracher de mes tripes.
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SachenkaSachenka   05 juin 2018
«Il est temps, dit-il, de réconcilier les différents organes de notre corps : notre sang arabe, nos veines berbères, notre langue française, nos lèvres de nègre, notre front de Turc, notre pif de Juif...»
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Vidéo de Tierno Monénembo
La grande librairie 13/12/2012 sur France 5, François Busnel reçoit Tierno Monénembo pour Le terroriste noir aux Ed. Albin Michel, coll. Les Belles Lettres
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