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EAN : 9782246818854
304 pages
Éditeur : Grasset (07/11/2018)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
En quelques lignes, une nouvelle, une lettre, un article, Henry de Monfreid a le don de nous faire entrer dans la liberté et la poésie de la vie. Mais cet écrivain aventurier, comme on l'appelle souvent, nous a laissé bien plus que cela.
Dans ses archives, il avait caché un trésor, puzzle de son « testament spirituel », aujourd'hui reconstitué.
A travers une interview, un questionnaire (de Proust), ou de multiples textes inédits - articles parus il... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
BurjBabil
  25 juin 2020
On trouve dans ce livre un recueil d'articles, d'interviews, de lettres et de récits réunis par son petit-fils Guillaume de Monfreid. Vivre libre nous rappelle qu'Henry de Monfreid fut un aventurier mais aussi un écrivain.
C'est Joseph Kessel qui l'incita à écrire, le « révéla à lui-même ». Il refusera de s'inspirer de ses aventures après avoir lu quelques-uns de ses textes sur l'esclavage, alors qu'ils naviguaient ensemble vers Djibouti, en disant : « Ce serait du plagiat ! ». (Toute non-ressemblance avec des médiocres comiques d'aujourd'hui est purement factuelle).
Marcel Pagnol lui-même lui confia qu'il voyait en lui « l'un des plus grands écrivains de ce siècle »
Il est vrai que ce personnage hors norme raconte ses aventures avec une plume légère comme la brise et précise comme une carte marine. Henry de Monfreid est un poète de la géographie, un peintre des éléments.
La mer, chez Monfreid, est bien sûr au coeur de tout : méditerranée, mer rouge, océan Indien.
Le récit de la destruction par les éléments déchaînés de Massawa, au nord de l'Ethiopie, est superbe. de quoi faire frémir de jalousie les présentateurs météo actuels, malgré l'avantage du réchauffement climatique.
Ce n'est pourtant pas par prédisposition au voyage qu'Henry de Monfreid a gagné l'Afrique, mais pour fuir la vie qu'on lui proposait : « Je suis arrivé là-bas, non pas pour y chercher l'aventure, c'est là un grand mot qui ne représente qu'un accident pour moi… mais simplement pour gagner ma vie, loin du tumulte de la vie européenne et de sa monotonie surtout »
Il choisit donc de quitter son pays et les circonstances firent le reste. Mis en relation avec un négociant français des plateaux abyssins, Monfreid plongea dans le commerce des grains de café, des perles et des peaux. Puis, comme un hommage à son prédécesseur poète, il passa à des marchandises plus lucratives et plus dangereuses : les armes et le hachisch.
Il redoutait le poids des habitudes, des convenances, du monde. « Je préfère la jungle africaine à la jungle parisienne… » Ce qui frappe dans cet amoncellement de textes, c'est la vitalité qui s'en dégage. Cette belle langue française qu'il utilise résonne aujourd'hui encore magnifiquement à qui sait l'apprécier et accentue cette évidence qu'elle nous parle déjà de nos questionnements contemporains .
Proust publiait dans la revue Livres de France en 1952, un questionnaire avec les réponses de 21 autres auteurs illustres (Louis Aragon, Blaise Cendrars, Eugène Ionesco, Joseph Kessel, Marcel Pagnol, Raymond Queneau...). Henry de Monfreid est âgé de 72 ans au moment où il répond aux questions et j'en ai choisi deux parmi la quarantaine :
-Vos héroïnes favorites dans la vie réelle ? « Toutes les mères, pour leurs fils. »
- La réforme que j'admire le plus ? « Je n'admire pas la réforme, je la subis, car elle détruit toujours un équilibre, bon ou mauvais, auquel je me suis adapté. »
La liberté, dans ce livre comme dans cette vie, est le maître-mot. Celui de la fin de ce billet sera laissé à Arnaud de Lagrange : « Henry de Monfreid était un homme complexe. Un homme, donc. »
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   02 mai 2021
(…) Pour le moment, rassure-toi en ce qui concerne mon voyage à Djeddah, je ne le ferai pas. Non que j’y voie un danger, mais je crois pouvoir faire autre chose. Ce voyage où j’aurai entassé 80 pèlerins, n’eût pas été une partie de plaisir, ni une « aventure ». J’ai besoin de calme avant tout. (…) D’abord j’ai la satiété du « Monde », de cette scène où on se joue la comédie, où l’on n’agit uniquement qu’en vertu de conventions ridicules autant que fastidieuses ; j’ai la satiété du mensonge éternel et de tous les grands mots dont on pipe la masse des hommes pour en asservir la force ; en un mot, je vois trop les ficelles des pantins pour conserver l’illusion, pour croire que c’est arrivé !

Je hais d’autant plus tout cela que j’aime l’Esprit Humain, cette puissance qui se dégage de cette humanité pitoyable, hideuse, écœurante. La pensée des grands esprits flotte autour de nous dégagée de toutes les contingences abjectes qui peut-être, qui sûrement, ont été contemporaines de leur éclosion. Et quand je me plonge au milieu de la foule des amis spirituels, quand je sens combien à leur contact il y a de choses en moi, je sens alors toute la stérilité du code des grimaces qu’il faut mettre en œuvre pour être admis à paître avec le troupeau. (…)

J’aime la vie, parce que j’y trouve des joies. Cela ne veut pas dire des jouissances, des plaisirs, dangereuses chimères qui tuent l’âme. Les joies, elles sont dans un joli matin si on sait le voir, dans une fleur, dans un souffle de brise. Elles sont dans les plus rudes coups de l’adversité, dans les grandes douleurs qui forgent notre âme, pour peu que nous ayons le courage de soutenir la lutte. As-tu quelque respect pour le Monsieur qui a toujours été parfaitement heureux ? Moi, j’en ai pitié comme d’un être incomplet, informe.

J’aime la vie parce que je sais trouver des joies dans une infinité de choses que jusqu’ici je n’avais pas su voir ; mais pour les voir il faut être un peu loin de cette agitation qui assourdit, de ce clinquant qui aveugle, de cette gadoue qui suffoque.
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BurjBabilBurjBabil   23 juin 2020
Qui voit Ouessant, voit son sang, disent les Bretons… Malgré moi, je le répète, un ancestral instinct superstitieux éveille le souvenir des légendes de la mer.
Alors, les vagues agressives, le ciel menaçant, les grains qui nous aveuglent, les cris déchirants des oiseaux des tempêtes à travers les nuées, tout semble hurler la hargne des trépassés et des esprits infernaux acharnés à détruire la pauvre barque pour emporter les marins aux profondeurs de leur empire.
On comprend pourquoi tant de légendes ont pu naître dans ces contrées redoutables où d’innombrables rochers déchiquetés par la tempête surgissent de l’écume en silhouettes désespérées.
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