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EAN : 9782846262514
289 pages
Éditeur : Au Diable Vauvert (19/08/2010)
3.1/5   59 notes
Résumé :
« J'étais un enfant de la génération précaire et, très vite, je compris que viser un emploi dès la sortie de ma scolarité revenait à sauter d’un avion sans parachute. » Machin vit à Lyon chez ses parents qui, excédés de le voir végéter, le mettent à la porte. Résigné, il rejoint une ancienne copine de fac à Paris où il partage une colocation avec deux autres personnes. Installé dans sa nouvelle vie, il trouve un stage sur une chaîne du câble où on l’exploitera, comm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Root
  09 juillet 2014
"Machin" ne fait rien. Machin ne veut rien faire. Il en a fait son mode de vie. Son seul centre d'intérêt? Dormir. le milieu professionnel lui est totalement étranger, et il ne souhaite en aucun cas faire connaissance avec lui! Travailler?: "On ne peut pas forcer sa nature!".
Seulement voilà... Machin a 25 ans, un bac+5 en poche, et vit chez ses parents, qui l'entretiennent. Ce n'est pourtant pas faute de le lui avoir répété: s'il continue à "végéter" en marge de la société, il devra quitter le confort du foyer familial et se débrouiller.
Sans surprise, il se retrouve à la rue... L'idée lui vient alors de reprendre contact avec une amie, installée en collocation à Paris. Une aubaine! Plus ou moins bien accueilli par les deux autres occupants de l'appartement, Machin prend ses aises sans se poser de questions. Pourquoi s'en poserait-il maintenant puisqu'il ne l'a jamais fait auparavant? Mais si sa situation lui convient très bien, elle n'est pas du goût de tous. Quand sa contribution aux dépenses quotidiennes communes est abordée, il va bien falloir trouver une solution... que Machin rejette aussi loin que possible, à grand renfort d'arguments dont on ne peut que rire: le travail et lui ne sont pas compatibles. Ses lettres de motivation suffisent à dissuader n'importe quel employeur de lui accorder un entretien. Lorsque, contre toute attente, il parvient à décrocher un stage, il en est presqu'admirable d'incompétence... et ce n'est que le début d'une série d'échecs tous plus drôles les uns que les autres.
Ecrit à la première personne, on a vraiment l'impression de suivre notre looser dans ses péripéties. Et si l'oisiveté est le maître-mot de ce roman, il se lit d'une traite! Romain Monnery promène son lecteur entre fiction et réalité, ne lésinant pas sur le comique de situation pour dresser le portrait d'une génération, pas si fictive que cela, qu'il semble hélas bien connaître.
A lire, pour le plaisir...
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Francedewepion
  22 mai 2020
Machin, bac +5 , manque de motivation pour trouver un emploi. Stages foireux sous-payés. Las ,ses parents le mettent à la porte. Il trouvera une co-location à Paris avec 3 autres jeunes (2 filles et 1 garçon). Petit à petit, les filles trouvent du travail et un amoureux : elles rentrent dans le "moule" de la société.
Machin et Bruno, s'enlisent dans l'oisiveté de plus en plus totale et ne sortent guère de chez eux. Mais il y a le nerf de la guerre : l'argent. Il faut bien payer le loyer et manger
. Heureusement , il y a le RMI dont il se satisfait.
Bruno va le 1er se remettre en question et trouver un boulot digne de son diplôme. Il ne reste que Machin dans l'appartement et très vite les autres vont vouloir cesser cette colocation. Bruno lui déniche un boulot durant le Mondial de l'automobile.
Obligé de travailler pour pouvoir payer une location, il va accepter sans trop d'enthousiasme. Atypique dans sa manière de se vêtir, de se comporter, de glander même, il va avoir une sorte de déclic et il va devenir l'adulte que tout le monde attendait et même étonner tout le monde.
Un roman dans lequel on est vite plongé dans l'atmosphère. La manière d'écrire nous la fait bien ressentir. Une mise en avant de certains jeunes désabusés par la société qui les presse de faire des études qui les ne mènent qu'à Pôle emploi . De la démotivation à l'oisiveté il n'y a qu'un pas. On y retrouve aussi le thème des éternels ados qui deviennent difficilement adultes.
Ce n'est pas un grand roman mais il a le mérite de soulever un thème actuel sur lequel peu de romans ont déjà été écrits.
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Apoapo
  12 février 2016
Voici la première illustration romanesque (à ma connaissance) de la théorie de la démotivation. Mine de rien.
Ce qui peut paraître ironique voire caricatural dans la description du comportement et des pensées du personnage principal, narrateur à la première personne, n'est qu'humour, en parfaite adéquation avec le style, et c'est une première clef pour déceler le positionnement (politique et sociologique) de l'auteur qui, sous couvert (un voile, à peine) de neutralité, ne perd aucune occasion de nous rendre le protagoniste sympathique. Ce style est d'ailleurs en harmonie avec celui du fameux "Manifeste des chômeurs heureux" (1996) [http://cqfd-journal.org/Le-manifeste-des-chomeurs-heureux[/url]] dont j'ai déjà eu l'occasion de parler.
Deuxième recours : la mise en perspective de Machin par rapport aux personnages secondaires, en particulier Bruno et Stéphanie, deux co-locs, qui représentent chacun une figure stéréotypée des "perdants" du marché du travail, cependant non adeptes de la démotivation. Bruno est perdant car il se dévalorise, c'est la figure du travailleur par résignation ; Stéphanie est la pure victime des appâts du show-biz, ses tentatives de se poser en manipulatrice échouent lamentablement. Machin, qui au passage "rate son stage" pour avoir refusé de se faire sodomiser (excusez-moi si ce symbole n'est pas assez éloquent pour révéler le "cautionnement" de l'auteur...) renonce-t-il in extremis à la paresse par acceptation du "principe de réalité", comme le feraient croire les deux ou trois dizaines de pages avant la fin ? Pas sûr. Mais le coup de maître de la chute, c'est d'avoir rendu la question de son acceptation ou refus de la vie professionnelle, de son adhésion à ou refus d'un succès presque trop facile pour être véridique, une simple affaire de hasard, de pile ou face. En seconde et ultime lecture donc, qu'il acquiesce ou non, ce sera sans conviction... démotivé. D'ailleurs il en est de même pour l'amour : une vision fugitive, un chimère, un coup de dés... puis disparu ! Et pour l'argent.
A propos duquel voici un aphorisme très situationniste, un clin d'oeil (une citation ? Peut-être) de Vaneigem :
"Il y avait l'argent, bien sûr, mais je savais que ça n'était pas une raison. C'était un manque, un besoin, un prétexte, mais pas une raison." (p. 240)
Un roman essentiel, profond et très subtil, bien plus qu'il n'y paraît. Mine de rien.
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leslecturesdeVal
  18 septembre 2014
Mon avis: J'avais acheté ce livre lorsque j'avais entendu parler de la sortie au cinéma il y a quelques mois de son adaptation cinématographique et la bande annonce m'avait bien plu mais j'ai été quelque peu déçue du livre.

Du coté de l'histoire: "Machin" (on ne saura jamais le vrai prénom du jeune homme) n'a envie de rien et surtout n'a aucune intention de travailler. Ayant fait de longues études, il se croit supérieur et s'il faut vraiment qu'il travaille pour vivre, il voudrait un travail vraiment cool, largement payé et si possible de ne rien faire pendant ses heures de travail. Ne supportant plus la situation, ses parents le mettent dehors de chez eux et notre héros va alors devoir se bouger et trouver une solution...
Du coté de l'écriture: L'écriture est agréable malgré quelques longueurs en milieu de livre, la fin s'accélère davantage et heureusement d'ailleurs . L'auteur nous décrit d'une façon jubilatoire et décapante un certain sous-mode de vie, rencontré parfois chez les jeunes adultes qui sont un peu dépassés par les évènements actuels de la recherche d'emploi. Là bien sur, tout est exagéré, Machin est un anti-héros à l'extrême mais l'auteur arrive tout de même à nous faire passer un beau message d'espoir celui de " tout arrive si on s'en donne les moyens "

En conclusion: Une lecture malgré tout sympathique même si je n'ai pas été plus emballée que ça par l'histoire un peu trop surréaliste par moment. Les longueurs du milieu du livre sont assez pesantes mais j'ai passé tout de même un bon moment de détente en compagnie de ce anti-héros.
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DocteurVeggie
  28 mars 2016
Voici un livre que j'ai lu courant 2014 et comme dire, c'est un livre qui se lit très vite et qui met en exergue l'histoire d'un jeune garçon qui oeuvrant dans l'oisiveté se fait mettre à la rue par ses parents. Suit alors toute une série d'événements qui vont le mener à vivre en colocation avec Bruno qui lui est également proche de la sienne. Il va se contenter de vivre tant bien que mal de petits boulots, enfin du moins en trouver un, jusqu'au moment ou il le quittera.
Il est vrai que ce n'est pas spécialement un livre dont on va se souvenir, mais plus un livre que l'on va vivre vite fait. Il s'agit pour moi d'un bouquin que l'on oubliera vite. Pourtant, on y retrouve des mécanismes intéressants relatif à la précarité. Cette paresse à ne pas chercher un logement parce que finalement, on ose plus faire quoi que ce soit. le concept de la nouvelle génération perdue dans les repères sociétaux et dans ses multiples injonctions. L'incertitude de l'avenir est tellement angoissante que l'on préfère vivre dans la temporalité immédiate (hier, aujourd'hui, demain). La confiance en soi n'est pas là et on va là où le vent nous mène. Même si ce livre n'est pas, comme déjà dit, un roman inoubliable, il a le mérite pour qui lit entre les lignes ou s'intéresse au monde de la précarité de déceler les mécanismes inhérents à cette couche de la population.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
RootRoot   14 juin 2014
Je regardais dehors et me demandais alors à quoi ressemblerait le film de ma vie. S'agirait-il d'un drame? D'une comédie? De science-fiction? En tant que personnage principal e producteur exécutif, j'étais bien placé pour savoir que, dans l'immédiat, il n'y avait pas de quoi faire un court métrage. Et pourtant, la question me torturait. Qui choisir pour jouer mon rôle? Quel réalisateur pour diriger ma vie? Quelle production pour en financer le vide? Quelle affiche pour en illustrer le non-sens? Fallait-il sortir de l'ordinaire pour devenir digne d'intérêt? Devait-on forcer sa nature pour devenir un héros?
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MulieMulie   31 octobre 2014
Je cachais ma fierté derrière ma timidité. Ma peur de l'échec n'était que l'alibi de mon orgueil. Inconsciemment, j'élaborais des stratégies de fuite pour continuer à me bercer de l'illusion que mes malheurs n'étaient pas de mon ressort. Toute ce que je voulais, au fond, c'était ne rien avoir à me reprocher.
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PliopupusPliopupus   08 août 2018
Croiser Stéphanie m'avais rappelé qui j'avais été. Le trajet en métro me parut plus lugubre que jamais. J'essayais de penser à la journée qui m'attendait, impossible. J'étais comme un architecte à qui l'on annonce que les fondations de son nouvel immeuble ne sont pas aux normes du terrain sur lequel il l'a construit. J'avais réussi le temps de quelques jours à me plonger dans l'euphorie de la vente pour oublier le passé mais celui-ci était revenu me taper sur l'épaule. Maintenant, le placard de ma mémoire était ouvert et m'aspirait comme un trou noir. C'était plus fort que moi. C'était pathologique. J'entretenais des champs de regrets. Je vivais dans le passé, quitte à en oublier le présent.
C'est aussi pour ça que j'avais si longtemps vécu enfermé dans ma chambre. Ma tête était un cimetière de visages et d'instants dont je ne parvenais pas à faire le deuil. je ne pouvais faire un pas sans regretter le précédent. M'encombrer de souvenirs supplémentaires, c'était prendre le risque de me noyer dedans. J'étais le genre à ne pas tourner la moindre page. Je préférais relire dix fois le même livre plutôt que d'en changer. J'enviais ceux qui profitaient du présent sans s'encombrer du passé car c'était le seul moyen d'être heureux. Et Stéphanie était de ceux-là.
[...] J'étais un super héros de la nostalgie, toujours prompt à sauver l'anodin de l'oubli. Plutôt que d'en chercher de nouveaux, je repensais à mes amis d'enfance, mes amours de jeunesse et mes premiers fous rires. Je pleurais les jours anciens et maudissais les jours à venir. La mélancolie me donnait un torticolis qui m'empêchait d'aller de l'avant. Il fallait que ça change.
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RootRoot   14 juin 2014
Nous avions un bar en face de notre appartement mais nous évitions ne nous y rendre. La bière était chère et le barman cruel: son jeu préféré consistait à nous ignorer. Le maillot de foot qu'arborait Bruno sous sa veste de velours y était peut-être pour quelque chose mais j'avais cessé de le sermonner sur ses costumes depuis que je sortais en pyjama.
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RootRoot   07 juin 2014
Nos divergences nous emmenaient dans des conversations sans fin qui viraient alors à l'affrontement.

- En quoi un écureuil serait supérieur à un poney?
- Les écureuils sont malins. Ils sont agiles et montent aux arbres.
- On écrit des livres sur les poneys.
- Les écureuils sont des mascottes de banques!
- Les écureuils n'ont pas de seins, soupirait Bruno.
- Les poneys non plus.
- On peut monter sur un poney.
- Sur un écureuil aussi.
- C'est faux.
- Sale con.
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Vidéo de Romain Monnery
Libre Et Assoupi (un film de Benjamin Guedj, 2013) - Bande-annonce
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