AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2709659433
Éditeur : J.-C. Lattès (23/08/2017)

Note moyenne : 2.97/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Balthazar Béranger, médecin, s'installe avec son épouse dans un ancien presbytère, dans les années 1970. Il entend élever ses enfants en les initiant à la musique et à la morale, et en les coupant d'un monde jugé néfaste pour leur développement. Ils seront des pantins soumis aux coups et aux exigences de leur père.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
lucia-lilas
  06 décembre 2017
Quel texte ! Quel roman ! Je l'ai lu d'une traite, complètement happée par l'atmosphère glaçante qui s'installe progressivement, me demandant comment tout cela allait se terminer, relisant certains passages pour être sûre de bien comprendre ce qui se tramait.
Évidemment, le sujet y est pour quelque chose (je vous en parle dans deux minutes) mais je crois que l'écriture que j'ai trouvée fascinante, notamment à travers les métaphores poétiques de l'eau ou des structures syntaxiques audacieuses, contribue pleinement à créer cette impression d'être, nous aussi, progressivement, comme pris au piège. En effet, j'ai eu le sentiment d'avancer dans l'oeuvre avec la peur de découvrir le pire, de comprendre ce que tous les sous-entendus ou les images qui disent sans dire laissent deviner à demi-mot. J'ai même relu certains passages pour m'assurer que mon esprit ne s'égarait pas, que je n'inventais rien.
Un insupportable malaise s'installe peu à peu.
Et le piège se referme sur eux… les enfants.
En effet, c'est un livre sur la violence, une violence cachée, sournoise, qui ne porte pas son nom mais qui détruit les êtres.
Le sujet ?
Balthazar Béranger, médecin, est un homme de goût : il s'installe dans un ancien presbytère avec sa femme Sonia . Pour lui, « cela fait sens d'habiter dans un presbytère », comprenez que c'est un lieu qui a une âme et ça va avec l'idée que Monsieur se fait de la vie.
Les pièces sont vastes : il a de la place pour installer son piano et son clavecin. Car Monsieur est musicien. Et puis, il aime les vraies choses, les belles choses : l'Art, la Nature, la Littérature, la Culture, la Morale.
Et les couverts en argent lorsqu'ils brillent...
Quant aux enfants, Clément, Sébastien, Manon et Alice, vous pensez bien que Monsieur désire les élever dans la Beauté, en dehors de ce monde abject qui est le nôtre. Pas de télé « qui empêche les enfants d'épanouir leurs facultés d'imagination », pas de radio, pas d'école (inutile et vulgaire), pas de sucreries (un poison pour le corps), pas de foot (idiot), pas de jouets en plastique (clinquants et de mauvais goût), bref que toutes ces horreurs demeurent hors de sa vue et de celle de ses enfants.
A la place ? de l'Art, de la musique (ils apprendront le violon), des bonnes manières (on ne parle pas à table), de bonnes fréquentations (ah, ces nouveaux amis musiciens… des gens si sensibles).
« Je me soucie de votre âme » déclare Monsieur à ses enfants, éteints. Beau programme n'est-ce pas ? Ils se doivent d'être reconnaissants, ce serait la moindre des choses, non ?
Sonia se plie à ses exigences et se tait. Elle ne va pas voir ses petits qui pleurent la nuit, non, lui dit son époux, ils deviendraient capricieux. Balthazar consent tout de même à se plier à une certaine forme de modernité en achetant une machine à laver le linge mais, ah, quand même… avant…
« Tu n'aimerais pas - Balthazar pose la question sans la regarder, un sourire vague flottant sur ses lèvres - hein, étendre les draps dans le jardin, les soirs de lune… Bien, dit-il avant de quitter la pièce d'un pas rapide et de s'éclaircir la voix, pendant que Sonia, lentement, referme les portes de l'armoire. Non, je n'aimerais pas dit-elle doucement.»
Alors, Sonia tricote de jolis gilets de laine que les enfants enfilent sur des petits cols blancs. Les gens les trouvent adorables, n'est-ce pas là l'essentiel ?
Un jour, Balthazar parle à la maison d'un jeune ado maltraité par sa famille qui pourrait venir un peu au presbytère recevoir des cours de français donnés par Sonia. N'est-ce pas Sonia ? Ils se doivent d'accueillir ce pauvre garçon, eux, « des êtres de coeur, des êtres raffinés ». Tanguy va peu à peu faire sa place dans la famille, s'occuper des enfants qui l'adorent parce qu'il apporte un peu de joie, un peu d'ouverture dans cet univers austère et rigide où règnent silence et non-dit.
Je ne vous en dis pas plus mais sachez que tout ce petit monde bien raide et bien propre sur lui va tout doucement plonger dans l'horreur, la folie. Et encore une fois, l'écriture allusive, métaphorique et très minutieuse d'Ariane Monnier exprime parfaitement la façon dont cette famille va progressivement, sans même s'en apercevoir, sombrer dans la monstruosité.
J'ai beaucoup aimé le portrait de cet être insupportable, pervers, ce despote qu'est le père avec tous ses principes rigides et son autorité tyrannique : ses gestes, ses expressions, ses tics de langage rendent très crédible ce personnage abject, dominateur, destructeur, pour qui seules les apparences comptent. Donner l'image d'une famille parfaite, quitte à refuser de voir ce qui dérange, quitte à nier l'évidence.
Un huis clos étouffant et terrifiant écrit dans une langue magnifique, envoûtante : Ariane Monnier, un auteur à suivre !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
Bazart
  18 mai 2018
Premier roman sorti à la rentrée littéraire de septembre 2017 qui a eu bonne presse sur une épouse soumise,à un tyran domestique..
hélas on a a peu accroché le style fait très nouveau roman français avec phrases courtes et au style très haché.. la preuve certainement que ce qui était original dans le courant du 20e siècle sonne ici précieux et dépassé...
Commenter  J’apprécie          220
motspourmots
  25 août 2017
Voilà un livre qui m'a mise mal à l'aise d'entrée par l'ambiance qu'il distille. Car on pressent très vite que derrière cette façade de famille "parfaite" aux principes éducatifs certes rigides et quelque peu déstabilisants, se cache une histoire qui n'a rien d'aimable...
Voilà typiquement un livre dans lequel on se glisse... ou pas. le ton volontairement soft, à la limite de la légèreté, comme adopté par un spectateur extérieur qui ne se rendrait pas vraiment compte de ce qu'il se passe met le lecteur dans une position de voyeur ce qui est très déstabilisant. A ce niveau, l'auteure réussit parfaitement son coup. Nombreux seront les lecteurs qui se laisseront happer par cette atmosphère. de mon côté, je n'ai pas réussi, j'ai même freiné des quatre fers, soupçonnant très vite ce qui se tramait et n'ayant pas du tout envie qu'on me le raconte au compte-goutte.
Sujet fort, qui mérite certainement d'être traité, discuté et mis en lumière histoire d'ouvrir les yeux à ceux qui persisteraient à ne pas voir, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du cocon familial. Mais pour un même sujet il y a mille et une approches et façons de le mettre en musique. Je n'ai pas adhéré à celle-ci.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
RamonaLisa_Reads
  09 septembre 2017
Le Presbytère, c'est l'histoire d'une famille qui vit en autarcie, quelque part à la campagne. le père, Balthazar, est médecin et il a installé son cabinet dans cet ancien presbytère où il vit avec son épouse et ses enfants. Il a l'air aimable comme ça, poli, ponctuel. C'est aussi un fou de musique classique, de clavecin en particulier. Un instrument de presbytère. Il en joue beaucoup, avec rigueur, discipline. On rigole pas beaucoup avec lui. Il est pas bavard, sauf s'il s'agit de s'écouter parler. Il a des principes, et il y tient. C'est pas tellement qu'il les impose car sa petite tribu est soumise à son autorité, naturelle l'autorité, il a pas besoin de faire de scandale pour que tout reste bien dans les clous. Il aime bien souffler le chaud et le froid quand même, surtout le froid, pour bien garder le contrôle de la situation. La situation c'est sa famille, qui se plie à ses exigences, à ses lubies, à ses principes. On parle pas mal des pervers narcissiques ces derniers temps, et je ne sais pas s'il s'agit d'une vraie définition qui a du sens auprès des psycho-praticiens ou plutôt d'un raccourci médiatique mais on est là-dedans. Balthazar, sous ses airs affables, est un manipulateur et un despote.

​​Comme c'est un bon catholique, quand même, il sait faire preuve de charité, ou à tout le moins montrer que c'est le cas, et il recueille chez lui un jeune gars paumé, Tanguy. Il lui apprend la musique, les bonnes manières, il l'intègre à sa famille, il le laisse jouer avec ses enfants. Tanguy est un peu plus âgé mais il aime bien les enfants. Derrière le jeu viennent les attouchements, et ça dure pendant pas mal d'années. C'est un secret. Un secret qui va finir par se savoir, sauf qu'aux yeux de Balthazar, ça sera rien de plus que des affabulations. C'est le gamin qui a un problème. Il a pas toute sa tête, faut le faire soigner. Ambiance de Villiers. Pourtant ça se passait sous son nez mais nul n'est plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Balthazar ou le presbyte du presbytère.

J'ai eu du mal avec ce livre. Avec l'écriture en particulier, trop d'effets de manches à mon goût, d'ellipses, d'euphémismes, de métaphores, de périphrases… Ça reste allusif, ambigu, plus pas assumé que pudique. Les personnages ne se tiennent pas bien. On côtoie les enfants de leur naissance jusqu'à ce qu'ils deviennent jeunes adultes et ils restent toujours dans le même environnement, comme si le monde extérieur n'existait pas. Ou sont les cousin·es, les copains et copines de classe, les enseignants ? Difficile de rendre le huis-clos réaliste quand il s'étend pendant autant d'années.

Pour autant, Monnier met le doigt sur plein de choses intéressantes : le tabou des parents manipulateurs, qui derrière un masque social apparemment tout à fait fonctionnel peuvent s'avérer maltraitants ; la maltraitance comme comportement subtil, distillée dans le quotidien, banalisée, et qui n'en reste pas moins dysfonctionnelle et destructrice ; la carence affective et le manque d'expression d'amour inconditionnel ; l'immaturité émotionnelle d'un adulte derrière le prestige et la respectabilité de ses fonctions ; la loi du silence dans des familles qui traitent les victimes en mythomanes. Dérangeant et salutaire à la fois. Je regrette que le traité tende à véhiculer davantage d'ennui que d'éveil et que l'écriture toute en sous-entendus et en ellipses peine à porter le discours.
Lien : https://www.ramona-lisa-read..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          91
Loubhi
  07 août 2017
Premier roman de cette auteure et on peut dire qu'il marquera cette rentrée tant le style et le récit sont particuliers.
Au départ de ce roman c'est un drame de la route qui lance l'histoire ; Clément, probablement alcoolisé se blesse grièvement au volant de son camion, il trouve refuge auprès de Sonia après une longue période de rééducation et le lecteur ne s'attend alors pas au long récit qui va suivre. 
Ce roman cauchemardesque est celui de la famille que Balthazar Béranger entend avoir avec une épouse soumise, aux failles psychiques réelles et  du long calvaire qu'indirectement ou directement il fera subir à l'ensemble des siens, sans exception sur des critères et des attentes dignes d'une rare perversité. C'est sous le toit d'un ancien presbytère où il dirige sa tribu et ses activités de médecin comme sa passion pour la musique et le clavecin que l'horreur est quotidienne et la pression psychologique extrême. Sonia, son épouse, battue régulièrement mais soumise et totalement sous sa coupe avec des vrais moments de bouffées délirantes contre ses quatre enfants. Ces derniers ; Clément, Sébastien, Manon et dans une moindre mesure Alice sont sous le joug d'un père autoritaire, violent qui, avec la complicité involontaire de son épouse, les tient sous sa coupe rétrograde où aucun écart ou maladresse n'est autorisé. Sans réel soutien, ces enfants perdent toute notion de normalité et vont de plus être livré à des amis de la famille comme à Tanguy, dont l'enfance martyre a ému Balthazar, aussi pervers l'un que l'autre et déviant. Plongé dans tant d'horreurs, les enfants vont à leur tour nouer des liens équivoques entre eux. 
Ariane Monnier va s'attacher à démonter les mécanismes, fausses excuses que Balthazar comme Sonia ou Tanguy vont défendre contre leurs propres enfants mais aussi les schémas que la perversité parentale va instaurer et vouloir normaliser.
Un style incantatoire, de nombreuses métaphores pour recouvrir l'innommable, une réelle connaissance des troubles psychiques humains, c'est la marque de fabrique d'Ariane Monnier avec la précision d'un chirurgien. Découpé en 5 parties, ce livre est un terrible récit qui ne peut pas laisser le lecteur insensible ni au bord de la nausée mais qu'il faut lire et même si parfois il est nécessaire de revenir sur certains passages, cela reste un livre à absolument lire.
Lien : http://passiondelecteur.over..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          81

critiques presse (1)
LeMonde   13 octobre 2017
La force d’Ariane Monnier est d’installer, sans sensationnalisme et sans caricature, une atmosphère de plus en plus malsaine et pesante.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Martin1972Martin1972   27 juillet 2017
Chaque semaine Tanguy vient pour le cours de français. La porte est ouverte. Il entre, parmi d'autres visiteurs. Balthazar et Sonia aiment accueillir, ils ne veulent pas que leur maison soit fermée au monde, ils veulent en faire un lieu de fêtes, de musique, de spectacles.
Commenter  J’apprécie          70
BluerockBluerock   25 octobre 2017
Balthazar referme la porte du presbytère. Les journées entières au lit, Sonia se lève parfois pour mettre des disques et se déplacer d'une pièce à l'autre, en dessous du cabinet médical, une cigarette au bout des doigts. Elle n'entend pas les garçons pleurer et quand elle s'en aperçoit, elle en prend un dans ses bras et se regarde devant la glace danser avec lui, elle le repose, va se changer une autre fois.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
BluerockBluerock   25 octobre 2017
Ne fais pas cette tête de chien battu ajoute-t-il en regardant son fils, tu as beaucoup de chance d'apprendre le violon.
Avant de s'éloigner du presbytère, Andrée baisse sa vitre.
A l'occasion, envoie Clément chez nous, hein, cela nous fera très plaisir, qu'il vienne passer quelques jours, ça lui changera les idées, Basile serait je crois...très...heureux, et moi évidemment, tu comprends, je me soucie du bien-être de Basile.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
BluerockBluerock   25 octobre 2017
Un jour de printemps, de retour d'une garde à l'école, Balthazar parle d'un jeune adolescent. Il explique à Sonia que ce jeune garçon, d'une douceur incroyable, dégage quelque chose de complètement aérien. Il rentre juste d'un séjour chez ses parents, dans un état désastreux. Balthazar dit que cela fend son âme de voir ça. Puisque Sonia ne travaille pas, elle pourrait lui donner quelques cours de soutien.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
BluerockBluerock   25 octobre 2017
Il n'y a pas de radio au presbytère. La radio fait partie, comme la télévision, les jouets en plastique, des objets de la technique et de la consommation inepte, de l'ère du vide, que Balthazar repousse à l'extérieur, dont il ne pourrait tolérer la présence. Sonia est d'accord. Pour des raisons semblables. Pour que les enfants ne s'enferment pas, à ne plus vouloir jouer, à ne plus vouloir imaginer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Video de Ariane Monnier (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ariane Monnier
Docteur en anthropologie, Ariane Monnier a eu besoin d'avoir recours au roman pour faire entendre les nombreux silences qui résonnent dans les cours d'assises qu'elle a longtemps fréquentées dans le cadre de ses recherches. Elle nous plonge dans un huis clos suffocant au sein d'une famille bourgeoise et policée vivant dans un presbytère. Mais sous le vernis culturel, sous les beaux discours et les apparences, reste une place pour l?abus, le déni, le secret.
autres livres classés : maltraitanceVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Passez la monnaie !

Expression française qui évoquait à l'origine une sorte de paiement en nature. Aujourd'hui, elle signifie d'utiliser une monnaie d'échange non convertible en argent voire « ne pas payer », escroquer un créancier. C'est payer en monnaie de ...

guenon
tigre
singe
papier

12 questions
41 lecteurs ont répondu
Thèmes : culture générale , littérature française , cinema , chanson , romans policiers et polars , expressions françaisesCréer un quiz sur ce livre
.. ..