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EAN : 9782709634199
232 pages
J.-C. Lattès (30/11/-1)
3.7/5   71 notes
Résumé :
On sait peu de choses d'elle. Pas son prénom. Juste qu'elle a décidé de ne plus parler, "puisqu'il n'y a plus rien à dire", qu'elle coud le même modèle de pantalon en velours rouge dans toutes les tailles, de 6 mois à 102 ans, qu'elle surnomme ses parents Lucha mama et Dalaï papa et qu'autrefois elle imitait Bourvil pour le faire rire. De lui, on sait qu'il prépare le marathon de New York, qu'il est historien et qu'il s'est donné une mission : pour que sa compagne r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
3,7

sur 71 notes

Lorsqu'on referme « Les vies extraordinaires d'Eugène », c'est la gorge sèche, un noeud à l'estomac, le regard brillant. Car le roman d'Isabelle est tout simplement bouleversant. le petit Eugène est né grand prématuré et va être emporté en quelques heures d'un choc toxique imparable après six jours de couveuse. Son père, ravagé par le drame, décide de mettre sur papier la vie éphémère de ce fils de l'amour tandis que sa femme elle, se mure dans le silence.
Hou la!la! vous allez vous dire, la vie est bien trop dure pour se plonger dans un tel récit, mais détrompez-vous, Isabelle Monnin ne sombre jamais dans le pathos, bien au contraire, elle arrive même à nous faire sourire au coin d'une phrase, d'un paragraphe.
On tombe sous le charme de ce petit Eugène, qui dans son terrible malheur à bien de la chance d'avoir de tels parents. Comment faire son deuil quand une telle injustice vous frappe ? Lisez « Les vies extraordinaires d'Eugène », Isabelle Monnin en apporte une poignante réponse. Et pour nous détendre je finirai par un "Ou il y a Eugène, il y a du plaisir".
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Eugène est né le 17 novembre 2007. Grand prématuré. Intubé. Extubé. Ré-intubé. C'est dans le service de réanimation de Montreuil qu'il a attrapé un staphylocoque doré. Il est mort d'un choc toxique le matin de son septième jour. Il y a une case portant une plaque à son nom au cimetière du Père-Lachaise. Sept petits jours et puis s'en vont...
Depuis, sa maman ne parle plus. Elle ne correspond qu'avec un petit carnet sur lequel elle écrit le strict minimum. Elle a acheté des mètres et des mètres de tissu velours rouge, s'est installée devant sa machine à coudre et a commencé à fabriquer des pantalons pour chaque âge de la vie d'Eugène.
Son père a commencé à écrire les quelques souvenirs qui lui restaient en mémoire. Mais sept jours, c'est trop court, c'est trop peu pour ce petit bonhomme. Alors, il va tenter de recouper les témoignages de ceux qui l'ont connu, va retracer les portraits de ses ascendants et lui inventer une vie...

Isabelle Monnin nous plonge dans l'intimité de ce couple qui doit faire face au tragique, à l'impensable. Comment supporter la mort de son enfant au bout de sept jours alors qu'ils ne l'ont même pas pris dans leurs bras, même pas vu son dos ni la couleur de ses yeux, tout juste effleuré ses jambes si minuscules? Les parents réagiront de manière totalement différente: elle, se réfugiera dans le silence, lui, écrira la vie de son petit homme. Lui (re)donnera vie. Sans misérabilisme, ce roman dépeint avec justesse, délicatesse et une profonde sensibilité la vie de ce couple et du petit Eugène. L'auteur conjugue habilement gravité et légèreté pour nous offrir un roman à la fois sombre et lumineux, triste et drôle, porté par une écriture sensible.
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Né grand prématuré, Eugène a succombé à six jours à une infection nosocomiale. Nous assistons aux douleurs parallèles des parents lors de la première année de deuil, aux turbulences au sein du couple. Chacun réagit différemment : la mère se mure dans le silence, ne communique que par écrit et très brièvement. le père a besoin de donner une existence à son enfant, en le dotant de qualités, en l'inscrivant dans le temps : il l'ancre dans le passé via sa généalogie et lui dessine un avenir.

Sans exhibitionnisme ni sensationnalisme, avec une grande dignité, ce texte de deuil est beau, émouvant. Bien que souvent poignant, il m'a moins bouleversée que je le craignais - peut-être me suis-je moins identifiée à cette douleur exprimée par un père ? Ces paroles paternelles sont pleines de douceur et d'amour, sages et pragmatiques... Mais lorsqu'il enquête sur les camarades de crèche qu'Eugène aurait dû avoir et s'imagine courir avec son fils dans le dos, on craint alors de le voir sombrer dans le déni, la dépression... le récit s'achève joliment sur une longue lettre de la mère à son enfant.

Un joli roman sur la douleur de la perte d'un enfant, le couple face aux épreuves, ainsi que le deuil d'une manière générale et le sentiment de solitude extrême qui en résulte.
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Eugène est un prématuré de six mois.
Au bout d'une semaine il meurt.
Sa mère perd l'usage de la parole.
Son père entreprend de raconter sa vie.
Mais une semaine d'existence c'est peu, alors il extrapole.
C'est une beau récit mais un peu dérangeant.
C'est affreux ce qui arrive à ces deux parents perdus après la mort de leur bébé.
Je ne sais pas si ça correspond à la perte d'un nourrisson par l'auteure, si ce n'est pas le cas elle s'est bien mise dans leur peau.
On ressent leur douleur et leurs efforts pour survivre à cette perte.
J'ai par contre trouvé un peu le temps long à leur peine et n'était pas mécontente d'avoir terminé parce que c'est vraiment très pesant.
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Je viens de terminer en 4h de lecture ininterrompues les 132 pages bouleversantes des Vies extraordinaires d'Eugène, Eugène qui n'a vécu que 6 jours minuscules dans le petit lit d'un service de néo natalité.
Faire son deuil, essayer de donner une identité à une existence si fugace, faire accepter sa douleur, sa détresse, son impuissance, sa colère face à l'absurdité d'une vie aussi éphémère que celle d'Eugène, c'est ce que fait son père en essayant de transcrire la vie d'Eugène, ses 6 jours d'existence aussi bien que sa vie rêvée, la vie qu'il aurait pu ou dû avoir ; donner une consistance à sa vie afin d'essayer de retrouver la maman d' Eugène, murée dans le silence qui, elle, fait son deuil en cousant des pantalons de velours rouge, un pour chaque âge de la vie d'Eugène, de 0 à 100 ans. Comment ne pas comparer l'effroyable injustice d'une vie d'enfant pas vécue et celle d'un vieillard atteint d'Alzheimer qui se prolonge… Sans tomber dans l'amertume ni le pathos , l'auteur livre ici un récit extrêmement émouvant, un récit délicat et sensible empreint de tendresse, oscillant entre humour et désespoir, mais se terminant sur une note d'espoir.
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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Inoubliable et légendaire, tu es le héros de toutes mes aventures. Toujours courageux et fulgurant, jusque dans la mort. Tu n'es pas un centenaire qui s'éternise, tu vis peu mais concentré; tu exploses en bouche, condensé de vie, puissant comme une pointe de piment. Tu as toutes les vies, tiens, je te les offre. Tes vies extraordinaires.
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" Tout y sera, à part toi" C'est ainsi que commence le roman d'Isabelle Monnin citant une chanson d'Alex Beaupain. Eugène est un très grand prématuré, décédé à son septième matin.
Le papa, historien de formation se lance dans un projet fou pour face à sa douleur, celle de retracer l'histoire de son fils pour lui donner une existence, malgré tout, en dépit d'une toute petite vie. La maman se mure dans le silence et coud des pantalons rouges allant d'une petite taille bébé à celle d'un vieillard. Comment ne pas être touchée par le chagrin dans lequel nous entraîne Isabelle Monnin?
Nous suivons la traversée difficile de ce jeune couple dans ce deuil impensable d'abord avec le regard du père puis enfin avec la lettre de la mère adressée à son "si petit". Il est des pertes qu'on ne peut que très difficilement dépasser, comme nous le laisse entendre ce roman.
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(Non, ce n'est pas une fausse couche Mathieu. c'est un bébé, un enfant, un plus petit que Marius, un fils, mon fils, qui est né, a vécu et est mort. Il est sorti du ventre de sa mère, il a respiré, il a ouvert les yeux pareil à un petit rat, il a crié un imperceptible miaulement, il a tenu mon doigt qui paraissait si gros, il a connu le sucre sur sa langue et les piqûres de l'infirmière. Et puis il a senti la mort lui tomber dessus, le noyer du dedans. Non, je ne vais pas rester pour l'apéro ni pour le barbecue avec Jérôme et sa femme, Stéphanie. Vous vous débrouillez très bien sans moi. Je ne suis pas de votre monde, où des enfants courent en tendant un verre en plastique. De ce mon où les enfants disent "ta".)
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Ils ont raison: à quoi bon pleurer ce gamin que je n'ai même pas tenu dans mes bras? Un si grand chagrin pour si peu de vie, est-ce bien la peine? On n'a qu'a faire comme si de rien n'était. Comme s'il n'était pas né. Alors, il ne serait pas mort.
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J'ai dressé la liste des ouvrages à lire sur le deuil, et plus spécifiquement le deuil d'un enfant. Le libraire de la rue Sainte-Boubou m'a conseillé Joan Didion, L'Année de la pensée magique, j'adore ce titre, et aussi Philippe de Camille Laurens et Tom est mort, de Marie Darrieusecq. J'ai tout acheté, pas tout lu encore. Déprimant. Tom est mort: le récit dix ans après de la mort d'un enfant de quatre ans. Je me suis arrêté à la moitié environ, à la description de l'habit choisi par la narratrice pour enterrer son fils. Trop éprouvant. Eugène était-il habillé dans son cercueil? Je n'en sais même rien.
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Videos de Isabelle Monnin (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isabelle Monnin
"Une lecture fascinante remplie de beauté, de délicatesse et de finesse. Un hommage à ces femmes invisibles, anonymes et effacées. Mais derrière la banalité apparente se cache souvent une existence essentielle". Gérard Collard.
Isabelle Monnin retrace la vie minuscule d'Odette Froyard, sa grandmère. Au fil des pages, les souvenirs cèdent la place à l'enquête puis à la fiction, pour restituer la destinée de cette femme en apparence sans histoire. de la ville de Gray pendant la Première Guerre mondiale aux camps de la mort, en passant par un mystérieux orphelinat franc-maçon dans les années 1930, Odette Froyard en trois façons offre une traversée du siècle et explore la part romanesque de toute existence.
À retrouver en librairie et sur lagriffenoire.com https://lagriffenoire.com/odette-froyard-en-trois-facons.html
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