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EAN : 9782752906298
Éditeur : Libretto (07/06/2011)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 39 notes)
Résumé :

La vie d’un équipage britannique à bord d’un vaisseau de guerre entre 1939 et 1945, au long de l’interminable bataille de l’Atlantique, où l’Angleterre vit trois mille de ses navires envoyés par le fond.

Un livre à recommander à ceux qui seraient tentés d’oublier ce qu’est, pour de vrai, la guerre. Et à ceux qui, contre toute raison, s’entêtent à aimer la mer.

La Mer cruelle, publié en 1951, fut un succès mondial – et dem... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Deleatur
  05 avril 2020
Même très confortable et avec un beau jardin ensoleillé, le confinement a ceci de radical qu'il vous donne une puissante envie d'air du large. Attention cependant, quand on parle ici d'air du large, il ne s'agit pas d'aller remorquer un sharpei obèse sur la plage à Cabourg, en humant l'un ou l'autre embrun d'un air béat. Non : là, on embarque pour cinq cent pages sur un escorteur de convois dans l'Atlantique Nord, entre novembre 1939 et mai 1945. Cela raconte la guerre menée contre un ennemi impitoyable, le sous-marin allemand, et contre la traîtresse qui dissimule cet ennemi à tous les regards, la mer cruelle.

Dans ce roman, si on croise quelques dizaines de personnages, deux comptent plus que les autres, présents de la première à la dernière page : le commandant Ericson et son second Lockhart, le vieux briscard de la Royal Navy et le jeune officier tout frais sorti de l'école, deux êtres que la guerre va unir comme un père ombrageux et son fils adoptif.

Si on recherche des aventures trépidantes, de hauts faits d'armes, une épopée glorieuse, le soleil miroitant sur les vagues et les caprices du vent dans la folle chevelure des héros, il vaut mieux passer son chemin. Car le livre porte très bien son titre : cette mer-là est grise, froide et sombre. Elle a l'éclat terni de l'acier, elle sent le mazout en flammes, elle ressemble à un interminable hiver et est effroyablement meurtrière.

C'est un roman certes, et magistralement mené, avec une galerie de personnages auxquels on croit dès la première seconde. Mais c'est plus qu'un roman car l'histoire est très directement nourrie de l'expérience intime de l'auteur. Nicholas Monsarrat, en effet, fut lui-même durant la guerre ce jeune officier de marine qui sert de modèle au personnage de Lockhart.

Le ton est froid, clinique, se contente sobrement de rendre compte d'un réel extraordinaire et épouvantable. le récit ne concède rien au lyrisme, et encore moins à la grandiloquence. La guerre ne grandit pas les hommes, elle les endurcit. Et les hommes du bord, quand ils se retrouvent sur la terre ferme, ré-endossent comme un vieux paletot des flopées d'histoires tristes et sans espoir. A la fin du livre, de toutes façons, la plupart ne retrouvent pas la terre : la mer les a engloutis dans son indifférence, avec tout au plus quelques noms qui surnagent.

Sur le même sujet, j'ai trouvé ce livre bien supérieur à Bergers sur la mer, de Cecil Scott Forester. Forester, comme on le sait, est l'inventeur génial du capitaine Hornblower, immense personnage de fiction dont je suis un grand fan. Mais Forester écrivait ses romans de mer depuis sa villa de Beverly Hills. Il ne m'avait pas semblé très à l'aise dans l'évocation de cette lutte ingrate contre les sous-marins allemands, comme s'il n'avait pu se résoudre à un roman dont le romanesque devait rester absent. Monsarrat, au contraire, est dans cette guerre comme chez lui, et on comprend en lisant La Mer cruelle qu'il n'en est sans doute jamais vraiment revenu. Un récit de guerre de haute volée, et d'une grande force humaine malgré sa sécheresse apparente.
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Commenter  J’apprécie          374
gill
  05 septembre 2012
Paru en 1951, ce livre formidable est un roman fort que l'on doit à Nicholas Monsarrat, également l'auteur de l'excellent ouvrage "le bateau qui mourait de honte".
"La mer cruelle" est un des plus authentiques livre de mer que je connaisse.
C'est le récit de la vie de l' équipage d'une corvette anglaise, nommée "HMS Compass Rose" durant la bataille de l'Atlantique pendant la seconde guerre mondiale.
C'est une histoire véridique, une histoire vécue.
Mais Monsarrat, grâce à la sincérité de son récit, au style magnifique de sa plume fait de son témoignage un livre exceptionnel.
C'est un roman de guerre mais surtout c'est un récit maritime fort, tragique.
Il nous propulse dans une de ces aventures humaines et maritimes qui transforment ses personnages.
La force de Monsarrat est ici, dans un talentueux mélange des genres que peut-être avec Vercel il est le seul à pouvoir nous offrir.
Il nous relate un formidable récit de mer, mais il y ajoute une connaissance sensible des hommes, de leurs sentiments et de ce qu'ils sont vraiment.
Lorsque parvenu à l'épilogue de ce puissant roman, le lecteur peine à quitter un tel chef d'oeuvre, il peut se demander avec raison duquel de ces trois éléments de la mer, de l'homme ou du bâtiment, lequel est le vrai héros de cet ouvrage.
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Commenter  J’apprécie          210
CeCedille
  19 juillet 2019
30 000 marins tués, 3000 navires coulés, 780 sous marins allemands coulés. La bataille de l'Atlantique affiche un bilan terrible. Nicholas Monsarrat fait vivre ces chiffres froids au gré de la vie d'une corvette puis d'une frégate. La vie à bord est celle d'un monde en miniature. Les caractères des hommes s'y révèlent avec leurs forces et leur faiblesses que la guerre révèle. L'éternel combat de la lance (les sous-marins) et du bouclier (les escorteurs) illustre leur suprématies successives au gré des progrès de l'asdic (Anti-Submarine Detection Investigation Committee) et du radar. La guerre est effroyable dans la succession des naufrages, à la fois terreur et objectif des équipages. La vie humaine devient sans valeur, engloutie dans le combat. L'auteur s'inscrit dans le grande tradition humaniste des écrivains de marine. On pense à Roger Vercel. Les scènes de repas des officiers sont un modèle du genre, comme dans le film "De l'autre côté du monde" (Master and Commander) : il y est aussi question de Nelson, comme il se doit dans la Royal Navy. Instants suspendus de détente, au cœur du drame, et des éléments hostiles. La violence cruelle est celle de la mer autant que celle de la guerre. Les récits de tempête évoquent "Typhon" de Joseph Conrad. On y trouve même l'esquisse d'une jolie intrigue sentimentale. L'écrivain et critique Philippe Lançon, auteur du "Lambeau", y voit "le roman le plus juste sur la seconde guerre mondiale". Un excellent conseil de lecture !
On peut y ajouter, sur le même sujet, "Ouragan sur le Caine" de Herman Wouk, et de Dmyryk au cinéma. La même histoire, du point de vue des sous-mariniers allemand, a été admirablement mis en scène dans le film "Das Boat" de Wolfgang Petersen (1981).
Ah ! que la guerre n'est pas jolie ...
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Groomy
  30 novembre 2018
Un escorteur c'est d'abord un équipage et le livre se concentre beaucoup sur l'humain, ce n'est pas un récit technique sur la navigation ou sur l'histoire de la bataille de l'atlantique. Au début du conflit ce sont beaucoup de volontaires, des hommes inexpérimenté balancés sur des nouvelles classes de navires en sous-nombre, le commandant, le seul officier expérimenté, devra modeler tout ça, certains seront à la hauteurs, d'autres moins, disparaitront en mer ou plus pacifiquement à terre.

La vie à bord est dur, les premières années, les chasseurs sont les sous-marins, les convois subissent d'immenses pertes, les escorteurs pratiquent plus du sauvetage (quand il y a lieu) qu'autre chose. Les nerfs des marins sont mis à rude épreuve et c'est pas en permission que le moral remonte à cause des bombardements ou plus simplement des problèmes privés (les femmes…).

Au fil de la guerre, si les tempêtes, les naufrages, le stress ne sont pas moins terribles l'équilibre s'inverse quelque peu, le matériel se modernise, les alliés apprennent de leurs années d'expériences, les escorteurs sont plus nombreux. A bord d'une frégate, l'important équipage devient anonyme, la souplesse des débuts à disparu, on pourchasse les sous-marins jusqu'aux limites de la résistance physique, parfois on en repère et en coule un si on a de la chance.

La guerre est terminée mais les hommes, ceux qui ont survécu à la bataille pour la survie de l'Angleterre, sont maintenant usés et fatigués.

Malgré les tragédies racontées le livre est un peu froid (la faute à la traduction ?). Cependant la relative originalité du sujet, le point du vue centré sur les jeunes marins, concilié la vie en mer et à terre, la cruauté des combats en font un des récits de la seconde guerre mondiale à lire.
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stcyr04
  04 janvier 2018

Churchill disait de la bataille de l'Atlantique : " C'est une guerre de tâtonnements, de noyades, d'embuscades et de stratagème, de science et d'habileté manoeuvrière".

Nicholas Montsarrat sublime son expérience d'officier de marine, retrace l'épopée de ce conflit, à travers la figure d'un navire escorte dans sa mission de protection des convois de ravitaillement, cible des attaques perfides des sous-marins allemands. Leur vie à bord, au port, en permission, la narration, qui ne souffre d'aucun temps mort, aborde tout les aspects de la vie de ces hommes d'équipage à travers des portraits de personnages attachant incarnant la lutte homérique de l'homme contre la barbarie et les fureurs de la mer cruelle. Un chef-d'oeuvre du romans de guerre, écrit dans une langue superbe, illustrant un aspect moins connu de la Seconde Guerre mondiale.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Wendat69Wendat69   04 avril 2020
Des lueurs rouges commencèrent à vaciller sur la mer au fur et à mesure que s'allumaient les lampes des ceintures; les hommes échangeaient des cris d'encouragement, puis se retournaient pour regarder le Compass Rose. Dressé très haut au-dessus de l'eau, il semblait réfléchir à son plongeon avant de s'y décider; l'hélice qui se détachait sur le ciel nocturne avait un air absurde; Le mât dévoyé ressemblait à un doigt levé en un geste d'admonestation, comme si le navire exhortait son équipage à se bien comporter en son absence.
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wentworth23wentworth23   26 octobre 2013
Quand ils reprirent la mer, ils essuyèrent une tempête d'une violence telle que, lorsque le cinquième jour se leva sur la lutte fantastique que soutenait le Saltash contre les flots déchaînés pour arriver seulement jusqu'au sud de l'Islande, Ericson se dit que c'était le pire temps de toute la guerre, le pire du monde entier. La mer était devenue comme un champ de bataille rugissant, où l'ouragan chassait et soulevait les navires comme des bouts de papier. Le convoi n'avait plus la forme d'un convoi ; un bateau était à peine un bateau dans cette immensité hurlante. Ce tumultueux coup de vent du sud, croissant en furie de jour en jour, semblait animé d'une méchanceté à laquelle on ne pouvait échapper ; chaque navire était comme un fugitif désespéré, condamné à être lynché par une foule dont les mouvements avaient passé d'une mauvaise humeur maladroite à une rage aveugle. De gigantesques vagues se précipitaient en grondant sur les pygmées qui devaient être leurs proies ; parfois la surface tout entière de là mer se soulevait d'un coup, et le navire qui se trouvait sur le chemin son assaut tremblait et chancelait tandis que des tonnes d'eau verte s'écroulaient sur son pont et dévalaient en torrent sur toute sa longueur. Les embarcations étaient fracassées, les cheminées bosselées, les passerelles et les roufs écrasés; des hommes disparaissaient par-dessus bord sans une trace, sans un cri, balayés de la vie comme des images effacées d'un tableau noir par un impérieux coup d'éponge.
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Wendat69Wendat69   02 avril 2020
Les hommes qui montaient ces navires étaient coulés dans le même moule. Pour les marins, la bataille de l'Atlantique était devenue une guerre à part; ils savaient comment faire le quart par des nuits affreuses, comment surmonter une fatigue douloureuse, recueillir des survivants, couler des sous-marins, immerger les morts, et mourir sans faire perdre de temps à personne.
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Wendat69Wendat69   29 mars 2020
Les quinze noeuds que le chef mécanicien parvenait à tirer de lui donnait au Compass Rose une vitesse inférieure à celle de la plupart des navires de commerce, et à peine supérieure à celle des convois. Plutôt que le nom de lévrier des mers, il méritait celui de pékinois de l'océan.
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Wendat69Wendat69   03 avril 2020
Churchill dit un jour de cette bataille de l'Atlantique qui allait décider de toute la guerre: "C'est une guerre de tâtonnements, de noyades, d'embuscades et de stratagèmes, de science et d'habileté manoeuvrière."
Elle l'était en effet, et parfois le sang y semblait plus abondant que l'eau.
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