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ISBN : 2080702114
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 72 notes)
Résumé :
Édition présentée et commentée par Marie-Madeleine Fragonard, professeur de littérature française à l'université de la Sorbonne Nouvelle (Paris III)

Personne, avant lui, n'y avait pensé. Se chercher, visiter, explorer le pays le plus proche et le plus mystérieux : soi-même. En " s'essayant " ainsi, Montaigne découvre un homme nonchalant et rêveur qui doute, agit, rêve, s'amuse. Ce voyageur, ce diplomate, ce soldat, dans l'intimité de sa " librairie " ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
keisha
  05 mars 2018
Bref. C'était fatal, j'ai enchaîné avec le livre second (sic)(il y en a un troisième)
Une question pour celles ou ceux arrivés jusqu'ici : dans le livre II chapitre deux, Montaigne raconte une anecdote sur une dame, ressemblant vraiment beaucoup à la nouvelle La marquise d'O. (wiki, je viens de vérifier, précise que c'est peut-être une source d'inspiration de V Kleist)
Parfois je retrouve des passages dont j'avais entendu parler ailleurs, par exemple le chapitre VI, de l'exercitation, où Montaigne étudie comment il a frôlé (involontairement) la mort, suite à une chute de cheval."Pour s'aprivoiser à la mort, je trouve qu'il n'y a que de s'en avoisiner.(...)Ce n'est pas ci ma doctrine, c'est mon estude; et n'est pas la leçon d'autruy, c'est la mienne."
D'ailleurs cette question de la mort, du courage face à la mort, etc. revient assez souvent chez Montaigne, y compris cette maladie de la pierre, il en parle plusieurs fois, et je crois me souvenir qu'il en est mort (et douloureusement).
Chapitre VIII : de l'affection des peres aux enfans . "La plus saine distribution de noz biens en mourant me semble estre les laisser distribuer à l'usage du païs. Les loix y ont mieux pensé que nous; et vaut mieux les laisser faillir en leur eslection que de nous hazarder temerairement de faillir en la nostre."
Voilà qui me parle, après conversation avec une amie dont la famille lui a tourné le dos et qui aimerait bien ne pas laisser son argent à ses enfants. Pour l'instant, elle le dépense! Les cas de lois différentes dans les pays différents n'est pas abordée. (clin d'oeil à l'actualité)
Chapitre X : Des livres. Ah mais c'est que de nos jours Montaigne aurait pu tenir un blog!
La comparaison de l'Eneide et du Furieux : "Celuy-là, on le voit aller à tire d'aisle, d'un vol haut et ferme, suyvant tousjours sa pointe; cettuy-ci voleter et sauteler de conte en conte comme de branche en branche, ne se fiant à ses aisles que pour une bien courte traverse, et prendre pied à chaque bout de champ, de peur que l'haleine et la force luy faille."
Ses chouchous :Seneque et Plutarque. "Il ne faut pas grand entreprinse pour m'y mettre; et les quitte où il me plait." "Celuy là vous échauffe plus et vous esmeut ; cettuy-cy vous contente davantage et vous paye mieux. Il nous guide, l'autre nous pousse." p 421
Merci à vous, je n'ai plus qu'à ressortir Seneque de ma PAL (un achat bourse aux livres)
De plus en plus fort, je vous le disais!(p 427)
"Pour subvenir un peu à la trahison de ma memoire et à son defaut, si exteme qu'il m'est advenu plus d'uen fois de reprendre en main des livres comme recents et à moy inconnus, que j'avoy leu soigneusement quelques années au paravant et barbouillé de mes notes, j'ay pris en coustume, depuis quelque temps, d'adjouter au bout de chasque livre (je dis de ceux desquels je ne me veux servir qu'une fois) le temps auquel j'ay achevé de le lire et le jugement que j'en ay retiré en gros, afin que cela me représente au moins l'air et Idée generale que j'avois conceu de l'autheur en le lisant."
Ensuite il donne ses notes sur Guicciardin (inconnu!), puis Philippe de Comines et Du Bellay.
Montaigne se serait-il inscrit sur Goodreads?
Le gros morceau de ce livre (180 pages!!!) c'est l'Apologie de Raimond Sebond, dont j'ignorais complètement tout (chapitre XII)
"L'étude de Raimond Sebond, théologien catalan qui vécut à la fin du XIVe siècle et au début du XVe, marqua profondément la pensée de Montaigne : cette influence se mesure à la place que l'Apologie occupe matériellement, intellectuellement et spirituellement au centre des Essais. Montaigne est-il le souriant épicurien que nous présente une vieille tradition? Est-il un attentif collectionneur d'anecdotes curieuses? Est-il le premier en France qui ait livré sur un individu singulier des confidences singulières? Certes il est tout cela. Mais il est aussi, dans son insaisissable subtilité, tout autre encore : au coeur secret de sa variété et de sa variabilité se cache une méditation qui confère aux Essais la troisième dimension de leur espace, celle de la profondeur ; c'est elle que dévoile sous ses voiles l'Apologie de Raimond Sebond."
Là j'ai commencé à me dire : "Lis du mieux que tu peux, profite, comprends ce que tu peux, un jour tu reliras cette apologie - et tous les essais- tranquillement, sans doute en version français d'aujourd'hui."
J'ai donc pris quelques notes, sans prise de tête, et voilà, j'ai continué.
Donc voilà ça parle de religion, au début, puis encore un peu après. J'en profite pour préciser que Montaigne vivait à une époque de guerres de religion. Il prend sans doute des précautions, tout en disant ce qu'il pense.
Puis le voilà qui part sur les hommes et les animaux, avec des idées parfaitement modernes.
Le célèbre passage : "Quand je jouë a ma chatte, qui sçait si elle passe son temps de moy plus que je ne fay d'elle?" (p 460)
Jolie image
"Il est advenu aux gens véritablement sçavants ce qui advient aux espics de bled: ils vont s'eslevant et se haussant, la teste droite et fiere, tant qu'ils sont vuides; mais,quand ils sont pleins et grossis de pain en leur maturité, ils commencent à s'humilier et à baisser les cornes."
J'ignore qui étaient ces pyrrhoniens, mais Montaigne les traite avec ironie.
"Ils ne mettent en avant leurs propositions que pour combattre celles qu'ils pensent que nous ayons en nostre creance. Si vous prenez la leur, ils prendront aussi volontiers la contraire à soustenir: tout leur est un; ils n'ont aucun chois.Si vous etablissez que la nege soit noire, ils argumentent au rebours qu'elle est blanche. Si vous dites qu'elle n'est ny l'un ny l'autre, c'est à eux à maintenir qu'elle est tous les deux. Si, par certain jugement, vous tenez que vous n'en sçavez rien, ils vous maintiendront que vous le sçavez."
"Un ancien à qui on reprochoit qu'il faisait profession de la Philosophie; de laquelle pourtant en son jugement il ne tenoit pas grand compte, respondit que cela, c'estoit vraymant philosopher."(p 524)
"Fiez vous à votre philosophie; vantez vous d'avoir trouvé la feve au gasteau, à voir ce tintamarre de tant de cervelles philosophiques!"(p529)
Et le chapitre XV du livre, Que nostre desir s'accroit par la malaisance, ce passage intéressant mais un peu long, ce qui fait que pour donner repos à vos yeux (et à mon correcteur orthographique), je vais résumer
En cette période de guerres civiles, certains craignaient les assaillants et prévoyaient de fortifier leur maison. Mais point Montaigne. Pensant que des assaillants n'en tirant nulle gloire à en tirer éviteraient de l'attaquer. Que de toute façon l'on ne peut se barricader de partout, et que les assaillants inventent toujours du plus efficace. Et puis ça coûte cher. Et puis un valet à l'intérieur peut se révéler d'un autre parti.
Bref, la méthode était bonne, et la demeure de Montaigne n'a pas été assaillie.
Page 67, chapitre XVII, le voilà parlant de Marie de Gournay, "ma fille d'alliance", avec grande affection. On lui doit la première édition posthume des essais, et la préface.
Chpitre XVIII : Il pense modestement de ses écrits
"J'empescheray peut-estre que quelque coin de beurre ne se fonde au marché."
Terminons (il reste un livre troisième) avec le chapitre XXXVII, de la ressemblance des enfans aux peres, où il évoque les douleurs cruelles qu'il ressent depuis "dix-huict mois ou environ" (calculs rénaux , dont a aussi souffert son père)
Au début il rappelle comment il écrit, chez lui, quand il a du temps, sans corriger ou ôter, mais en ajoutant, en diversifiant, en représentant le 'progrès de ses humeurs.' (un valet secrétaire en a d'ailleurs volé une partie. "Cela me console, qu'il n'y fera pas plus de gain que j'y ai fait de perte."
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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Henri-l-oiseleur
  21 octobre 2015
Comment se risquer à "critiquer" Montaigne ? Eh bien, lui-même, au long de ses Essais, nous y encourage, lui qui dresse le bilan critique de deux mille ans de culture gréco-latine, de méditation, de philosophie, et passe ses livres au crible de la vie, et l'inverse. Comme son style est extrêmement personnel, qu'il l'a forgé sur mesure, il est l'un des auteurs les plus difficiles à lire du XVI°s (il suffit de le comparer à Marguerite de Valois ou à Jean de Léry). Aussi a-t-il besoin d'être glosé, expliqué et paraphrasé, plus que d'être traduit en français moderne : mais l'on ne doit pas hésiter à le lire dans des versions modernisées ("translatées" comme on dit), ou présentées par extraits en version "bilingue". Ces ouvrages habitueront le lecteur à la langue de Montaigne, à ses tours, et lui donneront le goût de sa fréquentation. Le premier tome des Essais est fait de courts chapitres sur des sujets variés, qui prouvent que rien n'échappe au miroir de la pensée, jusqu'aux odeurs corporelles ou les habits. On ne sait pas où il nous mène, ou s'il nous mène quelque part, mais la promenade avec lui est plus heureuse que n'importe quel lourd traité savant. Les chapitres de ce second tome poursuivent cette pratique de la brièveté, mais on tombera aussi sur le traité nommé "Apologie de Raimond Sebond", où, pour son père et à sa demande, Montaigne écrit, annote et commente un livre philosophique par lequel se pose la question de savoir si l'homme, par lui-même, peut connaître Dieu. Question bizarre pour un moderne, mais qui, à la réflexion, nous concerne bien plus qu'il n'y paraît. Une masse considerable d'informations se trouve dans ce tome 2, mais aussi, pour la première fois dans l'entreprise des Essais, une sorte d'autoportrait intellectuel de l'auteur
.
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chartel
  16 mars 2020
Ce deuxième livre est structuré autour de l'essai XII, Apologie de Raimond Sebond, essai qui a probablement inspiré Pascal, car Montaigne y fait en quelque sorte le pari de Dieu. En pleine période de guerre civile entre Catholiques et Protestants, il en appelle à la raison et au choix de l'ordre et de la concorde. Pour Montaigne, si l'on commence à remettre en cause l'Eglise catholique, on s'aventure dans un terrain instable et dangereux qui peut pousser à l'athéisme.
On sent Montaigne souvent interloqué par son époque. Et bien que sa tolérance et son ouverture d'esprit soient remarquables dans ce XVIe siècle tumultueux et sanguinaire, il n'en reste pas moins ancré dans une tradition aristocratique moyenâgeuse: respect de la hiérarchie, des ordres et des valeurs de la noblesse qui transparaît dans son admiration pour les faits d'arme ou les chefs de guerre (Alexandre le Grand, César, Epaminondas). Enfin, une misogynie marquée qui réduit les femmes à des écervelées dangereuses et hystériques, un peu nymphomanes sur les bords...
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levieuxfossile
  29 août 2017
la sagesse espérée
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Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
chartelchartel   16 mars 2020
Les âmes des empereurs et des savetiers sont jetées à même moule. Considérant l'importance des actions des princes et leur poids, nous nous persuadons qu'elles soient produites par quelques causes aussi pesantes et importantes. Nous nous trompons: ils sont menés et ramenés en leurs mouvements par les mêmes ressorts que nous sommes aux nôtres. La même raison qui nous fait tancer avec un voisin, dresse entre les princes une guerre; la même raison qui nous fait fouetter un laquais, tombant en un roi, lui fait ruiner une province. Ils veulent aussi légèrement que nous, mais ils peuvent plus. Pareils appétits agitent un ciron et un éléphant.
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JcequejelisJcequejelis   03 novembre 2012
Je ne fais point de doute qu’il ne m’advienne souvent de parler de choses qui sont mieux traitées chez les maîtres du métier, et plus véritablement. C’est ici purement l’essai de mes facultés naturelles, et nullement des acquises : et qui me surprendra d’ignorance, il ne fera rien contre moi ; car à peine répondrais-je à autrui de mes discours, qui ne m’en réponds point à moi, ni n’en suis satisfait. Qui sera en cherche de science, la pêche où elle se loge ; il n’est rien de quoi je fasse moins de profession. Ce sont ici mes fantaisies, par lesquelles je ne tâche point de donner à connaître les choses, mais moi ; elles me seront à l’aventure connues un jour, ou l’ont autrefois été, selon que la fortune m’a pu porter sur les lieux où elles étaient éclaircies ; mais il ne m’en souvient plus ; et si je suis homme de quelque leçon, je suis homme de nulle rétention : ainsi je ne pleuvis[1] aucune certitude, si ce n’est de faire connaître jusqu’à quel point monte, pour cette heure, la connaissance que j’en ai. Qu’on ne s’attende pas aux matières, mais à la façon que j’y donne : qu’on voie, en ce que j’emprunte, si j’ai su choisir de quoi rehausser ou secourir proprement l’invention, qui vient toujours de moi : car je fais dire aux autres, non à ma tête, mais à ma suite, ce que je ne puis si bien dire, tantôt par faiblesse de mon langage, tantôt par faiblesse de mon sens. Je ne compte pas mes emprunts, je les pèse ;

631 - [Le livre de Poche n° 1395, p. 37 chapitre X]
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lecassinlecassin   29 juin 2017
Je ne cherche aux livres qu'à m'y donner du plaisir par un honnête amusement ; ou si j'étudie, je n'y cherche que la science qui traite de la connaissance de moi-même, et qui m'instruise à bien mourir et à bien vivre.
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nadiouchkanadiouchka   22 février 2017
Mais il vaut mieux encore être seul qu’en compagnie ennuyeuse et inapte. Aristippe s’aimait à vivre étranger partout.
P.56
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   04 octobre 2015
J'ai chassé au haras un vieux cheval duquel, à la senteur des juments, on ne pouvait venir à bout. La facilité l'a incontinent saoulé envers les siennes ; mais envers les étrangères et la première qui passe le long de son pâtis, il revient à ses importuns hennissements et à ses chaleurs furieuses comme devant. Notre appétit méprise et outrepasse ce qui lui est en main, pour courir après ce qu'il n'a pas ... (II-15).
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