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EAN : 9782818017852
176 pages
Éditeur : P.O.L. (07/03/2013)

Note moyenne : 2.83/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Dans la chambre sans fenêtres du Love Hotel, où plus rien ne parvient du dehors, un occidental venu à Kyoto pour écrire un roman, et Natsumi, une Japonaise dont le mari, à cette heure, doit considérer le ginkgo depuis la fenêtre de son bureau, font l'amour.
Entre leurs gestes, dans la pièce aveugle, s'engouffre la mémoire de contes du Japon : imaginaire marin, menace des dragons, et de toutes sortes d'esprits qui rôdent et dont on se sait pas t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Unhomosapiens
  11 septembre 2019
Sentiment d'avoir lu un livre écrit par un auteur japonais, tellement l'ambiance est parfaitement restituée et ressemblante aux descriptions d'un roman japonais.
C'est en sortant, encore imprégné de sérénité, de mon cours de yoga, et après une ridicule altercation pour une place de parking, que je me suis attablé à la terrasse d'un café devant la mer pour commencer, et pratiquement terminer, ce livre. J'ai repensé un moment à la brève altercation du parking, tant après coup, je me suis trouvé ridicule d'accorder de l'importance à ce détail du quotidien. Car ce livre s'inscrit plutôt dans la continuité du yoga et de la méditation, et nous met en communion avec la vie. C'est au cours d'un séjour à Kyoto, ville mythique, que l'auteure a écrit ce livre. L'intrigue est quasiment inexistante mais l'important est ailleurs. Un homme occidental, écrivain, entretient une relation avec une femme japonaise qu'il retrouve régulièrement dans un Love Hotel. C'est tout ! Mais c'est le rapport à l'environnement, au monde, du personnage, qui attire l'attention. On n'est pas loin du concept de « ma », cher aux japonais. Ce qui est essentiel n'est pas concrètement perceptible. C'est l'espace vide entre les choses, les gens, le vide en somme, qui détermine notre rapport au monde. Par ailleurs, la moindre action, la moindre perception est détaillée, décortiquée à l'extrême, minutieusement, donnant une sorte de pesanteur à ce qui pourrait paraître un détail léger, comme un arrêt sur image au cinéma. le narrateur se fond littéralement dans le paysage des bords de la Kamo. La vie est en suspend et semble faire une pause. On s'arrête dans la contemplation de l'écoulement de l'eau de la rivière, devant les arbres où commencent à poindre les bourgeons, devant le sexe de Natsumi. Même lorsqu'ils font l'amour, retirés dans l'intimité de cette chambre d'hôtel, Natsumi et son amant semblent dans un autre espace-temps, comme si leur orgasme s'inscrivait en communion avec l'univers.
L'écriture est d'une poésie rare, avec des mots choisis minutieusement, en des associations étonnantes, pour nous insuffler une autre façon de voir le quotidien de notre vie, pour mieux nous détacher des contingences et prendre la mesure de ce qui est important.
Nous sommes également plongés dans le monde animiste des Esprits du shinto. Les esprits de la rivière, de l'arbre, des ancêtres, errent parmi nous et parfois nous jouent des tours plus où moins malicieux. C'est du moins ce que raconte la grand-mère de Natsumi qui se souvient également du comportement à adopter lors d'un tremblement de terre, occasionné par un dragon furieux surgi des entrailles de la terre.
C'est un roman qui nous donne une autre perception du monde. Attitude contemplative devant l'univers ! Je ne peux m'empêcher de penser au très beau récit de Yannick Haenel « Je cherche l'Italie », beaucoup plus politisé, mais nous donnant sa vision très contemplative de Florence, où il séjournait.
Ce livre s'inscrit parfaitement comme support à une méditation. Finalement, cette lecture a été une prolongation de mon cours de yoga. Méditant sur l'Esprit de la mer, me fondant dans les allées et venues du ressac à mes pieds.
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sandrine57
  01 avril 2013
Il est écrivain, français, et s'est installé dans une petite maison à Kyoto pour écrire un roman. Deux à trois fois par semaine, il longe la rivière Kamogawa pour rejoindre Natsumi, une femme mariée, dans le Love Hotel où ils ont leurs habitudes. Ce jour-là, c'est la fin de l'hiver mais la nature peine encore est encore recroquevillée par le froid. Avec Natsumi, ils choisissent, comme chaque fois que c'est possible,la chambre 302, la moins kitsch, la plus sobre. Dans cet espace clos, sans fenêtre sur l'extérieur et totalement insonorisé, ils vont passer quelques heures loin du monde. Entre deux étreintes, Natsumi évoque les contes japonais que sa grand-mère lui racontait quand elle était enfant et l'écrivain se plaît à imaginer que pendant qu'ils sont dans leur bulle, dehors, la ville s'est transformée. La ville est désertée par ses habitants suite à une consigne d'évacuation dont il ignore tout, ou alors, la ville n'est plus qu'un champs de ruine après un bombardement, ou encore, le temps s'est accéléré et il ne reconnait plus une ville futuriste où les véhicules volent et les façades sont des écrans tactiles...Mais bien sûr, quand il quitte la chambre, rien a changé, Kyoto est fidèle à elle-même. Pourtant, ce jour de fin d'hiver, ce jour si semblable à tant d'autres, ce jour, c'est le 11 mars 2011, et pendant qu'il imaginait les pires cataclysmes dans une chambre isolée du monde, le Japon vivait une de ses pires catastrophes.

Où qu'ils soient les amoureux sont seuls au monde. C'est encore plus vrai dans la chambre d'un Love Hotel où tout est fait pour que les couples profitent au mieux des quelques heures qu'ils volent au temps : décors ciblés, gadgets érotiques, bain lumineux, nul contact avec l'extérieur. le temps s'arrête dans cet endroit propice à l'amour et à la rêverie. Pourtant le monde poursuit sa course. C'est le propos du roman de Christine MONTALBETTI qui, dans un style éthéré et poétique, offre une variation mi-érotique mi-prophétique sur les prémonitions, les sensations, les pensées que pendant qu'on profite d'un instant de bonheur, ailleurs le pire a lieu.
Un livre envoûtant, un bel hommage au Japon, sa beauté, ses légendes, ses souffrances.
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Guillaume72
  05 avril 2018
Beau roman, d'une écriture ciselée et limpide. L'auteure sait nous entraîner dans son love hôtel au côté d'un couple illégitime dont nous partageons un moment intime. le récit est sensuel sans jamais être vulgaire. Bien au contraire, la langue est très poétique.
Nous partageons le sentiment diffus d'être complètement "lost in translation", à l'image de cet écrivain étranger, arrivé à Kyoto et qui au travers des histoires que lui raconte sa maîtresse, nous dévoile une partie de la culture japonaise où les revenants et le pêcheur égaré au pays du dragon roi de la mer se taillent la part belle. le tout est complètement empreint d'une forme de mélancolie associée à une perte de repères bien décrite.
J'ai également apprécié la précision chirurgicale de la description de la relation entre la maîtresse et son mari. L'auteure sait magistralement décrire le doute qui se fait jour dans la pupille de la femme, dans le moindre signe physique quasi invisible et le renoncement de l'époux trompé à combler la distance entre lui et sa femme qui restera pour lui à jamais une étrangère.
Je recommande vivement cette oeuvre qui sait mêler à la fois la sensualité de la relation charnelle, la tristesse des relations vouées à l'échec et la réminiscence des contes traditionnels ; cette histoire qui transforme les tremblements de terre en songes de dragons.
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Einna26
  23 décembre 2015
Une journée au Japon, journée de passage entre l'hiver et le printemps, racontée par un Européen vivant à Kyoto et allant passer une après-midi d'amour avec sa maîtresse japonaise dans un love hotel.
Chacun de ses regards, chacune de ses sensations sont prétexte à description et narration de contes, à diversion.
L'écriture est posée, je dirais même contemplative, lente et apaisante.
Très agréable à lire.
Lire la très belle histoire du miroir, page 129 (Éditions P.O.L, 171 pages).
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Biscotte_Biscotti
  15 décembre 2015
Christine Montalbetti se trouvait au Japon, ce 11 mars 2011, dans la région de Kyoto. Love Hotel a été écrit dans la mémoire de ce bouleversement. Il nous rappelle à tous que chaque instant est fragile et précieux.
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critiques presse (1)
Lhumanite   27 mai 2013
Christine Montalbetti donne avec Love Hotel une fiction amoureuse sur la fugacité du monde et la fragilité de l’instant, roman japonais qui s’achève sur le séisme de mars 2011.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
UnhomosapiensUnhomosapiens   11 septembre 2019
Tout le paysage est comme filtré par la mémoire de mon après-midi au Love Hotel, dont je ne sais, au fond, ce qui me restera (certains souvenirs érotiques demeurent aigus bien des années plus tard, mais la plupart, je crois, se dissipent dans le savoir plus général que cela a eu lieu).
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UnhomosapiensUnhomosapiens   11 septembre 2019
Avons-nous la capacité, quand quelque chose de terrible se passe quelque part où nous ne sommes pas, d'en éprouver non pas exactement le pressentiment, mais comme l'intuition bizarre ?
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UnhomosapiensUnhomosapiens   11 septembre 2019
Toutes sortes de passés me reviennent, flottants, mal distincts, comme pris eux-même dans un halo de brume, moins des souvenirs que la sensation des souvenirs, le mouvement même de leur remontée.
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UnhomosapiensUnhomosapiens   11 septembre 2019
Sur le bord du lit, j'assieds Natsumi, puis je plaque doucement son dos contre le matelas, en prenant soin de faire glisser l'un des oreillers sous sa nuque.
Le second oreiller, je le pose au sol et je m'y agenouille. J'écarte ses cuisses, et son sexe paraît, rose, en attente.
Je l'ouvre encore, grandes lèvres, petites lèvres, comme des pétales, successivement. Je le regarde qui palpite, petit animal autonome, éveillé, éloquent.
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UnhomosapiensUnhomosapiens   11 septembre 2019
Alors, je bascule ma tête vers le ciel, et j'entre dans une continuité bizarre avec les nuages, avec l'idée de ce qui fuit, de ce qui se perd. J'avance dans le paysage aéré des berges, et je pense à cette pulsion folle d'essayer de retenir ce qui s'enfuit.
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Vidéo de Christine Montalbetti
"Ils nous parlent quand nous posons les yeux sur eux" : Christine Montalbetti, écrivaine, évoque sa pièce "La conférence des objets" qu'elle met en scène au Studio Théâtre de la Comédie-Française, du 28 novembre au 5 janvier 2019. C'est sa première mise en scène, qui couronne un travail débuté par des entretiens avec les acteurs. Au centre de sa réflexion : notre relation aux objets. Elle a ensuite déterminé quels inanimés incarneraient les comédiens.
La Grande table Culture d?Olivia Gesbert ? émission du 4 décembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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