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EAN : 9782955963036
274 pages
Éditeur : AFNIL (09/11/2017)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Saint-Pétersbourg, 1900. L’œuf à la Rose, joyau inestimable, a disparu des appartements privés de la tsarine Alexandra Feodorovna. Ses services se montrant incapables de résoudre ce mystère, le tsar Nicolas II emprunte à la reine Victoria ses espions les moins conventionnels, les cousins Clifford. Obligés de quitter le confort de leurs manoirs anglais, Alistair, Benedict, Meredith et sa gouvernante, Miss Hayley Fortescue, se retrouvent plongés dans les intrigues d’u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Philochard
  03 novembre 2018
Il s'en passe de belles sous les ors impériaux de Saint-Pétersbourg. Rumeurs d'empoisonnement, complots révolutionnaires et vol blasphématoire d'un oeuf de Fabergé ! Les cousins Clifford – le bel Alistair et les jumeaux Meredith et Benedict -, héros-détectives récurrents de Delphine Montariol déjà protagonistes des 'Premières armes', quittent leur verte Angleterre victorienne pour une enquête policière protéiforme qui immerge le lecteur dans la Russie de 1900. le titre du roman est d'ailleurs un adage de ce temps pas si ancien ; il est vrai que la personne du tsar Nicolas II attise les convoitises et les rancoeurs les plus délétères.
D. Montariol, dans un style tenu, à l'élégance un peu british, nous livre un roman assez chic et pointilleux, où se pressent le crépuscule d'un monde, annonciateur de cataclysmes qui viendront secouer le XXe siècle : Première Guerre mondiale et révolutions russes. Au fil des investigations policières et policées, la Russie du dernier Romanov est sérieusement documentée. le constant souci d'exactitude permet une intéressante mise en lumière des enjeux politiques, coulisses diplomatiques et autres roueries courtisanes régentant l'Europe de cette époque dite « Belle ». L'énumération des sources documentaires en fin d'ouvrage fait foi du gros travail de recherche et de compilation de la romancière.
La couverture me paraît assez bien résumer l'esprit du livre. Elle semble pourtant un peu hors sujet, et presque trop banale : le portrait impressionniste par Auguste Renoir de son coreligionnaire du pinceau Albert Cahen d'Anvers, bacchantes ostentatoires - fournies mais soignées -, posture assise presque nonchalante dans un fauteuil qu'on devine confortable, une main tenant un cigare, l'autre à demi-cachée dans la poche du pantalon. L'homme n'est visiblement pas hostile à un début d'aimable conversation mais une pensée nous le rend lointain ; il médite peut-être, son regard un peu vague semble absorbé dans une réflexion dont on ne sait si elle est futile ou profonde ; un mystère en soi, un faux-semblant, et l'on veut savoir…
Savoir, oui. Connaître la ou les vérités qui se cachent derrière le rôle officiel assigné à chaque personnage du roman, se pensent derrière chaque visage modelé par les impératifs du devoir patriotique, se trament derrière l'étiquette de la cour du tsar. Ce solide polar historique (m') apparait comme un roman d'intériorité : celle des palais impériaux et des lieux de rendez-vous secrets ; celle surtout de personnages qui réfléchissent, anticipent, planifient, se parlent beaucoup à eux-mêmes avant de le faire entre eux, avec les réflexes intellectuels et le langage inhérents à leur caste et à leur éducation. Cinématographiquement, le roman se rapprocherait assez d'une adaptation 70's des romans d'Agatha Christie, l'un de ces films où sir Peter Ustinov déambule, interroge et ausculte dans le rôle d'un Poirot à la fois obstiné et débonnaire. Une sorte d'élégance joliment désuète, une ambiance un peu feutrée… et le poignard qui peut surgir de n'importe où, n'importe quand, se planter dans n'importe qui. Bref, D. Montariol nous met en scène toute une atmosphère un brin dandy et vénéneuse.
Certes, de l'action il y en, 'of course' - et en pagaille 'pajalousta' (… et je dois avouer que la jeune et trépidante Meredith m'a parfois fait penser à une Tintin féminine au pays des futurs Soviets) -, avec sa kyrielle de tueurs implacables, ses descentes musclées de l'Okhrana, et les explosions, coups de force, de feu, de poing, de théâtre (Mariinsky, il va sans dire...) - wip, paf, crap, bang, vlop ! - qui vont naturellement avec. Cependant, on est frappé par l'absence initiale de crime sanguinolent ou autre situation gore. Rien qu'un vol, celui d'un oeuf – et fût-il de Fabergé, on se dit de prime abord que l'affaire ne casserait pas trois pattes à un canard de Moscou blanc et que le petit Nicolas ferait mieux de se soucier de son peuple en tendant l'oreille à d'autres échos plus urgents, ceux des revendications de progrès social – mais voler cet oeuf équivaut à voler un boeuf, celui de la prestigieuse et multiséculaire puissance autocratique russe ; un vol hautement scandaleux dans un contexte international tendu, sombre affaire saupoudrée de sales rumeurs et de complots idéologiques… Les investigations se multiplient, tout se croise et s'enchaîne. Jusqu'à la résolution flegmatique finale.
Mais, justice rendue et livre refermé, à mon tour affalé dans un fauteuil, une idée me traverse lentement l'esprit, l'infusant à la manière d'un thé Darjeeling : dans cette enquête 'apparently' sans corps assassiné au début, le cadavre nécessaire à tout bon polar qui se respecte et sur lequel il faut bien se pencher pour justifier un commencement d'enquête ne serait-il pas, tout compte fait, celui de la vieille et sainte Russie monarchique ? Ce corps socio-politique encore sanglé et parfumé, courtois et perclus de rites, déjà putrescent sous les coups (assassins ?) répétés d'un monde nouveau et impitoyable en train d'éclore...
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sylvieboop24
  22 février 2021
Je n'ai pas lu la 1ère aventure des cousins, mais il y est fait référence dans cet ouvrage et cela permet de comprendre les liens, les sentiments, voire les contraintes et obligations qui lient les personnages. Ce n'est donc pas un frein à la lecture.
4ème de couverture :
Saint-Pétersbourg, 1900. L'oeuf à la Rose, joyau inestimable, a disparu des appartements privés de la tsarine Alexandra Feodorovna. Ses services se montrant incapables de résoudre ce mystère, le tsar Nicolas II emprunte à la reine Victoria ses espions les moins conventionnels, les cousins Clifford. Obligés de quitter le confort de leurs manoirs anglais, Alistair, Benedict, Meredith et sa gouvernante, Miss Hayley Fortescue, se retrouvent plongés dans les intrigues d'une cour dont ils doivent apprendre les secrets les plus sombres. Aidés dans leur enquête par quelques alliés russes, les espions britanniques ne limitent pas leurs investigations au seul vol de l'oeuf Fabergé. Rumeurs d'empoissonnements, menaces d'attentats, luttes politiques se mêlent à la cour du tsar en un écheveau de secrets qu'ils auront bien du mal à dénouer. Une sorte de casse-tête russe en quelque sorte…

À la suite de leur première aventure, les cousins Clifford sont coincés. Les garçons, solidaires, épaulent Meredith sur qui le chantage repose. En effet, à Paris elle a dû tuer pour survivre. Et pour éviter la prison, n'a eu d'autre choix que de devenir agent secret de la Couronne Britannique.
Voilà donc Meredith l'impulsive, qui s'entraîne pour une nouvelle mission, tout comme son jumeau Benedict et son cousin Alistair. Ce chantage impacte également sa gouvernante, Miss Fortescue. Car une lady reste une lady, même sous le masque d'une espionne. Son entraînement est confié au Colonel Sergueï Ilitch Pouchkine.
Un voyage à la cour du tsar ne s'improvise pas.
Extrait P.15 : « Son père qui l'avait toujours bridée, qui lui reprochait sans cesse de ne pas se conduire comme une lady, qui la rabrouait à chaque occasion, son père donc avait demandé à un espion russe de lui apprendre le combat au couteau…
- Nous avons pensé avec ta mère et ton inestimable gouvernante que le couteau pouvait être une arme extrêmement profitable pour toi, puisque personne n'osera vérifier si tu caches des lames sous tes jupons. »
Afin de tromper les ennemis qui guettent, Hayley, de gouvernante va devenir une grande dame le temps de la mission, et la bouillonnante Meredith sa demoiselle de compagnie.
Tout comme Alistair et Sergueï, les deux femmes feront le voyage dans le magnifique Nord-Express qui relie Paris à Saint-Pétersbourg en cinquante-deux heures. Ce train est réputé le plus luxueux du monde.
De son côté, le cérébral Benedict devra atteindre la Russie comme simple passager d'un cargo. Cette décision le contrarie. Quid du respect dû à son rang ? Mais les cousins doivent absolument faire profil bas pour ne pas se faire repérer.
Pour tromper encore plus leurs ennemis, de faux jumeaux sont également à bord du train.
Heureusement, car, les deux acteurs mis à l'abri, ce sont des oreillers cachés sous des couvertures qui recevront les nombreux coups de couteaux réservés aux jumeaux.
Comme quoi, même dans un train de luxe, le danger rôde.
Leur enquête va avoir tout d'une poupée russe, car s'ils sont là pour le vol d'un oeuf Fabergé appartenant à la tsarine, des rumeurs d'empoisonnements circulent dans l'entourage de cette dernière. Puis il y a les révolutionnaires que Benedict a infiltrés. Ces éléments sont-ils liés ?
Quid des tensions entre la mère du tsar et son épouse ?
La solidité des crânes des cousins va être testée par leurs adversaires, et ils se défendront !
Extrait P.201 : « Hayley essuya son couteau sur sa robe et le replaça dans le fourreau camouflé entre ses seins. le colonel Pouchkine avait vraiment eu une bonne idée… Elle regarda une dernière fois l'homme qu'elle venait de tuer. Deux nuits, deux hommes… Elle allait bientôt rattraper les cousins Clifford dans leurs oeuvres les plus sombres… »
Les différentes histoires vont être éclaircies, et les sentiments exprimés, même s'ils sont contraires aux conventions.

Ce récit se savoure comme un bonbon anglais. Tantôt doux et sucré, tantôt acidulé.
Nous sommes, dès le début, totalement immergés dans cette période de l'histoire.
Nous découvrons les us et coutumes de la noblesse anglaise, les affaires d'états, les moyens de transports de l'époque (j'ai rêvé de voyager à bord de ce Nord-Express), la cour du Tsar Nicolas II, la somptueuse ville de Saint-Pétersbourg, le côté sombre avec la police secrète du Tsar : l'Okhrana, le peuple soviétique, les révolutionnaires qui oeuvrent dans l'ombre. L'Okhranaqui pourchasse inlassablement les opposants. La Sibérie est si vaste…
Si vous n'aimez pas les récits sanglants et si vous appréciez l'Histoire : foncez !
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
MontariolMontariol   12 novembre 2017
— Nous avons pensé avec ta mère et ton inestimable gouvernante que le couteau pouvait être une arme extrêmement profitable pour toi, puisque personne n’osera vérifier si tu caches des lames sous tes jupons.
Sergueï accueillit cette information avec intérêt et une moue approbatrice.
— Je suis absolument d’accord avec vous, My Lord. Je n’aurais jamais songé à utiliser les jupes d’une femme pour dissimuler des armes… mais c’est très ingénieux.
— Je ne vais plus oser soulever un jupon de ma vie… intervint Alistair.
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