AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de Pecosa


Pecosa
  08 octobre 2018
C'est la diffusion sur Arte du film allemand Phoénix de Christian Petzold qui m'a menée à ce roman de Hubert Montheilhet publié en 1961, dont s'est inspiré le réalisateur.
Le médecin Élisabeth Wolf a passé deux ans dans un camp de concentration. Toute sa famille a été décimée sauf sa fille et son mari Stan -plus jeune qu'elle et qu'elle a épousé sur le tard- un champion d'échecs égoïste qui la croit morte. Epuisée et méconnaissable, elle décide de taire son retour et de se reconstruire avant de renouer les liens avec son mari qu'elle adore. Quand celui-ci la croise par hasard, il est perturbé par sa ressemblance avec sa défunte épouse. Elisabeth décide de cacher sa véritable identité. L'affaire pourrait s'arrêter là... Mais le mari et la fille sont aux abois. La succession de "feue Elisabeth Wolfe" est gelée en l'absence de preuve officielle de son décès. Les deux héritiers décident de l'engager pour qu'elle se fasse passer pour elle-même, rescapée des camps, afin de jouir de ses biens et de ceux hérités de sa famille exterminée… vous suivez? Toute ressemblance avec D'entre les morts (Sueurs froides) de Boileau-Narcejac etc etc..

Le récit est écrit sous forme d'un journal intime, celui d'Élisabeth. Certains romans résistent aux années, voire aux siècles, celui-ci m'a paru affreusement daté. Je passe sur le titre, Le retour des cendres, qui n'a rien à voir avec Napoléon, et qui est quand même un peu douteux, même si l'image de Phoénix plane vaguement sur la silhouette d'Elisabeth. La lecture du roman ne fut pas très agréable, l'intrigue manque de vraisemblance, l'évocation des camps sonne faux, les personnages sont détestables et le ton de l'ensemble est misogyne.
On grimace à la lecture des passages dans lesquels Elisabeth se refait une beauté chez l'esthéticienne, le coiffeur et s'achète des robes, afin de se relooker après l'internement… On déglutit en parcourant les lignes dans lesquelles Elisabeth avoue à Stan que pour pouvoir manger, elle s'est portée volontaire dans le bordel du camp. Ce à quoi son mari vaguement gigolo dans sa jeunesse répond: « Ma pauvre chérie! A un moment ou un autre de notre existence, nous aurons chacun dû faire l'amour pour manger! Nous étions faits l'un pour l'autre… »
Bref, des femmes geignardes bouffées par la dépendance amoureuse à un crétin, une intrigue bancale qui a le mérite de vous pousser à relire TOUS les romans de BIALOT pour vous remettre, un ton un peu ampoulé, et un final en apothéose, tant pis je spoile, avec un « suicide » au gaz…. J'ai détesté le retour des cendres, alors qu'adolescente j'avais été transportée par Néropolis, du même auteur.
Commenter  J’apprécie          5013



Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Ont apprécié cette critique (47)voir plus