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EAN : 9782742794973
128 pages
Actes Sud (02/02/2011)
3.06/5   8 notes
Résumé :
-En fait, tu vois Caro, ton problème c'est que tu n'as jamais été correctement inscrite dans le réel?
-Ah bon ?! Et où est-ce que l'on s'y inscrit dans le réel ? plaisante la jeune femme.
-À la mairie de ton arrondissement rétorque Simon pince sans rire... Tu demandes à parler avec l'inscripteur.

Entre Kafka et Lewis Carroll commence alors pour Caroline une longue quête pour son « inscription dans le réel ». Elle se déroule pour l'essent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Chri
  12 décembre 2018
Il faut entrer dans l'univers féminin, féministe, super graphique de Chantal Montellier.
« Odile et les crocodiles » et « Les damnés de Nanterre », plongés dans un cycle infernal de violence, m'avaient pourtant donné des maux de tête. Il est question de viol ou quotidiennement de machisme, de fascisme plus ou moins larvé, et de meurtre comme signal envoyé par la femme démolie devenue serial-killeuse ou par la terroriste présumée coupable.
Dans cet album, c'est la poétesse qui répond à la violence. Les mots ont plus de portée et le graphisme est toujours aussi efficace.
Les machos-fachos dominent inévitablement, essentiellement des hommes. du coup ceux-ci sont presque tous représentés comme des porcs, ou bien si le « porc » est exceptionnellement une femme alors c'est « une hommasse…». Avec cet accent d'absolutisme on note aussi que le ressentiment n'a pas de fin, ou plutôt qu'il cesse lorsque le succès littéraire sourit enfin à notre poétesse...
Dans la chanson de Renaud, il y avait aussi Madame Thatcher comme exception, d'où on devinait que l'accumulation de pouvoir pouvait faire le machisme-fascisme. Mais en France, Chantal Montellier doit se contenter de dénoncer l'abus de pouvoir par ses représentants masculins.
La tronche de barbouze d'un ancien ministre de l'intérieur est exposée dans un autre album. Ici c'est le portrait d'un ancien président avec son slogan de propagande « travailler plus », qui est accroché chez « l'inscripteur », et partout sur les murs de cette administration du réel.
Ambiance Brazil et style nietzshéen (pour les amateurs) : "Il faut du chaos en soi pour enfanter l'étoile dansante".
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colimasson
  16 mars 2012

Le trait, les dessins et les couleurs sont magnifiques. Mâtinés aux influences revendiquées de Kafka, d'Orwell et de Carroll, impossible de ne pas résister aux attraits de L'inscription. C'est beau, séduisant, ça attire l'oeil et le lecteur naïf qui se laisse gober sans opposer la moindre résistance. Malheureusement, une fois passé le ravissement esthétique des dessins et des couleurs, il ne reste rien. Citons l'exergue d'André Breton comme le meilleur passage du livre :
« La rébellion porte sa justification en elle-même. Tout à fait indépendamment des chances qu'elle a de modifier ou non l'état de fait qui la détermine. Elle est l'étincelle dans le vent, mais l'étincelle qui cherche la poudrière. »
Cet exergue annonce le thème : la rébellion. le reste du livre tentera d'approfondir le sujet, incarné en la personne de Caroline Montbrasier. Ici, les rebelles ne se révoltent étrangement pas contre les carcans qui les assignent toujours à la place des artistes solitaires, oiseaux rêveurs incompris que les horaires et les costards rebutent. Caroline, figée dans son rôle bouffon de poète, aime bien lire Alice au pays des merveilles, le soir, avant de s'endormir. Elle ne se coiffe pas très bien, et en plus de ça, elle n'a pas trop envie d'aller travailler. Elle souffre certainement d'un syndrome paranoïaque aigu car elle croit que tout le monde la déteste à cause d'un épi rebelle qu'elle a sur le crâne. Un de ses amis, psy à ses heures, lui conseille de s'inscrire dans la « réalité », subtile métaphore d'un monde de brutes que Caroline refuse. Pourtant, Caroline ne boude pas longtemps et finit par rencontrer « l'inscripteur », un monsieur forcément brutal qui n'aura de cesse de vouloir plier la jeune poète aux exigences de la société. Il lui faudra tout d'abord couper sa mèche folle, et un grand pas sera accompli. Il lui faudra ensuite abandonner ses convictions politiques, trouver un travail et devenir jolie. Les références sont lourdes et témoignent d'une indigestion médiatique. Chantal Montellier ne cesse d'évoquer le « travailler plus » de Sarkozy, qu'elle transforme ici en dictateur digne des meilleurs Big Brother. Entre autres sujets d'indignation modernes, elle cite Carla Bruni en archétype de la femme parfaite et s'acharne sur elle avec une virulence qui se trompe parfois d'objet. N'oublions pas le téléphone rose comme reflet d'une société obsédée par le sexe et grossièrement inhumaine. Dans tous ces exemples, Chantal Montellier s'acharne à dénoncer uniquement les produits d'un système, sans chercher à remonter à leur source et à approfondir sa critique.
On sent que les intentions de Chantal Montellier sont louables. Dénoncer l'uniformité revendiquée par les média de masse est un projet noble, encore faut-il qu'il soit bien mené. Ce n'est pas le cas de L'inscription qui regorge de contradictions laissant à penser que derrière la virulence acharnée de Chantal Montellier se cache une envie maladive et non assumée d'appartenir à cette société qui réussit à faire l'éclat de quelques personnes sélectionnées. L'attaque contre la médiocrité se fait par la médiocrité et use souvent de poèmes que Chantal Montellier avait dû écrire en cours de maths lors de son adolescence :
« Au-dessous du monde, sous le poids des pachydermes en chemises acryliques, oeillères sur leurs minuscules yeux myopes, je cherche en vain l'entrée vers le rassurant troupeau gris. »

L'attaque contre la conformité se fait par la conformité, que celle-ci se retrouve dans la description de la personnalité de Caroline, figure romantique du 19e siècle, artiste maudit qui écrit des poèmes, ou par le martèlement intempestif de ce que nous n'entendons déjà que trop dans notre vie quotidienne (« travailler plus », midinettes, cul, télé, hommes d'affaires, argent…). Il me semble qu'une rébellion sincère ne se revendiquerait pas aussi ouvertement, et pour relever la carence de la prétendue marginalité de Caroline, on pourrait citer Tchouang Tseu : « Qui a conscience de sa folie n'est pas bien fou ».
Qu'est-ce donc que cette bonne conscience qui fait croire que la révolte est le produit d'une pensée sur une autre, et non pas l'achèvement d'une réflexion personnelle à laquelle L'inscription ne peut inévitablement pas conduire ?

Lien : http://colimasson.over-blog...
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Brize
  20 septembre 2015
Parce que son ami Paul lui a dit qu'il était temps pour elle de « s'inscrire dans le réel », voilà Caroline, jeune poétesse de son état, en route pour la mairie. On l'y oriente vers l'inscripteur : sa rencontre avec lui va l'entraîner dans un parcours tourmenté, voire cauchemardesque !
Lewis Caroll et Kafka se sont penchés sur le berceau de ce roman graphique hors du commun, où notre jeune héroïne se heurte aux contours d'une réalité plus que rugueuse. Sa propre fantaisie, symbolisée par une mini-fée volante à son image, qui la suit partout et la met en garde, a bien du mal à cohabiter avec un environnement social et politique passé au crible d'une analyse crue et lucide.
On plonge à sa suite dans des pages qui n'obéissent à d'autres structures que celles, chaotiques, d'un récit métaphorique mais jamais ambigu (l'auteur y insère d'ailleurs quelques passages en prose très explicites), qui dénonce âprement les clichés en tous genres et ceux relatifs à la femme en particulier. La satire s'y taille la part du lion et la pornographie ambiante y est vilipendée sur le mode trash-truculent !
Une réussite, tant sur le fond que sur la forme.

Lien : https://surmesbrizees.wordpr..
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Marine973
  30 avril 2012
Entre réalité et imagination, la frontière n'est pas toujours si aisée. Les couleurs tranchées font écho au monde noir et cruel de la réalité qui s'oppose à l'univers féerique de l'imagination auquel s'attache avec désespoir l'héroïne.
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Tomie
  12 mai 2012
Caroline, un artiste, est en quête de son "inscription dans le réel". du rêve au réel, Lewis Carroll avec Alice : c'est un album dense, où on retrouve les idées politiques et sociales de son auteur. C'est parfois un peu surprenant
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critiques presse (3)
Lhumanite   02 janvier 2012
Chantal Montellier signe un roman graphique d’exception, l’Inscription. Un voyage au cœur de l’inconscient et de la révolte qui donne le sens du combat pour l’imagination et la création. Précision du dessin, sens du cadrage, un ouvrage à lire, de toute urgence.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
BoDoi   01 novembre 2011
Si l’on souscrit le plus souvent à son propos, on regrette toutefois que le trait soit tellement forcé – ce qui lui ôte finalement de la force. Plus séduisante est son approche graphique, franche et pleine de fantaisie, cassant le cadre sans vergogne, y introduisant régulièrement de l’onirisme. Un curieux pamphlet, entre caricature et poésie.
Lire la critique sur le site : BoDoi
ActuaBD   21 septembre 2011
Certes, suivre le fil d’un album aussi dense n’est pas toujours évident. Cependant, les couleurs finement distillées et une mise en page très dynamique et pleine de surprises donnent un joli tonus à L’Inscription.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   16 mars 2012
Il n’y a plus aucune raison de souffrir et d’être triste, déprimé, malheureux à notre époque, à moins de le vouloir, ce qui, dans ce cas, relève d’une certaine forme de déviance…
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colimassoncolimasson   16 mars 2012

« La rébellion porte sa justification en elle-même. Tout à fait indépendamment des chances qu’elle a de modifier ou non l’état de fait qui la détermine. Elle est l’étincelle dans le vent, mais l’étincelle qui cherche la poudrière. »
André Breton.
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colimassoncolimasson   16 mars 2012
La maman et la putain. Le papa et le pu…rin ?
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colimassoncolimasson   16 mars 2012
L’inscripteur actionne une chevillette et…une créature très sexy tout de rose vêtue apparaît : Carlitta !
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colimassoncolimasson   16 mars 2012
La ‘rance aux ‘rançais.
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