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ISBN : 2864248948
Éditeur : Métailié (10/01/2013)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 95 notes)
Résumé :
États Unis de la Terre 2119, les réplicants meurent dans des crises de folie meurtrière tandis qu’une main anonyme corrige les Archives Centrales de la Terre pour réécrire l’histoire de l’humanité et la rendre manipulable. Bruna Husky, une réplicante guerrière, seule et inadaptée, décide de comprendre ce qui se passe et mène une enquête à la fois sur les meurtres et sur elle-même, sur le mémoriste qui a créé les souvenirs qu’elle porte en elle et qui la rapprochent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
MissLeo
30 mars 2013
L'histoire :
Madrid, 2109. La réplicante Bruna Husky enquête sur la mort mystérieuse et violente d'une poignée de techno-humains, tous emportés par de surprenantes et inexplicables crises de folie meurtrière. Coïncidence malheureuse, ou première manifestation visible d'un vaste complot visant à raviver la haine entre espèces ? Difficile de ne pas céder à la paranoïa ambiante ! La jeune détective va se retrouver confrontée à ses propres angoisses, dans un climat particulièrement tendu et hostile.

L'opinion de Miss Léo :
Quel plaisir de retrouver Rosa Montero dans un nouveau roman ! La géniale et toujours inspirée créatrice du Roi Transparent et du Territoire des Barbares se renouvelle de façon surprenante à chaque ouvrage, et j'éprouve toujours autant de satisfaction à la lire. J'ai pourtant été très surprise lorsque j'ai découvert le thème de ce dernier opus, à des années lumière de l'univers moyenâgeux dans lequel évoluait la jeune Léola dans le Roi Transparent. La romancière espagnole nous propose cette fois de la suivre dans une intrigue futuriste, vaguement inspirée de Blade Runner, mêlant subtilement ambiances de polar et de SF. Il n'en fallait pas plus pour éveiller ma curiosité !
A celles et ceux d'entre vous qui objecteraient que "la SF, ce n'est pas pour eux", je répondrai qu'ils auraient bien tort de se priver de la lecture de ce formidable roman, dont les problématiques et l'ambiance paranoïaque sont en réalité très proches de celles du monde dans lequel nous vivons. Je rappelle que j'ai moi-même été longtemps réfractaire à la SF, avant que certaines lectures bien choisies ne me permettent d'élargir mon univers littéraire, et même de trouver quelque intérêt à un genre que j'avais jusque là relégué au quarante-deuxième rang de mes préoccupations (clin d'oeil à mes amis geeks fans de H2G2). J'ai notamment lu il y a une bonne dizaine d'années le célèbre roman de Philip K. Dick à l'origine du film de Ridley Scott (titre original : Do androïds dream of electric sheeps ?), auquel Rosa Montero rend ici explicitement hommage. le lecteur averti s'amusera des nombreux clins d'oeil qui émaillent le roman, le plus visible d'entre eux étant évidemment la présence de réplicants évoluant au milieu des humains. Plus subtil : le titre, qui fait référence au monologue de Rutger Hauer dans les dernières minutes du film, plus connu sous le nom de "Tears in rain soliloquy".
"I've seen things you people wouldn't believe. [laughs] Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I watched c-beams glitter in the dark near the Tannhäuser Gate. All those moments will be lost in time, like [coughs] tears in rain. Time to die."
Nous voici propulsés à l'aube du XXIIème siècle, plus précisément en l'an 2109 (Blade Runner se déroulait en 2019 : hasard ou coïncidence ?), dans un monde à la fois très proche et très différent du nôtre. Les Etats-Unis de la Terre tentent de maintenir un semblant d'ordre sur une planète au bord du chaos, fragilisée par les nombreux bouleversements liés au réchauffement climatique. Les événements les plus marquants du XXIème siècle nous sont présentés par le biais des Archives Centrales, qui interrompent le cours du récit pour faire le point sur la situation géopolitique et technologique du monde dans lequel évolue la réplicante Bruna Husky. J'ai beaucoup aimé ces passages, que j'ai lus avec enthousiasme et avidité ! On découvre par exemple que la Terre est désormais entourée de deux mondes flottants artificiels et déjà surpeuplés, tandis que certaines planètes lointaines ont pu être colonisées, dans le but d'en exploiter les ressources. Les progrès scientifiques ont permis des avancées majeures dans le domaine de la conquête spatiale, également facilitée par le perfectionnement des dispositifs de téléportation, et les tâches les plus pénibles et/ou dangereuses sont désormais confiées aux techno-humains, les fameux réplicants, androïdes ultra-perfectionnés dotés de souvenirs artificiels et "condamnés" à effectuer pendant toute la durée de leur courte vie (une dizaine d'années seulement) les missions pour lesquelles ils ont été créés.
La grande réussite du livre consiste à projeter dans cet univers futuriste inventif et cohérent les valeurs et les enjeux de l'époque actuelle. Les problèmes soulevés par le roman entrent en résonance avec la situation que nous connaissons aujourd'hui, et il y a là matière à une passionnante réflexion. Bienvenue dans un monde où l'air payant fait désormais l'objet d'odieuses spéculations, monde dans lequel les plus pauvres se voient ipso facto relégués dans d'étouffants ghettos pollués, où ils croupissent en attendant de succomber à une mort précoce, sans jamais avoir aperçu le Soleil. Bienvenue dans un monde où les villes côtières sont désormais enfouies sous les eaux et exploitées par les professionnels du "tourisme humide", qui les font visiter chaque année à des millions de vacanciers impatients de découvrir les anciennes Manhattan ou Amsterdam, fleurons d'une époque désormais révolue. Bienvenue dans un monde ravagé par les guerres et les famines, qui tente de retrouver un fragile équilibre après avoir connu d'innombrables luttes fratricides pendant toute la durée du XXIème siècle.
Le réchauffement climatique a considérablement modifié nos modes de vie, et de nombreuses espèces animales ont disparu (la viande est d'ailleurs remplacée par divers ersatz dans l'alimentation de nos futurs descendants). Les ours polaires se sont TOUS noyés, et l'on prend désormais des douches de vapeur, tandis que la végétation des villes se résume à quelques dizaines d'arbres artificiels, regroupés dans des "parcs-poumons". Tout cela nous renvoie à nos propres préoccupations écologiques, à l'heure ou l'humanité se retrouve confrontée aux choix les plus importants de son histoire. le roman de Rosa Montero fourmille de détails pertinents, souvent amusants, parfois effrayants, qui rendent crédible le monde dans lequel évolue Bruna. La jeune réplicante mène son enquête dans une Madrid qui nous semble à la fois étrange et familière, et force est de constater que l'espèce humaine n'a que peu évolué depuis le début du nouveau millénaire. Des larmes sous la pluie dresse le portrait d'une société paranoïaque, en proie à l'intolérance et au racisme, où la peur de l'autre conduit immanquablement à différentes formes d'ostracisme ou de discrimination. Les réplicants comme les aliens, communément appelés "bestioles", subissent le même mépris, et sont fréquemment exploités dans des conditions proches de l'esclavage. Nous retrouvons également quelques travers de nos sociétés occidentales : manipulation de l'information, influence croissante des partis d'extrême-droite, injustice économique (les laissés pour compte subsistent en exécutant des petits boulots sous-payés), politique répressive, légalisation de l'euthanasie . . .
A ces thèmes graves viennent s'ajouter quelques clins d'oeil plus légers : on découvre ainsi que les employés des transports madrilènes se mettent fréquemment en grève, au grand désespoir des usagers du tramway, généralement bondé aux heures de pointe. Ca ne vous rappelle pas quelque chose ?? La chirurgie esthétique est désormais monnaie courante, donnant l'illusion d'une jeunesse éternelle, alors que l'être humain demeure désespérément mortel. On apprend également que la fin du monde est prévue pour le 3 février 2109, comme ne manquent pas de le clamer à qui veut l'entendre des groupes d'Apocalyptiques illuminés ! La présidente du Mouvement Radical Réplicant répond quant à elle au nom de Myriam Chi. Myriam Chi ? Ne s'agirait-il pas là d'une référence à Myriam Chirousse, l'excellente traductrice du roman, dont j'avais déjà pu apprécier la qualité du travail sur le Roi transparent ? Celle-ci a probablement apprécié cette petite attention de l'auteur !
Ce passionnant univers estampillé SF sert de cadre à une enquête policière tout à fait satisfaisante, que l'on a grand plaisir à suivre jusqu'à son dénouement. Des larmes sous la pluie est aussi un roman noir, et tous les ingrédients les clichés du genre sont ici réunis. L'intrigue se distingue cependant par la personnalité originale et atypique de son détective privé, qui n'a rien à envier aux Philip Marlowe et autres Sam Spade, lesquels cèdent ici la place à une jeune et attachante réplicante de combat. Rosa Montero compose un personnage de femme forte et fragile, sensible, qui se révèle presque plus humaine que les humains. Athlétique et solitaire, Bruna Husky se sent menacée par tous, et mène son enquête comme bon lui semble. Elle consacre une bonne partie son temps libre à faire des puzzles (s'attirant ainsi toute ma sympathie), et se répète en boucle cette obsédante litanie : "Quatre ans, trois mois, vingt jours", "Quatre ans, trois mois, dix-neuf jours" . . . Quatre ans et trois mois, soit le temps qu'il lui reste à vivre avant que la mort ne l'emporte définitivement. C'est là le triste sort des réplicants, condamnés à mourir d'un cancer dix ans après leur mise en service. Cette terrible fatalité permet à l'auteur de soulever quelques intéressantes questions philosophiques. Qu'est-ce que l'humanité ? Sommes nous définis par rapport à nos souvenirs ? Par rapport à nos rêves et autres aspirations ? Rosa Montero conduit à travers le personnage de Bruna une réflexion sur notre propre mortalité, ainsi que sur le travail de deuil consécutif à la mort d'un proche. Cela ajoute encore de la profondeur à un roman décidément très abouti.
Rosa Montero se révèle comme toujours redoutablement efficace, et capte l'attention de son lecteur dès la première phrase. Elle prouve une nouvelle fois toute l'étendue de son talent de conteuse, construisant sans jamais décevoir une oeuvre cohérente et d'une grande richesse thématique, transcendée par de superbes personnages féminins. J'ai préféré le Roi transparent, mais ce dernier roman est cependant très réussi, et mérite d'être découvert. Je vais pour ma part me diriger vers les autres textes de l'auteur.

Un excellent roman de science-fiction. Recommandé par Miss Léo !
Lien : http://leslecturesdeleo.blog..
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SZRAMOWO
23 janvier 2017
Dans la Madrid du XXIIème siècle, nous sommes en janvier 2109, la société a « intégré » un grand nombre d'androïdes dont la principale mission est de prendre en charge les tâches qui ne sont plus réalisés par les humains.
Bruna Husky, l'héroïne du roman, détective privée, est une techno-humaine, une réplicante de combat.
Le thème parait rebattu et l'on s'attend aux classiques affrontements des humains sur la place grandissante que prennent les androïdes, les « réplicants » comme dit Rosa Montero usant en cela l'un des termes emblématique du vocabulaire de Philip Kindred Dick.
D'ailleurs, l'auteur ne cache pas ses références :
Page 204 on peut lire « Un jour, Yiannis avait fait voir à Bruna, ce vieux film culte du XXè siècle où l'on parlait pour la première fois des réplicants. Il s'intitulait Blade Runner. »
Elle évoque aussi l'institut Asimov…
Le roman de Rosa Montero va au-delà d'une simple imitation de ce genre littéraire. Il complète, actualise modernise, re-conceptualise la geste des humanoïdes dans la SF. En lisant Des larmes sous la pluie, si l'on est amateur des histoires d'humanoïdes dans la SF, on ne peut qu'admirer le travail de Rosa Montero pour absorber, ruminer, digérer et restituer avec intelligence et subtilité des thèmes devenus classiques.
Pour cette raison, je situe ce roman au même niveau que les références littéraires, cinématographiques et télévisuelles du genre. Les romans d'Asimov qui ont posé les termes des lois régissant les rapports humains/robots, les romans de PK Dick qui ont vulgarisé ces règles en les adaptant à un monde technologique et onirique, les films Blade Runner et Total Recall, les séries télévisées, Westworld et Real Humans.
En effet, Rosa Montero a su créer un monde différent et en décrire les caractéristiques sans nous ennuyer. Pour cela, elle a choisi un artifice littéraire qui permet d'avancer dans l'intrigue sans être perturbé par des références historiques.
Yiannis Liberopoulos, un ami de Bruna, est archiviste. En compilant des documents d'archives, il constate, que des modifications interviennent sur leur contenu et déforment le sens de l'histoire. L'ensemble prend 5 chapitres de quelques pages qui interviennent comme un contrepoint à l'énigme et nous permettent de mieux comprendre les positions des uns et des autres.
Nous apprenons ainsi que le contentieux entre les humains et les réplicants ne date pas de 2109, bien avant il y eut des guerres Rep (2060-2063) et des guerres robotiques (2079-2090), qui ont laissés des traces.
Les humains anti-replicant puisent leurs arguments chez Heriberto Labari né le 11 septembre 2001, l'illuminé, auteur de SF et prophète d'une religion dispensée par l'Eglise du Credo Unique qu'il fonde en 2031. Ses fidèles se réfugient sur des satellites de la terre, les Terres Flottantes ou Royaume de Labari.
Gabriel Morlay le grand philosophe et réformateur social androïde inspirateur du Pacte de la Lune qui met un terme à la guerre en 2063 est l'inspirateur du camp des replicants.
L'intrigue s'appuie sur ces faits « historiques ».
Myriam Chi, une réplicante, Présidente du MRR, Mouvement Radical Réplicant, sollicite Bruna Husky et lui demande d'élucider plusieurs affaires inquiétantes pour la stabilité de l'ordre social. Des réplicants se suicident après avoir tenté de tuer d'autres réplicants ou des humains.
Les Labaristes se saisissent de ces événements pour faire monter la pression sur le gouvernement. Des troubles sociaux éclatent. Les réplicants se terrent chez eux. L'ordre économique et social est menacé.
Au cours de son enquête, Bruna Husky acquiert la certitude que les commanditaires de ces crimes et suicides visent à déconsidérer la communauté des réplicants et à redonner tout le pouvoir aux humains.
Paul Lizard, un humain, détective de la Police la suit comme son ombre. Bruna rencontre Pablo Nopal, un humain également, un mémoriste qui écrit les scénarios des souvenirs qui sont implantés dans la mémoire des réplicants et permettent de construire leur personnalité intime.
Dans la gargote d'Oli Oliar, un endroit où l'origine des clients n'est pas considérée comme un critère de sélection, Bruna rencontre une femme-publicité Texaco Repsol et d'autres personnages qui gravitent autour de l'enquête.
Soucieuse de parvenir à faire éclater la vérité, Bruna Husky se débat aussi avec ses propres démons. Elle a perdu son compagnon Merlin et ressent un manque depuis. Elle-même sait qu'il ne lui reste que quatre ans trois mois et dix-huit jours à vivre. le système des réplicants contient une « date de péremption » et intègre la TTT, Tumeur Totale Techno, qui va conduire à leur « mort » après dix années d'existence.
Au-delà de ces différences rep/humain, Bruna a un comportement très humain, elle se saoule en buvant du vin blanc, arrive en retard à ses rendez-vous, consulte un psychanalyste et s'interroge sur sa sexualité.
Roman de SF, cyberpunk n'hésitent pas à l'étiqueter certains critiques littéraires, Des larmes sous la pluie est avant tout un roman sur la différence et la tolérance. Aujourd'hui, nos réplicants ne sont-ils pas ces étrangers que nous avons sollicités pour venir travailler dans nos pays, ou que nos politiques interventionnistes ont poussés à l'exil et que nous utilisons pour donner un visage à nos peurs, à nos inconséquences, à nos fantasmes ?
Lisez Des larmes sous la pluie.
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GabySensei
11 mars 2013
Je viens de découvrir Rosa Montero avec ce livre et j'ai maintenant très envie de lire ses autres textes car cet auteur a un Énooorme tallent de conteuse !
Des larmes sous la pluie est un hommage appuyé à Blade Runner de Philip K Dick. L'histoire se déroule à Madrid en 2109. Des sociétés de bio-technologie ont mis au point des réplicants pour travailler sur les colonies minières de Mars et de Saturne. Ces réplicants ne se distinguent des humains que par leurs yeux de chat (ils peuvent voir dans la nuit), une plus grande résistance et une durée de vie de dix ans seulement. Ils naissent à 25 ans et meurent à 35 ans. Au fil des années ils ont conquis une égalité de droits avec les humains mais restent discriminés. Ils représentent environ 15% de la population mondiale. Ces réplicants sont dotés de mémoires artificielles pour leur enfance afin de les rendre plus stables. Ces mémoires écrites par des « mémoristes » ont obligation de leur révéler leur condition d'androïde. Après avoir effectué leur service civil, ces androïdes sont libres de mener la vie qu'ils veulent parmi les humains pour les quelques années qu'il leur reste à vivre. Néanmoins beaucoup d'entre eux ont des comportements destructeurs (alcoolisme, drogue) et n'arrivent pas à s'intégrer dans la société. Pourquoi se marier quand on va bientôt mourir ? Certains androïdes achètent des mémoires trafiquées sur le marché noir pour avoir l'impression de vivre plus longtemps. Mais voilà que certains réplicants, à la mémoire altérée, deviennent fou et se mettent à assassiner des humains. Cela donne des arguments au parti « suprématiste » qui prône l'élimination systématique de tous les réplicants. Bruna Husky, réplicante et détective, va essayer de déjouer un vaste complot qui compromet la sécurité de la planète entière…
L'histoire développée par Rosa Montero est en réalité bien plus complexe que le modeste résumé que j'ai pu en faire. Elle nous plonge dans un XXIIème siècle très crédible et réaliste. Elle a réussi à approfondir l'oeuvre de Philip K Dick en y rajoutant de l'émotion et de la sensibilité. C'est un tour de force que bien peu d'auteurs ont réussi à faire.
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dorisfac
11 mars 2013
J'ai reçu ce livre gratuitement grâce à l'opération « mass critique » organisée par Babelio (réseau social du livre), en collaboration avec les éditions Métailié (et d'autres, évidemment). Je tiens à les remercier de tout coeur pour cette belle découverte.
En effet, en librairie, je ne me serais jamais promenée de moi-même au rayon « hispanique ». Et pourtant… ce livre de science-fiction est une vraie perle qu'il serait dommage de manquer.
Je ne vais pas faire ici un résumé détaillé de ce livre. Ça serait gâcher le suspens qui est ma fois bien présent de la première à la dernière page. L'intrigue est tournée à la façon d'un roman policier : l'héroïne est une détective privée, réplicante à qui il ne reste que 4 ans, trois mois et 29 jours à vivre, qui va mener l'enquête sur ces suicides violents et très semblables de plusieurs réplicants. Je ne suis pas une adepte du roman policier, mais j'avoue que placé dans un univers futuriste et à la fois proche de notre époque, sur notre propre planète (bien qu'elle n'ait plus le même visage en 2109), cela ne m'a pas déplu.
Ne vous attendez pas à un grand roman moralisateur (quoique ?) étudié dans le moindre détail à la façon d'un space opera, car ce n'en est pas un. Il s'agit de science-fiction simple et complexe à la fois. Rosa Montero a approfondi son oeuvre de façon à ce qu'elle soit crédible, mais sans aller dans l'excès. le futur, la science, la technologie et les forces en présences ne sont finalement que le décor d'un drame politico-psychologique. Car il ne s'agit pas d'un remake de vieux film de SF où les hommes se battent contre les technos-humains, leur création, même si l'ensemble du livre semble mener vers cette guerre quasi-inévitable. Il s'agit plutôt de l'histoire de cette femme-robot, qui mène son enquête sur les faits dramatiques qui secouent son quartier mais également sur sa propre vie, sur sa place dans le monde, sur sa mort… 4 ans 3 mois et 29 jours… ainsi que sur l'éthique, la politique et la manipulation des foules à travers les médias. Toutes sortes de médias.
C'est finalement ce que j'en retiens : pensez par vous-même et ne prêtez pas trop d'attention à ce que les médias vous montrent, même si les images sont réelles, elles sont parfois tronquées ou présentées dans de mauvais contextes.
Est-ce réellement le message que l'auteure a voulu transmettre ? Je n'en sais rien.
Je lirai probablement d'autres de ses livres pour mieux faire connaissance avec elle, car j'aime beaucoup son humour, son style légèrement mélancolique, franc, simple, et redoutablement efficace.
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Pirouette0001
28 juin 2016
Premier tome des aventures de Bruna Husky, cette répliquante créée par Rosa Montero. Bizarrement, j'ai préféré le second tome 'Le poids du coeur', par lequel j'avais découvert le personnage. J'ai trouvé ce premier tome moins abouti, mais l'ambiance est bien là.
Sous le couvert d'un roman de science-fiction, l'auteure nous fait passer bien des messages, sur l'écologie, l'égalité des citoyens, les dangers des religions intolérantes, etc. Cela reste un roman d'aventure, le ton est léger et le tout fort agréable à lire.
Lisez les deux et faites-vous votre idée. Ils en valent la peine.
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Les critiques presse (1)
Lhumanite15 avril 2013
Bienvenue dans un univers qui évoque avec force celui de Blade Runner. Rosa Montero se lance dans le roman d’anticipation et s’amuse à projeter nos peurs, nos angoisses, nos colères et nos révoltes dans un futur proche qui ne va pas sans rappeler notre présent.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Pirouette0001Pirouette000125 juin 2016
Quelle était faible, mensongère et infidèle, la mémoire des humains. Yiannis savait qu'au cours de ces quarante-neuf années écoulées la moindre cellule de son corps s'était renouvelée. Il ne restait pas même une miette organique originelle de ce Yiannis qu'il avait un jour été, rien, à l'exception de ce souffle qui traversait ses cellules et le temps, qui était sa mémoire, ce fil désincarné qui tissait son identité. Mais si ce fil se rompait lui aussi, s'il n'était pas capable de se souvenir de lui-même dans une pleine continuité, qu'est-ce qui différenciait son passé d'un rêve ? Cesser de se rappeler détruit le monde.
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GabySenseiGabySensei03 mars 2013
Au milieu du XXIe siècle, les projets d'exploitation géologiques de Mars et de deux satellites de Saturne, Titan et Encelade, encouragent la création d'un androïde capable de résister aux dures conditions atmosphériques des colonies minières. En 2053, l'entreprise brésilienne de bio-ingénérie Vitae développe un organisme à partir de cellules mères, cultivé en laboratoire de manière accélérée et pratiquement identique à l'être humain. Il est mis sur le marché sous le nom d'Homolab, mais devient très vite connu comme réplicant, un terme tiré d'un vieux film futuriste très populaire au XXe Siècle.
Les réplicants jouissent d'un succès immédiat. Ils sont utilisés non seulement dans les exploitations minières de l'espace intersidéral, mais aussi dans celles de la Terre et dans les fermes marines abyssales. Des versions spécialisées se mettent à voir le jour et, en 2057, quatre gammes distinctes d'androïdes existent déjà: exploitation minière, calcul, combat et plaisir (cette dernière spécialité est interdite quelques années plus tard). A l'époque, on ne conçoit pas que les Homolabs disposent d'une forme de contrôle sur leurs vies: en réalité, ce sont des travailleurs exempts de droits. Cette situation abusive se révèle de plus en plus intenable et finit par exploser en 2060, quand un peloton de réplicants de combat est envoyé sur Encelade pour y étouffer une révolte des mineurs, androïdes eux aussi. Les soldats s'unissent aux rebelles et assassinent tous les humains de la colonie. L’insurrection se généralise rapidement, donnant lieu à ce qu'on a appelé la Guerre Rep.
(P22)
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baradoz56baradoz5603 mai 2016
deux larmes denses et rondes comme des gouttes de mercure tombèrent étonnamment sur les joues de Bruna. d'où sortait cette eau? comment avait elle pu vivre auparavant toute cette douleur avec les yeux toujours secs, et pleurer maintenant sans nulle raison? alors, pendant qu'elle essayait de se controler et de se retenir, la rep vit que le pac était en train de pleurer lui aussi. assis par terre, comme un petit enfant, il mouillait ses cils d'un sanglot minuscule. si différents tous les deux, et soudain unis par les larmes en cette nuit obscure et solitaire.ce fut un moment très étrange. le moment le plus bizarre de la vie de Bruna.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique21 mars 2016
Nopal n’avait pas choisi d’être comme ça. Il n’avait pas opté volontairement pour le chemin de l’illégalité, de même que le marginal social ne choisit pas la marginalité, mais se retrouve exilé de l’autre côté de la ligne de tout ce qui est normal. Le destin avait été injuste avec le mémoriste, le destin s’était acharné contre lui, et il avait dû apprendre à se défendre et à répondre à la violence par la violence. Le véritable survivant est celui qui n’hésite pas à faire ce qui sera nécessaire pour survivre, et Nopal n’hésitait pas. Souvent il s’étonnait lui-même, il se contemplait avec une curiosité non dénuée de surprise, parce qu’il n’arrivait pas à comprendre comment, aimant si peu la vie, il pouvait être capable de s’y accrocher avec autant de ténacité, avec une telle férocité. Peut-être qu’il faisait ça par orgueil, à cause de la ferme décision de ne plus jamais se laisser humilier. Ou peut-être qu’il s’agissait d’un automatisme des cellules, de l’acharnement de la chair à continuer d’être, de cette fébrile soif de vivre qui fait que certains malades en phase terminale, malgré la douleur et la détérioration, se battaient jusqu’à leur dernier souffle pour prolonger une existence pourtant pénible. Oui, la métaphore du malade n’était pas mauvaise, pensa le mémoriste : quelque part, Nopal avait toujours ressenti qu’il y avait quelque chose de pathologique chez lui, quelque chose de douloureux. La vie était une saloperie de maladie qui finissait par vous tuer.
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issablagaissablaga20 octobre 2015
De même qu’une grenouille dont on réchauffe l’eau graduellement ne remarque pas le problème tant qu’elle ne se brûle pas, l’Humanité ne s’est rendu compte de la catastrophe qu’à l’arrivée des premières morts massives.
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Videos de Rosa Montero (75) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rosa Montero
Que faire contre la maladie ? Comment les livres peuvent-ils aider à traverser sereinement cette épreuve ? Les écrivains Pascal Quignard, auteur de «Performances de ténèbres» et Rosa Montero, qui publie «La Chair», apportent leurs réponses, optimistes, à cette douloureuse question. Egalement invité de la Grande Librairie, Christophe André explique comment la méditation peut changer une vie. A leurs côtés sur le plateau, le professeur Pierre Delion, qui milite pour une psychiatrie humaine, et Patrizia Paterlini-Bréchot, auteur de «Tuer le cancer», participent au débat.
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