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EAN : 9791022605403
196 pages
Éditeur : Editions Métailié (12/01/2017)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Pas facile d'accepter son âge quand on a soixante ans, qu'on vit seule et que votre amant vous quitte pour faire un enfant avec sa jeune épouse. Soledad engage donc un gigolo de trente ans pour l'accompagner à l'opéra et rendre jaloux le futur père. Mais à la sortie, un événement inattendu et violent bouleverse la situation et marque le début d'une relation trouble, volcanique et peut-être dangereuse.
Soledad se rebelle contre le destin avec rage et désespo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  07 février 2017
Une lecture fort intéressante, mais avec un ressenti mitigé en comparaison de mon premier texte lu de cette auteure, offert et défendu par une amie babéliote, qui se reconnaîtra....
Il s'agissait de "L'Idée ridicule de ne plus jamais te revoir" (2015), qui m'avait transportée...
Il est aussi juste de préciser que la lecture ne peut être comparable, les thématiques étant complètement autres......
La narratrice, Soledad, la soixantaine "pimpante", est commissaire d'exposition; elle prépare une manifestation autour des "écrivains maudits"...C'est ce qui a capté mon attention plus fortement...
Soledad en pleine préparation effervescente de cette exposition se fait quitter par son amant, qui rejoint sa jeune épouse pour lui faire un
enfant. Pour se venger et le rendre jaloux, elle "s'offre" un escort boy, jeune homme très beau, Adam... S'ensuivra une relation trouble et volcanique... de là, moult réflexions et constatations aussi rageuses que lucides sur le vieillissement des femmes, la hantise de ne plus séduire, de ne plus faire l'amour, de plus être TOUT pour un homme, d'autant plus lorsqu'on vient d'avoir 60 ans, et que l'on n'a pas eu d'enfants...
Même si ces thèmes sont récurrents et poignants, mon attention a été attirée par le passé de la narratrice, enfance massacrée par l'abandon paternel et une mère toxique, maltraitante...Enfance partagée et supportée grâce à sa jumelle, Dolores... qui depuis, à cause d'un délire et chagrin d'amour est en institution psychiatrique...
Longtemps Soledad a eu peur , elle-même, de sombrer comme sa soeur dans la folie... deux prénoms prédestinés entre Soledad et Dolores, entre Solitude et Douleur !!...
Soledad a cumulé les histoires d'amour avec des hommes toujours plus jeunes... sans créer vraiment et durablement une vie de couple... encore moins une cellule familiale... En carence d'amour depuis cette "fausse enfance" , elle se rendra compte mais trop tard, que sa demande envers l'autre est trop exigeant, insatiable; qu'ainsi, elle a fait fuir son premier amour, Pablo....
En contrepartie, elle exerce un métier culturel qui la passionne ... comme cette préparation d'exposition sur les "écrivains maudits"... [ de nombreux que j'ai découverts...Comme Maria Lejarraga, Pedro Luis de Gàlvez, etc.] où il encore et toujours question d'Amour , de passions contrariées, et des rapports complexes entre les hommes et les femmes !
"A présent que Soledad y pensait, presque toutes les histoires de ses maudits avaient quelque chose à voir avec le besoin d'amour, avec l'abîme du désamour, avec la rage et la gloire de la passion. L'amour faisait et défaisait L Histoire, mobilisait les volontés, désordonnait le monde. Elle devrait changer le titre de l'exposition. Ce serait mieux de l'appeler Fous d'amour. Fous d'aimer. Fous à lier." (p. 105)
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viou1108
  03 janvier 2020
Soledad Alegre ("Solitude joyeuse") porte moyennement bien son nom. Seule, elle l'est, célibataire sans enfants et sans parents. Joyeuse, elle ne l'est pas, en tout cas elle n'a de cesse de courir derrière la joie, qui pour elle se confond avec l'amour, le sexe et le fait de ne pas être seule. Elle porte encore moins bien son âge, 60 ans tout juste. Non pas qu'elle soit en mauvaise santé (même si elle est "un peu hypocondriaque"), ni ratatinée comme une vieille prune (on lui donnerait même dix ans de moins), le problème est que dans sa tête, elle a toujours 16 ans. Et qu'elle croit dur comme fer que son âge physique l'empêchera de plus en plus d'obtenir la joie susmentionnée. C'est dans cet état d'esprit entre rage et désespoir qu'elle décide de se venger de son dernier ex-amant, plus jeune qu'elle et qui vient de la larguer, pressé d'aller fonder une famille avec sa légitime. Soledad engage un escort boy de la moitié de son âge et l'étrenne à l'opéra. Mais sur le chemin du retour, un grave incident se produit et amorce une relation trouble voire menaçante entre les deux faux tourtereaux.
N'allez pas croire que le personnage de Soledad (et le livre) soit superficiel. Certes obsédée par l'apparence physique et la peur de vieillir seule, la dame gagne cependant en profondeur quand on découvre peu à peu son histoire familiale et sa relation avec sa soeur jumelle Dolores ("douleurs"), malade mentale. Par ailleurs, Soledad est la commissaire d'une future exposition sur les écrivains maudits, ce qui donne à l'auteure l'occasion de glisser des anecdotes au sujet de quelques-uns d'entre eux, et à Soledad celle de se comparer à certaines de ces femmes artistes escamotées par une société machiste.
"La chair" est un roman à la fois léger et profond, loufoque et sérieux, dans lequel les mésaventures de Soledad sont parsemées de réflexions sur la vie, l'amour, le désir, la mort, la folie, la solitude, le féminisme. Ironique et impétueux, il interroge sur une question vitale : comment composer avec l'absence d'amour et le temps qui passe ?
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Titania
  09 février 2017
En ouvrant ce roman de Rosa Montero, on pense découvrir une lecture légère dans une tonalité de comédie loufoque. En effet, les émois d'une Bridget Jones espagnole de 60 ans qui loue un gigolo pour rendre jaloux un amant qui l'a quittée depuis peu, racontés avec une tonalité humoristique, promettent un moment de détente agréable avec un bouquin, qui se révèle vite pas si superficiel que ça.

Le jeune amant est très beau, et presque émouvant dans sa détresse de migrant d'Europe de l'est naïf , qui vit dans un quartier glauque. Notre héroïne, Soledad, n'est pas simplement le prototype de la fashion victime, célibataire, urbaine et active qui n'arrive pas à assumer son âge , elle prend de l'épaisseur avec sa détresse familiale, ses difficultés relationnelles et sa soeur malade mentale. Soledad fait entrer dans le roman une cohorte de personnages de tragédie avec son projet d'exposition sur des écrivains maudits, qu'une jeunette sans scrupule veut lui piquer.
Les femmes qu'elle veut inclure dans ce projet témoignent toutes de la difficulté d'exister en tant que créatrices dans une société patriarcale rigide. J'adore à ce propos la rencontre inattendue avec Rosa Montero, l'auteur devient personnage pour apporter un éclairage scientifique, et esquisse d'elle même un autoportrait savoureux. Ainsi plus personne ne lui demandera si le personnage de Soledad lui ressemble ou pas !
J'ai beaucoup aimé ce roman féministe, à la fois grave et léger, très humain, ancré dans notre temps.
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Annette55
  11 juin 2017
"La vie est un petit espace de lumière entre deux nostalgies, le corps est une chose terrible, le vieillissement et la détérioration s'y tapissent insidieusement"...
La narratrice, la soixantaine triomphante, séduisante, séductrice en diable, célibataire, urbaine et active, rebelle, obnubilée par la tyrannie du sexe, se raconte , avec rage et désespoir..
Elle est commissaire d'exposition, en prépare une autour des "écrivains maudits ".
Elle exerce un métier culturel qui la passionne , grâce à la culture elle tente de compenser son mal être !
Elle nous conte , et c'est très intéressant les errements de Philippe K Dick d'Anne Perry, folle d'amour et meurtrière, de William Burroughs, de Maria-Luisa-Bombal, écrivaine homicide ravagée par l'abîme du désamour,de Maria Carolina Geel, auteure de romans érotiques qui tira trois fois sur son amant etc.... Une cohorte de personnages de tragédie !
Solidad, en français :"solitude," égocentrique et passionnée, ne supporte pas que son amant la quitte pour faire un enfant à sa femme..
Pour se venger elle engage un "escort boy", un gigolo de trente ans , Adam, très beau.
Il l'accompagne à l'opéra afin de rendre jaloux le futur père et ex- amant .
S'ensuit une relation trouble, enflammée, volcanique et ambiguë , compliquée, :"Elle se sentait accablée, déchirée, toquée, ravagée, déconcertée, paumée, ratée" par la peur insigne de ne plus séduire, de ne plus pouvoir faire l'amour car elle aime l'amour charnel , se sentir encore vivante dans le désir de l'autre.
Elle a eu une enfance massacrée par un abandon paternel précoce et une mère maltraitante et toxique , une soeur jumelle Dolorés atteinte d'une maladie mentale, une détresse familiale qui lui donne une épaisseur touchante et poignante .
Je n'en dirai pas plus à la demande de l'auteur ..
C'est un livre universel qui jette une lumière crue sur les affres du temps qui passe, la peur de la mort, la folie et le sexe ,l'amour charnel et le désir, le vieillissement et la décrépitude: "La Chair change et vieillit ", la fièvre de la peau , cette animalité qui nous sauve de n'être que des humains.
Un roman cruel et tendu , ironique,efficace , féministe et féroce, agréable , très contemporain .......
Solidad est une femme de son temps.Être créatrice dans une société patriarcale n'est pas chose facile ........
L'auteur porte un regard non dénué d'humour sur la narratrice, une vision lucide et tendre, réaliste grâce à une écriture pointue et vivifiante, espiègle et ensorceleuse , chatoyante.
Cet ouvrage à la première de couverture élégante qui m'a poussée à l'acheter donne envie de découvrir les autres oeuvres de cette romancière !
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GabySensei
  08 janvier 2017
Le désir s'estompe t-il avec l'âge ? Certainement pas ! Et Soledad en est bien consciente. Même si elle a 60 ans, elle n'accepte pas de s'être fait larguer par son amant qui est reparti faire un enfant à son épouse légitime. Bien décidée à le récupérer, elle fait appel aux services d'un gigolo beaucoup plus jeune qu'elle pour essayer de rendre son ancien amant jaloux. le problème c'est qu'elle craque sur son gigolo et qu'elle ne peut bientôt plus s'en passer...
Rosa Montero à l'art de mettre le doigt là où ça fait mal et de mettre en lumière les affres de l'âge. Certains disent que l'âge "c'est dans la tête". Mais l'âge est aussi dans le regard des autres. Cette héroïne qui n'a pas vu les années passer et n'a pas changé son comportement amoureux se retrouve pointée du doigt en raison de la différence d'âge de son amant. Car si la société tolère la différence d'âge dans un couple, elle la tolère bien mieux si l'homme est plus âgé que la femme.
Ainsi Rosa Montero pointe toutes les inégalités homme-femme dans le domaine de l'amour. Même au niveau de la prostitution, "les gigolos coûtent plus cher que les putes", les femmes sont toujours perdantes ! Mais le livre est surtout intéressant pour ce personnage de Soledad qui n'accepte pas son âge. le faire se serait en fait se rapprocher un peu de sa mort, et elle ne peut pas s'y résoudre. Son personnage est à la fois attachant et détestable. C'est aussi pour savoir décrire ces demi-tons de l'âme que j'apprécie beaucoup cet auteur. Rosa Montero est une conteuse née. Elle signe un livre très universel sur l'âge, l'amour, la mort, la folie et le désir. Allez-y !!!
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critiques presse (5)
LePoint   31 mars 2017
Un gigolo, une sexagénaire et la soif d'absolu : tels sont les ingrédients de l'explosif nouveau roman de l'Espagnole Rosa Montero.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaPresse   22 mars 2017
Elle convainc de son talent de grande romancière qui sait trousser une intrigue captivante.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   20 mars 2017
Entre romans historiques, fictions d’anticipation et romans réalistes, elle navigue comme un poisson dans l’eau. Et elle adore mélanger les genres.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Lexpress   20 février 2017
Cruel, ironique, mais aussi sensuel: un roman tendu comme un arc et d'une efficacité exemplaire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Actualitte   13 février 2017
Agréable et féroce, très contemporain, voici un roman à l’équilibre parfait.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   04 janvier 2020
– Tu as des enfants, Soledad? lui demande Marita.
Oh non. Et maintenant ça. […] Elle détestait qu’on lui pose cette question, car lorsqu’elle répondait non, ce non tellement irréversible à son âge, ce non qui signifiait non seulement qu’elle n’avait pas d’enfants, mais aussi qu’elle n’en aurait plus jamais et que par conséquent elle n’aurait pas non plus de petits-enfants; ce non qui l’étiquetait comme une femme non mère et qui la rejetait sur la plage des infortunés, comme le sale rebut d’une tempête marine, car les préjugés sociaux étaient indéboulonnables sur ce point et que toute femelle sans enfants continuait d’être perçue comme une bizarrerie, une tragédie, une femme incomplète, une personne à moitié; quand elle disait non, enfin, Soledad savait que ce monosyllabe tomberait comme une bombe à neutrons au milieu du groupe et modifierait le ton de la conversation; tout s’arrêterait et les personnes présentes resteraient dans l’expectative, réclamant tacitement une explication acceptable au pourquoi d’une anomalie aussi affreuse; que Soledad dise “je n’ai pas pu avoir d’enfants”, ou peut-être ” j’ai une maladie génétique que je n’ai pas voulu transmettre”, ou même “en réalité je suis transsexuelle et je suis née homme”; ils accepteraient n’importe quoi, en définitive, mais ils l’obligeraient de toute évidence à se justifier.
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fanfanouche24fanfanouche24   01 février 2017
Au début, elle était résolue à ne plus jamais le revoir. Mais, à mesure que les jours passaient, une sorte de trou avait grandi à l'intérieur d'elle, une sensation de faim ou d'asphyxie, la certitude désolante d'être incomplète. Avec le temps, la folie de l'amour, du désir d'amour, avait commencé à s'allumer dans sa tête. (p. 57)
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fanfanouche24fanfanouche24   06 février 2017
Eh bien, parce que dans mes biographies je fais la même chose qu'avec les personnages de mes romans. Tu te mets dedans, tu sais. Tu vis à l'intérieur de ces vies. Nous avons tous en nous toutes les possibilités de l'être humain (...)
Tu t'imagines alors à l'intérieur de cette autre existence, tu te laisses porter par elle, tu laisses le personnage te raconter son histoire, t'envelopper dedans. (p. 146)
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JmlyrJmlyr   25 juin 2017
Tu t’imagines alors à l’intérieur de cette autre existence, tu te laisses porter par elle, tu laisses le personnage te raconter son histoire, t’envelopper dedans… C’est comme surfer, tu sais. Comme grimper sur le dos d’une vague puissante et éclaboussée d’écume et la laisser t’emporter et te conduire jusqu’à la plage, pérora pseudo-poétiquement la romancière.
- Tu fais du surf ?
_ Non !
- Mais alors comment peux-tu savoir pour la vague et l’écume et tout ça ? se désespéra Soledad, incapable de contenir son irritation.
Montero éclata de rire avec une joie sincère et ses yeux pétillèrent :
- Ça aussi, je l’imagine.
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viou1108viou1108   02 janvier 2020
Toute la société allait par deux; les gens normaux ne s'en rendaient pas compte, mais aux spectacles, dans les restaurants, dans les lieux de vacances et chaque jour férié, le monde se remplissait de couples. Tout le monde était deux, plus ou moins beaux ou laids, plus ou moins vieux ou jeunes, hétérosexuels ou homosexuels, avec ou sans enfants, atrocement ensemble de tous les côtés. Alors que Soledad, faisant honneur à son prénom, était toujours seule. Il est vrai qu'elle s'appelait Alegre [joyeuse]: quelle aberration.
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Videos de Rosa Montero (74) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rosa Montero
A l'occasion de la rencontre avec Rosa Montero , Valérie Zipper, de la compagnie du Chien Jaune, nous interprète un extrait de son nouveau roman : La Chair.
Les fléaux de la vieillesse racontés avec beaucoup d'humour de de légèreté.
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